guillaume44 a écrit:Chacun son point de vue mais je trouve la gestion de crise par Trump vraiment excellente…
Je vous rassure, le contraire m'aurait profondément étonné...
guillaume44 a écrit: Et celle-ci valide à postériori la plupart des thèmes de sa campagne de 2016 :
- L'interdiction d'entrée sur le territoire des personnes venant de pays à risque. Cette décision validée par la cour suprême a parfaitement montré son utilité pour l'interdiction des personnes venant de Chine. Le pauvre Biden en est même à soutenir cette proposition.
https://www.breitbart.com/politics/2020 ... enophobia/
J'ai du mal à suivre le raisonnement. Vous nous dites que le fameux
travel ban (qui visait des populations spécifiques au nom de leur religion ou leur nationalité pour un éventuel risque terroriste...) était en fait une politique visionnaire ouvrant la voix quelques années plus tard à interdire des vols commerciaux en provenance d'une zone infectée par un virus ?
Je ne suis pas certain qu'il y ait un lien entre les deux, de nombreux pays ne disposant pas d'un
travel ban ont aussi pu bloquer des vols en provenance de Chine.
On notera qu'en 2014 Trump exigeait d'Obama la fermeture de toutes les lignes aériennes en provenance de tous les pays concernés par l'épidémie. 6 ans plus tard il semble que Trump ait changé d'avis, puisqu'il a laissé des lignes aériennes en provenance d'autres pays contaminés que la Chine ouvertes jusqu'à fort tard dans l'avancée du virus (et même dans le cas de la Chine la fermeture fut tardive, plus tardive que celle que Trump réclamait en son temps à Obama)..
Ceci dit, si Trump avait lu les briefings et les mémos de janvier et février il aurait peut-être su qu'ébola et le coronavirus n'ont rien à voir (le premier tue ses malades tellement rapidement qu'il se répand nettement moins facilement à large échelle), et que dans le cas du coronavirus le nombre très élevé de patients asymptomatiques mais contagieux rendait l'annulation des vols peu efficace dans un système globalisé. Mais tout le monde sait que Trump ne lit jamais les mémos et zappe les briefings depuis toujours (c'était déjà le cas en tant que PDG de son groupe).
https://www.theatlantic.com/politics/ar ... nt/549794/En tout cas, on ne peut que constater que la politique trumpienne de limiter la contagion en clouant certains avions au sol (mais pas d'autres) a lamentablement échoué, autrement les USA ne serait pas devenu le premier foyer d'infection au monde.
Là aussi on ne peut que constater que Trump a fini par avoir recours à une réquisition fort tardive de moyens économiques extraordinaires, alors que beaucoup l'enjoignaient (aussi bien chez les républicains que les démocrates) à le faire bien plus tôt.
Enfin, là aussi on ne peut donc que constater que la lutte contre les délocalisations que Trump semble mener depuis 3 ans n'est pas très effective, puisque la crise actuelle aux USA montre que là bas aussi on achète à l'étranger tout un tas de ressources médicales. Est ce à dire que Trump a beaucoup parlé de réindustrialisation et de relocalisation depuis 3 ans mais que le bilan réel est assez mince ? Sinon pourquoi diable devoir réquisitionner des industries déjà existantes pour leur demander de produire des produits que les industries américaines ne produisent plus, ou plus assez ?
Mince alors, moi qui croyais pourtant que l'Amérique était grande à nouveau.
guillaume44 a écrit:- Trump continue sa révolution du parti républicain et lui donne (à mon humble avis) un visage beaucoup plus humain, populaire et moins pro business. Le package de 2000e permettra à chaque américain de percevoir un chèque de 1200 dollars et surtout de cumuler le chômage versé par chaque état avec une aide fédérale de 600 dollars par semaine. Même les travailleurs indépendants y ont droit.
