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La vie politique américaine

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Re: La vie politique américaine

Messagede PhB » Sam 13 Juin 2020 16:08

Corondar a écrit:Voilà qui ne devrait pas apaiser la situation, et continuer à jeter de l'huile sur le feu. Suite aux critiques émises par des anciens de l'administration mais aussi par l'actuel secrétaire à la Défense et plusieurs officiels du Pentagone, Trump a décidé de publier sur son compte twitter une lettre de son ancien avocat, John Dowd. Outre que c'est assez original de procéder ainsi (publier une lettre de son ancien avocat sur son compte personnel pour être défendu par lui ?), c'est surtout le contenu de la lettre qui met le feu aux poudres.
Dowd déclare que les manifestants pacifistes de Lafayette sont "faux", "non réels" et les compare à des "terroristes". Il condamne et dénonce également une association militaire défendant les droits des soldats LGBT comme jouant un rôle dans tout ça (je ne sais absolument pas d'où sort cette "analyse" ?) ?
Depuis la parution de la lettre sur le compte twitter du président, les journalistes tentent d'obtenir de la Maison Blanche une réaction officielle pour savoir si cette publication signifie un soutien du président à l'intégralité de ces propos.
Qualifier de "terroristes" des gens qui manifestent pacifiquement et qui font ainsi usage de leur droit au premier amendement (la liberté d'expression), ça me parait dans le contexte une faute lourde. Relayer cette prose aussi.
https://edition.cnn.com/2020/06/04/poli ... index.html
https://edition.cnn.com/2020/06/04/poli ... index.html

Indépendamment des outrances de Trump, je me souviens que les élections qui ont suivi, en France, les manifestations de mai 1968 se sont soldées par un raz de marée légitimiste et sécuritaire. Ne pourrait-il pas y avoir un phénomène similaire suite aux manifestations "Black Lives Matter" aux États-Unis ? Peut-être l'équipe de campagne de la maison Blanche table-t-elle sur ce type de réaction (dans tous les sens du terme) ?
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Dim 14 Juin 2020 20:26

guillaume44 a écrit:
Corondar a écrit:Je le signale, bien que je pense que dans le contexte du moment c'est à des années lumière de l'attention des Américains (entre l'épidémie toujours présente, les risques qui pèsent sur l'économie et les mouvements suite au meurtre de George Floyd par des policiers), mais la manœuvre du ministère de la justice pour essayer de sauver le soldat Flynn sans devoir passer par la case grâce présidentielle semble devoir échouer.
En effet, le juge Emmet Sullivan, qui devait trancher pour savoir si les charges contre Flynn devaient ou non être abandonnées, avait demandé à un ancien juge fédéral, John Gleeson, de lui rendre un rapport détaillé sur la demande du DOJ concernant Flynn. La conclusion de ce rapport est sans appel : Gleeson dénonce, je cite, une "manœuvre irrégulière", afin de "bénéficier à un allié politique du président", parlant même de "corruption" dans le dossier. Il affirme notamment que le retrait des charges contre Flynn n'est absolument pas justifié par les nouveaux éléments apportés par le DOJ, mais que Flynn devrait en effet pouvoir revenir sur son plaidé coupable si il le souhaite.
Sullivan devrait vraisemblablement suivre les recommandations de Gleeson, et maintenir les poursuites.
https://www.axios.com/judge-michael-fly ... 81548.html


C'est ce que le Juge Sullivan aimerait ou tenterait de faire quoi. Mr Gleeson est un ex-procureur à la retraite et ne peut se substituer au DOJ. Enfin, les faits montrent que le juge Sullivan souhaite remettre en place une justice moyenâgeuse en étant à la fois procureur et juge du moins pour cette affaire.
Suite à ces propos à la limite de l'injure sur la culpabilité présumée de Flynn en Février 2019, je lui conseillerai de se récuser de cette affaire.


