de Marcy » Ven 8 Mai 2020 22:12
Je termine la Normandie avec les deux départements formant l'ancienne région administrative de Haute-Normandie.
Dans l'Eure, la ville de Louviers (18 600 habitants) est liée au radicalisme, par la personnalité de Pierre Mendès France (qui y a été maire de 1953 à 1958), mais aussi celle de Franck Martin, premier magistrat de la ville entre 1995 et 2014, élu sous l'étiquette DVG mais qui avait ensuite rejoint le PRG. Franck Martin a été battu au deuxième tour des municipales de 2014, en obtenant 42,87% contre 45,83% à la liste de droite menée par François-Xavier Priollaud et 11,28% à une liste FN. Franck Martin ayant quitté la région (il habite désormais près de Carcassonne), c'est son ancien directeur de cabinet, Diego Ortega, qui a repris le flambeau radical, sous les couleurs des Radicaux de gauche (LRDG) - et non du PRG - en menant une liste LRDG soutenue par Franck Martin, sur laquelle figuraient notamment Olivier Taconet, responsable départemental de LRDG (15e), et, à la symbolique dernière place, Patrice Yung, ancien président de la communauté d'agglomération de Seine-Eure. La liste de Diego Ortega a obtenu 14,05%, décrochant 2 postes au conseil municipal (le deuxième siège est revenu à Magali Collard) et au conseil communautaire, et a été devancée par la liste EELV-LFI-PCF (19,23%), le maire - désormais Modem - étant réélu dès le premie tour (52,19%).
A Evreux (49 400 habitants), le maire de 2008 à 2014, Michel Champredon, avait rejoint le PRG en 2011, avant d'être nettement battu au scrutin de 2014 (36,17% au 2e tour, contre 51,74% à l'UMP et 12,08% au FN). Devenu consultant pour les Nations unies, il a démissionné récemment du conseil municipal où il ne participait plus guère aux séances et ne semble pas avoir pas pris part à une campagne municipale marquée par la défection d'une partie de ses colistiers de 2014, ainsi que de la veuve de l'ancien maire communiste, en faveur du maire LR Guy Lefrand. MIchel Champredon ne semble pas avoir eu d'engagement politique auprès du MRSL, du PRG reconstitué ni encore de LRDG. C'est pourtant LRDG qui a apporté un soutien "radical de gauche" à la liste PS-PCF-EELV, largement distancée dès le premier tour (23,18% contre 42,11%) ; sa responsable locale, Françoise Martin, figurait en 10e place sur la liste de gauche et ne devrait pas être élue.
Pour sa part, le député LREM de la 4e circonscription de l'Eure Bruno Questel a été membre du PRG il y a longtemps : avant 2004. Il est également membre du MRSL depuis 2018.
C'est aussi LRDG qui occupe l'espace des radicaux de gauche (nonobstant les départs vers LREM et/ou le MRSL), et non le PRG, dans la Seine-Maritime. Je propose de faire un inventaire par ordre alphabétique des noms de commune.
A Barentin (11 800 habitants), le maire sortant est historiquement membre du PRG. Michel Bentot semble en fait être resté au MRSL. Quoi qu'il en soit, ayant été élu depuis 1989, il avait choisi de ne pas se représenter, et il était envisagé que son premier adjoint, Daniel Lesueur, également issu du PRG, lui succède. Ce dernier (toujours au MRSL ?) a dû toutefois se retirer pour des raisons de santé, et c'est finalement le député et conseiller départemental socialiste Christophe Bouillon, qui a remporté la mairie, sa liste étant seule en lice.
A Bihorel, la gauche n'a pas réussi à faire basculer cette commune UDI. Les deux colistiers LRDG de Baptiste Boulland (Gilles Scherrer, 7e, et Marie-Hélène Corruble, 12e), n'entrent pas au conseil municipal (43,37% et 6 élus pour la liste de gauche).
A Déville-lès-Rouen, le socialiste Vincent Duchaussoy se prévalait du soutien du "Parti radical de gauche". Il semble bien s'agir du PRG et non de LRDG, sans que ce soutien ne signifie nécessairement la présence d'un membre du PRG sur sa liste. Vincent Duchaussoy a été battu (48,28%) par le maire sortant (DVG proche de LREM) Dominique Gambier.
