Je poursuis la présentation des résultats du PRG aux municipales 2020 en
Ile-de-France, avec les départements 92, 94 et 95. Le 93 étant le département qui présentait le plus grand nombre de candidats PRG, il fera l'objet d'une présentation distincte.
Dans les
Hauts-de-Seine, le président départemental, Hadrien Laurent, également secrétaire général national du PRG et ancien collaborateur de Marielle de Sarnez, figurait à la 8e place de la liste DVG-EELV-PS à Asnières-sur-Seine, éligible en cas de victoire dans une commune perdue de très peu par la gauche en 2014 (49,9 %). Mais la liste où figurait Hadrien Laurent a été nettement battue dès le premier tour (12,86 %) et n'a décroché que 3 sièges.
A Fontenay-aux-roses, un des vice-présidents nationaux du parti, Gilles Mergy, longtemps militant PS et qui a rejoint les radicaux fin 2017, conduisait une liste également soutenue par EELV qui a obtenu 23,67%, contre 42,77% à la liste de droite. L'ancien maire socialiste Pascal Buchet, qui avait pour sa part reçu le soutien du PCF, n'obtient que 17,79 %. La concurrence entre les deux listes de gauche, même en cas d'union au deuxième tour, risque de leur être fatale.
Dans le reste du département, dominé par la droite, le PRG apportait son soutien aux listes PS-EELV, sans nécessairement compter de colistiers, avec peu de chances d'obtenir des élus - sauf peut-être en cas de victoire - difficile mais pas impossible - à Colombes, quoique je n'aie pas réussi dans cette commune à trouver les étiquettes des colistiers de la liste d'union de la gauche menée par EELV et à vérifier si le PRG avait ou pas des candidats en position éligible.
Pour mémoire, le PRG était bien implanté à Clichy avec Mireille Gitton, adjointe au maire socialiste, conseillère régionale, mais qui a ensuite fait le choix de rejoindre Didier Schuller... et l'UDI. A ma connaissance, elle s'est politiquement retirée. Un autre ancien président de fédération départementale, Michel Bottreau, ancien adjoint au maire de Nanterre, a depuis rejoint l'Aveyron où il est resté au MRSL, comme président d'une fédération formée surtout d'anciens PRG.
A noter la possible victoire au deuxième tour du DVG Thierry Besançon à Chaville (36,2%) s'il réussit une alliance avec EELV (19,6 %). Il avait le soutien de l'ancien maire (1995-2008) de cette commune de 20 500 habitants, Jean Levain, alors adhérent au PRG, et aujourd'hui membre des Radicaux de gauche (LRDG).
Dans le
Val-de-Marne, le PRG, longtemps dirigé par Charles Knopfer, avait fait élire près d'une vingtaine de candidats PRG sur des listes d'union de la gauche en 2014. La disparition de Charles Knopfer en avril 2019 a ouvert des appétits entre Maurice Tzinmann, qui se présente comme le nouveau président de la fédération, la sécrétaire générale adjointe du PRG Clémentine-Audrey Simonnet, et Marema Gaye (nom d'usage : Myriam Gaye), adjointe au maire sortante de Villeneuve-Saint-Georges (où était aussi élu Charles Knopfer), le seul bastion PRG du département dont l'ancien ministre, ancien député et ancien président du PRG Roger-Gérard Schwartzenberg a été maire pendant plus de douze ans (1989-1995, 2001 et 2002-2008). Maurice Tzinmann et Myriam Gaye sont tous deux membres du comité exécutif du PRG. Tous les trois ont fait des alliances inhabituelles pour le PRG dans ce département, ce qui va entraîner une forte diminution de son nombre d'élus, à l'issue d'une stratégie électorale illisible qui handicape le PRG pour les prochains scrutins.
Je présente les communes par ordre alphabétique.
A Alfortville, l'adjoint au maire sortant François Vitse est passé à Génération écologie avant les élections européennes de 2019. Il a été réélu sur la liste du socialiste Luc Carvounas (où il figurait à la onzième place).