Comme souvent, vous méconnaissez gravement le système judiciaire américain. Si les juges ne peuvent se substituer au DOJ, l'inverse est tout aussi vrai, et c'est bien ce que le dossier en cours démontre : le DOJ ne peut se substituer aux juges non plus.
Dès le départ, le DOJ, instrumentalisé par Trump et Barr, avait un agenda clair : parvenir à obtenir la relaxe de Flynn sur un élément de procédure, en niant la réalité judiciaire du dossier. Ils ont bien trouvé un élément procédurier, mais qui ne peut remettre en cause qu'un seul élément du dossier de Flynn : son plaider coupable. Ni le DOJ, ni Barr, n'ont apporté la moindre altération dans le fond du dossier et des accusations pesant contre Flynn. Dès le départ, le DOJ et Barr ont tenté de surjouer leur main, mais ce n'est pas à eux de dire si la procédure doit être annulée, mais aux juges en charge des dossiers.
Et ces derniers n'ont eux que le droit à lire, contrairement à Barr et au DOJ de Trump, ils n'ont pas d'agenda politique.
Oui Flynn peut revenir sur son plaider coupable, mais non, aucun élément concret ne vient altérer la teneur des charges et des accusations qui pèsent sur lui.
Et, si j'étais Flynn, j'hésiterais grandement à revenir sur le plaider coupable et l'accord obtenu dans ce cadre, qui était un bon accord pour lui. Sans plaider coupable, cela veut dire un nouveau procès, avec beaucoup plus de charges retenues contre lui (et éventuellement son fils, dans le volet fraude fiscale), et des preuves à charge qui elles ne sont absolument pas remises en cause par les dernières investigations du DOJ.
Je pense que Barr et Trump ont tenté de faire jouer un vice de forme qui leur aurait épargné de devoir assumer une grâce politicienne. Ils ont joué, ils ont perdu. Soit ils laissent Flynn tenter sa chance devant un jury, soit ils le gracient. Flynn peut aussi accepter son sort et en rester sur son plaider coupable ceci dit...
Un petit aparté sur votre remarque quant à une justice moyennageuse : la caractéristique principale de la justice au Moyen-Âge est qu'elle est le fait du prince. Que ce dernier condamne qui lui déplaît et exonère qui gravite dans son orbite. Je pense que Trump, avec son lock her up contre Clinton dans ses rallies, et sa propension désormais bien établie d'instrumentaliser les services de son ministère de la justice pour faire obstruction à des enquêtes, relève bien plus de cette critique éventuelle que le juge Sullivan. Enfin, serait-il possible de vous voir préciser via un lien et des sources votre remarque cryptique concernant un éventuel parti pris de ce dernier dans le dossier Flynn ? Je suppose que vous faites référence à ceci :
https://www.theguardian.com/us-news/201 ... sentencing
https://eu.clarionledger.com/story/news ... 224563002/
La modération rappelle que ce travail de source est à la charge du contributeur, pas de la modération. Enfin, précisons que le fait qu'un juge délivre, dans son arrêté de sentence, un jugement sur l'accusé (le condamné dans le cas de Flynn, puisqu'il plaidait coupable de toutes les accusations retenues contre lui par la cour présidée par Sullivan) est un classique absolu et attendu du travail d'un juge. A partir du moment où le magistrat rend un jugement, il juge, il n'insulte pas ni n'émet un parti pris. Il fait ce que demande sa fonction : il juge, en fonction de la loi et du dossier. Ni plus ni moins. Si un juge qui fait son travail pose un problème en trumpie, alors c'est que le monde selon Trump marche vraiment sur la tête. On parle bien du même président qui demande une extrême sévérité contre des manifestants, y compris pacifiques, qui ne font qu'user de leur droit au premier amendement ? Qui envisagerait d'envoyer contre eux l'armée ? C'est fascinant de voir comme la trumpie divise le monde entre les bons accusés (ceux qui ont l'onction du patron) et les mauvais (qui eux sont des ennemis politiques)...

PhB a écrit:
Corondar a écrit:Voilà qui ne devrait pas apaiser la situation, et continuer à jeter de l'huile sur le feu. Suite aux critiques émises par des anciens de l'administration mais aussi par l'actuel secrétaire à la Défense et plusieurs officiels du Pentagone, Trump a décidé de publier sur son compte twitter une lettre de son ancien avocat, John Dowd. Outre que c'est assez original de procéder ainsi (publier une lettre de son ancien avocat sur son compte personnel pour être défendu par lui ?), c'est surtout le contenu de la lettre qui met le feu aux poudres.
Dowd déclare que les manifestants pacifistes de Lafayette sont "faux", "non réels" et les compare à des "terroristes". Il condamne et dénonce également une association militaire défendant les droits des soldats LGBT comme jouant un rôle dans tout ça (je ne sais absolument pas d'où sort cette "analyse" ?) ?
Depuis la parution de la lettre sur le compte twitter du président, les journalistes tentent d'obtenir de la Maison Blanche une réaction officielle pour savoir si cette publication signifie un soutien du président à l'intégralité de ces propos.
Qualifier de "terroristes" des gens qui manifestent pacifiquement et qui font ainsi usage de leur droit au premier amendement (la liberté d'expression), ça me parait dans le contexte une faute lourde. Relayer cette prose aussi.
https://edition.cnn.com/2020/06/04/poli ... index.html
https://edition.cnn.com/2020/06/04/poli ... index.html

Indépendamment des outrances de Trump, je me souviens que les élections qui ont suivi, en France, les manifestations de mai 1968 se sont soldées par un raz de marée légitimiste et sécuritaire. Ne pourrait-il pas y avoir un phénomène similaire suite aux manifestations "Black Lives Matter" aux États-Unis ? Peut-être l'équipe de campagne de la maison Blanche table-t-elle sur ce type de réaction (dans tous les sens du terme) ?


