manudu83 a écrit:Au Nevada on est presque à égalité, il y a moins de 1000 voix d'écart, je ne vois plus comment les démocrates peuvent perdre ce siège.
Je partage complètement votre avis, pour moi c'est plié au Nevada : les démocrates vont conserver le siège sénatorial.
Les dernières fournées de dépouillement provenaient majoritairement des comtés qui sur le papier devraient être les moins favorables aux démocrates (le comté de Washoe, le seul comté tangent de l'état, et les comtés les plus ruraux). Et pourtant Cortez-Masto obtient déjà dans ces comtés là des marges largement suffisantes pour repasser devant. Quand le comté de Clark (celui de Las Vegas, le plus favorable aux démocrates et le plus peuplé de l'état, de très loin) va donner ses dernières grosses fournées de dépouillement la candidate démocrate creusera l'écart. Concernant le Nevada, j'en suis même à me demander si les démocrates ne vont pas aussi conserver le poste de gouverneur ? Ce sera nettement plus serré, mais c'est loin d'être impossible. Le républicain n'a plus que 21 000 voix d'avance et il manque un peu plus de 100 000 voix. Si le gouverneur démocrate empoche plus de 60% des voix restantes (ce qui est largement faisable), il peut repasser devant d'une courte tête. Je continue à parier sur la bascule, mais cela me parait être une affaire nettement moins entendue que je ne le pensais hier encore.
Pour la Chambre, il est désormais quasiment acquis que les démocrates seront au dessus des 210 sièges. Pour le poste de gouverneur de l'Arizona aussi c'est loin d'être fait : la démocrate peut l'emporter (mais là aussi ça va être nettement plus serré que sur la sénatoriale, où là aussi c'est plié pour Kelly).
Quant à la Géorgie, Walker peut encore l'emporter uniquement car l'élection est dans un mois et que d'ici là plein de choses peuvent se passer. Mais si l'élection avait lieu la semaine prochaine, ce serait à mon avis plié aussi pour Warnock. Et si les démocrates confirment bien le maintien de leur majorité sénatoriale avant le run-off (pour moi c'est désormais quasiment acquis), cela ne peut que compliquer encore plus les affaires de Walker : à mon avis, une partie de l'électorat républicain se démobilisera, la course n'étant plus aussi décisive. Et ce d'autant plus que les républicains depuis mardi se livrent à la course du "à qui la faute". Et je dois avouer que je trouve ça quand même vachement gonflé de voir autant d'élus républicains sortir désormais du bois pour condamner Trump (personnellement je n'ai pas attendu les midterms de 2022 pour dire que Trump était un poids négatif au global pour le GOP au niveau national, je le dis quasiment depuis 6 ans). Cela fait 6 ans que ces gens là lui passent tout, y compris l'impardonnable et le criminel. Et tous ces gens là semblent oublier un peu vite que Trump continue à exercer un contrôle quasi magique et irrationnel sur la population MAGA. Trump fera ce qu'il a toujours fait : il la jouera moi contre le marais et les conformistes.
On ne connait même pas encore la composition exacte du caucus républicain que ça se tire déjà dans les pattes de tout côté : McConnell vs Scott, McCarthy vs Jordan, Trump vs DeSantis, les RINO du nord-est vs les QAnonistes...
Personnellement je jugerai sur pièce : j'attends de voir si les élus républicains qui blâment Trump aujourd'hui iront au bout de cette logique, et iront jusqu'à dénoncer tous les complotismes, toutes les insultes et le réflexe de souffler sur les braises de la violence dès que cela concerne les démocrates. J'attends de voir si tout ce petit monde va réellement se mettre à nous dire que la théorie des fraudes électorales c'est du flan (et qu'ils le savent depuis le début mais qu'ils se sont écrasés devant Trump et n'ont pas eu le courage de le dire, à quelques exceptions près), que les démocrates ne sont pas des pédophiles satanistes, que Marjorie Taylor Greene et que Lauren Boebert sont des extrémistes dangereuses, que Trump et la moitié des élus républicains du Congrès sortant ont une responsabilité énorme dans l'assaut du 06 janvier. Bref, c'est bien beau de charger la mule sur Trump (et pourtant il le mérite), mais si derrière il n'y a pas un droit d'inventaire du sol au plafond ça n'ira pas loin tout ça. Parce que même sur les candidats catastrophiques imposés par Trump pour ces midterms sur des états clefs, là non plus c'est pas nouveau : déjà dans son cabinet il avait une fâcheuse tendance à choisir les pires candidats possibles pour des postes éminemment stratégiques.
Et ça ne résout pas le problème majeur : Trump garde à l'heure actuelle le soutien indéfectible de plusieurs millions (possiblement même plusieurs dizaines de millions ?) de sympathisants du GOP.
Quant à l'avortement, les républicains sont coincés là dessus : ça fait 40 ans qu'ils vendent une ligne dure à leur base sur le sujet, maintenant que la SCOTUS la plus conservatrice des 100 dernières années a exaucé leur souhait, toute concession là dessus sera perçue comme une trahison par la base. Et les démocrates ne vont pas se priver d'organiser un maximum de référendums sur le sujet dans un maximum d'états en 2024.
D'ailleurs, sur la question de l'avortement, je crains pour les républicains que les démocrates n'aient au cours de cette campagne développé un argument redoutable sur le sujet : oui l'avortement n'est pas qu'une question de société, dans un pays qui ne pratique pas le congés maternité universel et où des dizaines de millions de femmes sont toujours privées d'une couverture santé digne d'un pays riche, imposer à des centaines de milliers de femmes pauvres des grossesses non désirées est en réalité une question éminemment économique. Et si en plus le projet républicain c'est de criminaliser les femmes et les médecins qui y auront recours, bon courage pour vendre ça aux électrices et aux indépendants.
Pour en revenir aux résultats, en Oregon, la victoire de la candidate démocrate au poste de gouverneur est désormais officielle (à l'heure actuelle, les démocrates n'ont toujours pas officiellement perdu un seul siège de gouverneur, et au pire ils n'en perdront qu'un seul : le Nevada). Quant aux scores des républicains auprès des électeurs indépendants, ils sont en réalité tout bonnement catastrophiques sur ces midterms, et ça dans quasiment tous les états. Dans mon modèle je pronostiquais un résultat très équilibré dans cette catégorie cruciale entre démocrates et républicains. En réalité les démocrates sont en tête (et parfois très nettement) auprès de ces électeurs faiseurs de rois quasiment partout. Et je persiste à dire qu'obtenir ce résultat dans une situation de midterms où le président est à -10 et que l'économie est soumise à la plus forte inflation des 40 dernières années, c'est bien une victoire.
Et il parait également évident que les républicains ont un immense problème sur les bras concernant le vote anticipé : si ils ne veulent pas que les démocrates continuent à profiter massivement de cet avantage, il va falloir que les républicains réapprennent à leur électorat que le vote anticipé, c'est bien en fait. La preuve, ça n'empêche pas les républicains de gagner la Floride massivement. Parce que oui, à l'heure actuelle, la domination massive des démocrates dans le vote anticipé est un avantage énorme pour ces derniers dans les scrutins clefs.
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