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Les élections municipales de 2020 pour le PRG

Forum de discussion consacré aux élections municipales qui seront organisées en France en mars 2020.

Re: Elections municipales 2020 pour le PRG en Champagne-Ardenne

Messagede Marcy » Mer 20 Mai 2020 14:57

pierrep a écrit:
Marcy a écrit:Dans la région Grand Est - ALCA, qui n'est pas une place forte du PRG malgré quelques bases locales, je commence par l'ancienne région Champagne-Ardenne. (...)

En Haute-Marne, le PRG départemental a été dirigé par Christophe Minoux-Fèvre, candidat malheureux à Langres sur la liste d'union de la gauche en 2014 (il était 13e d'une liste qui a obtenu 7 sièges en recueillant le score intéressant de 47,54% dans cette commune marquée à droite). Il a ensuite rejoint LREM et était candidat aux municipales, à la 5e place, sur la liste conduite par Benjamin Morel (10,60%), étiquetée DIV mais qui - sauf erreur de ma part - est connu comme une (ancienne ?) tête d'affiche locale de la France insoumise en 2017. (...)


Au sujet de Langres : il ne me semble pas que l'on puisse écrire que cette commune est marquée à droite, certes elle a un maire de cette tendance depuis 2008, mais a quand même eu des maires PS ou Divers gauche de 1977 à 2008...


En effet, avec le socialiste Guy Baillet de 1977 à 2001, puis Christian Nolot (2001-2008). Je corrige.
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Re: Les élections municipales de 2020 pour le PRG

Messagede Marcy » Mer 20 Mai 2020 15:06

pmf a écrit:Aprés ce Tour de France très détaillé, passionnant pour un Radical de Gauche d'Esprit, parfois pittoresque et très bucolique, que deviendra ce cher Radicalisme de Gauche.

Le PRG, un nom qui résonne plus que bien à mes oreilles de Mendèsiste, parviendra-t-il a attirer ses Amis de LRDG ?

Je poserai la question à Paul Dhaille ou à Olivier Taconnet si j'ai le plaisir de les rencontrer et pour Olivier nos militantismes respectifs devraient nous permettre une telle opportunité. Allez Louviers ! J'en oubliais Diego.


C'est une des grandes questions que l'on peut se poser, surtout si Virginie Rozière rejoignait la Gauche républicaine et socialiste et Emmanuel Maurel (comme annoncé sur le fil de discussion dédié à la GRS dans la rubrique "vie des partis") - que feraient ceux qui ne voudraient pas de cette fusion ? Maintenir LRDG, rejoindre le PRG ? Comme souvent chez les radicaux il y a presque autant de comportements politiques que de militants (alors président du PRG Jean-Michel Baylet aimait dire que chaque militant du PRG était un parti politique à lui tout seul...).

Il y a le précédent du Parti radical-socialiste Camille Pelletan, scission de gauche créée en 1934, ayant rejoint le Parti radical à la Libération (https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_rad ... e_Pelletan). Mais le Parti radical-socialiste Camille Pelletan avait sensiblement plus de poids politique que LRDG. Quant à la scission de gauche de l'Union progressiste, elle est devenue un parti satellite du PCF et aurait cessé toute activité politique dans les années 1990 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_progressiste).
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Les élections municipales 2020 pour le PRG en Lorraine

Messagede Marcy » Mer 20 Mai 2020 21:11

J'arrive à présent en Lorraine, où le PRG, globalement peu représenté et s'estimant mal servi par le PS, avait l'habitude d'alliances avec d'autres partis que le PS : aux régionales de 2004, le PRG participait à une liste commune avec le MDC, aux régionales de 2010, la Lorraine était la seule région où le PRG s'était allié avec la liste de droite menée par Laurent Hénart, enfin le PRG s'était allié avec EELV aux régionales de 2015 dans la nouvelle région Grand Est.

En Meurthe-et-Moselle, les maires radicaux (valoisiens) André Rossinot, de 1983 à 2014, puis Laurent Hénart (depuis 2014) ont eu des relations fraternelles avec le PRG - et d'ailleurs été des artisans de la fusion des radicaux fin 2017. A l'approche des municipales de 2014, le PRG, qui était dans la majorité d'André Rossinot, se prononçait pour une alliance avec son dauphin Laurent Hénart. La direction nationale du PRG, par la voix de son secrétaire général d'alord Guillaume Lacroix, considérait que Laurent Hénart n'était pas André Rossinot et annonçait le soutien du PRG à la liste de gauche menée par le socialiste Mathieu Klein. Le chef de file local du PRG, Olivier Mergaux, suivi par la plupart des militants locaux, dénonçait des manoeuvres de l'avocat (ex-UMP et ex-Modem) Hervé Brosseau, qui avait rejoint le PRG à Nancy. Olivier Mergaux est resté avec Laurent Hénart, qui l'avait emporté au deuxième tour avec 52,9% contre 47,1% à la liste menée par Mathieu Klein, qui obtenait 13 sièges au conseil municipal. Figurant à la 20e place sur la liste de gauche, Martine Clavel (PRG) n'était pas élue - tandis que Hervé Brosseau n'était pas candidat. Adjoint au maire sortant, Olivier Mergaux (MRSL) ne s'est pas représenté en 2020. En 2020, Mathieu Klein, qui avait refusé d'entrer au gouvernement d'Edouard Philippe en octobre 2018, affronte à nouveau Laurent Hénart et semble bien placé à l'issue du premier tour, en ayant récolté 37,88% des voix contre 34,70% à Laurent Hénart, d'autant plus que la liste EELV de Laurent Watrin a obtenu 10,24% des voix. Les autres candidats sont l'inoxydable Françoise Hervé (6,12%), suivie de quatre listes à moins de 5% (LFI, RN, DVD et LO). Le PRG national n'a semble-t-il pas pris part à la bataille municipale de 2020.

Lors de la fusion PRG/PRV, le PRG départemental était représenté par Bernard Buzelin, entrepreneur qui avait été élu pendant 18 ans à Saint-Nicolas-de-Port avant de prendre du recul pour se consacrer à son entreprise, et était revenu en politique - toujours sous les couleurs du PRG - à l'occasion des législatives de 2017, en obtenant 0,85% dans la 4e circonscription (Lunéville). Bernard Buzelin ne semble pas avoir pris part aux municipales de 2020.

