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La vie politique québécoise

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Re: La vie politique québécoise

Messagede Eco92 » Ven 11 Avr 2014 12:32

Plus que 3 jours ^^

J'avais commencé un listing détaillé des ministres élu/réélu mais aussi avec quelle perte. En effet pas mal de ministres étaient candidat dans des "fiefs" (ce qui n'a pas souvent suffit) et quasiment tous encaissent des pertes énormes, allant parfois jusqu'à 20%. Finalement le listing détaillé était long et pas très instructif car quasiment à chaque fois les choses se répétaient.

Quasiment car il y a un cas, celui du ministre des finances Nicolas Marceau, qui diffère un peu. Il est réélu dans Rousseau, circonscription péquiste depuis vingt ans, plus alternante auparavant avec une courte avance de 813 voix (38,73 %) sur le candidat de la CAQ qui le talonne avec 36,7%. Un bon score de la CAQ qui n'a rien d'étonnant dans ce qui fut la première base électorale de François Legault. A noter : en 2012 Marceau de l'emportait aussi que de quelques % (41,72% contre 39,5%), il n'y a pas une si grosse déperdition en pourcentage que ça ni en écart de voix (1116 en 2012), il reçoit beaucoup moins de suffrages (moins 3000 voix) ,mais la participation chutant aussi il reste finalement assez stable.

Les ministres défaits sont :
- Pauline Marois, première d'entres tous, a été nettement battue dans sa circonscription. Stabilisée au PQ depuis 1994 Charlevoix n'était cependant pas un fief à strictement parler : elle n'a pas été péquiste lors de la vague Lévesque, a une tradition conservatrice, puis libérale. Cela faisait tout de même 20 ans qu'elle était dans le giron du PQ mais son renversement n'est pas si anormal. La première ministre sortante obtient 32,87 % contre 35,24 à Caroline Simard, candidate du PLQ. En 2012, elle dépassait les 40% et avait 5000 voix d'avance.

-Bertrand St-Arnaud, ministre de la Justice et président du Comité de législation. Celui qui avait repris cette circonscription très volatile en 2008 et l'avait conservé en 2012 avec plus de 40% des voix est devancé de 400 voix par la CAQ, qui obtient 34,24 % contre 33,09%.

- Daniel Breton ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. Rapidement démissionnaire de son poste il était resté député de Sr-Marie-St Jacques et a été balayé cette fois-ci. Non seulement la solidaire Manon Massé emporte ce fief péquiste, mais la candidate libérale le devance et a failli prendre la circonscription, reléguant Breton à la troisième place. Avec plus de 30%, la libérale explose le score de 2012 (un peu plus de 19%) et incarne bien la fameuse envolée du PLQ

- Son remplaçant à l'Environnement, Yves-François Blanchet, n'était élu que depuis deux ans dans Johnson, une circonscription péquiste depuis 1981, mais qui avait flanché face à la vague ADQ en 2007 avant de revenir au PQ l'année suivante. En 2012 Blanchet avait été élu à l'arraché face au candidat de la CAQ, avec 200 voix d'avance. Le parti de Legault s'offre une belle revanche puis que son candidat, André Lamontagne, l'emporte avec 1800 voix d'avance sur l'ex-ministre.

- Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Cet ex-journaliste de Radio-Canada était un des candidats vedette de 2012. Candidat dans Borduas, une circo qui n'a jamais été que péquiste depuis sa création (si l'on excepte la fin de mandat de Curzi qui ségeait en indépendant), il avait été mis là pour être sur d'être élu. Sa défaite, certes très courte et pouvant appeler à recours (99 voix), face à un candidat de la CAQ est donc un très sévère camouflet.

- Diane De Courcy, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, était une autre des vedettes de 2012. L'ex-présidente de la Commission scolaire de Montréal avait aussi été envoyée dans une circo solides alors tenu par une dissidente : la femme de Jacques Parizeau : Lisette Lapointe. La circo a souvent été péquiste mais a plusieurs fois balancée des libéraux au PQ, dans le contexte national rien d'étonnant à ce que de Courcy tombe. Elue avec 38% en 2012 elle chute à 31,5%, laissant le champ libre à une libérale obtenant 39%.

