de Marcy » Sam 23 Mai 2020 23:50
Je termine par la Bourgogne le tour de France du PRG Ã l'issue du premier tour des municipales de 2020.
En Côte-d'Or, le délégué général du PRG (à l'échelle nationale) Patrick Molinoz s'est imposé de longue date comme le chef de file départemental, à partir de sa base de Venarey-les-Laumes (2 900 habitants) où il est maire depuis 2001, commune qui avait déjà été dirigée par un radical de gauche, Pierre Rebourg. Cheminot, résistant, maire de Venarey de 1971 à 1995, conseiller général de 1970 à 2001, Pierre Rebourg (1924-2002) avait commencé sa carrière au MRP puis au Centre démocrate, avant de rejoindre le MRG en 1974. Il avait dirigé la fédération départementale des radicaux de gauche pendant quatorze ans, de 1980 à 1994. En 1986, il avait mené une liste autonome du PRG aux élections régionales, dont le résultat lui avait permis d'entrer dans l'assemblée nouvellement élue au suffrage universel direct.
En 2001, Patrick Molinoz devenait à la fois maire de Venarey-les-Laumes et conseiller général du canton éponyme. A plusieurs reprises, il a tenté sans succès de devenir parlementaire - toujours avec le soutien du PS, alors que sa circonscription législative est ancrée à droite : 34,89% au premier tour et 47,45% au deuxième tour des sénatoriales de 2008 (le dernier élu obtient 48,30%) ; 46,96% au deuxième tour des législatives de 2012 ; 8,19% au premier tour des législatives de 2017. En 2015, il était battu aux élections départementales (33,32% au premier tour et 46,52% au deuxième tour). Membre du Conseil économique, social et environnemental depuis 2015, sa liste l'a emporté en duel au premier tour le 15 mars (75,71%). Il est aussi le président sortant de la Communauté de commune du pays d'Alésia et de la Seine.
La présence de Patrick Molinoz a laissé peu de places aux autres prétendants locaux du PRG, notamment à Dijon où le conseiller régional Didier Martin a été l'adjoint au maire (PS) de Dijon François Rebsamen. En 2017, Didier Martin a été élu député de la 1ère circonscription sous l'étiquette LREM, rejoint dans la nouvelle formation par d'autres élus et anciens élus du PRG à Dijon et en Côte d'Or : Jacqueline Garret-Richard (adjointe au maire jusqu'en 2014 - pour elle, j'ai un doute de savoir si elle a rejoint effectivement En Marche !, mais elle a signé la tribune des élus PRG ayant appelé à soutenir Emmanuel Macron dès avant le premier tour de la présidentielle) ; le conseiller municipal d'opposition de Vitteaux (1 100 habitants) Etienne Jobard (tête de liste en 2014, il avait obtenu 40% en duel) ; Jean-Claude Decombard, élu sur la liste de François Rebsamen en 2014 et également entré dans l'exécutif municipal ; Clément Troubat, qui avait été battu aux municipales de 2014 à Flavigny-sur-Ozerain (34,34%, scrutin majoritaire ; il ne s'est pas représenté en 2020).
A l'approche des municipales, et au regard des appétits de LREM pour la ville-préfecture, les ex-PRG devenus LREM ont perdu leurs délégations. Didier Martin ne s'est finalement pas représenté, n'étant pas retenu par les instances nationales comme tête de liste. Jean-Claude Decombard était 19e sur la liste LREM, qui a été éliminée en n'obtenant que 8,80%. Pour sa part, François Rebsamen a recueilli 38,24% des voix le soir du premier tour (19,90% à LR et 15,09% à EELV), avec une liste ne comportant plus de membres du PRG mais deux représentants du MRSL :
- à la 23e place, Jean-Philippe Morel, venu des rangs valoisiens, ayant pu accéder à la président de la fédération départementale après la reprise d'autonomie des membres du PRG, pourtant bien plus nombreux que ceux du PRV, qui était conseiller municipal sortant à Longvic (dans l'opposition au PS, aussi bien dans cette ville que dans la communauté urbaine),
- Maxime Moulazadeh (47e de liste, sur 59 noms), secrétaire général départemental du MRSL.
Jacqueline Garret-Richard a soutenu publiquement François Rebsamen, sans faire état d'une affiliation partisane.
A Vitteaux, Etienne Jobard était devenu député suppléant. Sous l'étiquette LREM, il a une nouvelle fois échoué à Vitteaux, tout en obtenait 45,96%. Il siègera au conseil municipal et au conseil communautaire.