Le PRG a compté un certain nombre d'autres élus locaux, dont les destins politiques ont été divers :
- Jacques Florentin, déjà candidat PRG aux cantonales de 1992 et qui avait été tête de liste départemental PRG-MDC aux régionales de 2004, était le maire sortant de Lanfroicourt (130 habitants) mais il ne se représentait pas ;
- conseiller municipal PRG à Briey, Didier Galois, qui avait alors deux décennies de militantisme PRG au compteur, était passé à l'UMP et au Parti radical valoisien (du fait de la possible double appartenance) en 2007, sans pour autant connaître un fabuleux destin politique ;
- ancien candidat PRG aux législatives de 2012 (il avait réalisé 0,62%), Philippe Giummely, élu de longue date à Vandoeuvre-les-Nancy (il était le 2e et dernier élu d'une liste classée DIV en 2014), est passé à LREM en 2017, a démissionné du conseil municipal en 2018 pour - disait-il - préparer le scrutin de 2020 et était le dernier de la liste LREM qui a recueilli 9,51% des voix, tandis que le socialiste Philippe Hablot recueillait 65,80% des voix ;
- à Pont-à-Mousson, le PRG a accueilli un temps Xavier Bertelle, candidat PRG aux municipales de 2012 devenu tête de liste du MUP de Robert Hue aux municipales de 2014 (4,89% des voix) ; auparavant, le PRG avait investi aux cantonales de 2011 Jean-François Moutet (16,11%) - cet élu depuis 1977, ancien adjoint socialiste, avait rejoint la majorité municipale UMP en 2007. Jean-François Moutet, qui se présentait toujours fin 2019 comme membre du PRG, semble en réalité appartenir au MRSL (qui le revendique parmi ses élus) et a été réélu le 15 mars 2020 sur la liste du candidat LR Henry Lemoine (60,2%), où il figurait à la cinquième place.

Dans la Meuse, le PRG a eu un représentant au conseil général jusqu'en 2015 avec l'enseignant Guy Navel, élu à l'assemblée départementale depuis 1994, battu en 2015. Conseiller municipal de Sommedieue (un peu moins de 1 000 habitants), il ne s'était pas représenté en 2014. Guy Navel était tête de liste départementale pour le PRG-MRC aux régionales de 2004 et avait amené sur sa liste le maire de Sommedieue, Patrick Mégny, que les services de l'Etat avaient naguère étiqueté DVD (mais leur labellisation n'était pas sans failles...). Patrick Mégny peut-il être considéré comme sympathisant PRG ? En tout cas, non réélu en 2014, il a obtenu 47,14% au premier tour des municipales de 2020, devenant le premier candidat non élu d'une commune où il reste un siège à pourvoir au deuxième tour.

En Moselle, le radicalisme de gauche est marqué par la figure de René Leucart : cet ancien socialiste (depuis 1971) proche de François Mitterrand, ancien conseiller régional et ancien adjoint au maire de Metz, a rejoint le PRG au tournant du siècle et est devenu président de la fédération régionale, étant largement à la manoeuvre dans les stratégies aux régionales de 2004, 2010 et 2015 décrites ci-dessus. En mars dernier, il était encore maire adjoint sortant de Woippy, mais ne s'est pas représenté. Devenu le président de la fédération MRSL après la fusion des radicaux, René Leucart est resté au MRSL qui a soutenu dans la ville préfecture la liste LREM-Modem de Richard Lioger, qui n'y a obtenu que 7,16%. La fille de René Leucart, Anne-Catherine Leucart, est passée à LREM (mais en venant pour sa part de la droite de l'échiquier politique, puisqu'elle a été suppléante de la députée LR Marie-Jo Zimmermann) et figurait à la 9e place sur la liste LREM dissidente menée par l'adjointe au maire sortante Béatrice Agamennone-L'Horset (6,19%).

A Metz, la succession du socialiste Dominique Gros se jouera donc entre François Grosdidier (LR) et Xavier Bouvet (à la tête d'une liste d'union de la gauche EELV-G.s-PCF-PS), avec un avantage pour le premier qui a obtenu 29,76% le 15 mars, contre 24,97% à son rival, alors que la gauche manque de réserves de vox - et que le RN peut se qualifier au deuxième tour (11,79%). En l'absence visiblement du PRG sur le département, c'est LRDG qui soutenait la liste conduite par Xavier Bouvet, où son représentant local Simon Riffault figurait à la 41e place (sur 55).

Le référent régional Grand Est de LRDG, Philippe Gasparella, tentait pour sa part de refaire basculer à gauche Marange-Silvange (6 200 habitants), où le maire sortant (PRG) Erwin Brum, élu depuis 1995, n'avait pas réussi la transmission à Daniel Pierre (44,26% en duel) aux municipales de 2014 remportées par Yves Muller, actuel président départemental du Modem. La liste d'Yves Muller l'a emporté dès le premier tour (59,78%) face à une liste DVD (21,82%) et à la liste de Philippe Gasparella (18,38%), où il fera son retour au conseil municipal avec une seule de ses colistières - sans siéger au conseil communautaire.

Resté au MRSL, le radical Yan Rutili était 5e sur la liste menée par EELV à Thonville, qui n'a recueilli que 12,60%.

Conseil municipal sortant à Florange (il figurait en 2014 à la 5e place sur la liste menée par le socialiste Philippe Tarillon, battu avec 42,37%), ancien candidat PRG aux sénatoriales de 2011 sur la liste EELV, Jean-Paul Kwiatkowki ne se représentait pas cette année à Thionville, où la gauche, divisée en trois listes, n'a rassemblé qu'un tiers des voix le 15 mars. De même, l'ancien candidat PRG Salah Haïdas, conseiller municipal sortant à Fameck, a raccroché.

A noter enfin que le village de Xouaxange (300 habitants) a eu comme maire de 1983 à 2001 Aloyse Warhouver, élu DVG ayant rejoint le PRG et qui soutenait la liste MDC-PRG aux régionales de 2004.

Dans les Vosges, il existe une présence historique du radicalisme (de gauche) - marquée par la figure de Robert Chambeyron, membre du CNR passé ensuite du Parti radical à l'Union progressiste, élu député du département sous la IVe République et qui nous a quittés en 2014, puis par la présence du Docteur Bertran, un des fondateurs de la fédération MRG, et l'ancien président des radicaux de gauche Jean-François Hory, décédé en 2017, qui était originaire de Neufchâteau et très attaché à son département d'origine. Mais le PRG vosgien a ensuite connu un déclin final dans les années 2000 : l'ancien conseiller municipal de Saint-Dié Jacques Coudray a disparu de la scène politique, tout comme Frédéric Fournier, candidat en 2004 dans le canton de Châtel-sur-Moselle ; s'agissant des membres de la famille Georgel, Gérard avait été candidat aux cantonales de 2004 à Bruyères (3,65%) et Véronique avait échoué à entrer au conseil municipal de Laveline-devant-Bruyères aux municipales de 2014.
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Re: Les élections municipales de 2020 pour le PRG

Messagede pmf » Jeu 21 Mai 2020 07:30

En passant par la Moselle, j'ai eu la curiosité de prendre des nouvelles électroniques de l'Avocat Daniel Delrez et ai alors appris qu'il était désormais honoraire du Barreau après avoir déposé sa Robe.