- Élizabeth Larouche, ministre déléguée aux Affaires autochtones, a été écrasée dans Abitibi-Est, une circo faisant le yoyo entre PLQ et PQ depuis des années et qu'elle avait arrachée de 777 voix en 2012. Cette fois elle est sèchement renvoyée dans les cordes et encaisse 11 points de retard sur le candidat libéral.

Cela fait donc sept ministres battus sur les 25 qu'a connu le gouvernement Marois. Ce n'est pas brillant mais eu égard de la gamelle ils ne s'en tirent plutôt pas mal et, surtout, cela veut dire qu'il y a beaucoup d'ex-ministres dans le maigre caucus du PQ. En effet, une seule ministre ne s'est pas représentée (Marie Malavoy, son fief a d'ailleurs été conservé par le PQ), les ex représentent donc 17 élus sur 30 députés, plus de la moitié !
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Re: La vie politique québécoise

Messagede Eco92 » Sam 12 Avr 2014 12:26

Les nouveaux députés, par groupes, sans surprise ce sont les libéraux qui ont le plus de gains :

Québec Solidaire :
Manon Massé (St-Marie-St-Jacques)

Coalition avenir Québec :
Le groupe étant passé de 18 à 22 il y a forcément des gains, d'autant que 2 candidats ne se sont pas représentés et qu'il y a eu plusieurs battus. En tout 10 nouveaux députés entrent à l'Assemblée.
Benoît Charrette (Deux Montagnes), Sylvie D’Amour (Mirabel), Simon Jolin-Barrette (Borduas), Mario Laframboise (Blainville) André Lamontagne (Johnson), Mathieu Lemay (Masson), Jean-François Roberge (Chambly), Claire Samson (Iberville), Chantal Soucy (Saint-Hyacinthe), Claude Surprenant (Groulx)

A noter, Benoît Charrette faisait parti des députés péquistes transfuges en 2012, il avait alors échoué à se faoire réélire avec sa nouvelle étiquette. Sa revanche est prise ! Mario Laframboise a aussi déjà été député, mais au niveau fédéral pour le Bloc.

A noter aucun candidat caquiste n'a gagné sur un libéral, toutes les circonscriptions gagnées étaient péquistes, deux étaient déjà caquistes (Groulx et Blainville, dont le député avait été exclu du parti).

Parti Québécois :
Diane Lamarre (Taillon), Harold LeBel (Rimpuski) et Pierre Karl Péladeau (St-Jérôme). A noter, PKP est le seul a avoir gagné sur un autre parti (la CAQ).

Parti Libéral du Québec :
Non seulement le PLQ est passé de 49 à 70 députés (+21) mais en plus de nombreux « vieux » candidats dans des fiefs historiques ont passé la main plus ou moins volontairement. En tout cas 28 nouveaux députés qui sont élus, parmi eux 7 ont déjà occupé cette fonction, mais il y a quand même un assez bon renouvellement. Les libéraux ont aussi bien conservés leurs fiefs que consolidés des circos tangeantes et renversés des péquistes et caquistes.

Les nouveaux donc :
Pierre-Michel Auger (Champlain), Gaétan Barrette (La Pinière), Raymond Bernier (Montmorency), David Birnbaum (D'Arcy-McGee), Francois Blais (Charlesbourg), Luc Blanchette (Rouyn-Noranda–Témiscamingue), Jean Boucher (Ungava), Guy Bourgois (Abitibi-Est), Germain Chevarier (Îles-de-la-Madeleine), Martin Coiteux (Nelligan), Jacques Daoust (Verdun), Hélène David (Outremont), André Fortin (Pontiac), Luc Fortin (Sherbrooke), Pierre Giguère (Saint Maurice), Jean-Denis Girard (Trois Rivières), Marc H. Plante (Maskinongé), Guy Hardy (Saint-François), Jean Habel (Sainte Rose), Patrick Huot (Vanier-Les Rivières), Carlos Leitao (Robert-Baldwin), Michel Matte (Portneuf), Richard Merlini (La Prairie), Marie Montpetit (Crémazie), Marie-Claude Nichols (Vaudreuil), Saul Polo (Laval-des-Rapides), Yves St-Denis (Argenteuil),
Caroline Simard (Charlevoix-Côte-de-Beaupré)