Trump aurait eu je pense un créneau à jouer dans cette optique d'un vote légitimiste. Et il a tenté d'ailleurs, à sa façon. Le problème c'est qu'il a, je pense, très mal joué la séquence.
Déjà, même si Trump n'est absolument pas à l'aise là dedans, et que ça aurait sonné faux, il aurait au moins pu tenter une petite séquence émotion, même minime, à la mémoire de Floyd. Non seulement il ne l'a pas fait, mais en plus il a tenté de faire parler le défunt comme approuvant l'action présidentielle depuis l'au delà.
Ensuite, dans sa manière d'instrumentaliser la religion (via l'opération photo devant une église la bible à la main) et l'armée, il a largement dépassé le cadre attendu, et c'était tellement fait de manière cynique et évidente qu'il a été désavoué par les autorités religieuses et les autorités militaires.
Ensuite, il a dès le départ amalgamé les émeutiers et les manifestants pacifistes. Pas de bol pour lui, les seconds auront été plus constants et visibles que les premiers sur la durée. Résultat : le mouvement de protestation actuel est largement soutenu par l'opinion publique américaine, et de manière très nette. Et une très nette majorité d'Américains désapprouve également la manière dont Trump gère la crise.
https://www.forbes.com/sites/lisettevoy ... 30eea8557c
Même une minorité substantielle de l'électorat républicain semble ne pas suivre la ligne du patron là dessus.
Et comme tout cela vient après la crise du coronavirus, où là aussi la perception de l'action présidentielle est largement négative, on ne peut pas vraiment dire que Trump capitalise actuellement.
Pour reprendre votre parallèle avec 1968, à l'époque, le gouvernement Pompidou dénonçait certes les mouvements violents (qui atteignaient aussi une ampleur bien supérieure à ceux constatés aux USA ces dernières semaines), mais il reconnaissait aussi des demandes légitimes, et tentait de négocier avec les forces d'opposition à l'origine du mouvement. Actuellement, côté républicains, on en est encore à dire qu'il n'y a pas vraiment de problèmes, et qu'il n'y a donc aucune réforme policière ou judiciaire à proposer.
Encore une fois, la ligne suivie par Trump ne s'adresse qu'à sa base, et uniquement à sa base. Si il continue sur cette même voie, on voit mal comment il pourrait convaincre des électorats tangents de le soutenir. Car le plus problématique est là pour lui : entre le coronavirus et le mouvement de contestation suite au meurtre de George Floyd, il a méchamment décroché auprès des indépendants et des CSP+ (où il était déjà en danger avant tout ça). Par contre, du côté de sa base, ça ne bouge pas d'un poil (et de ce côté là, ça ne bougera plus, quoi qu'il arrive).
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Lun 15 Juin 2020 20:05

Grosse sensation aujourd'hui au sein de la Cour Suprême américaine : la SCOTUS rend un arrêt déclarant anticonstitutionnelle toute législation discriminant une personne non seulement au nom de son orientation sexuelle, mais aussi de son orientation de genre.
En clair, les traiteurs qui faisaient valoir un droit de conscience pour refuser de prendre comme client un mariage homosexuel risquent désormais des poursuites, les lois édictées par certains états pour interdire aux transgenres l'accès à certains toilettes sont désormais illégales, et le décret édicté par Trump visant à bannir de l'armée les soldats transgenres est lui aussi invalidé.
C'est là une très grosse défaite pour l'administration Trump, qui avait beaucoup investi la question, en en faisant un chiffon rouge sociétal majeur pour la base.
Mais ce qui a beaucoup surpris ce n'est pas tellement que la SCOTUS rende un tel arrêt, mais la marge avec laquelle la décision a été rendue : par 6 voix contre 3. Si le fait que John Roberts se ranger à l'avis des 4 juges libéraux n'est pas si surprenant (il fait désormais office de vote pivot, et, sur certaines questions de société il est loin d'être un conservateur), le fait que le juge Neil Gorsuch (le premier nominé par Trump à la SCOTUS en début de mandat) se joigne aux 5 juges précédents est une immense surprise. D'autant plus qu'il a tenu à être le rapporteur de l'avis majoritaire.
Depuis, les milieux conservateurs (politiques, médiatiques ou lobbyistes) n'y vont pas de main morte pour dénoncer ce qu'ils appellent une trahison. Beaucoup dénoncent carrément une absence de reconnaissance du ventre de sa part pour des milieux qui ont poussé sa nomination. Je reste assez estomaqué par le niveau d'insultes que le juge conservateur est en train d'encaisser, surtout au regard du fait que sa voix n'a pas été déterminante.
https://edition.cnn.com/2020/06/15/poli ... index.html
https://edition.cnn.com/2020/06/15/poli ... index.html
https://edition.cnn.com/2020/06/15/poli ... index.html
Précisons que les démocrates ont eux aussi désormais décidé de faire des nominations à la SCOTUS un enjeu de leurs stratégies électorales de novembre, le poste de la juge libérale RBG étant vraisemblablement à renouveler très prochainement, au regard de son âge et de son état de santé. C'est là une nouveauté (jusque là, seuls les républicains faisaient de ce genre de chose un argument électoral).
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Re: La vie politique américaine