Toutefois, et cela ne me surprend pas, l'ex Conseiller Régional de Gauche Républicaine n'a pas mis un terme à sa passion pour les affaires publiques et j'ai ainsi appris qu'il s'était engagé, en tant que citoyen ou de contribuable, dans une procédure judiciaire à l'encontre du Maire de Metz encore en exercice et d'un des têtes de liste aux municipales de 2020 à Metz.

Quelles ont donc été, depuis les élections régionales de 1998, les relations de Daniel Delrez, qualifié par la presse locale d'électron libre de Gauche, et au sein de la Gauche Républicaine, c'était très répandu, avec le PRG mosellan et avec celui Lorrain ?
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Re: Les élections municipales de 2020 pour le PRG

Messagede Marcy » Jeu 21 Mai 2020 15:42

pmf a écrit:En passant par la Moselle, j'ai eu la curiosité de prendre des nouvelles électroniques de l'Avocat Daniel Delrez et ai alors appris qu'il était désormais honoraire du Barreau après avoir déposé sa Robe.

Toutefois, et cela ne me surprend pas, l'ex Conseiller Régional de Gauche Républicaine n'a pas mis un terme à sa passion pour les affaires publiques et j'ai ainsi appris qu'il s'était engagé, en tant que citoyen ou de contribuable, dans une procédure judiciaire à l'encontre du Maire de Metz encore en exercice et d'un des têtes de liste aux municipales de 2020 à Metz.

Quelles ont donc été, depuis les élections régionales de 1998, les relations de Daniel Delrez, qualifié par la presse locale d'électron libre de Gauche, et au sein de la Gauche Républicaine, c'était très répandu, avec le PRG mosellan et avec celui Lorrain ?


S'agissant du PRG mosellan, j'aurais pu en effet remonter encore plus loin, aux régionales de 1998, quand Daniel Delrez (qui faisait alors partie d'Initiative Républicaine) et René Leucart (pour le PRG) avaient conduit une liste en Moselle qui avait obtenu 6,1%, permettant aux deux compères d'être élus conseillers régionaux. En 2004, Daniel Delrez et René Leucart (le premier désormais pour le MDC) avaient mené une initiative à l'échelle de la région Lorraine cette fois, compte tenu des nouvelles règles de scrutin, mais en échouant (de peu) à atteindre la barre des 5% pour obtenir le remboursement des frais de campagne et pouvoir fusionner avec une autre liste.

Aujourd'hui il n'y a plus vraiment de PRG en Moselle, mais d'un côté LRDG et de l'autre René Leucart (MRSL), auteur en 2012 d'une biographie de Daniel Delrez (présenté ici par RL, qui signifie non pas "René Leucart" mais "le Républicain Lorrain", même si le premier ne désavouerait sans doute pas le surnom de Républicain en Lorraine : https://www.republicain-lorrain.fr/actu ... ier-delrez, sous le titre La sentinelle de la République).

Et lors des dernières municipales l'avocat Daniel Delrez, bien que retiré de la politique en tant de candidat, avait éffectivement déposé une plainte contre Xavier Bouvet à Metz (https://www.lasemaine.fr/depot-de-plain ... sme-total/) - lequel n'était pas le candidat du MRSL à Metz.
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Les élections municipales 2020 pour le PRG en Alsace

Messagede Marcy » Jeu 21 Mai 2020 21:31

Je termine la région Grand Est avec l'Alsace.

Dans le Bas-Rhin, un petit groupe de jeunes militants principalement JRG (devenus PRG en vieillissant) s'est organisé à Strasbourg. L'ancien président de fédération Arnaud Weber (qui avait réalisé 3,31% à Strasbourg-1 aux cantonales en 2011, soit le meilleur score des 3 candidats alors présentés par le PRG) est ensuite parti à Amiens, où il est devenu président de la fédération PRG (je renvoie donc à ma présentation plus haut du PRG dans la Somme) ; Julien Viel, qui a repris la fédération, est ensuite devenu proche (voire membre) de LREM - même s'il n'affiche plus d'étiquette politique sur son compte Twitter. Laurine Roux, élue conseillère départementale suppléante de Strasbourg-5 en 2015, est ensuite restée au Mouvement radical social libéral (MRSL).

Des figures du PRG 67 du début des années 2010 il ne reste finalement plus que Thibaut Vinci, qui était président de fédération lors de la fusion des radicaux, et est toujours président de fédération du PRG reconstitué. Le 15 mars, il figurait à la 30e place (sur 65) sur la liste de la socialiste Catherine Trautmann, qui a terminé troisième du premier tour (19,77%), étant devancée à gauche par Jeanne Barseghian (EELV), bien placée pour le deuxième tour (27,87%). Sur la liste FONTANEL (LREM) qui a obtenu 19,86% figurait Laurine Roux, également à la 30e place. Si l'ordonnancement des listes du premier tour est respecté, il sera difficile Pour Thibaut Vinci, par ailleurs membre du comité exécutif national du PRG, d'entrer au conseil municipal - tout comme du reste Laurine Roux. La dispersion des (ex-)PRG ne leur offre guère plus de chances d'entrer au conseil municipal de Strasbourg qu'en 2014.

Dans le Haut-Rhin, le radicalisme de gauche, aussi traditionnellement peu présent dans ces terres alsaciennes de tradition démocrate-chrétienne, avait remporté un succès en l'emportant dans la cantonale partielle de Sainte-Marie-aux-Mines en 1999. Conseiller municipal de Lièpvre (1 700 habitants), Jacques Loess l'avait emporté au deuxième tour à la faveur d'un front républicain qui l'avait opposé à Christian Chaton (alors membre du Mouvement national républicain de Bruno Mégret). En 2004, Jacques Loess avait toutefois été battu dès le premier tour (16,92%) et le deuxième tour avait été remporté par Christian Chaton, qui portait désormais les couleurs d'Alsace d'Abord - et qui rejoindra ensuite l'UMP.

Faute de bases locales dans les petites communes du département, le PRG du Haut-Rhin était surtout centré autour des principales agglomérations, à Mulhouse et Colmar - je parle volontairement au passé, car la reconstitution du PRG en 2019 ne semble pas s'être traduite ici par la reprise d'une action militante sous les couleurs du PRG.