Sept d'entre eux ont déjà été députés : Pierre-Michel Auger (de 2007 à 2008 déjà dans Champlain mais sous la bannière ADQ), Germain Chevarier (de 2008 à 2012 dans les Îles-de-la-Madeleine, il récupère son ancien siège), Patrick Huot (Élu dans Vanier en 2008 il avait échoué à être élu dans la nouvelle circo de Vanier-Les Rivières en 2012, il la conquiert aujourd'hui), Raymond Bernier (de 2003 à 2007 dans Montmorency, battu il récupère le siège de 2008 à 2012, de nouveau battu, il le récupère à nouveau cette année), Michel Matte (élu de Portneuf de 2008 à 2012, il y revient en battant le caquiste qui l'avait éjecté), Richard Merlini (il a été député de Chambly pour l'ADQ de 2007 à 2008, défait il revient dans une autre circonscription qu'il conquiert ironiquement à la CAQ) et Serge Simard (député de Dubuc de 2008 à 2012, il y revient en battant le PQ).

N'hésitez pas à amender/corriger si vous voyez des erreurs.
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Re: La vie politique québécoise

Messagede Républicain67 » Lun 14 Avr 2014 08:18

Eco92 a écrit:Plus que 3 jours ^^

J'avais commencé un listing détaillé des ministres élu/réélu mais aussi avec quelle perte. En effet pas mal de ministres étaient candidat dans des "fiefs" (ce qui n'a pas souvent suffit) et quasiment tous encaissent des pertes énormes, allant parfois jusqu'à 20%. Finalement le listing détaillé était long et pas très instructif car quasiment à chaque fois les choses se répétaient.

Quasiment car il y a un cas, celui du ministre des finances Nicolas Marceau, qui diffère un peu. Il est réélu dans Rousseau, circonscription péquiste depuis vingt ans, plus alternante auparavant avec une courte avance de 813 voix (38,73 %) sur le candidat de la CAQ qui le talonne avec 36,7%. Un bon score de la CAQ qui n'a rien d'étonnant dans ce qui fut la première base électorale de François Legault. A noter : en 2012 Marceau de l'emportait aussi que de quelques % (41,72% contre 39,5%), il n'y a pas une si grosse déperdition en pourcentage que ça ni en écart de voix (1116 en 2012), il reçoit beaucoup moins de suffrages (moins 3000 voix) ,mais la participation chutant aussi il reste finalement assez stable.

Les ministres défaits sont :
- Pauline Marois, première d'entres tous, a été nettement battue dans sa circonscription. Stabilisée au PQ depuis 1994 Charlevoix n'était cependant pas un fief à strictement parler : elle n'a pas été péquiste lors de la vague Lévesque, a une tradition conservatrice, puis libérale. Cela faisait tout de même 20 ans qu'elle était dans le giron du PQ mais son renversement n'est pas si anormal. La première ministre sortante obtient 32,87 % contre 35,24 à Caroline Simard, candidate du PLQ. En 2012, elle dépassait les 40% et avait 5000 voix d'avance.

-Bertrand St-Arnaud, ministre de la Justice et président du Comité de législation. Celui qui avait repris cette circonscription très volatile en 2008 et l'avait conservé en 2012 avec plus de 40% des voix est devancé de 400 voix par la CAQ, qui obtient 34,24 % contre 33,09%.

- Daniel Breton ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. Rapidement démissionnaire de son poste il était resté député de Sr-Marie-St Jacques et a été balayé cette fois-ci. Non seulement la solidaire Manon Massé emporte ce fief péquiste, mais la candidate libérale le devance et a failli prendre la circonscription, reléguant Breton à la troisième place. Avec plus de 30%, la libérale explose le score de 2012 (un peu plus de 19%) et incarne bien la fameuse envolée du PLQ

- Son remplaçant à l'Environnement, Yves-François Blanchet, n'était élu que depuis deux ans dans Johnson, une circonscription péquiste depuis 1981, mais qui avait flanché face à la vague ADQ en 2007 avant de revenir au PQ l'année suivante. En 2012 Blanchet avait été élu à l'arraché face au candidat de la CAQ, avec 200 voix d'avance. Le parti de Legault s'offre une belle revanche puis que son candidat, André Lamontagne, l'emporte avec 1800 voix d'avance sur l'ex-ministre.

- Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Cet ex-journaliste de Radio-Canada était un des candidats vedette de 2012. Candidat dans Borduas, une circo qui n'a jamais été que péquiste depuis sa création (si l'on excepte la fin de mandat de Curzi qui ségeait en indépendant), il avait été mis là pour être sur d'être élu. Sa défaite, certes très courte et pouvant appeler à recours (99 voix), face à un candidat de la CAQ est donc un très sévère camouflet.

- Diane De Courcy, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, était une autre des vedettes de 2012. L'ex-présidente de la Commission scolaire de Montréal avait aussi été envoyée dans une circo solides alors tenu par une dissidente : la femme de Jacques Parizeau : Lisette Lapointe. La circo a souvent été péquiste mais a plusieurs fois balancée des libéraux au PQ, dans le contexte national rien d'étonnant à ce que de Courcy tombe. Elue avec 38% en 2012 elle chute à 31,5%, laissant le champ libre à une libérale obtenant 39%.

- Élizabeth Larouche, ministre déléguée aux Affaires autochtones, a été écrasée dans Abitibi-Est, une circo faisant le yoyo entre PLQ et PQ depuis des années et qu'elle avait arrachée de 777 voix en 2012. Cette fois elle est sèchement renvoyée dans les cordes et encaisse 11 points de retard sur le candidat libéral.

Cela fait donc sept ministres battus sur les 25 qu'a connu le gouvernement Marois. Ce n'est pas brillant mais eu égard de la gamelle ils ne s'en tirent plutôt pas mal et, surtout, cela veut dire qu'il y a beaucoup d'ex-ministres dans le maigre caucus du PQ. En effet, une seule ministre ne s'est pas représentée (Marie Malavoy, son fief a d'ailleurs été conservé par le PQ), les ex représentent donc 17 élus sur 30 députés, plus de la moitié !


L'on observe bien le recul du PQ chez les Québécois francophones, et surtout à Montréal. Le PQ perd Sainte-Marie-Saint-Jacques au profit de Québec solidaire, après Mercier en 2008 et Gouin en 2012. Cette année, il perd Crémazie, la seule circonscription qu'il détenait sur la Rivière des Prairies, les autres étant toutes situées dans l'Est de Montréal (où la concurrence avec Québec solidaire est rude, notamment dans Hochelaga-Maisonneuve). Même si Crémazie était péquiste en 1995, elle a voté "Non" au référendum sur la souveraineté, tout comme Anjou. Le PQ rate également son pari de conquérir Verdun et Saint-Henri-Sainte-Anne, deux circonscriptions à majorité francophone, mais qui ont voté "Non" en 95. Mais franchement, cela me paraissait dur pour le PQ montréalais.
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Re: La vie politique québécoise

Messagede MiniM » Lun 14 Avr 2014 08:35

Républicain67 a écrit:
Eco92 a écrit:Plus que 3 jours ^^

J'avais commencé un listing détaillé des ministres élu/réélu mais aussi avec quelle perte. En effet pas mal de ministres étaient candidat dans des "fiefs" (ce qui n'a pas souvent suffit) et quasiment tous encaissent des pertes énormes, allant parfois jusqu'à 20%. Finalement le listing détaillé était long et pas très instructif car quasiment à chaque fois les choses se répétaient.

Quasiment car il y a un cas, celui du ministre des finances Nicolas Marceau, qui diffère un peu. Il est réélu dans Rousseau, circonscription péquiste depuis vingt ans, plus alternante auparavant avec une courte avance de 813 voix (38,73 %) sur le candidat de la CAQ qui le talonne avec 36,7%. Un bon score de la CAQ qui n'a rien d'étonnant dans ce qui fut la première base électorale de François Legault. A noter : en 2012 Marceau de l'emportait aussi que de quelques % (41,72% contre 39,5%), il n'y a pas une si grosse déperdition en pourcentage que ça ni en écart de voix (1116 en 2012), il reçoit beaucoup moins de suffrages (moins 3000 voix) ,mais la participation chutant aussi il reste finalement assez stable.

