Corondar a écrit:Pour Trump même chose, il ne fait pas 94% dans chaque état. C'est le cas en Oregon, dans d'autres états il tourne plutôt autour des 90% (un peu moins ou un peu plus). Mais là aussi ce sont des pourcentages tout à fait normaux pour un président sortant dans des primaires non contestées (Obama en 2012 et Bush en 2004 obtenaient le même genre de pourcentages dans leurs primaires). Je laisse de côté les états où il est réellement seul sur le bulletin et ne peut pas faire autrement que d'obtenir 100% des voix :).
Non, ce qui est étonnant, aussi bien côté démocrates que républicains c'est que leurs deux primaires continuent à connaitre de très bonnes participations alors qu'il n'y a plus d'enjeu et que les situations de vote sont perturbées par le Coronavirus.
Je dirais néanmoins que ce que vous décrivez, c'est-à -dire une situation où un candidat engrange relativement beaucoup de voix alors que les primaires sont dénuées d'enjeux, est plus inhabituelle pour un président sortant que pour un candidat non-président sans adversaire et certain de remporter la nomination. A plus forte raison qu'il reste un léger enjeu dans les primaires démocrates, c'est peut-être une meilleure prise en compte des propositions de Sanders si celui-ci continue à faire des bons scores aux primaires qui restent, et qui motivent peut-être encore ses électeurs à voter.
Mais est-ce possible que cela fonctionne aussi dans l'autre sens et qu'une minorité d'électeurs démocrates votent encore aujourd'hui pour Biden pour que celui-ci conserve son positionnenent modéré et ne parte pas trop à gauche, en faisant en sorte que les voix en faveur de Sanders pèsent relativement moins ? Je ne sais pas.
En revanche, difficile de trouver un quelconque enjeu aux primaires républicaines depuis qu'elles ont commencé.
A mon avis, ce qui est remarquable, c'est comme vous le disez non pas les pourcentages de voix en faveur de Trump qui sont assez habituels parmi ce que l'on peut observer chez les présidents sortants, mais les voix en valeur absolue obtenues par chaque candidat par rapport à des situations historiques similaires, ce que vous évoquez indirectement en parlant de participation.
Et là , première chose, l'avantage est pour Trump : la participation est à 95% environ en faveur de Trump pour la primaire républicaine, elle est plus autour des 70% pour Biden. L'importance comparative de la participation dans chaque camp est donc à modérée chez les Démocrates car si elle y reste très importante, elle se manifeste dans une proportion non négligeable pour Sanders et donc contre Biden, tandis qu'elle se manifeste chez les Républicains uniquement en faveur de Trump.
C'est tout d'abord en ce sens que personnellement, je ne mettrais pas au même niveau les participations républicains et démocrates que vous considérez comme toutes aussi importantes l'une que l'autre.
La participation républicaine a déjà bien plus de signification car tous ceux qui participent aux primaires républicaines vont voter pour Trump, mais tout ceux qui participent aux primaires démocrates ne voteront pas pour Biden.
D'autre part, l'écart en termes de voix (en valeur absolue) est bien plus important entre Trump maintenant et Obama en 2012 ainsi que Bush en 2004, que par exemple, entre Biden maintenant et Clinton en 2016 et Kerry en 2004, dans des circonstances quasiment identiques. Je sais que je compare souvent 2020 et 2004 (toujours mutatis mutandis bien entendu), c'est bien parce que de toutes les élections qui ont lieu depuis 1988, c'est à l'élection de 2004 que l'élection de 2020 ressemble le plus.
Pour donner quelques chiffres :
- Donald Trump a obtenu à ce stade 13,7 millions des voix, après 31 primaires et alors qu'il en reste encore 15. C'est près du double de ce qu'Obama avait obtenu en 2012, 6,2 millions de voix. C'est près de 75% de plus que ce Bush avait obtenu en 2004, 7,8 millions de voix en tout.
- Joe Biden a obtenu 12,1 millions de voix, après 37 primaires et alors qu'il en reste 21. Clinton, en 2016, a obtenu 16,9 millions de voix. En 2004, John Kerry avait obtenu 10 millions de voix, dans des primaires où un vainqueur s'est très vite dégagé.
Et force est de constater, qu'en 2004, Bush avait obtenu en tout 7,8 millions de voix, beaucoup moins que John Kerry avec ses 10 millions de voix, et Bush a fini par être réélu.
En 2020, les primaires ne sont pas finies, mais Trump a obtenu 13,7 millions de voix, contre 12,1 millions de voix pour Joe Biden.
Sur le seul plan des voix obtenus lors des primaires, Trump part ainsi en bien meilleure position que Bush en 2004 qui a fini par être réélu, dans des circonstances assez similaires : un président républicain qui n'est pas contesté dans son propre camp face à un candidat démocrate soutenu par l'establishment qui a triomphé largement lors des primaires face à un candidat issu de la gauche du parti (Howard Dean en 2004, Bernie Sanders en 2020) qui partait pourtant légèrement favori.
Est-ce que cela garantit une réélection de Trump en novembre ? Bien sûr que non. Cependant, c'est un élément qui joue en sa faveur. Il y en d'autres qui jouent en la faveur de Biden bien sûr : l'impopularité de Trump, l'opinion générale concernant la gestion présidentielle de l'épidémie de coronavirus, les sondages actuels,...
En tout cas, comme on le répète souvent ici, cette élection va être un référendum pour ou contre Trump, et les électeurs républicains sont particulièrement enthousiastes à l'idée de voir un nouveau mandat de Trump, et la mobilisation de ces derniers en sa faveur lors des primaires républicaines le montre.
C'est déjà une bonne base que n'avait pas par exemple Bush père en 1992. Reste encore à convaincre les électeurs indépendants de vouloir voir Trump rempiler pour quatre années de plus.
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