A Mulhouse, Jean-Pierre Walter, adjoint PRG de Jean-Marie Bockel (ex-PS) à la mairie de Mulhouse, et qui était alors vice-président de la fédération départementale, est resté fidèle à la droite lors des municipales de 2014, en étant réélu à la 25e place sur la liste de Jean Rottner (UMP). Il est devenu président du Réseau des offices de tourisme d'Alsace. Il ne pouvait plus se prévaloir en 2014 de la qualité de membre du PRG puisque le parti choisissait l'alliance à gauche derrière Pierre Freyburger (PS), dont la liste était battue au deuxième tour (36,67% en triangulaire). La candidate PRG Carole Ecoffet (16e de liste) n'était pas élue, seuls 10 membres de la liste Freyburger entrant au conseil municipal.

En 2020 - miracle de la recomposition politique - Jean-Pierre Walter et Carole Ecoffet se sont retrouvés sur la même liste, celle de Lara Million (LREM, soutenue par le PS), respectivement à la 26e et à la 25e place, mais ni l'un ni l'autre ne semblent être encore membres du PRG. Malheureusement pour eux, le miracle de la recomposition n'a pas reçu l'onction des électeurs, la liste de Lara Million ayant terminé troisième derrière celles de Michèle Lutz (LR, 33,66%) et de Loïc Minery (EELV-LFI-PCF, 21,96%).

A Colmar, le PRG était aussi partisan de l'ouverture à droite : Laetita Rabih avait été élue en 2008 à la 12e place sur la liste de Gilbert Meyer (UMP) et était devenue vice-présidente de la communauté d'agglomération de Colmar. Mais en 2014 elle avait retrouvé les voies de l'union de la gauche - tout en restant au PRG - en devenant adjointe au maire d'Echirolles, le communiste Renzo Sulli. Depuis, elle a participé à la remise en place d'une section socialiste dans la ville. Sic transit gloria PRG.

C'est aussi dans la région de Colmar qu'est implanté Jacques Barthet. Président de fédération départementale et de fédération régionale dans les années fastes 2008-2014, il a continué à animer un blog politique qui commente l'actualité locale (entre autres choses) - et dont il loue le succès d'audience - mais qui n'affiche plus de sensibilité politique, contrairement au blog qu'il avait animé jusqu'en 2012 comme blog du PRG.

Enfin, si une candidature PRG-PS était présente à Colmar aux législatives de 2017, elle avait été réservée à une candidate de l'UDE dans le cadre d'un accord avec plusieurs petites formations écologistes (UDE et GE), Marie-Agnès Strazel, qui avait recueilli 1,25 % des suffrages exprimés. Je n'ai pas trouvé trace d'une adhésion au PRG de son suppléant d'alors, Jérôme Lèbre.
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Re: Les élections municipales de 2020 pour le PRG

Messagede ChristianC. » Ven 22 Mai 2020 14:45

Selon un contributeur de la page "Municipales à Paris", le PRG parisien demande à C. Villani de fusionner ses listes avec celles d'A. Hidalgo. Et menace de se désolidariser d'avec lui s'il ne prend pas ce parti.
Peut-être Mme Meddah, tête de liste PRG-Villani dans le XVIIème, va-t-elle aller frapper à la porte du PS local pour lui proposer une fusion de leurs listes.
Après avoir quitté en janvier la liste PS-PCF du VIIIème dont elle avait la tête.
Il me semble en effet que la tête de liste d'arrondissement est seul maître des fusions éventuelles.
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Re: Les élections municipales de 2020 pour le PRG

Messagede Marcy » Ven 22 Mai 2020 20:02

ChristianC. a écrit:Selon un contributeur de la page "Municipales à Paris", le PRG parisien demande à C. Villani de fusionner ses listes avec celles d'A. Hidalgo. Et menace de se désolidariser d'avec lui s'il ne prend pas ce parti.
Peut-être Mme Meddah, tête de liste PRG-Villani dans le XVIIème, va-t-elle aller frapper à la porte du PS local pour lui proposer une fusion de leurs listes.
Après avoir quitté en janvier la liste PS-PCF du VIIIème dont elle avait la tête.
Il me semble en effet que la tête de liste d'arrondissement est seul maître des fusions éventuelles.


Tout à fait, les fusions sont décidées par les têtes de liste.
Cédric Villani pourrait aussi faire des alliances à la carte, par arrondissement : à gauche dans les arrondissements de gauche, à droite dans les arrondissements de droite et des places pour tout le monde ?

En fait, je vois mal Anne Hidalgo repêcher des candidats qui ne sont pas propriétaires de leurs voix et dont l'apport serait assez marginal... sauf alliance LR-LREM qui pourrait la menacer et pourrait nécessiter d'élargir son alliance.

Dans le 17e, si la liste de gauche repêche Mme Meddah les voix qu'elle rapporte coûtent un siège de conseiller d'arrondissement d'opposition... non rémunéré, et pris à la liste de gauche. Je pense que Mme Meddah visait mieux - et elle est une très récente adhérente du PRG, dont je doute qu'elle défende les intérêts bec et ongles.

Le vrai enjeu pour le PRG 75 c'est de sauver des postes d'adjoint au maire d'arrondissement - éventuellement de conseiller(s) de Paris - en particulier pour son chef de file local Jean-Christophe Mikhaïloff (2e dans le 11e, adjoint au maire sortant et auteur du communiqué de presse, élu depuis 2001), ou pour la conseillère régionale Muriel Guénoux (2e dans le 18e).
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Les élections municipales 2020 pour le PRG en Franche-Comté

Messagede Marcy » Ven 22 Mai 2020 21:25

Je termine par la Bourgogne - Franche-Comté le tour de la France métropolitaine. Outre mer il y a bien quelques militants PRG, mais très isolés - comme à la Réunion - ou relevant plutôt de formations associées, comme à Saint-Pierre-et-Miquelon, où le PRG est passé avec armes et bagages au MRSL derrière la ministre Annick Girardin, qui a probablement oublié qu'elle doit son destin ministériel au PRG en général - et à Jean-Michel Baylet en particulier, indépendamment de son indéniable ancrage local (qui permettait à l'archipel de placer Jean-Michel Baylet en tête lors de la primaire citoyenne PS-PRG de 2011, pour désigner le candidat à l'élection présidentielle).

Tout d'abord, en Franche-Comté, en commençant par le Doubs.