Messagede Tirnam » Mar 16 Juin 2020 07:05

Cet arrêt risque d'avoir de sérieuses conséquences pour le mouvement de la droite chrétienne : si leurs églises, leurs écoles continuent à discriminer les personnes LGBT alors elles perdront leurs exonérations fiscales (arrêt Bob Jones University)
C'est aussi un coup dur pour le mouvement de la "Federalist Society" qui veut une interprétation originaliste des lois (il faut respecter l'intention du législateur au moment de la rédaction de la loi), deux de ses membres ont accepté une approche radicalement opposé à l'originalisme, et même au-delà puisque c'est Gorsuch qui a écrit que "les limites de l’imagination des rédacteurs ne fournissent aucune raison d’ignorer les exigences de la loi"
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Mar 16 Juin 2020 16:24

Tirnam a écrit:Cet arrêt risque d'avoir de sérieuses conséquences pour le mouvement de la droite chrétienne : si leurs églises, leurs écoles continuent à discriminer les personnes LGBT alors elles perdront leurs exonérations fiscales (arrêt Bob Jones University)
C'est aussi un coup dur pour le mouvement de la "Federalist Society" qui veut une interprétation originaliste des lois (il faut respecter l'intention du législateur au moment de la rédaction de la loi), deux de ses membres ont accepté une approche radicalement opposé à l'originalisme, et même au-delà puisque c'est Gorsuch qui a écrit que "les limites de l’imagination des rédacteurs ne fournissent aucune raison d’ignorer les exigences de la loi"


Les conséquences juridiques sont appelées à être majeures. Dans ce genre de cas, un arrêté de ce style entraîne une multiplication des plaintes dans tout le pays afin d'invalider toutes les lois remises en cause par l'arrêté (un peu sur le même processus que sur la lutte pour les droits civiques dans les années 1950-1960).
Politiquement c'est nettement plus incertain. Certains républicains pourraient se sentir trahis par leurs chefs qui auront échoué à leur offrir le juge ultra conservateur dont ils rêvaient. D'autres pourraient aussi se dire que réélire Trump est le seul moyen de pousser encore plus la SCOTUS vers la droite (5 ou 6 juges conservateurs seraient mieux que 4 ou 5). Le problème c'est que les démocrates aussi feront le même calcul...
En tout cas, cet arrêté de la SCOTUS tombe pile le mois où la communauté LGBT célébrait le 51e anniversaire de la rébellion de Stonewall (qui, aux yeux de la communauté marque le première manifestation officielle visant à réclamer une égalité de traitement).
https://en.wikipedia.org/wiki/Stonewall_riots
On notera tout de même que plusieurs sénateurs républicains (et pas que des centristes) sont montés au créneau pour défendre Gorsuch contre les attaques de la droite qui le visent désormais.
https://edition.cnn.com/2020/06/15/poli ... index.html
Concernant la surprise du vote de Gorsuch, il y a plusieurs éléments à souligner je pense : à 52 ans, il est actuellement le membre le plus jeune de la SCOTUS. Sa génération est peut-être plus tolérante sur les questions de ce genre que celle des autres juges conservateurs. Enfin, il a vécu dans le Colorado, et sa mère était originaire du Wyoming, deux états où les républicains ont une certaine tendance au libertarianisme. Gorsuch se révèle ainsi peut-être comme défendant une vision où la loi ne doit pas interférer avec les éléments relevant de la sphère privée du citoyen ?
Par contre il est certain que politiquement parlant, les républicains ont un gros souci avec tout ça. Selon les sondages, seuls 26% des Américains soutiennent des lois discriminant les personnes LGBT, et l'hostilité au mariage gay est désormais tombé à 31%.
https://news.gallup.com/poll/1651/gay-l ... ights.aspx
Le souci c'est que ces 25 ou 30% d'Américains en question penchent très nettement du côté républicain. Et cette base risque d'être rendue furieuse par le dernier arrêt de la SCOTUS. De nombreux élus républicains vont encore devoir jouer les équilibristes en étant à droite sur ces questions pour satisfaire la base (et donc ne pas perdre les primaires), mais pas trop à droite pour ne pas être battu par des démocrates plus modérés lors des élections générales (on a encore eu un exemple très récent avec la Virginie, je m'en faisais l'écho dans le topic sur les élections au Congrès politique-monde-f26/etats-unis-elections-congres-des-etats-2020-t8089-110.html#p144283).
Enfin, Trump semble enchaîner les mauvaises passes en ce moment.

