Corondar a écrit:Pour le traitement médiatique, le New York Times et le Washington Post ont fait des articles très complets sur le sujet (avec enquêtes et interviews de plusieurs personnes liées au dossier). C'est d'ailleurs plutôt chez eux que j'ai pris mes informations sur l'affaire. CNN a aussi fait quelques reportages sur le sujet, mais c'est en effet nettement plus léger chez eux.
Je pense que si il n'y avait pas le coronavirus cela ferait très nettement la une, mais, vue la situation, la sauce prend nettement moins pour l'heure. Et puis, comme l'administration Trump nous crée 2 ou 3 polémiques par jour.
Quant au fait que la campagne Biden ne pourra pas exploiter outre mesure les casseroles de Trump sur le même genre de sujet, c'est sans doute vrai (c'était déjà un peu le cas avec la campagne Clinton il y a 4 ans, même si là c'était plus le passif du mari de la candidate qui compliquait la chose).
Ceci dit, pour l'impact sur les électrices, il restera néanmoins que les démocrates défendront une ligne pro-choice, les républicains une ligne pro-life, et que, là aussi, l'actualité du moment, avec des républicains qui tentent de profiter de la crise pour limiter l'accès à l'avortement là où les démocrates s'y opposent, rend l'argument réel.
https://edition.cnn.com/2020/04/25/poli ... index.html
L'autre élément saillant sera la nomination des juges, avec le poste de Ruth Bader Ginsburg, qui sera très vraisemblablement à renouveler par le prochain président élu. Les démocrates défendent également l'adoption d'un nouvel amendement constitutionnel consacrant l'égalité homme-femme, afin de pouvoir interdire la discrimination salariale notamment.
Bref, au niveau programmatique, les démocrates devraient quand même avoir quelques cartouches à faire valoir.
Edit : par contre pour Kavanaugh l'accusation de Ford reposait bien sur une agression sexuelle, pas du harcèlement. Son récit était bien celui d'une agression par 2 hommes dans une chambre.
Oui, mea culpa, je me suis effectivement mal exprimé, il s'agit bien d'une agression sexuelle mais pas d'un viol dont est accusé Brett Kavanaugh, ce qui est différent, d'un point de vue juridique, du viol dont est accusé Joe Biden. La plupart des juridictions, et cela inclut la juridiction américaine, font la différence entre le viol et les autres agressions sexuelles. Un viol est juridiquement plus grave et plus gravement sanctionné (ce n'est peut-être pas perçu comme ça par les victimes, mais c'est un autre sujet).
Pour le New York Times et le Washington Post, c'est tout à leur honneur d'avoir sorti des articles sur le sujet. Mais ça ne veut pas dire qu'ils couvrent aussi massivement le témoignage de Tara Reade comme ils l'avaient fait avec celui de Christine Blasey Ford. C'est même très loin d'être le cas, même si encore une fois la couverture du coronavirus éclipse le reste.
Je viens de voir le Washington Post, rien sur son témoignage en première page, alors même qu'il ne date que d'il y a deux jours, par contre il y a plusieurs articles sur Biden mais sans évoquer le sujet. Sur le New York Times, rien sur le témoignage non plus, mais il n'y a pas d'article sur Biden donc peut-être cela vient-il d'un choix de couvrir de façon minimale l'élection présidentielle américaine.
Pour l'impact sur l'électorat, effectivement il y a eu des accusations contre Bill Clinton et contre Hillary Clinton accusé d'avoir couvert les agissements de son mari qui ont pu pénaliser cette dernière en 2016. Mais l'impact électoral est à mon sens beaucoup plus important si le candidat est directement accusé d'agression sexuelle que s'il est simplement accusé de complicité.
Je ne sais pas si les positionnements respectifs des deux candidats sur l'avortement va grandement changer le vote des femmes, car je ne sais pas si les électrices sont sensiblement plus favorables à l'avortement que les électeurs aux Etats-Unis. Cela tient plus à mon avis de l'idéologie et de la pratique religieuse de l'électeur. Et là par contre, il est évident que les électeurs modérés et peu religieux peuvent voter plus favorablement pour Biden si sa position est perçue comme moins extrême que celle de Trump (ou des Républicains) sur le sujet.
Pour l'amendement sur l'égalité hommes-femmes, c'est un serpent de mer dans la politique américaine depuis les années 70. Encore maintenant, il y a peu de chance que 75% des élus du Congrès ou des états votent pour un tel amendement ce qui permettrait son passage. Ce n'est qu'un soutien de principe, en sachant très bien qu'il ne sera jamais adopté, quand bien même le président et le Congrès seraient démocrates. Je ne suis donc pas sûr que ça pèse beaucoup dans l'électorat qui sait cela.
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