Dans ce département, un des rares élus locaux, le JRG Nicolas Boissier, adjoint au maire de Rognon au cours du mandat 2008-2014, ne s'est pas représenté en 2014. L'avocat Ferjeux Chevènement, également au PRG à la fin des années 2000 (il y a beaucoup d'avocats au PRG), s'est éloigné de la scène politique. Enfin, le PRG a eu des élus à Besançon, comme Philippe Hagopian (qui a cessé ses mandats en 2008) ou Jean-Claude Tissot, adjoint au maire chargé du logement à partir de 1989 et aujourd'hui président de l'office HLM de Besançon et du département du Doubs. Je ne sais pas s'il était au PRG dès 1989 mais il s'en revendiquait en 2009, lorsque le PRG avait (re)constitué une fédération régionale, à la veille des élections régionales de 2010. Peut-être que nous expert @Alamo pourra nous en dire plus.

C'est aussi à Besançon qu'est implanté le dernier président départemental du PRG avant le big bang de 2017 : Michel Cattin est aujourd'hui membre des Radicaux de gauche (LRDG) et il a apporté le soutien de sa formation à la liste d'Anne Vignot le 15 mars dernier, favorite du deuxième tour (31,21% au premier tour de scrutin), sans que des militants LRDG n'aient manifestement figuré sur sa liste.

Dans le Jura, le site national du PRG indique toujours Christophe Perny comme président de fédération : si l'ancien président du conseil général (2011-2015) élu sous l'étiquette socialiste avait bien rejoint le PRG en 2015 (après avoir été déjà membre du MRG de 1994 à 1997), il n'y est pas resté bien longtemps, passant à En marche ! dès 2016 - avant d'être exclu pour avoir mené une liste dissidente aux municipales à Lons-le-Saunier (7,65% au premier tour, contre 36,21% à la liste LREM officielle de Christophe Bois).

Elu DVG puis PS puis PRG, le maire de Septmoncel (700 habitants) depuis 2001, Raphaël Pernin, a été conseiller départemental de Saint-Claude de 2008 jusqu'à sa défaite en 2015 (41,85% en binôme au deuxième tour). En 2012, il a été candidat PRG (soutenu par le PS) aux législatives dans la 2e circonscription, obtenant 25,77% au premier tour et 45,39% au deuxième tour de scrutin. Il est difficile de savoir si Raphaël Pernin, qui est aussi président de la communauté de communes du Haut Jura Saint-Claude depuis 2014, est toujours membre ou proche du PRG.

Un autre ancien socialiste, qui a rejoint le PRG en 2006, est toujours maire de sa commune : à Condamine (270 habitants), Hervé Guy a été conseiller municipal (2008-2014) puis maire (depuis 2014). Réélu avec 63,69% en 2014, il a obtenu 80,17% le 15 mars 2020. En 2011, il avait candidaté sous l'étiquette PRG aux Planches-en-Montagne. Je formule les mêmes observations que pour Raphaël Pernin concernant son positionnement actuel vis-à-vis du PRG.

A Montrevel (100 habitants), Jean-Louis Gavand, candidat PRG aux cantonales de 2011 à Arinthod (30,62% au premier tour, 48,92% au deuxième tour), a été conseiller municipal jusqu'aux dernières élections (il avait recueilli 94,52% des suffrages exprimés en 2014), lors desquelles il n'est pas représenté.

Ancien conseiller municipal de Dole, Jacques Sussot avait obtenu 5,06% aux cantonales de 1992 à Dole nord-est. Il est décédé en 2006.

Enfin, le PRG a compté dans ses rangs - en particulier lors des cantonales de 2011 (en recueillant le score de 16,06%) - le forain Francisque Bailly-Cochet, dont la famille possède des carrousels depuis 1865 - d'aucuns ont dû en voir qui appartenaient à l'entreprise familiale à Dijon ou encore à Besançon. Elu en 2008 dans le berceau familial de Clairvaux-les-Lacs pendant un seul mandat (il ne s'est pas représenté en 2014), Francisque Bailly-Cochet n'était plus au PRG lorsqu'il avait annoncé sa candidature aux législatives de 2007 sur la deuxième circonscription : sous l'étiquette "divers" il avait recueilli 2,01% des suffrages exprimés.

La Haute-Saône est le département de la région où le PRG a traditionnellement la meilleure implantation dans l'histoire locale du parti. En 1998, le radical de gauche Marc Roussel avait accédé à la présidence du conseil général pour 3 ans, ayant été élu au bénéfice de l'âge. Auparavant, il avait été maire de Saint-Sauveur de 1969 à 1995, et c'est un autre PRG qui lui avait succédé à la mairie, Jean-Claude Ghettini, qui devenait à son tour conseiller général (de 2001 à 2008) avant de ne pas se représenter. En poste depuis 2008, la maire actuelle Christiane Bey est classée DVG.

Mais la place forte du radicalisme (de gauche) dans le département est Champagney (3 800 habitants), dont Eugène Coppey (DVG puis PRG) a été maire de 1965 à 1989, étant parallèlement conseiller général de 1972 à 1985. C'est un autre membre du PRG, l'agriculteur Gérard Poivey (il y a aussi des paysans au PRG), qui lui a succédé à la mairie, de 1989 jusqu'à sa démission en 2015, ainsi qu'au conseil général (de 2004 à 2015, ayant été l'un des vice-présidents de l'assemblée départementale). En juin 2015, Marie-Claire Faivre (également PRG) est devenue maire, tout en étant élue au conseil départementale en binôme avec le PS (52,33% au deuxième tour, en duel contre le FN). Vice-présidente du conseil départementale, vice-présidente de la communauté de communes, Marie-Claire Faivre a rejoint le MRSL, comme la majorité du PRG, fin 2017. Les deux formations la revendiquent aujourd'hui parmi leurs élus, mais Marie-Claire Faivre semble plutôt pencher à gauche - côté PRG. Le 15 mars 2020, la liste de Marie-Claire Faivre l'a emporté en duel (75,33%) face à une liste étiquetée DVD.

Enfin, un dernier maire s'affiche clairement PRG : Régis Pinot à Mélisey (1 700 habitants), qui avait succédé en 2008 à la radicale de gauche Marie-Rose Daviot (qui avait été maire depuis 1977, ainsi que conseillère générale de Mélisey et vice-présidente du conseil général). Régis Pinot a été réélu au premier tour sans opposition. Il a une certaine notoriété, tenant au fait qu'il est le père du cycliste Thibaut Pinot et qu'il a refusé d'être candidat LREM aux législatives de 2017. Il avait invoqué alors des raisons de santé... et dit à présent qu'il ne voulait en fait pas délaisser sa commune. Récemment, ce gérant de pompes funèbres a été malade du Covid-19 - mais a guéri, et s'est exprimé dans la presse sur la gestion de la pandémie.