Dans le reste du département, les radicaux de gauche ont longtemps dirigé Genlis (5 800 habitants), avec Paul Orssaud, de 1971 à 2002, puis Noël Bernard, de 2002 à 2014, l'un et l'autre siégeant également à l'assemblée départementale. Aux municipales de 2014, Genlis a basculé à droite, avec la nette victoire de Vincent Dancourt (56,3%) sur Noël Bernard (43,69%). Mais la gauche a pris sa revanche en 2020, avec l'élection de la liste menée par le conseiller municipal d'opposition Martial Mathiron (53,24%) sur Vincent Dancourt. Il restera à voir si Martial Mathiron, aujourd'hui sans étiquette politique, s'inscrira dans la filiation radicale.
Jusqu'en 2015, le PRG avait un troisième conseiller général à Montbard, avec Robert Grimpret, qui siégeait dans l'assemblée départementale depuis 1998 et ne s'est pas représenté en 2015. Robert Grimpret avait été maire de Moutiers-Saint-Jean (260 habitants) de 2001 à 2014. Jean-François Grimpret (sans étiquette) lui a alors succédé au poste de maire.
Toujours dans le Montbardois, la médecin généraliste Marion Mongouachon (PRG) avait été la colistière malheureuse de Patrick Molinoz aux départementales de 2015. Elue à Montbard en 2008 sur la liste de la maire socialiste Christelle Silvestre, elle n'avait pas été reconduite en 2014 alors que cet ancien fief communiste basculait à droite - et l'est resté en 2020, la liste de gauche n'obtenant qu'un peu plus de 21% lors de l'unique tour de scrutin.
L'agriculteur Marc Hierholzer avait porté les couleurs du PRG aux cantonales de 2011 (25,02% lors de l'unique tour de scrutin). Maire de Lamargelle (160 habitants) depuis 2008, il a été en ballotage difficile le soir du mars, ne terminant que 17e du premier tour (37,93%) sur 11 onze sièges à pourvoir, la moitié n'ayant pas été attribués.
Concernant LRDG, son référent régional, Eric Kragbé, est le chef de cabinet du maire de Chenôve (14 000 habitants), bastion MDC puis PS de l'agglomération dijonnaise.
Parmi les autres figures du radicalisme de gauche en Côte-d'Or il convient de saluer la mémoire de Jean Hugon (1926-2018), entré au conseil municipal d'Auxonne (7 600 habitants aujourd'hui) en 1959, avant d'en devenir maire (toujours radical, PRRRS puis MRG et PRG) de 1965 à 1989, ayant parallèlement siégé au conseil général de 1973 à 1992.
Dans la Nièvre, le PRG était organisé autour de la figure de Michel Estorge, avant que ce dernier ne rejoigne le MRSL - et y reste. Tête de liste aux municipales à Nevers, il y a obtenu 7,48% en 2008, puis 2,50% en 2014. Aux départementales de 2015, il recueillait 10,44% des suffrages - mais sans adversaire socialiste. Au premier tour des législatives de 2017, il a obtenu 0,40% sous les couleurs du PRG dans la première circonscription. En 2020, il a dû renoncer à conduire une liste à Nevers, faute d'un nombre suffisant de colistiers et après l'échec de discussions avec des DVG, des ex-LR et la représentante de l'Alliance centriste.
Le PRG dans la Nièvre disposait aussi de petites bases - dans des communes dont les maires sont pour l'heure restés au MRSL, dans la sillage de Michel Estorge :
- Corvol-d'Embernard (90 habitants), où Stéphane Delesmillières avait rejoint le PRG après son élection comme maire en 2014, et qui a été réélu au premier tour (76,27%, soit le meilleur score ex aequo avec d'autres candidats) ;
- Parigny-lès-Vaux (960 habitants), où Jacques Mercier a aussi été réélu au premier tour.
Enfin, également membre du bureau départemental du MRSL, le torréfacteur de noisettes Alain Desboudard a été maire d'Ourouër (330 habitants) jusqu'en 2008.
Dans l'Yonne, le PRG avait conquis en 2008 sur la droite la ville de Sens (26 000 habitants), avec Daniel Paris à la tête d'une liste d'union de la gauche. Mais les dissensions avec le PS l'avaient conduit à démissionner en 2013, après avoir été candidat (contre le PS) aux législatives de 2012 (8,40% sur la circonscription). La ville de Sens est revenue dans le giron de la droite : le secrétaire (ex-PRG) de la fédération départementale du MRSL était 7e sur la liste "de centre et de centre-gauche" (comme elle s'autodésignait) menée par Laurent Moinet (où figurait aussi un représentant du PS), qui n'a toutefois terminé qu'à une lointaine deuxième place le 15 mars (16,78%, contre 39,16% à LR). Laurent Moinet avait aussi le soutien d'Olivier Martin, ancien responsable départemental des radicaux de gauche (1986-2013), passé un temps au MUP de Robert Hue, et aujourd'hui référent départemental de LRDG.
