nigdugg a écrit:C'est quoi la définition d'un presumptive nominee ?
Car je ne dois pas avoir la même que la votre.
Un
presumptive nominee, c'est un candidat aux primaires qui est désormais seul en lice (tous les autres candidats ont soit abandonné, soit suspendu leurs campagnes, ce qui n'a pas les mêmes conséquences quant à leur présence ou non sur les bulletins de votes des scrutins restant), mais qui n'a pas encore sécurisé la majorité absolue des délégués de sa convention. Une fois que cet élément là est acquis, il devient
the official nominee. Et, dans les deux cas, il y a un signe qui ne trompe pas : le candidat se voit attribuer à chacune de ces étapes un service de protection rapproché accru de la part des services secrets en tant que futur président potentiel (ceci dit, dans le cas de Biden, en tant qu'ancien VP, il disposait déjà d'un service de protection, mais qui est désormais considérablement renforcé en tant que
presumptive nominee des démocrates).
Quant au fait qu'on n'a pas la même définition, cela n'a rien à voir avec le souci qui nous occupe, et votre propension à affirmer des éléments faux. En effet, les situations de Trump en mai 2016 et de Biden en mai 2020 sont bien les mêmes, contrairement à ce que vous affirmez : ils sont tous les deux seuls en lice, face à des candidats "fantômes" (pour reprendre votre désignation personnelle), et n'ont pas encore atteint la barre fatidique de la majorité absolue des délégués de leur convention.
Maintenant qu'on vous l'a fait remarquer, vous nous sortez un élément calendaire, disant que Trump et Biden ne connaissent pas la même temporalité entre le retrait de leurs adversaires et les dates de scrutin. Déjà , on ne peut que constater qu'en 2020, le calendrier est rallongé par la situation due au coronavirus. Ensuite, Biden a un handicap que Trump n'a pas : tous les scrutins de 2020 se font désormais par correspondance. Cela veut dire qu'une part non négligeable des votes en faveur de Sanders sont envoyés avant même son abandon (surtout dans le cas d'états ayant reporté leurs scrutins de plusieurs semaines, parfois au dernier moment). Sur des scrutins avec un vote à l'urne représentant la majorité des suffrages exprimés, l'impact éventuel d'un retrait est plus fort.
Mais même ainsi, cela ne résiste toujours pas à l'analyse des faits.
Le 10 mai 2016 (1 semaine après les abandons de Kasich et Cruz), Trump obtient 61.5% au Nebraska
Le 17 mai 2016 (2 semaines après les abandons), Trump obtient 64% en Oregon
Le 24 mai (3 semaines après les abandons), Trump obtient 67% au Dakota du Sud
Le 07 juin (un mois après les abandons), Trump obtient 70% au Nouveau Mexique
Sur la même période, Trump navigue entre les 75 et 80% sur plusieurs autres états (Montana, Washington, New-Jersey, Californie...), mais ces états là se situent plutôt après l'obtention du statut d'
official nominee que de
presumptive nomineeConcernant les primaires démocrates de 2020 maintenant :
Le 28 avril 2020 (3 semaines après le retrait de Sanders), Biden obtient 72% des voix en Ohio (5 points de plus que Trump au Dakota du Nord sur la même temporalité de 2016)
Le 02/05 2020 et le 12/05 (presqu'un mois après le retrait), Biden obtient environ 77% des voix au Kansas et au Nebraska (soit à peu près les mêmes scores que Trump sur les états de la même temporalité en 2016, sauf que lui était déjà le candidat officiel)
Les 19/05 et 23/05 (un mois et demi après le retrait), Biden obtient environ 67% des voix en Oregon (3 points de moins que Trump sur la même temporalité au Nouveau-Mexique) et 63% à Hawaï (ce qui correspond en effet plus aux résultats de Trump en Oregon et au Nebraska sur des temporalités plus courtes, mais ne semble t il pas un peu intuitif de constater que ces états là passent pour être plus libéraux, et donc plus favorables au candidat libéral que les états précédents ?)
Une fois ce comparatif un peu fastidieux mais factuel effectué entre les primaires démocrates 2020 et les primaires républicaines 2016, en effet, il me parait impossible d'affirmer comme vous le faites que les chiffres obtenus par Biden dans les derniers états à voter montreraient une faiblesse ou un camp plus divisé par rapport aux standards habituels des candidats à des primaires précédentes dans les mêmes situations (si le cœur vous en dit, vous pouvez aller voir ce que ça donne sur les primaires républicaines de 2012, ou les primaires démocrates de 2004, ou sur les primaires républicaines de 2008, vous arriverez à des ordres de grandeur assez proches).
Et pour cause : à partir du moment où les électeurs ont l'opportunité de pouvoir voter pour leur candidat de cœur plutôt que pour le candidat officiel (ou quasi), on ne voit pas pourquoi certains s'en priveraient. Déduire de cela que le candidat officiel va forcément enregistrer des pertes dramatiques au sein de son électorat partisan lors de la générale qui suivra est une déduction qui ne repose en rien sur les résultats constatés aux primaires ni sur les précédents historiques de situations comparables.
nigdugg a écrit:On verra bien, j'aime bien être à contre courant des experts car au final après ils viendront dire comme en 2016 que c'est exceptionnel ce qui s'est produit.
