guillaume44 a écrit:Vous jouez sur les mots. La destruction d'un état s'entend par la volonté d'une armée étrangère d'envahir et liquider la totalité de la population qui s'y trouve. Les 2 exemples qui me viennent en tête c'est l'Allemagne Nazie qui envahit l'URSS le 22 Juin 1941 et l'URSS qui lui rend la monnaie de sa pièce en Janvier 1945.
En revanche, 2 entités qui ne s'entendent plus et qui se séparent pacifiquement, je ne vois rien qui n'aille dans le sens de la destruction de l'état. La Confédération avait juste l'ambition de conserver son indépendance et non la destruction de l'union.
Enfin que vous le souhaitez ou non, la cour suprême n'a tranché qu'en 1869 (donc après la guerre de sécession) dans le cadre de l'arrêt Texas vs White sur le fait que la sécession d'un état unilatéral était impossible. Donc en 1861, elle était possible !
Aujourd'hui, la sécession d'un état pourrait s'effectuer uniquement dans le cadre d'un commun accord. Ce serait à priori les quorums de modification de la constitution les 3/4 du congrés et les 3/4 des états de mémoire.
Vous aurez beau vous livrer à toutes les circonvolutions historiques, sémantiques ou juridiques du monde, il ne fait aucun doute que lorsque les états sudistes décident unilatéralement en 1860 de rejeter le processus démocratique normal du pays auquel ils appartiennent, en rejetant ainsi les principes de la constitution dont ils sont signataires, ils enfreignent sans l'ombre d'un doute cette constitution et les lois qui régissent le pays auquel ils appartiennent à ce moment là .
Le fait qu'ils décident de faire sécession dans la foulée ne fait que rajouter un étage à la fusée (en plus d'enfreindre la loi et la constitution, ils commettent un acte de trahison et de sédition).
Non, en 1860 la sécession n'était pas possible puisqu'elle n'était pas prévue par les textes et que les autorités légales des Etats-Unis d'Amérique ont jugé que cette sécession était illégale. Le Sud ne voulait pas "conserver" son indépendance (pour reprendre vos termes), le Sud voulait la prendre. Mais le Sud ne disposait plus de cette indépendance depuis qu'il avait légitimement consenti à faire parti de l'Union. Et rien légalement ne l'autorisait à déclarer cette indépendance de manière unilatérale, simplement parce que le résultat de l'élection de 1860 ne lui convenait pas.
Et, pour avoir beaucoup lu sur Lincoln et cette période historique là , si le Nord refuse la sécession du Sud, ce n'est pas parce que le Nord veut abolir l'esclavage dans le Sud, mais parce que Lincoln et les nordistes ont tout de suite vu à quoi aboutirait de reconnaître l'indépendance du Sud : non seulement les Etats-Unis d'Amérique disparaissaient de facto, mais, bien plus grave, cette nouvelle nation du Nord se trouvait face à une nouvelle nation du Sud. Et les deux étaient condamnées à se faire la guerre pour le contrôle de l'Ouest et de l'embouchure du Mississippi. Les 20 premières années d'existence de la Nation américaine (entre les années 1790 et les années 1810) ont eu pour but principal de s'assurer d'être la seule puissance politique dans le pré carré (avec succès, puisque les Américains ont réussi à s'emparer de la Floride et de la Louisiane, qui à l'époque ne recouvraient pas les frontières actuelles de ces états mais des étendues bien plus vastes, sans faire la guerre ni à l'Espagne ni à la France, pas une guerre ouverte et déclarée en tout cas). Lincoln et les Nordistes ne pouvaient pas autoriser qu'un nouveau pays émerge au Sud pour leur contester ce legs initial de l'indépendance (il ne fait aucun doute que si le Nord avait laissé le Sud prendre son indépendance, les 2 "nations" auraient été condamnées à se faire la guerre pour la conquête de l'Ouest et les débouchés économiques du Mississippi).
Et je vous confirme qu'une guerre civile peut aussi surement fracturer et faire disparaître un pays ou une nation qu'une invasion étrangère, les exemples historiques sont légions. Les Irlandais et les Serbes auraient beaucoup à vous dire sur le sujet si vous les interrogiez, pour ne prendre que des exemples européens relativement récents...
guillaume44 a écrit:Et dire que San Francisco était une ville très conservatrice au début des années 80. Ronald Reagan aimait y faire des rallys pour déplorer le poids de l'état fédéral, les lourds impôts fédéraux et la défense des armes à feux. La NRA était à l'"époque très puissante en Californie. Je me demande ce qu'il penserait de cette ville s'il la voyait maintenant ?
San Francisco n'était déjà plus considérée comme une ville conservatrice à cette époque. A dire vrai, je ne suis pas certain que cette ville ait jamais été considérée comme "conservatrice" par quiconque à n'importe quel moment de son histoire :).
Là aussi, pour plutôt bien connaitre l'histoire de cette ville, San Francisco est une exception majeure parmi les grandes métropoles US. La ville a toujours fait figure de ville à part : terminus du premier chemin de fer continental, elle a toujours été perçue comme une cité bâtie par et pour des étrangers, et qui était en transformation perpétuelle. San Francisco a toujours eu un statut très particulier dans la culture américaine.
Il suffit déjà de regarder un plan de la ville pour que ça vous saute aux yeux : contrairement aux autres grandes villes US son plan respecte très mal le schéma au quadrillage perpendiculaire classique. Et quand vous visitez la ville c'est encore plus marquant : c'est une ville de petite superficie par rapport aux standards US, ce qui fait que la juxtaposition des quartiers très différents et très multiculturels y est beaucoup plus marquée que dans les autres villes.
Et, pour en revenir aux années 1980, déjà à cette époque la ville était vue comme un bastion avancé des droits des homosexuels (Harvey Milk fut élu en 1977, après avoir porté plusieurs candidatures infructueuses dans les années 1970), le quartier de Castro étant déjà perçu comme le fer de lance des revendications des droits des homosexuels. De même que le campus de Berkeley a toujours fait figure d'université la plus libérale des USA (Berkeley était l'épicentre de la culture hippie dès les années 1960). Là aussi, le quartier de Ashbury Heights, situé en plein cœur de San Francisco, a toujours été un porte-drapeau de la culture libérale (dans le sens américain du terme : de gauche).
Pour dire que San Francisco passait pour conservatrice dans les années 1980, il faut bien mal connaitre l'histoire de cette ville et des lutes politiques qui l'avaient traversée dans les décennies précédentes. Elle n'était pas aussi libérale qu'aujourd'hui, mais déjà à l'époque elle était perçue comme très libérale.
Sinon, pour en revenir à l'actualité du moment, le coup de fil de Trump souligne encore un peu plus les divisions entre les élus républicains locaux de Géorgie et ceux nationaux.
https://edition.cnn.com/2021/01/04/poli ... index.htmlhttps://edition.cnn.com/2021/01/04/poli ... index.htmlEn Arizona aussi d'ailleurs.
https://abcnews.go.com/Politics/arizona ... d=74625518Et même au sein du caucus républicain du Congrès, on sent bien que le fossé se creuse entre ceux qui veulent soutenir jusqu'au bout les mensonges de Trump relatifs aux élections et ceux qui veulent les rejeter.
https://www.wsj.com/articles/republican ... 1609718597La cérémonie de validation des résultats présidentiels du 06 janvier au Congrès s'annonce déjà comme un joyeux chaos.