Les ministres défaits sont :
- Pauline Marois, première d'entres tous, a été nettement battue dans sa circonscription. Stabilisée au PQ depuis 1994 Charlevoix n'était cependant pas un fief à strictement parler : elle n'a pas été péquiste lors de la vague Lévesque, a une tradition conservatrice, puis libérale. Cela faisait tout de même 20 ans qu'elle était dans le giron du PQ mais son renversement n'est pas si anormal. La première ministre sortante obtient 32,87 % contre 35,24 à Caroline Simard, candidate du PLQ. En 2012, elle dépassait les 40% et avait 5000 voix d'avance.

-Bertrand St-Arnaud, ministre de la Justice et président du Comité de législation. Celui qui avait repris cette circonscription très volatile en 2008 et l'avait conservé en 2012 avec plus de 40% des voix est devancé de 400 voix par la CAQ, qui obtient 34,24 % contre 33,09%.

- Daniel Breton ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. Rapidement démissionnaire de son poste il était resté député de Sr-Marie-St Jacques et a été balayé cette fois-ci. Non seulement la solidaire Manon Massé emporte ce fief péquiste, mais la candidate libérale le devance et a failli prendre la circonscription, reléguant Breton à la troisième place. Avec plus de 30%, la libérale explose le score de 2012 (un peu plus de 19%) et incarne bien la fameuse envolée du PLQ

- Son remplaçant à l'Environnement, Yves-François Blanchet, n'était élu que depuis deux ans dans Johnson, une circonscription péquiste depuis 1981, mais qui avait flanché face à la vague ADQ en 2007 avant de revenir au PQ l'année suivante. En 2012 Blanchet avait été élu à l'arraché face au candidat de la CAQ, avec 200 voix d'avance. Le parti de Legault s'offre une belle revanche puis que son candidat, André Lamontagne, l'emporte avec 1800 voix d'avance sur l'ex-ministre.

- Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Cet ex-journaliste de Radio-Canada était un des candidats vedette de 2012. Candidat dans Borduas, une circo qui n'a jamais été que péquiste depuis sa création (si l'on excepte la fin de mandat de Curzi qui ségeait en indépendant), il avait été mis là pour être sur d'être élu. Sa défaite, certes très courte et pouvant appeler à recours (99 voix), face à un candidat de la CAQ est donc un très sévère camouflet.

- Diane De Courcy, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, était une autre des vedettes de 2012. L'ex-présidente de la Commission scolaire de Montréal avait aussi été envoyée dans une circo solides alors tenu par une dissidente : la femme de Jacques Parizeau : Lisette Lapointe. La circo a souvent été péquiste mais a plusieurs fois balancée des libéraux au PQ, dans le contexte national rien d'étonnant à ce que de Courcy tombe. Elue avec 38% en 2012 elle chute à 31,5%, laissant le champ libre à une libérale obtenant 39%.

- Élizabeth Larouche, ministre déléguée aux Affaires autochtones, a été écrasée dans Abitibi-Est, une circo faisant le yoyo entre PLQ et PQ depuis des années et qu'elle avait arrachée de 777 voix en 2012. Cette fois elle est sèchement renvoyée dans les cordes et encaisse 11 points de retard sur le candidat libéral.

Cela fait donc sept ministres battus sur les 25 qu'a connu le gouvernement Marois. Ce n'est pas brillant mais eu égard de la gamelle ils ne s'en tirent plutôt pas mal et, surtout, cela veut dire qu'il y a beaucoup d'ex-ministres dans le maigre caucus du PQ. En effet, une seule ministre ne s'est pas représentée (Marie Malavoy, son fief a d'ailleurs été conservé par le PQ), les ex représentent donc 17 élus sur 30 députés, plus de la moitié !