https://www.lefigaro.fr/conjoncture/eta ... s-20200402
On parle bien du même président qui depuis 3 ans lutte ardemment, au même titre que tous ses petits camarades républicains ou presque, pour réduire massivement les financements et les périmètres de l'obamacare, de medicaid et de medicare, aussi bien au niveau fédéral que des états ?
https://www.cnbc.com/2019/03/12/trump-2 ... nding.htmlLe traitement actuel de la crise économique par les républicains est une attitude de circonstances visant à réduire au maximum les retombées économiques et sociales, afin qu'elle soient les moins désastreuses possibles pour l'élection de novembre, ni plus ni moins. C'est un calcul politique, absolument pas idéologique, sinon Trump ne ferait pas des pieds et des mains pour que ce soit son nom qui apparaisse sur les chèques plutôt que celui du secrétaire au Trésor. Je doute sérieusement que Trump reprenne la pérennisation de telles mesures dans son future programme présidentiel. Et je doute encore plus que le GOP le fasse.
guillaume44 a écrit:- On notera que si les relations entre les démocrates et Trump sont très mauvaise au congrès. Celle-ci sont bonnes avec les gouverneurs du moins avec le gouverneur de Californie. Gary Newsom lui semble très content de l'action de Donald Trump.
https://www.breitbart.com/clips/2020/04 ... our-needs/https://www.breitbart.com/politics/2020 ... r-america/On n'a un peu tendance que l'élection de Trump est aussi historique que celle de Barack Obama dans la mesure ou Trump ne fut jamais élu maire, représentant, sénateur, gouverneur… Bref c'est un civil qui fut élu président pour la première fois de l'histoire des Etats-Unis et bien franchement il se débrouille bien mieux que beaucoup de présidents connaissant soi-disant les arcanes de la Maison Blanche et du congrès.
Des bonnes relations avec les gouverneurs ? Pour un Gary Newsom, combien de Gretchen Whitmer, Andrew Cuomo, de Mike DeWine, de Larry Hogan, qui critiquent tous le manque de réactivité et de réalisme du gouvernement central face à la crise ? Vous noterez que dans cette liste on trouve aussi bien des démocrates que des républicains.
Puisque vous avez essayé de lister des éléments positifs dans la gestion trumpienne de la crise, faisons donc la liste des éléments négatifs :
1) Trump a passé tous les mois de janvier, février et une bonne partie du mois de mars à minimiser la dangerosité du virus et l'ampleur du risque. Ce comportement qui a perduré jusqu'à fort récemment (il y a peu on nous annonçait sans rire qu'on allait pouvoir danser kumbaya tous en rond dans les églises américaines pour fêter Pâques) a eu (et a encore) des conséquences dramatiques sur le retard des mesures de confinement et la mise en place des gestes barrière. Ce retard à l'allumage des Américains est indéniable, et repose en grande partie sur les épaules de leur président, qui, par choix, a voulu retarder les mesures à prendre contre le virus pour essayer de préserver sa si précieuse croissance économique dans la perspective de sa réélection. On a ainsi cité le cas de cette université de Virginie qui a rouvert suite au discours présidentiel de minimisation du virus.
2) Trump est toujours incapable de s'en tenir à un discours rationnel concernant les éléments techniques du virus. Il continue encore aujourd'hui à diffuser de fausses informations sur la manière de lutter contre le virus, en disant que des écharpes ça marche aussi bien que des masques (ce qui est faux), qu'il faut mettre des masques mais que lui n'en mettra pas, en vendant des traitements miraculeux permettant de soigner la maladie (chloroquine hier, un médicament japonais dont j'ai oublié le nom aujourd'hui, dans les deux cas là aussi des malades meurent en croyant le président, là aussi on a un cas avéré en Arizona).
3) la réaction première de l'administration face aux rapports décrivant des situations graves et mortifères est de toujours critiquer les lanceurs d'alerte et de se lancer dans une contre narration plus rose, au mépris de la réalité de terrain (un capitaine aux états de service exemplaires vient d'en faire les frais).