Je ne parle pas de vous bien évidemment mais des sondages et autres journalistes etc.
Je peux déjà vous affirmer sans l'ombre d'un doute que quelqu'un qui dirait que l'éventuelle réélection de Trump, un président sortant ultra populaire auprès de sa base, en novembre serait une chose exceptionnelle pourrait difficilement être qualifié "d'expert". Car pour que ce quelqu'un puisse sortir une chose pareille, il faudrait qu'il méconnaisse gravement les basiques du système politique américain :).
nigdugg a écrit:Vous concernant si vous voulez interpréter l'histoire comme celle que vous décrivez vous pouvez le faire au final on parle de candidats différents.
Ce n'est pas une interprétation de ma part, mais un simple constat historique concernant les habitudes électorales du peuple américain depuis plusieurs décennies.
nigdugg a écrit:Après si c'est votre point de vue de faire en sorte de défendre quoiqu'il arrive les démocrates. Moi je déteste les deux c'est pour cela peut être que je vois les choses différemment.
Là on touche clairement du doigt le gros souci de vos interventions. Et là c'est le modérateur du forum qui vous parle.
Le problème, c'est qu'à partir du moment où un contributeur vous dit que Biden obtient des meilleurs résultats que Clinton sur les primaires (en vous donnant des résultats électoraux dans des comtés, dans des états, avec des comparatifs détaillés, des sources, des liens en pagaille), vous considérez que cette personne a forcément un biais pro Biden, alors que cette personne ne fait qu'émettre des analyses basées sur des faits et des éléments (et que, comme toute analyse, elle peut être erronée, mais aussi être juste, que ce soit en partie ou totalement). Et pourquoi en venez vous à cette conclusion ? Parce que vous considérez que Biden étant un candidat catastrophique, il vous est impossible d'entendre cette analyse, et, surtout (et beaucoup plus grave au regard du règlement du forum), il vous est impossible de concevoir que cette analyse puisse ne pas être biaisée par un sentiment pro Biden. En clair, votre perception de Biden vous fait conclure que toute analyse vaguement favorable à Biden comme le fruit d'une analyse effectuée de mauvaise foi.
Je vous apporte la preuve, citation à l'appui, que je ne suis pas particulièrement pro Biden (avec une citation vieille d'un an où je relève que Biden est notoirement mauvais en campagne), et quelle est votre conclusion ? Que j'ai donc non pas un biais pro-Biden, mais un biais pro-démocrates. Dans tout un tas de topics, je dis que Trump est une bête de campagne, qu'il est ultra populaire auprès de sa base, qu'il est suffisamment intelligent pour pratiquer avec doigté la pratique du
dog whistle...En concluriez vous que j'ai un biais pro-Trump ou pro-républicains pour autant ?
Et on en arrive au dernier exemple en date : votre marotte voulant à tout prix prouver avec les derniers résultats en date de Biden dans les primaires qu'ils manifesteraient chez lui une faiblesse particulière en tant que
presumptive nominee. Et vous vous lancez dans une analyse pour le moins légère, en ne fournissant aucun chiffre réel de comparaison, aucun lien vers les autres élections pour faire ce comparatif. Quand 2 contributeurs vous présentent ces chiffres et ces comparatifs, vous partez sur une nouvelle analyse, basée sur une différenciation calendaire assez obscure, et, toujours aussi problématique, vous accusez les 2 contributeurs de biais ou d'interprétation.
Ce que vous faites à un nom : un biais de confirmation. Vous êtes tellement persuadé que Biden est le pire candidat de tous les temps (ce qui, encore une fois, n'est pas un problème), que vous cherchez tous les éléments pouvant démontrer cet avis personnel, et vous écartez tous les éléments pouvant infirmer cet avis. Mais ce faisant vous allez même plus loin : vous tordez des éléments factuels (nos échanges comparant l'efficacité électorale des
presumptive nominee sont très éclairants sur ce point) pour satisfaire votre biais de confirmation, et vous réduisez toute personne apportant des éléments éventuellement favorables à Biden comme étant forcément inaudible, puisque pour vous cela veut forcément dire que cette personne est pro-Biden.
Note de la modération : ce comportement que je viens de décrire est clairement contraire au règlement de ce forum, et ne peut pas être accepté dans le cadre d'information et d'échange de ce site. La modération ne peut qu'appeler tous les contributeurs à faire attention à ne pas tomber dans ce travers, et, surtout, à toujours respecter ses interlocuteurs en ne leur prêtant pas forcément par nature des biais ou des arrières pensées.
La persévérance dans ce genre de comportements malgré des rappels de la modération peut, hélas, entraîner la suppression des messages problématiques. La suppression d'un message est toujours un échec, aussi bien pour le contributeur concerné que pour la modération. La neutralité totale et absolue ça n'existe pas, mais il y a une marge entre faire part de son opinion et analyser uniquement à travers le prisme d'une opinion (qu'elle soit réelle ou supposée). Et, dans ce cadre, accorder à son interlocuteur qu'il puisse être de bonne foi ou non biaisé est un minimum.
Merci pour votre vigilance à tous.