Dans le territoire de Belfort enfin, il était une petite fédération PRG qui essayait d'avoir des places au conseil municipal de Belfort, longtemps place-forte du chevènementisme (avec le patriarche, de 1983 à 2007, puis Etienne Butzbach, dont nous reparlerons), jusqu'à ce qu'advint un héritier pour grossir les rangs du parti.

Mais parlons déjà de la fédération : son président, Christian Leblanc, avait été 9e sur la liste menée par Bruno Kern en 2008 (13,2%) - mais il avait disparu de la liste fusionnée au deuxième tour. Il entreprenait alors de présenter des candidats aux cantonales de 2011, ainsi que de faire venir de nouvelles figures. Parmi elles, Saïd Meftah, qui a rejoint le PRG en 2009, avait été tête de liste (DVG) à Valdoie aux municipales l'année précédente (6,57%, pas de fusion de listes). En 2011, des démissions au conseil municipal conduisirent à une partielle - dont le forum de Politiquemania avait narré le récit. Saïd Meftah, avec 5 autres militants du PRG, rejoignait une liste DVD lors de la partielle - las, celle-ci n'obtenait que 14% au premier tour et moins de 8% au second tour de scrutin, glanant un seul siège. Pour sa part, Saïd Meftah se présentait aux cantonales qui se tenaient en même temps, recueillant 4,39%. Aux législatives de 2012 il briguait le siège de député de Belfort (1,04%). En 2015, il se présentait aux départementales avec Sarah Ansel, également PRG (1,95%). A la même époque, fort de son poids militant, il devait accéder à la présidence de la fédération départementale, qui allait alors vivre un drame interne - dont le PRG ne semble devoir jamais s'être remis localement - alors que lui-même s'éloignait visiblement de la scène politique, en ne se présentant pas en 2020.

Le drame devait être la conséquence malheureuse d'un ralliement pourtant riche en promesses d'avenir : l'avocat Alain Dreyfus-Schmidt avait réalisé 5,16% aux cantonales de 2011 (soit le meilleur score du PRG dans le département), en capitalisant notamment sur son nom. Son grand-père, Pierre Dreyfus-Schmidt, a été brièvement maire (radical-socialiste) de Belfort à la Libération, et surtout sous l'étiquette de l'Union progressiste de 1958 à 1964. Son père, Michel, disparu en 2008, avait été parlementaire, député puis sénateur socialiste (1980-2008). Lors des municipales de 2014, Alain Dreyfus-Schmidt était 11e sur la liste (soutenue donc par le PRG) du maire sortant Etienne Butzbach, mais ce fidèle de Jean-Pierre Chevènement avait entretemps rejoint les rangs socialistes. Le MRC devait ainsi monter une liste, qui se maitiendrait au deuxième tour et contribuerait à la victoire de la droite menée par Damien Meslot (47,38%, contre 10,43% au FN, 10,21% à la liste DVG-MRC et 31,96% à la liste menée par Etienne Butzbach, qui n'obtenait que 7 élus, ne permettant pas à Alain Dreyfus-Schmidt d'entrer au conseil municipal). Les sénatoriales de 2014 devaient ensuite aiguiser la lutte entre l'avocat belfortain et le président de la fédération départementale, Christian Leblanc, qui reprochait au premier d'avoir profité de son indisponibilité (il était hospitalisé) pour parler indûment au nom du PRG 90 en annonçant une double candidature aux sénatoriales, d'Alain Dreyfus-Schmidt et de Pascale Dreyfus-Schmidt. Lui-même non électeur Alain Dreyfus-Schmidt n'obtenait qu'une voix (0,27%) et Pascale zéro. Avant-dernier acte : à l'approche des départementales 2015 la fédération du territoire de Belfort radiait Alain Dreyfus-Schmidt, accusé de mener des négociations personnelles avec le PS sans en référer au PRG 90. A ce stade du conflit la direction nationale du PRG intervenait et décidait de mettre la fédération sous tutelle. Christian Leblanc décidait alors d'activer une association qu'il avait créée, le Pôle humaniste et radical, pour continuer à porter la parole du radicalisme de gauche. Ce dernier acte devait en fait sonner le glas du PRG comme force politique organisée dans le territoire du Belfort - mais le PRG, tant de fois donné moribond, ne renaîtra-t-il pas un jour ici aussi de ses cendres ?

En guise d'épilogue, précisons qu'Alain Dreyfus-Schmidt est entré au conseil municipal en cours de mandature, à la faveur de démissions d'élus d'oppositions. Pour les municipales de 2020, la gauche présentait un front désuni face à Damien Meslot (LR) : Mathilde Nassar recevait le soutien de LFI et de EELV, tandis que Samia Jaber était la candidate de la Gauche Républicaine et Socialiste et de Génération.s. Alain Dreyfus-Schmidt, lui-même condamné l'année précédente pour un délit routier, figurait à la fin de la liste de Samia Jaber (40e sur 43), où l'on retrouvait à la 30e place un ancien candidat PRG aux départementales de 2015 sur Belfort-1 (2,63%), Claude Paufert. Mais les chances de ce dernier d'entrer au conseil municipal sont infimes : le 15 mars, Damien Meslot a obtenu 48%, devant les listes de Mathilde Nassar (15,26%) et de Samia Jaber (12,88%). Ainsi va le monde (politique).
Marcy
 
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Les élections municipales 2020 pour le PRG en Bourgogne

Messagede Marcy » Sam 23 Mai 2020 23:50

Je termine par la Bourgogne le tour de France du PRG à l'issue du premier tour des municipales de 2020.

En Côte-d'Or, le délégué général du PRG (à l'échelle nationale) Patrick Molinoz s'est imposé de longue date comme le chef de file départemental, à partir de sa base de Venarey-les-Laumes (2 900 habitants) où il est maire depuis 2001, commune qui avait déjà été dirigée par un radical de gauche, Pierre Rebourg. Cheminot, résistant, maire de Venarey de 1971 à 1995, conseiller général de 1970 à 2001, Pierre Rebourg (1924-2002) avait commencé sa carrière au MRP puis au Centre démocrate, avant de rejoindre le MRG en 1974. Il avait dirigé la fédération départementale des radicaux de gauche pendant quatorze ans, de 1980 à 1994. En 1986, il avait mené une liste autonome du PRG aux élections régionales, dont le résultat lui avait permis d'entrer dans l'assemblée nouvellement élue au suffrage universel direct.