L'enquête suite aux polémiques créées par Trump lors de l'ouragan Dorian (Trump avait indiqué alors que l'Alabama était menacé, contredisant ainsi les rapports officiels des services concernés, qui par la suite avaient contredit les rapports initiaux donnant tort au président) conclue ce que tout le monde subodorait déjà : les officiels des services concernés ont cédé aux pressions politiques afin d'essayer de camoufler la bourde de Trump. Se faisant, les officiels en question ont enfreint les règles d'éthique et d'intégrité qui réglementent les agences en question. On ne sait pas pour l'heure si ces investigations vont déboucher sur des poursuites.
https://edition.cnn.com/2020/06/15/poli ... index.html
Un peu dans le même genre d'idées (une manipulation de la vérité pour conforter Trump et sa base), Fox News aussi connait quelques soucis. Ils ont été pris en flagrant délit de trafiquer des images afin de faire croire que Seattle était la proie d'émeutes violentes, ce qui n'est pas le cas en réalité.
https://www.politico.com/news/magazine/ ... one-321507
https://edition.cnn.com/2020/06/13/medi ... index.html
Fox refuse de présenter des excuses pour l'heure (en trumpie c'est bien connu, Fox est le seul média qui ne pratique pas les fake news :) ).

Et dans les suites du mouvement Black lives matter, là non plus, cela ne s'arrange guère. Outre un nouvel incident en Géorgie, Trump vient de signer un décret présidentiel proposant enfin une action de la part de l'exécutif sur une réforme de la police.
https://www.politico.com/news/2020/06/1 ... uct-321320
Mais plusieurs éléments sautent aux yeux dans ce décret : c'est une simple liste de souhaits, qui ne propose aucun financement ni aucune contrainte légale. En clair, le président refile la patate au Congrès (on notera que lorsqu'il s'agit d'approprier des fonds pour construire un mur le président est nettement plus pro-actif que lorsqu'il s'agit de réformer la police). Et de ce côté là, ça ne bouge guère : les démocrates continuent à faire la promotion de leur projet de loi voté par la Chambre, et pointe du doigt que la majorité républicaine au Sénat reste silencieuse. Les officiels du caucus républicain viennent d'annoncer qu'ils ne comptaient pas se saisir de la question au mieux avant un mois (et Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat, a déjà indiqué qu'il était hostile à aborder la question, pour lui cela relève uniquement des états). Mais certains sénateurs républicains commencent à critiquer l'inaction de la haute assemblée et de l'image que cela renvoie au niveau du publique (c'est notamment le cas de Tim Scott, seul sénateur afro-américain du caucus républicain, et John Thune, le whip de la majorité).
https://edition.cnn.com/2020/06/15/poli ... index.html
Et, sur ce sujet aussi, les républicains semblent avoir désormais un gros souci avec l'opinion publique : les sondages indiquent que 70% des Américains seraient en faveur d'une réforme policière et d'un soutien aux manifestants.
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... story.html
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Mer 17 Juin 2020 22:11

Les démocrates agitent un chiffon rouge au visage des républicains : la Chambre des représentants (à majorité démocrate) va, pour la première fois de l'histoire américaine, tenir la semaine prochaine un vote visant à conférer au District de Columbia le statut d'état.
https://www.politico.com/news/2020/06/1 ... ood-322516
Si Pelosi le propose c'est surement qu'elle est certaine d'obtenir un vote favorable. En plus, les démocrates sont assez roublards sur ce coup là : ils mettent en avant l'idée que l'étatisation de D.C serait aussi une question d'égalité des droits civiques. En effet, outre l'argument (classique) du droit à la représentation parlementaire pour ses habitants, les démocrates défendent désormais l'idée que, dans le cadre du mouvement Black Lives Matter, l'étatisation de la ville (ayant été bâtie par des esclaves et étant désormais peuplée à 50% par des Afro-Américains) représenterait un symbole de ce mouvement. Si en plus ils peuvent récupérer 2 postes de sénateurs gratuits :).
Trump et le Sénat à majorité républicaine ne donneront évidemment jamais suite. Par contre, si les démocrates devaient récupérer la Maison Blanche et le Sénat en novembre ? Nul doute que les républicains tenteraient des manœuvres de filibuster dans ce cas, mais pourraient-ils réellement l'empêcher ? Pas certain...
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Re: La vie politique américaine