A Boissy-Saint-Léger, la conseillère municipale sortante Marie-Angèle Yapo, toujours au PRG, figurait à la 18e place (sur 33) de la liste PS-PCF qui a obtenu 33,2% au premier tour (contre 16,5% à la liste de droite arrivée deuxième). Sous réserve des modifications résultant d'une fusion de listes, elle devrait être réélue.
Le PRG soutenait aussi la gauche à Cachan, qui l'a emporté dès le premier tour avec près de 62 %. L'adjoint au maire PRG sortant Hervé Willaime est réélu. En revanche, l'autre conseillère municipale PRG sortante, Yasmine Cajon, figurait cette fois en position non éligible et n'est pas réélue.
A Chevilly-Larue, où la candidate PRG en 2014 n'avait pas été élue, le PRG soutenait la liste LREM menée par un ancien socialiste, sèchement battue dès le premier tour.
Dans la ville communiste de Fontenay-sous-Bois, le PRG avait obtenu deux sièges en 2014 : une adjointe au maire, Marie-José do Rosario, et un conseiller municipale délégué, Yoann Rispal. Les élus du groupe PRG du conseil municipal ont apporté leur soutien à la liste de gauche (et ils l'ont fait savoir sur leur blog du PRG de Fontenay-sous-Bois, qu'ils animent toujours), sur laquelle Marie-José do Rosario ne se représentait pas et où Yoann Rispal, désormais sans étiquette partisane, a été réélu dès le premier tour (57,14% pour la liste menée par le PCF). En face d'eux, la liste de droite UDI-Modem-LR-Agir accueillait en deuxième place la secrétaire générale adjointe du PRG Clémentine Audrey-Simonnet, qui a obtenu 29,97% et 7 sièges. Elle siègera comme conseillère municipales d'opposition. C'est l'une des très rares alliances à droite du PRG à ces municipales, le deuxième cas le plus significatif étant celui de Nice.
A Ivry-sur-Seine, le conseiller municipal délégué PRG Pierre Martinez ne se représentait pas.
A Joinville-le-Pont, un conseiller municipal PRG, Pascal de Cazenove, était entré au conseil (dans le groupe d'opposition) pendant la mandature. Il a depuis rejoint LRDG et figurait à la 13e place de la liste menée par l'ancien socialiste, désormais DVG, Tony Renucci, qui a terminé troisième de la triangulaire (25,36 %). En deuxième place (30,58%), une liste MODEM avait le soutien du PRG. Sauf alliance entre ces listes, la liste LR (44,04 %) est favorite du deuxième tour.
Au Kremlin-Bicêtre, sur les deux élus PRG, l'une (Rose Alessandrini) avait rejoint le nouveau maire (ex-MRC) Jean-Marc Nicolle lorsqu'il s'était allié à son opposition de droite en cours de mandat, et l'autre conseiller municipal PRG (Ludwig Loison) était resté dans le groupe radical de Rose Alessandrini - mais ne se représentait pas. Lors de son premier tour, Jean-Marc Nicolle a le soutien du PRG et de son adjointe Rose Alessandrini (8e de liste) ; il a obtenu 22,52%. Mais l'ancien maire (MRC) Jean-Luc Laurent le talonne (19,28%) et ce sont les autres listes, plutôt marquées à gauche, qui pourraient l'aider à faire la différence - auquel cas le PRG aurait encore joué et perdu, comme à Fontenay-sous-Bois, en renversant ses alliances traditionnelles à gauche.
Au Perreux-sur-Marne, le conseiller municipal d'opposition Patrick Mouge est réélu (toujours dans l'opposition) sur la liste EELV-PS-PRG qui a recueilli 22,19%. Il était troisième de liste.
A Villeneuve-Saint-Georges, le PRG avait obtenu 5 sièges à l'issue des élections de 2014 : Charles Knopfer, décédé ; Myriam Gaye, adjointe au maire ; Sabah Cabello-Sanchez, conseillère municipale déléguée ; Birol Biyik et Imen Guedda, simples conseillers municipaux. Birol Biyik a rejoint EELV et était tête de liste de son parti ; il a obtenu 10,19% le 15 mars. Imen Guedda est, elle, passée au Front de gauche. Sabah Cabello-Sanchez, restée membre du groupe PS-PRG au conseil municipal, ne se représentait pas. Myriam Gaye a choisi de rejoindre - à la quatrième place - la liste (PS diss.) de Guillaume Poiret, éliminée avec seulement 4,81 % des voix, ce qui ne permet pas non plus de fusionner avec une autre liste. Le PRG va donc totalement disparaître du conseil municipal.
