La nomination des candidats par un bureau politique du parti, ou même par un vote réservé aux adhérents (ce qui passe sans doute mieux) seraient encore plus de la "domination des partis politiques".
Ce genre de procédure interne, plus ou moins large, suppose -qu'il y ait plusieurs candidats potentiels du même parti politique (ce que certains diagnostiquent comme un souci de leadership)
-que ces candidats à la candidature soient (pour la plupart) prêts à ne pas concourir s'ils échouent en interne
L'histoire de la présidentielle "sans partis" est en réalité un pur mythe, personne ne va bien loin sans un appareil derrière pour avoir une base militante partout dans le pays.
Qui donc est arrivé dans les 3 premiers sans le soutien d'un parti important? On retrouve toujours les gaullistes (UD-Ve, RPR,...), l'UDF et ses pré/post-avatars, le PS, le PCF, le FN... Allez, la seule vague exception ce serait Balladur, soutenu toutefois par une majorité de l'UDF (qui n'était pas son parti). Une future "exception" serait Macron... qui a commencé sa course en lançant son propre parti.
Si rupture avec les partis il y avait sous la Ve, ce serait par la diminution du rôle de l'Assemblée Nationale.
La charte est en effet floue: rares sont les personnes qui pensent ne pas partager les valeurs républicaines telles qu'elles les conçoivent elles-même et même en précisant "de la droite et du centre" ça laisse encore une forte marge d'appréciation; quant à "l'alternance" dès lors qu'on ne compte pas voter Hollande au premier tour on peut considérer que c'est bon...
Ceux des électeurs les plus éloignés qui voteront à cette primaire ne le feront pas tant pour désigner le meilleur candidat que pour écarter le pire (au second tour au moins et en se disant que c'est peut-être le meilleur moment, dans la mesure où "la générale" est censée être une promenade pour le gagnant quel qu'il soit) mais pour "la qualité" du candidat désigné cela revient au même.
Le résultat global est pour le moment significativement en faveur de Juppé. Ceci dit, le second tour prévu ne tient compte que de l'opinion
a priori des votants potentiels et non des consignes de vote des candidats battus - qu'ils ne donneront qu'après, pour ne pas brouiller le message et laisser au moins quelques heures pour négocier. Ceci dit, l'indication est assez importante dans la mesure où les battus pourront hésiter à prendre leurs électeurs à rebrousse-poil (Le Maire a intérêt à ne rien dire, Fillon et NKM à dire Juppé... au total cela amplifierait la dynamique de ce dernier, en l'état). Ceci dit, voir le contre-exemple de Montebourg à la primaire PS-PRG 2011 soutenant Hollande alors que le tropisme de sa base allait semble-t-il plutôt vers Aubry.
Sur la composition des votants: sur-représentation des hommes, des CSP+, des retraités dans ceux qui s'intéressent, déjà , et parmi ceux qui comptent y aller (question d'habitude). Ces catégories votent plutôt Juppé (à peine plus que la moyenne au premier tour, en partie parce que celle-ci est déjà haute).
Géographiquement, les zones rurales pèsent moins que dans la liste électorale générale et l'agglomération parisienne davantage. C'est peut-être corrélé à ce qui précède, surtout pour les CSP+ mais à mon avis (de rural) c'est aussi d'une part qu'il est anticipé que les questions traitées soient plus "citadines" (ne serait-ce que le terrorisme) et d'autre part que les difficultés d'accès au bureau de vote sont déjà anticipées: seuls sont retenus dans l'échantillons ceux qui sont certains de voter or en zone rurale cela peut vouloir dire des dizaines de kilomètres de trajet (surtout en zone où la droite est faible et les bureaux plus "espacés", point d'organisation que beaucoup n'ont pourtant pas intégré) et sans pour l'instant savoir où (
c'est censé venir d'ici le 30 septembre), ce qui tend à freiner ceux qui y pensent (je subodore qu'il y a des "presque certain mais ça dépend où on vote").
Parmi les objectifs des votants, voter pour des propositions/idées (55%) est bien plus important que la personnalité ou les chances de gagner (23 et 22%), ces dernières étant sûrement perçues par beaucoup comme identiques et certaines.
Les sondages sur le premier tour ont donc peu d'importance (du moins tant que la menace d'y être éliminé par Macron ne se précise pas plus, alors qu'en fait, sondagièrement, elle existe pour certains) et les futurs débats, bien davantage.
La sûreté du choix est grande pour les deux premiers candidats, moins pour les suivants: là , il y a du flottement (certains pouvant se demander l'utilité de voter pour un candidat sans réelles chances... ou tant qu'à voter sur le fond, aller vers les plus petits? ce serait un espoir pour ces derniers...).
Si on s'intéresse aux candidats qui seront favorisés (intention supérieure à la moyenne) par la venue effective de votants de gauche soit 13% des votants potentiels, on y voit Juppé (+20 points/38), Fillon (+6/11), NKM (+4/4) et aussi... Poisson (+2/1)! qui semble être celui avec la plus importante proportion de personnes venant de la gauche parmi ses électeurs, quelque 39% contre 19/20/26 pour les précédents cités (non sans lien avec sa thématique phare? en tous cas, ceux qui y songent et verront le sondage se sentiront moins seuls). Les autres pour la plupart sont aussi légèrement favorisés par les votants de gauche mais c'est par simple effet de base par rapport à celui qui en recueille au contraire toujours la franche désapprobation (-30/34) cinq ans après...