Messagede Galaad » Jeu 18 Juin 2020 13:14

Corondar a écrit:Les démocrates agitent un chiffon rouge au visage des républicains : la Chambre des représentants (à majorité démocrate) va, pour la première fois de l'histoire américaine, tenir la semaine prochaine un vote visant à conférer au District de Columbia le statut d'état.
https://www.politico.com/news/2020/06/1 ... ood-322516
Si Pelosi le propose c'est surement qu'elle est certaine d'obtenir un vote favorable. En plus, les démocrates sont assez roublards sur ce coup là : ils mettent en avant l'idée que l'étatisation de D.C serait aussi une question d'égalité des droits civiques. En effet, outre l'argument (classique) du droit à la représentation parlementaire pour ses habitants, les démocrates défendent désormais l'idée que, dans le cadre du mouvement Black Lives Matter, l'étatisation de la ville (ayant été bâtie par des esclaves et étant désormais peuplée à 50% par des Afro-Américains) représenterait un symbole de ce mouvement. Si en plus ils peuvent récupérer 2 postes de sénateurs gratuits :).
Trump et le Sénat à majorité républicaine ne donneront évidemment jamais suite. Par contre, si les démocrates devaient récupérer la Maison Blanche et le Sénat en novembre ? Nul doute que les républicains tenteraient des manœuvres de filibuster dans ce cas, mais pourraient-ils réellement l'empêcher ? Pas certain...

A ce propos, Biden se présente comme un candidat consensuel prêt à négocier avec les élus Républicains et vante souvent les mérites du compromis et des lois votées avec le soutien de l'opposition. Il avait même un temps suggéré la possibilité d'un colistier républicain, et semble penser que beaucoup de maux aux Etats-Unis ont leur origine dans la culture de l'affrontement entre Républicains et Démocrates au Congrès.

Si un vote avait lieu sur ce sujet pendant sa présidence comme vous le suggérez, cela irait totalement dans le sens inverse d'un tel positionnement. Accorder le statut d'état à Washington D.C. constituerait une déclaration de guerre pour les Républicains, qui percevraient à juste titre une telle initiative comme la volonté d'ajouter automatiquement deux sénateurs démocrates et ce pour les décennies à venir. Donc je me questionne sur l'intérêt pour Biden d'encourager un tel vote, même s'il n'opposerait sans doute pas son veto si adoption il y avait. Ceci dit, il y a aussi la question des Afro-Américains, qui constitue une partie importante de la base électorale, à prendre en compte, et qui verraient de façon très positive une telle initiative.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Eco92 » Jeu 18 Juin 2020 13:48

Et puis tout de même, certes ce serait un petit état mais plus peuplé que le Wyoming, mais il y a un argument démocratique clair quand même.

Bien sur ce serait ajouter 2 démocrates, mais ça n'est pas si "partisan" en termes démocratique.

Et moins clivant que de faire de Porto Rico un état...
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Jeu 18 Juin 2020 14:25

Galaad a écrit:
Corondar a écrit:Les démocrates agitent un chiffon rouge au visage des républicains : la Chambre des représentants (à majorité démocrate) va, pour la première fois de l'histoire américaine, tenir la semaine prochaine un vote visant à conférer au District de Columbia le statut d'état.
https://www.politico.com/news/2020/06/1 ... ood-322516
Si Pelosi le propose c'est surement qu'elle est certaine d'obtenir un vote favorable. En plus, les démocrates sont assez roublards sur ce coup là : ils mettent en avant l'idée que l'étatisation de D.C serait aussi une question d'égalité des droits civiques. En effet, outre l'argument (classique) du droit à la représentation parlementaire pour ses habitants, les démocrates défendent désormais l'idée que, dans le cadre du mouvement Black Lives Matter, l'étatisation de la ville (ayant été bâtie par des esclaves et étant désormais peuplée à 50% par des Afro-Américains) représenterait un symbole de ce mouvement. Si en plus ils peuvent récupérer 2 postes de sénateurs gratuits :).
Trump et le Sénat à majorité républicaine ne donneront évidemment jamais suite. Par contre, si les démocrates devaient récupérer la Maison Blanche et le Sénat en novembre ? Nul doute que les républicains tenteraient des manœuvres de filibuster dans ce cas, mais pourraient-ils réellement l'empêcher ? Pas certain...

A ce propos, Biden se présente comme un candidat consensuel prêt à négocier avec les élus Républicains et vante souvent les mérites du compromis et des lois votées avec le soutien de l'opposition. Il avait même un temps suggéré la possibilité d'un colistier républicain, et semble penser que beaucoup de maux aux Etats-Unis ont leur origine dans la culture de l'affrontement entre Républicains et Démocrates au Congrès.

Si un vote avait lieu sur ce sujet pendant sa présidence comme vous le suggérez, cela irait totalement dans le sens inverse d'un tel positionnement. Accorder le statut d'état à Washington D.C. constituerait une déclaration de guerre pour les Républicains, qui percevraient à juste titre une telle initiative comme la volonté d'ajouter automatiquement deux sénateurs démocrates et ce pour les décennies à venir. Donc je me questionne sur l'intérêt pour Biden d'encourager un tel vote, même s'il n'opposerait sans doute pas son veto si adoption il y avait. Ceci dit, il y a aussi la question des Afro-Américains, qui constitue une partie importante de la base électorale, à prendre en compte, et qui verraient de façon très positive une telle initiative.