L'on observe bien le recul du PQ chez les Québécois francophones, et surtout à Montréal. Le PQ perd Sainte-Marie-Saint-Jacques au profit de Québec solidaire, après Mercier en 2008 et Gouin en 2012. Cette année, il perd Crémazie, la seule circonscription qu'il détenait sur la Rivière des Prairies, les autres étant toutes situées dans l'Est de Montréal (où la concurrence avec Québec solidaire est rude, notamment dans Hochelaga-Maisonneuve). Même si Crémazie était péquiste en 1995, elle a voté "Non" au référendum sur la souveraineté, tout comme Anjou. Le PQ rate également son pari de conquérir Verdun et Saint-Henri-Sainte-Anne, deux circonscriptions à majorité francophone, mais qui ont voté "Non" en 95. Mais franchement, cela me paraissait dur pour le PQ montréalais.


Cela n'est pas surprenant, la Charte était quasi-universellement conspuée sur l'Île de Montréal. Le PQ a fait face à une dure chute dans toutes les circonscriptions (perdant les moins solides), et passant proche de perdre dans Rosement (Libéral) et Hochelaga-Maisonneuve (QS), deux châteaux-forts.
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Re: La vie politique québécoise

Messagede Eco92 » Ven 18 Avr 2014 21:04

Après cette douche électorale deux courses à la chefferie auront lieu dans les mois à venir et se préparent en ce moment. Dans les deux partis indépendantistes principaux, tous deux après des défaites majeures.

Le Parti Québécois, on en a assez parlé dans ce fil, est sorti rincé des élections avec une défaite historique. Fort de 30 députés, le PQ a tout de même beaucoup de candidats potentiels dans ses rangs. Trois semblent tenir la corde : l'ex-ministre des affaires étrangères Jean-François Lisée, l'ancien ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne (Charte) Bernard Drainville et l'ancien patron de média et ex-patron du conseil d'Hydro-Québec Pierre-Karl Péladeau. Ce serai ce dernier qui tiendrai la corde, alors même que de nombreux analystes lui font porter le poids de la défaite. Son profil très droitier effrayera la base progressiste mais au moins il affiche une claire flamme indépendantiste.

L'actuel chef intérimaire, Stéphane Bédard, ancien leader parlementaire du PQ, ne prendra pas position officiellement. Son frère est cependant un très proche de PKP, et ce chef intérimaire est considéré par tous comme un point fort pour PKP.

Le Bloc Québécois, parti indépendantiste fédéral, s'est pris une énorme douche en 2001, passant de 49 sièges à 4. La course à la chefferie avait fait s'opposer Daniel Paillé, Maria Mourani et Jean-François Fortin. Depuis Daniel Paillé a démissionné pour raisons de santé, Maria Mourani a été exclue du parti et Jean-François Fortin a renoncé à se présenter après avoir hésité quelques temps. Le député André Bellavance, chef intérimaire du BQ, est actuellement le seul candidat déclaré. Il a le soutien de ses trois collègues, de nombreux ex-députés et de responsables de circonscriptions. A priori pliée, la course devait se terminer le 7 mai sans vote puisqu'il aurait été seul en lice. Si d'autres candidatures sont déposées il faudra attendre le 14 juin et un vote pour que le Bloc ait un chef prêt à mener les élections de 2015.

Curieusement depuis quelques jours deux noms sortent dans les médias, daux ex-députés péquistes : l'ex-député de Mercier Daniel Turp et l'ex-ministre de l'éducation et député de Borduas Pierre Duchesne. Des candidatures un peu "sorties du chapeau" qui me semblent étonnantes mais pourquoi pas hein, ça fera un peu moins scrutin algérien.

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201404/17/01-4758803-bloc-quebecois-les-elections-de-2015-pour-relever-le-mouvement-souverainiste.php
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Re: La vie politique québécoise

Messagede Eco92 » Mar 22 Avr 2014 13:10

Le prochain grand mouvement au Québec sera la nomination du gouvernement, un gouvernement majoritaire et qui aura donc les coudées franches pour agir et faire ce qu'il a promis.

Des noms fusent dans la presse, comme toujours, le seul qui ait été confirmé pour le moment est Gaétan Barrette, ex-président de la fédération des médecins spécialistes du Québec et transfuge de la CAQ, qui sera ministre de la Santé. C'était attendu, même si son opposition à Yves Bolduc, ex-ministre de l Santé de Jean Charest qui pourrait devenir son ministre délégué, risque de donner des choses croquignoles.