L'ancienne présidente départementale de la petite fédération PRG de l'Yonne, Elodie Roy, dont le compte Twitter affiche toujours le nom PRG et est à l'occasion présentée par la presse comme radicale de gauche, est en fait la nouvelle présidente départementale du MRSL - les radicaux dits "valoisiens" étant, eux, restés à l'UDI - même si elle est prudente sur les réseaux sociaux, en évitant désormais de relayer tant les positions nationales du MRSL que celles du PRG. Conseillère municipale sortante de la majorité à Auxerre, elle figurait à la 18e place sur la liste du maire sortant, Guy Ferez, ancien socialiste soutenu en même temps par le PS et LREM. Un autre "radical de gauche" du MRSL figure à la 15e place de la liste, Jacques Hojlo. Mais tous deux risquent d'être battus si la liste de droite confirme son avance du premier tour (37,25%, contre 33,09% pour Guy Ferez).
Le PRG a aussi vu passer dans ses rangs des figures politiques locales, parties rejoindre d'autres horizons. Ancien conseiller municipal de Joigny, héliciculteur à Armeau, Dominique Rouyer a ensuite été candidat sans étiquette (non élu). Maire de Saint-Denis-les-Sens (700 habitants) depuis 2001, Alexandre Bouchier est passé du PRG à la droite et a été élu sous cette nouvelle étiquette au conseil départemental, dont il est devenu l'un des vice-présidents.
En Saône-et-Loire, la présidente départementale du PRG, et vice-présidente du parti, la viticultrice Claudette Brunet-Lechenault, est issue d'une famille radicale. Son père France Lechenault (1910-1995) a été maire de Bouzeron (140 habitants) de 1935 (il était alors le plus jeune maire de France) à 1995. Conseiller général de Chagny de 1945 à 1988, il a été sénateur de 1977 à 1986, toujours sous l'étiquette radicale - d'abord le Parti républicain, radical et radical-socialiste, puis le MRG et le PRG. Pour sa part, Claudette Brunet-Lechenault est entrée au conseil général en 1988, et a été réélue (en binôme avec le PS) au conseil départemental en 2015. Maire de Bouzeron (de 1995 à 2001), elle a été conseillère municipale de la commune chef-lieu, Chagny (5 500 habitants), de 2008 à 2014. En 2014, elle était à la deuxième place - non éligible - de la liste PS/PRG aux sénatoriales.
Outre France Lechenault, le PRG a compté deux autres parlementaires dans le département, avec Paul Duraffour (1905-1992), député de 1962 à 1986 et qui était maire d'Anzy-le-duc (500 habitants), auquel a succédé au conseil général sur le canton de Marcigny Jacques Rebillard, lui-même député de 1997 à 2002, qui a été vice-président du conseil général et du conseil régional - jusqu'à ce qu'il ne se représente pas en 2015.
Membre du conseil général de 1981 à 2011, en tant que représentant du canton de Saint-Léger-sous-Beuvray, Robert Jacquemard a été secrétaire de mairie (en 1963) puis maire d'Etang-sur-Arroux (1 900 habitants) de 1989 à 2014. Ne s'étant pas représenté lors du dernier scrutin municipal, Dominique Commeau (DVG) lui a succédé et a été réélu (sans opposition) en 2020.
Outre Claudette Brunet-Lechenault, le PRG 71 compte deux autres représentants au comité exécutif national du PRG :
- conseillère régionale déléguée à l'université, Francine Chopard a été adjointe (PRG) au maire de Chalon-sur-Saône Christophe Sirugue (PS), jusqu'à la défaite de ce dernier aux municipales de 2014 ; elle a alors rejoint les bancs de l'opposition, de même qu'un certain Benjamin Griveaux, qui était son suivant de liste ; en 2020, elle a été réélue (au conseil municipal mais pas au conseil communautaire) en tant que 3e de la liste socialiste, qui a recueilli 12,48% - contre 52,93% à LR et 13,94% à EELV ;
- Tristan Bathiard était colistier du maire socialiste de Saint-Rémy (6 600 habitants) en 2014, lequel avait évincé avec une certaine inélégance une de ses adjointes (PRG) depuis 2001, vice-présidente sortante du Grand Chalon, Martine Hory - par ailleurs soeur de Jean-François Hory, ancien président du PRG, et qui avait été candidate malheureuse aux sénatoriales en 2004 ; la ville ayant basculé à droite, Tristan Bathiard était devenu conseiller municipal d'opposition et était tête de liste de la gauche le 15 mars ; en duel, il a recueilli 40,03%, donnant 6 sièges à sa liste, lui-même entrant par ailleurs au conseil communautaire.
Ancien président départemental du PRG, ancien conseiller municipal de Gibles, Alain Magnier a échoué à être réélu à Gibles, obtenant 35% en 2014 et 32% en 2020.