Pour le moment, on est vraiment sur de la politique fiction. On verra déjà ce que va donner le vote la semaine prochaine.
Si il est évident que les démocrates et les républicains ont énormément d'arrières pensées politiciennes sur la question, il n'en reste pas moins vrai que la demande de représentation parlementaire de DC est ancienne, et pose un réel souci démocratique. Le district a lutté longtemps avant d'obtenir une représentation au collège présidentiel, et il possède désormais une représentation parlementaire bâtarde (il envoie des représentants dans les assemblées qui peuvent proposer des textes de lois et siéger en commission, mais qui ne participent pas aux votes).
J'avais vu passer une proposition médiane qui pourrait être perçue comme un compromis : réduire le district capital aux rues ceinturant la Maison Blanche, le Congrès et la SCOTUS, et rattacher tout le reste (qui comporterait l'immense majorité de la population) à la Virginie ou au Maryland. Cela augmenterait le poids de l'état qui récupérerait le district (augmentant de facto son poids dans le collège présidentiel et son nombre de représentants au Congrès), le rendrait encore plus inaccessible aux républicains, sans pour autant modifier l'équilibre au Sénat. Si ce devait être la Virginie, alors les républicains pourraient définitivement abandonner tout espoir de regagner du terrain dans cet état. Ce serait du donnant-donnant ?
Par contre, beaucoup de démocrates murmurent sans le dire ouvertement qu'il est temps de rendre aux républicains la monnaie de leurs pièces, ces derniers n'ayant aucun scrupule lorsqu'il s'agit de tripatouiller le système pour en tirer un avantage politicien. D'autres démocrates soulignent au contraire qu'ils doivent rester moins partisan sur ces questions, en présentant une forme de rigueur morale ? Je pense que de ce côté là le vrai test sera le prochain découpage des districts : est ce que là où ils le pourront les démocrates se contenteront de remplacer un découpage pro-républicain par un découpage neutre, ou le remplaceront-ils par un découpage pro-démocrate ?
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Re: La vie politique américaine

Messagede Galaad » Jeu 18 Juin 2020 15:25

Corondar a écrit:
Galaad a écrit:
Corondar a écrit:Les démocrates agitent un chiffon rouge au visage des républicains : la Chambre des représentants (à majorité démocrate) va, pour la première fois de l'histoire américaine, tenir la semaine prochaine un vote visant à conférer au District de Columbia le statut d'état.
https://www.politico.com/news/2020/06/1 ... ood-322516
Si Pelosi le propose c'est surement qu'elle est certaine d'obtenir un vote favorable. En plus, les démocrates sont assez roublards sur ce coup là : ils mettent en avant l'idée que l'étatisation de D.C serait aussi une question d'égalité des droits civiques. En effet, outre l'argument (classique) du droit à la représentation parlementaire pour ses habitants, les démocrates défendent désormais l'idée que, dans le cadre du mouvement Black Lives Matter, l'étatisation de la ville (ayant été bâtie par des esclaves et étant désormais peuplée à 50% par des Afro-Américains) représenterait un symbole de ce mouvement. Si en plus ils peuvent récupérer 2 postes de sénateurs gratuits :).
Trump et le Sénat à majorité républicaine ne donneront évidemment jamais suite. Par contre, si les démocrates devaient récupérer la Maison Blanche et le Sénat en novembre ? Nul doute que les républicains tenteraient des manœuvres de filibuster dans ce cas, mais pourraient-ils réellement l'empêcher ? Pas certain...

A ce propos, Biden se présente comme un candidat consensuel prêt à négocier avec les élus Républicains et vante souvent les mérites du compromis et des lois votées avec le soutien de l'opposition. Il avait même un temps suggéré la possibilité d'un colistier républicain, et semble penser que beaucoup de maux aux Etats-Unis ont leur origine dans la culture de l'affrontement entre Républicains et Démocrates au Congrès.

Si un vote avait lieu sur ce sujet pendant sa présidence comme vous le suggérez, cela irait totalement dans le sens inverse d'un tel positionnement. Accorder le statut d'état à Washington D.C. constituerait une déclaration de guerre pour les Républicains, qui percevraient à juste titre une telle initiative comme la volonté d'ajouter automatiquement deux sénateurs démocrates et ce pour les décennies à venir. Donc je me questionne sur l'intérêt pour Biden d'encourager un tel vote, même s'il n'opposerait sans doute pas son veto si adoption il y avait. Ceci dit, il y a aussi la question des Afro-Américains, qui constitue une partie importante de la base électorale, à prendre en compte, et qui verraient de façon très positive une telle initiative.