En 2001, Patrick Molinoz devenait à la fois maire de Venarey-les-Laumes et conseiller général du canton éponyme. A plusieurs reprises, il a tenté sans succès de devenir parlementaire - toujours avec le soutien du PS, alors que sa circonscription législative est ancrée à droite : 34,89% au premier tour et 47,45% au deuxième tour des sénatoriales de 2008 (le dernier élu obtient 48,30%) ; 46,96% au deuxième tour des législatives de 2012 ; 8,19% au premier tour des législatives de 2017. En 2015, il était battu aux élections départementales (33,32% au premier tour et 46,52% au deuxième tour). Membre du Conseil économique, social et environnemental depuis 2015, sa liste l'a emporté en duel au premier tour le 15 mars (75,71%). Il est aussi le président sortant de la Communauté de commune du pays d'Alésia et de la Seine.

La présence de Patrick Molinoz a laissé peu de places aux autres prétendants locaux du PRG, notamment à Dijon où le conseiller régional Didier Martin a été l'adjoint au maire (PS) de Dijon François Rebsamen. En 2017, Didier Martin a été élu député de la 1ère circonscription sous l'étiquette LREM, rejoint dans la nouvelle formation par d'autres élus et anciens élus du PRG à Dijon et en Côte d'Or : Jacqueline Garret-Richard (adjointe au maire jusqu'en 2014 - pour elle, j'ai un doute de savoir si elle a rejoint effectivement En Marche !, mais elle a signé la tribune des élus PRG ayant appelé à soutenir Emmanuel Macron dès avant le premier tour de la présidentielle) ; le conseiller municipal d'opposition de Vitteaux (1 100 habitants) Etienne Jobard (tête de liste en 2014, il avait obtenu 40% en duel) ; Jean-Claude Decombard, élu sur la liste de François Rebsamen en 2014 et également entré dans l'exécutif municipal ; Clément Troubat, qui avait été battu aux municipales de 2014 à Flavigny-sur-Ozerain (34,34%, scrutin majoritaire ; il ne s'est pas représenté en 2020).

A l'approche des municipales, et au regard des appétits de LREM pour la ville-préfecture, les ex-PRG devenus LREM ont perdu leurs délégations. Didier Martin ne s'est finalement pas représenté, n'étant pas retenu par les instances nationales comme tête de liste. Jean-Claude Decombard était 19e sur la liste LREM, qui a été éliminée en n'obtenant que 8,80%. Pour sa part, François Rebsamen a recueilli 38,24% des voix le soir du premier tour (19,90% à LR et 15,09% à EELV), avec une liste ne comportant plus de membres du PRG mais deux représentants du MRSL :
- à la 23e place, Jean-Philippe Morel, venu des rangs valoisiens, ayant pu accéder à la président de la fédération départementale après la reprise d'autonomie des membres du PRG, pourtant bien plus nombreux que ceux du PRV, qui était conseiller municipal sortant à Longvic (dans l'opposition au PS, aussi bien dans cette ville que dans la communauté urbaine),
- Maxime Moulazadeh (47e de liste, sur 59 noms), secrétaire général départemental du MRSL.
Jacqueline Garret-Richard a soutenu publiquement François Rebsamen, sans faire état d'une affiliation partisane.

A Vitteaux, Etienne Jobard était devenu député suppléant. Sous l'étiquette LREM, il a une nouvelle fois échoué à Vitteaux, tout en obtenait 45,96%. Il siègera au conseil municipal et au conseil communautaire.

Dans le reste du département, les radicaux de gauche ont longtemps dirigé Genlis (5 800 habitants), avec Paul Orssaud, de 1971 à 2002, puis Noël Bernard, de 2002 à 2014, l'un et l'autre siégeant également à l'assemblée départementale. Aux municipales de 2014, Genlis a basculé à droite, avec la nette victoire de Vincent Dancourt (56,3%) sur Noël Bernard (43,69%). Mais la gauche a pris sa revanche en 2020, avec l'élection de la liste menée par le conseiller municipal d'opposition Martial Mathiron (53,24%) sur Vincent Dancourt. Il restera à voir si Martial Mathiron, aujourd'hui sans étiquette politique, s'inscrira dans la filiation radicale.

Jusqu'en 2015, le PRG avait un troisième conseiller général à Montbard, avec Robert Grimpret, qui siégeait dans l'assemblée départementale depuis 1998 et ne s'est pas représenté en 2015. Robert Grimpret avait été maire de Moutiers-Saint-Jean (260 habitants) de 2001 à 2014. Jean-François Grimpret (sans étiquette) lui a alors succédé au poste de maire.

Toujours dans le Montbardois, la médecin généraliste Marion Mongouachon (PRG) avait été la colistière malheureuse de Patrick Molinoz aux départementales de 2015. Elue à Montbard en 2008 sur la liste de la maire socialiste Christelle Silvestre, elle n'avait pas été reconduite en 2014 alors que cet ancien fief communiste basculait à droite - et l'est resté en 2020, la liste de gauche n'obtenant qu'un peu plus de 21% lors de l'unique tour de scrutin.

L'agriculteur Marc Hierholzer avait porté les couleurs du PRG aux cantonales de 2011 (25,02% lors de l'unique tour de scrutin). Maire de Lamargelle (160 habitants) depuis 2008, il a été en ballotage difficile le soir du mars, ne terminant que 17e du premier tour (37,93%) sur 11 onze sièges à pourvoir, la moitié n'ayant pas été attribués.

Concernant LRDG, son référent régional, Eric Kragbé, est le chef de cabinet du maire de Chenôve (14 000 habitants), bastion MDC puis PS de l'agglomération dijonnaise.

Parmi les autres figures du radicalisme de gauche en Côte-d'Or il convient de saluer la mémoire de Jean Hugon (1926-2018), entré au conseil municipal d'Auxonne (7 600 habitants aujourd'hui) en 1959, avant d'en devenir maire (toujours radical, PRRRS puis MRG et PRG) de 1965 à 1989, ayant parallèlement siégé au conseil général de 1973 à 1992.

Dans la Nièvre, le PRG était organisé autour de la figure de Michel Estorge, avant que ce dernier ne rejoigne le MRSL - et y reste. Tête de liste aux municipales à Nevers, il y a obtenu 7,48% en 2008, puis 2,50% en 2014. Aux départementales de 2015, il recueillait 10,44% des suffrages - mais sans adversaire socialiste. Au premier tour des législatives de 2017, il a obtenu 0,40% sous les couleurs du PRG dans la première circonscription. En 2020, il a dû renoncer à conduire une liste à Nevers, faute d'un nombre suffisant de colistiers et après l'échec de discussions avec des DVG, des ex-LR et la représentante de l'Alliance centriste.