4) enfin, cette crise sanitaire arrive alors que les républicains depuis 12 ans, Trump depuis 4 ans, n'ont eu de cesse que de réduire la couverture santé au maximum, en réduisant au maximum les financements et en supprimant les agences étatiques en charge de ce genre de dossiers (aides sociales et lutte contre les maladies).
5) Trump, alors que des centaines de milliers de personnes sont contaminées, que des milliers d'autres meurent, que des dizaines de milliers vont hélas probablement mourir, ne cesse de s'attribuer à lui même des bonnes notes, passe son temps à transformer les conférences de presse informatives en meetings politiciens, et trouvent encore du temps pour virer des gens n'ayant rien à voir avec tout ça (non pas parce qu'ils auraient mal géré la réponse à l'épidémie, mais parce qu'ils ont rapporté au Congrès un rapport que la loi les obligeait à rapporter sous peine de commettre un délit), et passe son temps à tweeter (comme d'habitude) pour dire que tout cela est de la faute des démocrates, d'Obama, de Clinton, de l'état profond, des médias, des Chinois, des Européens, et j'en passe. Et il ne trouve rien de mieux que de nommer stratège en chef un personnage (son gendre, Jared Kushner) qui n'a aucune expérience, et dont les états de service jusqu'à présent (résoudre la crise opioïde et apporter la paix au Proche Orient) sont pour le moins peu probants.
Je crois que je n'oublie rien ? Je rappelle que pour l'heure, la quasi totalité des mesures prises sont issues des gouverneurs et des autorités législatives (démocrates et républicaines) du Congrès. Il existe tout un arsenal de législations et de lois permettant à l'exécutif de prendre des mesures exceptionnelles. Trump a l'air notoirement hostiles à les prendre, et a l'air de vouloir refiler la patate aux autres.
Pour l'heure son bilan sur la crise c'est ça : minimiser la gravité de la situation (entraînant par là même des comportements aux conséquences mortelles), laisser la situation être gérée par d'autres que lui même (comme ça il pourra dire qu'il n'y est pour rien quand l'heure du bilan sera venue ?), et faire comme si tout un tas de politiques menées par son administration depuis 3 ans (lutte contre l'obamacare, réduction drastique des fonds et des périmètres des agences gouvernementales en charge de ce genre de catastrophes sanitaires, économiques et sociales) n'étaient pas de son fait.
Je vous confirme on est tous libre d'avoir un point de vue, mais il y a certaines réalités qui s'imposent à tous également. Et de ces réalités je tire en effet une perception de la gestion de la crise par Trump (de sa non gestion plutôt) nettement moins positive que la vôtre. J'ai en tout cas toutes les peines du monde à y voir de "l'excellence".
En tout cas, puisque nous en sommes à livrer nos points de vue, chez moi, voir un chef d'état se donner ainsi des auto satisfecit et des bons points en se rengorgeant dans sa vanité profonde (comme si sa personne et le jugement qu'on peut en avoir était la véritable préoccupation du moment), alors que dans le même temps son pays connait l'une des pires crises sanitaires et économiques de son histoire, que des milliers de gens sont déjà morts, et que des dizaines de milliers d'autres vont également connaître ce funeste destin, je trouve ça tout simplement scandaleux, indigne et déplacé. Et c'est là une perception totalement indépendante du bilan ou des responsabilités réelles que pourrait avoir le chef d'état en question sur la situation en question.
Pour moi, un président qui gère une crise, il ne se donne pas des bons points en faisant comme si la crise était à ce point bien gérée que personne n'en était réellement la victime. Qu'il se livre à cet exercice d'auto promotion une fois la tempête passée, libre à lui. Mais le faire alors que les vents de la tempête soufflent toujours avec une force incroyable (et que c'est pas prêt de s'arrêter hélas, surtout si les USA continuent sur le même chemin qu'actuellement), c'est tout bonnement indécent. Et je dirais exactement la même chose si c'était un président démocrate qui se comportait ainsi.