Pour le moment, on est vraiment sur de la politique fiction. On verra déjà ce que va donner le vote la semaine prochaine.
Si il est évident que les démocrates et les républicains ont énormément d'arrières pensées politiciennes sur la question, il n'en reste pas moins vrai que la demande de représentation parlementaire de DC est ancienne, et pose un réel souci démocratique. Le district a lutté longtemps avant d'obtenir une représentation au collège présidentiel, et il possède désormais une représentation parlementaire bâtarde (il envoie des représentants dans les assemblées qui peuvent proposer des textes de lois et siéger en commission, mais qui ne participent pas aux votes).
J'avais vu passer une proposition médiane qui pourrait être perçue comme un compromis : réduire le district capital aux rues ceinturant la Maison Blanche, le Congrès et la SCOTUS, et rattacher tout le reste (qui comporterait l'immense majorité de la population) à la Virginie ou au Maryland. Cela augmenterait le poids de l'état qui récupérerait le district (augmentant de facto son poids dans le collège présidentiel et son nombre de représentants au Congrès), le rendrait encore plus inaccessible aux républicains, sans pour autant modifier l'équilibre au Sénat. Si ce devait être la Virginie, alors les républicains pourraient définitivement abandonner tout espoir de regagner du terrain dans cet état. Ce serait du donnant-donnant ?
Par contre, beaucoup de démocrates murmurent sans le dire ouvertement qu'il est temps de rendre aux républicains la monnaie de leurs pièces, ces derniers n'ayant aucun scrupule lorsqu'il s'agit de tripatouiller le système pour en tirer un avantage politicien. D'autres démocrates soulignent au contraire qu'ils doivent rester moins partisan sur ces questions, en présentant une forme de rigueur morale ? Je pense que de ce côté là le vrai test sera le prochain découpage des districts : est ce que là où ils le pourront les démocrates se contenteront de remplacer un découpage pro-républicain par un découpage neutre, ou le remplaceront-ils par un découpage pro-démocrate ?

Je ne nie pas que la question de la représentation parlementaire de Washington D.C. fasse déjà l'objet d'un débat ancien en-dehors de toute considération partisane, et que la situation actuelle est loin d'être idéale. Mais il est évident que cette initiative des représentants Démocrates a pour principale motivation de créer deux sièges de sénateurs qui iront systématiquement aux Démocrates à peu de frais.

Il y a effectivement une solution intermédiaire d'inclure Washington D.C. dans la Virginie ou le Maryland, ce dernier ayant originellement été propriétaire du terrain sur lequel fut construit le district. De ce que j'ai lu, cette option n'a cependant pas les faveurs du mouvement local en faveur du statut d'état. En effet, la "rétrocession", comme on l'appelle, ferait perdre une partie de son autonomie au district qu'il conserverait s'il devenait un état. C'est une solution qui en effet serait un bon compromis entre élus fédéraux Républicains et Démocrates, mais qui ne contenterait pas en revanche les premiers concernés, c'est-à-dire les résidents.

Pour ce que vous évoquez concernant l'éventualité d'une politique de la terre brûlée qui serait mise en place par les Démocrates, déjà pratiquée par les Républicains depuis plusieurs années, d'être sans pitié lorsqu'il s'agit de modifier le système politique à leur avantage, il s'agissait d'un véritable débat pendant les primaires démocrates qui a déjà été tranché par celles-ci.
Beaucoup de candidats démocrates envisageaient des mesures qui permettraient de "rendre aux Républicains la monnaie de leur pièce" comme vous dites, notamment Elizabeth Warren, Kamala Harris, Beto O'Rourke ainsi que Bernie Sanders dans une moindre mesure. Avec des choses comme donner le statut d'état à Washington D.C. ou à Puerto Rico, mais aussi augmenter le nombre de juges à la Cour suprême, etc. A l'opposé, il y avait Joe Biden (mais aussi Pete Buttigieg), qui rejettait ces mesures, en raison de son positionnement que j'ai décrit dans mon précédent message.
Ce n'était pas un débat explicite, bien entendu. Il y avait d'un côté ceux comme Biden qui exprimait son souhait de négocier avec les Républicains, et ceux qui considéraient qu'il n'y avait plus rien à attendre d'eux vu leur obstructionnisme chronique. Mais tout le monde avait bien compris les intentions des candidats derrière.

A mon sens, le débat a été tranché quand Joe Biden a gagné les primaires démocrates. Joe Biden n'a en principe pas l'intention de poursuivre ce genre de politiques qui seraient perçus comme des provocations par les Républicains, puisqu'il a l'intention de négocier avec eux.
Bien entendu, je ne suis pas certain que les bonnes intentions de Biden en la matière soient suffisantes pour que les Républicains cessent leur obstructionnisme, en particulier si les Républicains conservent le Sénat et que Mitch McConnell reste leader de la majorité. Il y a sans doute un peu de naïveté de Biden en la matière de penser que l'attitude des élus fédéraux Républicains est uniquement due à Trump et que la seule existence d'un président démocrate qui chercherait à discuter avec eux les ferait immédiatement coopérer.
Galaad
 
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