de Marcy » Mer 9 Juin 2021 08:11
Personnellement je ne crois pas que le RN soit en mesure de remporter PACA, les Hauts-de-France ou le Grand Est dans l'état actuel des sondages : le scrutin de 2015 montre que quoi que fassent les autres listes (retrait de la gauche - dans les deux premières régions précitées -, maintien au contraire dans le Grand Est), là où la possibilité d'une victoire RN est envisagée et médiatisée, les reports des autres listes (et les abstentionnistes) font peser la balance en faveur du principal adversaire du RN au deuxième tour, surtout si c'est la droite - dont la gauche de gouvernement et LREM se sentent plus proches que du RN. Il faudrait qu'il y ait une nette avance du RN le soir du premier tour et un rejet de l'adversaire du RN, comme aux dernières municipales à Perpignan ou naguère aux municipales à Hénin-Beaumont, pour que le RN l'emporte. Enfin, le RN n'est, à mon sens, pas assez fort à l'échelle d'une région pour que le rassemblement anti-RN d'électeurs LREM et de gauche ne lui soit fatal dans un contexte de duel principal entre la droite et le RN (je dis "duel principal" car d'autres listes peuvent se maintenir sans chances de victoire). Si la gauche se maintenait dans les PACA et les Hauts-de-France, et a fortiori LREM dans les Hauts-de-France, ses scores fondraient au deuxième tour : si les sondages actuels de deuxième tour ne le montrent pas, c'est seulement parce que la possibilité d'une victoire RN n'est pas intégrée par la plupart des électeurs. Le seul obstacle véritable serait une montée d'une troisième liste (plutôt la gauche) qui mettrait cette dernière en position de potentielle victoire, et conduirait ses dirigeants (et ses électeurs) à se maintenir pour jouer la victoire.
Comme en 2015, ce sont Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val-de-Loire, voire la Normandie, qui offrent le plus de perspectives de victoire RN, dans des triangulaires serrées. En Bourgogne-Franche-Comté et en Centre-Val-de-Loire on peut toutefois s'attendre à une mobilisation de l'électorat LREM pour les présidents sortants de région (PS), et en Normandie pour le président sortant (UDI) - à condition que dans la région Centre la gauche soit bien le principal adversaire du RN. Dans ces trois régions, des écarts avec les sondages actuels peuvent faire le jeu du RN : une gauche plus faible que prévu ne permettrait pas de savoir qui d'elle ou de LR-UDI serait la mieux placée pour l'emporter en Bourgogne-Franche-Comté et en Centre-Val-de-Loire ; une droite plus faible que prévu poserait la question dans les mêmes termes en Normandie. Enfin, tout dépend aussi - et peut-être surtout - de la dynamique RN : si l'abstention est forte, comme aux municipales, ce peut être fatal au RN, de même qu'un score inférieur (en % des exprimés) à celui de 2015 (il était élevé : dans les 25%). Aux européennes de 2019, le RN était en fait en léger recul par rapport à 2014... mais depuis juin 2019 la crise est passée par là . Si le RN venait à dépasser les 25 % (Marine Le Pen est souvent dans les sondages à 27%/28%), les sondages actuels des régionales sous-évalueraient nettement le RN.