Dans la ville communiste de Vitry-sur-Seine, le PRG comptait un adjoint au maire sortant (Maurice Tzinmann) et un autre siège au conseil municipal : Traoré Djeneba, qui ne se représentait pas. Maurice Tzinmann a rejoint (à la troisième place) la liste LREM, qui n'a recueilli que 9,59%. La campagne a été ici émaillée d'incidents entre les différents listes, auxquels le changement d'alliances de Maurice Tzinmann - perçue par les partisans du maire sortant comme une trahison - n'a pas été étranger.
Notons enfin que le PRG soutenait les listes PS Ã Villejuif et Villiers-sur-Marne.
Moins d'un an après la disparition de Charles Knopfer, ses héritiers putatifs ont largement dilapidé l'héritage, en s'alliant à un socialiste dissident (Myriam Gaye), à LREM ou au Modem (à Chevilly-Larue, Joinville-le-Pont et Vitry-sur-Seine), voire à la droite (Fontenay-sous-Bois).
Dans le
Val-d'Oise, le président de la fédération départementale PRG lors de la fusion des radicaux, Pascal-Eric Lalmy, qui dirigeait l'opposition à Osny en tant que conseiller municipal (3e avec 20,65% en 2014), s'est retiré de la vie politique. Il avait fait venir au PRG plusieurs élus qui n'y sont pas restés :
- l'ancien adjoint au maire LR de Pontoise Pascal Bourdou, qui avait mené une liste DVD ayant recueilli 19,08% des voix (3 élus) en 2014 ; Pascal Bourdou, qui a rejoint le PRG en 2016, est resté au MRSL ;
- à Goussainville, 9 élus de la majorité DVG du maire Alain Louis (DVG) avaient adhéré au PRG en 2015, dont le premier adjoint Badr Slassi qui a été un des premiers élus à rejoindre Emmanuel Macron, dès 2016, et est toujours à LREM.
Auparavant, l'ancien maire-adjoint d'Argenteuil, ancien vice-président du conseil général Alain Leikine avait rejoint le PRG, avant d'en démissionner en 2016. Devenu président du conseil économique d'Argenteuil, il ne semble plus actif politiquement.
A Sarcelles, où le PRG a eu naguère un adjoint (élu en 2008) Rosan Hurtus, une candidate PRG figurait à la 4e place de la liste menée par le PS (38,99%, contre 36,75% à la liste DVG de François-Xavier Valentin) : Jocelyne Mayol sera élue en tout état de cause, et peut espérer un poste d'adjoint au maire en cas de victoire.
A Bezons, le responsable local du PRG, Danilson Lopes Dos Santos, était à la 12e place de la liste PS-PRG-EELV (23,48%), qui a accroché la liste du communiste Dominique Lesparre (27,64%). A l'occasion de ce soutien l'opinion publique a pu découvrir que le PRG avait une nouvelle présidente départementale, Bouchra Bougara, basée à Saint-Prix et impliquée dans l'aide aux réfugiés, qui à ma connaissance n'était pas candidate elle-même à ces élections.
Toujours dans le Val-d'Oise, une ancienne responsable du PRG - en froid avec Pascal-Eric Lalmy, également impliqué dans les mouvements laïcs - Laurence Marchand-Taillade est présidente de l'Observatoire départemental de la laïcité. Les menaces de mort qu'elle avait reçues après avoir critiqué les fondamentalistes religieux musulmans, lui avaient apporté une certaine notoriété et elle avait fondé sa propre organisation, Forces Laïques, devenu le Parti Républicain Solidariste (
https://www.parti-republicain-solidariste.fr/) qui, à ma connaissance, n'a pas d'élus.
Mise à jour 14 mai 2020 à 10h40 : ajout de Laurence Marchand-Taillade (ex-PRG) dans le Val-d'Oise.