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201404/21/01-4759567-gaetan-barrette-sera-ministre-de-la-sante.php

Autre nom a priori certain, Carlos Leitao devrait devenir ministre de l'économie. Personnage clef de l'équipe économique de Couillard, cet ancien de la Banque Laurentienne a été présenté en long et en large comme le «deuxième meilleur économiste au monde» (titre décerné par l'agence Bloomberg) durant toute la campagne, son absence serait donc difficile à comprendre.

La difficulté pour Couillard est de garder en tête la représentation des régions quand il nommera ses ministres, alors qu'il a beaucoup de ténors élus à Montréal. C'est entre autre le cas de Barrette et Leito.

Il a également souhaité approcher la parité, ce qui laisse la place aux quelques femmes députées (une minorité mais tout de même 17 prétendantes potentielles si j'ai bien compté), soit là aussi des ténors ex-ministres laissés à la porte. Hélène David, ancienne sous ministre à l'éducation sous Charest pourrait cette fois devenir ministre mais elle est aussi élue à Montréal, il faut dire que c'est ici que le PLQ a envoyé ses cadors pour en assurer l'élection quand ils s'attendaient encore à être opposition officielle...

J'aime assez la manière dont LaPresse résume ça "S'il s'agissait, pour un premier ministre, de nommer tout simplement les gens à des ministères en fonction de leurs expériences et de leur expertise, sans prendre en considération la répartition régionale, l'équilibre hommes-femmes et autres considérations, ce serait relativement simple."

http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/201404/19/01-4759106-dessine-moi-un-conseil-des-ministres.php
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Re: La vie politique québécoise

Messagede Eco92 » Mer 23 Avr 2014 21:35

Eco92 a écrit:Curieusement depuis quelques jours deux noms sortent dans les médias, daux ex-députés péquistes : l'ex-député de Mercier Daniel Turp et l'ex-ministre de l'éducation et député de Borduas Pierre Duchesne. Des candidatures un peu "sorties du chapeau" qui me semblent étonnantes mais pourquoi pas hein, ça fera un peu moins scrutin algérien.


Finalement ces deux candidats surprises ont jeté l'éponge. Selon toute vraisemblance Bellavance devrait être seul en lice et éviter une élection à son parti. Comme le Bloc est plutôt fauché depuis sa défaite de 2011 c'est toujours ça d'économisé.

http://www.ledevoir.com/politique/canada/406215/bloc-quebecois-andre-bellavance-veut-rallier-les-souverainistes
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Re: La vie politique québécoise

Messagede Eco92 » Mer 23 Avr 2014 22:05

Moins anecdotique, Philippe Couillard a présenté son gouvernement.

Il comporte 26 ministres, 14 premières fois et 12 anciens ministres. Huit femmes seulement parmi eux (personnellement je suis assez opposé à la politique des quotas mais quand on annonce vouloir approcher la parité c'est curieux). Il y a aussi 13 députés de Montréal, c'est quand même beaucoup, mais c'est sur que leurs fiefs sont là.

- Lise Thériault est vice-première ministre, elle est également ministre de la Sécurité publique.
- Robert Poëti, ancien policier de la Sûreté du Québec, devient ministre des Transports, responsable de la région de Montréal.
- Jean D'Amour devient ministre délégué aux Transports.
- Pierre Moreau, qui avait affronté Couillard dans la course à la chefferie, devient ministre des Affaires municipales.
- Stéphanie Vallée est ministre de la Justice et de la responsabilité de la Condition féminine.
- Pierre Paradis, ministre de Robert Bourassa à la fin des 80', devient ministre de l'Agriculture.
- Francine Charbonneau est ministre responsable des Aînés, de la Famille et de la Lutte contre l'intimidation.
- David Heurtel est nommé ministre du Développement durable et de l'Environnement.
- Pierre Arcand, ex-ministre de l'Environnement, se retrouve à l'Énergie et aux Ressources naturelles, ainsi que du Plan Nord.
- François Blais devient ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
- Gaétan Barrette se charge de la Santé, comme prévu, mais aussi des Services sociaux.
- Lucie Charlebois est ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la Jeunesse et à la Santé publique.
- Yves Bolduc,ex-ministre de la Santé, devient ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur - resoudant les deux ministères.
- Hélène David, qu'on attendait à se poste,est finalement ministre de la Culture et des Communications.
- L'ex-ministre de la culture Christine St-Pierre, devient ministre des Relations internationales et à la Francophonie.
- Jean-Marc Fournier se charge des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques.
- Sam Hamad redevient ministre du Travail, après avoir eu ce portefeuille en 2009 - 2010.
- Laurent Lessard devient ministre des forêts.
- Jean-Denis Girard est ministre délégué aux PME, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional.
- Luc Blanchette est ministre délégué aux Mines.
- Kathleen Weil redevient ministre de l'Immigration, poste qu'elle occupait sous Jean Charest, la Diversité et de l'Inclusion étant rajouté à son à son portefeuille.
- Geoffrey Kelley devient responsable des Affaires autochtones.

