Nico78 a écrit:Question pour Corondar : l'effondrement des prix du pétrole (hier si vous achetiez un barril, on vous payait 30$, du jamais vu - je simplifie un peu) risque d'entraîner des faillites rapides chez les producteurs US de pétrole, en particulier celui de schiste, assez cher à produire. Les stocks sont pleins, il n'y a pas d'accord au sein de l'OPEP, les prix vont rester bas pendant longtemps sans doute. Et sans doute entraîner des déçus du trumpisme par conséquent, car sauf erreur, je ne l'ai pas trop vu agir sur cette question internationale. Est-ce que ça peut avoir des conséquences dans l'électorat des salariés du pétrole dans les états conservateurs (Dakota du Nord, Texas, Virginie occidentale) ou swing state (Pennsylvanie)?
Corondar a écrit:Nico78 a écrit:Question pour Corondar : l'effondrement des prix du pétrole (hier si vous achetiez un barril, on vous payait 30$, du jamais vu - je simplifie un peu) risque d'entraîner des faillites rapides chez les producteurs US de pétrole, en particulier celui de schiste, assez cher à produire. Les stocks sont pleins, il n'y a pas d'accord au sein de l'OPEP, les prix vont rester bas pendant longtemps sans doute. Et sans doute entraîner des déçus du trumpisme par conséquent, car sauf erreur, je ne l'ai pas trop vu agir sur cette question internationale. Est-ce que ça peut avoir des conséquences dans l'électorat des salariés du pétrole dans les états conservateurs (Dakota du Nord, Texas, Virginie occidentale) ou swing state (Pennsylvanie)?
C'est le risque en effet. Ceci dit, il faut raison garder concernant le pétrole : dès que l'économie rouvrira, même partiellement, la demande repartira à la hausse, et la tension sur les prix sera moins grande. Le souci en effet c'est qu'avant la crise il y avait de grosses divisions au sein des pays producteurs sur la stratégie à suivre, et la crise actuelle ne devrait pas aider à aplanir ces tensions internes.
A mon sens il est encore tôt pour se livrer à des analyses et des projections détaillées état par état. Sur des états comme le Dakota du Nord ou la Virginie Occidentale, RAS, le tropisme républicain y est en béton armé. Pour la Pennsylvanie, le statut de swing state est déjà acquis, tout élément peut jouer dans la balance.
Le Texas est un cas nettement plus épineux. Les élections de 2018 dans l'état ont bouleversé bien des certitudes, et il est acquis que l'écart entre le ticket démocrate et le ticket républicain devrait y être plus faible que d'habitude (ce qui ne devrait que renforcer encore le souci de Trump avec le vote populaire). La vraie incertitude c'est jusqu'à quel point ? Personnellement je continue à penser que l'état n'est pas encore mûr pour une bascule. Mais les scores observés en 2018 dans le lone star state, je ne pensais pas les voir avant 2025-2030. Les changements sociologiques y sont rapides, et je pense clairement que Trump a des soucis dans cet état qu'un autre candidat républicain n'aurait pas avec la même acuité.
Pour cet état c'est clairement à surveiller : si en septembre les sondages y font toujours état d'un avantage faible de Trump sur Biden, il sera peut-être temps de reconsidérer la chose ?
https://www.realclearpolitics.com/epoll ... -6818.html
Pour le moment je n'y crois guère, pour le long terme c'est par contre très inquiétant pour les républicains (sans le Texas, je ne vois pas par quel miracle ils peuvent espérer conserver la Maison Blanche ou même espérer récupérer des majorités à la Chambre).
Galaad a écrit:[
Une victoire nationale Républicaine dans une élection présidentielle sans le Texas me paraît cependant imaginable : si, par exemple, la Floride et l'Iowa venaient à être solidement Républicains dans les années à venir, ce qui est un scénario possible étant donné les évolutions démographiques dans ces états et leur vote de ces dernières années, leurs 37 votes électoraux à eux deux pourraient permettre de compenser la perte du Texas, à condition de récupérer d'autres états gagnés par les Démocrates en 2016, comme le Nevada, le New Hampshire ou le Minnesota. Bref, je vois des scénarios possibles de victoires républicaines même sans le Texas, à condition de percer un peu plus le mur bleu et bien sûr de ne pas perdre d'autres états rouges, ce qui n'a rien d'évident.
Corondar a écrit:Politiquement parlant cela peut représenter un souci pour Biden auprès des électrices. Après, dans ce genre d'affaires, ceux qui voudront croire l'accusatrice le pourront, ceux qui préféreront croire l'accusé aussi. Je dirais que l'impact potentiel sur le long terme dépendra surtout de l'émergence ou non d'autres accusations d'autres femmes. A suivre donc.
On notera tout de même que d'un point de vue purement politicien Biden a sans doute de la chance que cela émerge en pleine crise du coronavirus plutôt qu'en septembre ou en octobre. On notera aussi que pour l'heure Trump et les républicains semblent peu enclins à attaquer Biden sur ce terrain là ...
Galaad a écrit:Corondar a écrit:Politiquement parlant cela peut représenter un souci pour Biden auprès des électrices. Après, dans ce genre d'affaires, ceux qui voudront croire l'accusatrice le pourront, ceux qui préféreront croire l'accusé aussi. Je dirais que l'impact potentiel sur le long terme dépendra surtout de l'émergence ou non d'autres accusations d'autres femmes. A suivre donc.
On notera tout de même que d'un point de vue purement politicien Biden a sans doute de la chance que cela émerge en pleine crise du coronavirus plutôt qu'en septembre ou en octobre. On notera aussi que pour l'heure Trump et les républicains semblent peu enclins à attaquer Biden sur ce terrain là ...
Biden (ou son équipe de campagne) ne pourra pas non plus utiliser les accusations d'agression sexuelle de Trump contre lui, au risque qu'on lui rappelle ses propres accusations.
Cela pourrait également neutraliser tout effet négatif dû aux accusations de Trump en particulier chez l'électorat féminin, qui auront le choix finalement entre deux candidats accusés de harcèlement sexuel et de viol.
Certains observateurs remarquent également (avec raison) la différence de traitement entre l'accusation de harcèlement sexuel (et non de viol) contre Brett Kanavaugh avant qu'il ne soit nommé à la Cour suprême et celle qui pèse contre Joe Biden, qui est elle une accusation de viol, parmi les soutiens de Biden, ce qui encore peut se comprendre, mais aussi, ce qui est plus grave, dans beaucoup de médias.
Force est de constater que beaucoup de médias ne se font que très peu l'écho des accusations contre Biden, alors même qu'ils ne se privaient pas de relayer massivement les accusations de Christine Blasey Ford contre Brett Kavanaugh, pourtant moins grave d'un point de vue judiciaire. Il y a certes l'épidémie de coronavirus et le confinement qui prennent une grande partie de l'espace médiatique, mais tout de même. Si on prend CNN par exemple, aucune trace des accusations contre Biden sur la première page, alors même qu'il y a plusieurs articles notamment sur sa campagne et sur ses futurs nominations au sein de son cabinet.
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