Le PRG dans la Nièvre disposait aussi de petites bases - dans des communes dont les maires sont pour l'heure restés au MRSL, dans la sillage de Michel Estorge :
- Corvol-d'Embernard (90 habitants), où Stéphane Delesmillières avait rejoint le PRG après son élection comme maire en 2014, et qui a été réélu au premier tour (76,27%, soit le meilleur score ex aequo avec d'autres candidats) ;
- Parigny-lès-Vaux (960 habitants), où Jacques Mercier a aussi été réélu au premier tour.

Enfin, également membre du bureau départemental du MRSL, le torréfacteur de noisettes Alain Desboudard a été maire d'Ourouër (330 habitants) jusqu'en 2008.

Dans l'Yonne, le PRG avait conquis en 2008 sur la droite la ville de Sens (26 000 habitants), avec Daniel Paris à la tête d'une liste d'union de la gauche. Mais les dissensions avec le PS l'avaient conduit à démissionner en 2013, après avoir été candidat (contre le PS) aux législatives de 2012 (8,40% sur la circonscription). La ville de Sens est revenue dans le giron de la droite : le secrétaire (ex-PRG) de la fédération départementale du MRSL était 7e sur la liste "de centre et de centre-gauche" (comme elle s'autodésignait) menée par Laurent Moinet (où figurait aussi un représentant du PS), qui n'a toutefois terminé qu'à une lointaine deuxième place le 15 mars (16,78%, contre 39,16% à LR). Laurent Moinet avait aussi le soutien d'Olivier Martin, ancien responsable départemental des radicaux de gauche (1986-2013), passé un temps au MUP de Robert Hue, et aujourd'hui référent départemental de LRDG.

L'ancienne présidente départementale de la petite fédération PRG de l'Yonne, Elodie Roy, dont le compte Twitter affiche toujours le nom PRG et est à l'occasion présentée par la presse comme radicale de gauche, est en fait la nouvelle présidente départementale du MRSL - les radicaux dits "valoisiens" étant, eux, restés à l'UDI - même si elle est prudente sur les réseaux sociaux, en évitant désormais de relayer tant les positions nationales du MRSL que celles du PRG. Conseillère municipale sortante de la majorité à Auxerre, elle figurait à la 18e place sur la liste du maire sortant, Guy Ferez, ancien socialiste soutenu en même temps par le PS et LREM. Un autre "radical de gauche" du MRSL figure à la 15e place de la liste, Jacques Hojlo. Mais tous deux risquent d'être battus si la liste de droite confirme son avance du premier tour (37,25%, contre 33,09% pour Guy Ferez).

Le PRG a aussi vu passer dans ses rangs des figures politiques locales, parties rejoindre d'autres horizons. Ancien conseiller municipal de Joigny, héliciculteur à Armeau, Dominique Rouyer a ensuite été candidat sans étiquette (non élu). Maire de Saint-Denis-les-Sens (700 habitants) depuis 2001, Alexandre Bouchier est passé du PRG à la droite et a été élu sous cette nouvelle étiquette au conseil départemental, dont il est devenu l'un des vice-présidents.

En Saône-et-Loire, la présidente départementale du PRG, et vice-présidente du parti, la viticultrice Claudette Brunet-Lechenault, est issue d'une famille radicale. Son père France Lechenault (1910-1995) a été maire de Bouzeron (140 habitants) de 1935 (il était alors le plus jeune maire de France) à 1995. Conseiller général de Chagny de 1945 à 1988, il a été sénateur de 1977 à 1986, toujours sous l'étiquette radicale - d'abord le Parti républicain, radical et radical-socialiste, puis le MRG et le PRG. Pour sa part, Claudette Brunet-Lechenault est entrée au conseil général en 1988, et a été réélue (en binôme avec le PS) au conseil départemental en 2015. Maire de Bouzeron (de 1995 à 2001), elle a été conseillère municipale de la commune chef-lieu, Chagny (5 500 habitants), de 2008 à 2014. En 2014, elle était à la deuxième place - non éligible - de la liste PS/PRG aux sénatoriales.

Outre France Lechenault, le PRG a compté deux autres parlementaires dans le département, avec Paul Duraffour (1905-1992), député de 1962 à 1986 et qui était maire d'Anzy-le-duc (500 habitants), auquel a succédé au conseil général sur le canton de Marcigny Jacques Rebillard, lui-même député de 1997 à 2002, qui a été vice-président du conseil général et du conseil régional - jusqu'à ce qu'il ne se représente pas en 2015.

Membre du conseil général de 1981 à 2011, en tant que représentant du canton de Saint-Léger-sous-Beuvray, Robert Jacquemard a été secrétaire de mairie (en 1963) puis maire d'Etang-sur-Arroux (1 900 habitants) de 1989 à 2014. Ne s'étant pas représenté lors du dernier scrutin municipal, Dominique Commeau (DVG) lui a succédé et a été réélu (sans opposition) en 2020.

Outre Claudette Brunet-Lechenault, le PRG 71 compte deux autres représentants au comité exécutif national du PRG :
- conseillère régionale déléguée à l'université, Francine Chopard a été adjointe (PRG) au maire de Chalon-sur-Saône Christophe Sirugue (PS), jusqu'à la défaite de ce dernier aux municipales de 2014 ; elle a alors rejoint les bancs de l'opposition, de même qu'un certain Benjamin Griveaux, qui était son suivant de liste ; en 2020, elle a été réélue (au conseil municipal mais pas au conseil communautaire) en tant que 3e de la liste socialiste, qui a recueilli 12,48% - contre 52,93% à LR et 13,94% à EELV ;
- Tristan Bathiard était colistier du maire socialiste de Saint-Rémy (6 600 habitants) en 2014, lequel avait évincé avec une certaine inélégance une de ses adjointes (PRG) depuis 2001, vice-présidente sortante du Grand Chalon, Martine Hory - par ailleurs soeur de Jean-François Hory, ancien président du PRG, et qui avait été candidate malheureuse aux sénatoriales en 2004 ; la ville ayant basculé à droite, Tristan Bathiard était devenu conseiller municipal d'opposition et était tête de liste de la gauche le 15 mars ; en duel, il a recueilli 40,03%, donnant 6 sièges à sa liste, lui-même entrant par ailleurs au conseil communautaire.

Ancien président départemental du PRG, ancien conseiller municipal de Gibles, Alain Magnier a échoué à être réélu à Gibles, obtenant 35% en 2014 et 32% en 2020.
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