Le "trio économique" de la campagne, se trouve logiquement aux postes économiques :
- Carlos Leitao est nommé aux Finances.
- Martin Coiteux, ex-économiste à la Banque du Canada, au Conseil du trésor et de la « révision permanente des programmes ».
- Jacques Daoust, qui a présidé Investissement Québec, devient ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations.

Hors gouvernement, notons que Nicole Ménard, députée de Laporte depuis 2007, devient cheffe du caucus libéral.

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201404/23/01-4760092-cabinet-couillard-14-recrues-12-veterans.php
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Re: La vie politique québécoise

Messagede MiniM » Lun 28 Avr 2014 23:01

Eco92 a écrit:Le Bloc Québécois, parti indépendantiste fédéral, s'est pris une énorme douche en 2001, passant de 49 sièges à 4. La course à la chefferie avait fait s'opposer Daniel Paillé, Maria Mourani et Jean-François Fortin. Depuis Daniel Paillé a démissionné pour raisons de santé, Maria Mourani a été exclue du parti et Jean-François Fortin a renoncé à se présenter après avoir hésité quelques temps. Le député André Bellavance, chef intérimaire du BQ, est actuellement le seul candidat déclaré. Il a le soutien de ses trois collègues, de nombreux ex-députés et de responsables de circonscriptions. A priori pliée, la course devait se terminer le 7 mai sans vote puisqu'il aurait été seul en lice. Si d'autres candidatures sont déposées il faudra attendre le 14 juin et un vote pour que le Bloc ait un chef prêt à mener les élections de 2015.


Finalement, il y aurait une course. André Bellavance ayant dit que le Bloc doit devenir un parti qui défend les intérêts du Québec et des québécois, qu'ils soient souverainistes ou non.

Cela a fait des mécontents, dont Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), une société patriotique fondée au 19e siècle et connue pour son fort engagement pour l'indépendance. Celui-ci veut le Bloc Québécois devienne un outil de promotion de l'indépendance et que cela soit le point central du parti. Il se présente donc pour devenir chef.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2014/04/28/005-mario-beaulieu-candidat-direction-bloc-quebecois.shtml
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Re: La vie politique québécoise

Messagede Eco92 » Lun 28 Avr 2014 23:04

Eco92 a écrit:Finalement ces deux candidats surprises ont jeté l'éponge. Selon toute vraisemblance Bellavance devrait être seul en lice et éviter une élection à son parti. Comme le Bloc est plutôt fauché depuis sa défaite de 2011 c'est toujours ça d'économisé.



Mais voici un candidat surprise, quoique solide, le président de la Société St-Jean Baptiste de Montréal, une des plus importantes asso patriotiques du Québec. Président depuis 2008, jamais élu en politique, il s'est porté candidat en réaction aux déclaration de Bellavance indiquant que le Bloc n'était pas un parti uniquement pour les indépendantistes, mais aussi pour tout ceux qui souhaitent faire avancer le Québec.

Une déclaration assez proche de la "gouvernance souverainiste" du PQ, qui n'a pas fait beaucoup d'effet le 7 avril, et qui a fait réagir le militant souhaitant au contraire un "retour aux sources".

http://m.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2014/04/28/005-mario-beaulieu-candidat-direction-bloc-quebecois.shtml
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