A Elbeuf, l'adjoint au maire PS (Djoudé Merabet) élu sous l'étiquette PRG en 2014, Bernard Girard, est resté au MRSL. Le MRSL a apporté son soutien à Djoudé Merbat, nettement réélu (65,92% et 28 sièges), Bernard Girard étant lui aussi réélu (il était 7e de liste).
Dans la petite ville d'Etretat (1 300 habitants) où les batailles politiques sont féroces mais tournent toujours à l'avantage de listes "sans étiquette" ou de droite, la députée LREM de la 9e circonscription (Fécamp), Stéphanie Kerbarh, qui avait adhéré au PRG en 2015, a tenté sa chance à la quatrième place sur la liste de Laurent Hondo, deuxième adjoint de la maire sortante, qui ne se représentait pas. Il a toutefois été devancé d'une courte tête par une autre liste qui se revendiquait exclusivement d'habitants d'Etretat - ce qui visait notamment Stéphanie Kerbarh, qui habite près de Gondreville.
A Fécamp, un ancien président départemental du PRG (d'avant la fusion avec les "valoisiens"), Emmanuel Patry, était candidat DVG ("société civile") à Fécamp, sur la cinquième place de la liste de gauche, en ballotage difficile (44,01%) pour reprendre cette mairie à la droite (49,57%). LRDG apportait son soutien à la liste de gauche.
Au Grand-Quévilly, LRDG a apporté son soutien à la liste de gauche, réélue dès le premier tour (79,76%) face à une seule liste d'opposition (RN).
Au Havre, le cercle local LRDG comprend notamment l'ancien député et ancien maire de Lillebonne (alors élu sous les couleurs socialistes) Paul Dhaille, qui avait rejoint le PRG en 2001. LRDG a soutenu la liste EELV-PS, qui a terminé troisième avec 8,28%, après la liste menée par le député communiste Jean-Paul Lecoq (35,87%) et celle d'Edouard Philippe (43,59%). Henriette Fernez était quatrième sur la liste menée par l'écologiste Alexis Decq, dont Paul Dhaille occupait la dernière place. Henriette Fernez pourrait entrer au conseil municipal, voire devenir adjointe en cas de victoire : tout dépend des négociations, mal engagées, avec la liste de Jean-Paul Lecoq. A noter qu'un autre ancien du PRG, devenu "en marche" et vice-président du MRSL, Antoine Siffert, a renoncé à conduire une liste au Havre. Aux législatives, il avait obtenu 17,41% au premier tour (et le PS 7,14%) et 38,08% au deuxième tour face à Agnès Firmin - Le Bodo (LR), alors que LREM n'avait pas présenté ici de candidat.
La vllle de Montivilliers (15 600 habitants) a basculé à gauche, avec Jérôme Dubost (62,71%, en duel). Catherine Omont (LRDG), qui était 24e de liste, a été élue au conseil municipal.
A Rouen, LRDG avait apporté son soutien à la liste de Jean-Michel Bérégovoy (EELV-PC), qui a terminé derrière (23,15%) la liste du socialiste Nicolas Mayer-Rossignol (29,51%), lequel avait reçu pour sa part le soutien du PRG national. Pascal Watrin figurait à la 41e place sur la liste Bérégovoy, et ne devrait donc pas entrer au conseil municipal, sauf victoire surprise de la liste.
Le président de la fédération LRDG, Mickaël Baron, a été réélu conseiller municipal à Sandouville (800 habitants).
Au final, le PRG semble avoir entièrement disparu en Haute-Normandie, tandis que la fédération LRDG de Seine-Maritime doit représenter, selon mes calculs, entre un cinquième et un tiers des effectifs nationaux de ce mouvement, et avec au moins trois élus attendus à l'issue des municipales une proportion sans doute encore plus importante des élus de LRDG. Le retour de tout ou partie de ses membres au PRG est probablement envisagé par la direction nationale du PRG (même si des aspects financiers sont à régler), alors que LRDG a été affaibli par l'échec le 15 mars de ses deux co-présidents, Virginie Rozière à Montpellier et Stéphane Saint-André à Béthune, hypothéquant ainsi son avenir (la perte de son mandat européen par Virginie Rozière ayant par ailleurs privé LRDG d'environ les deux tiers de ses ressources budgétaires annuelles).
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Marcy le Lun 18 Mai 2020 13:59, édité 2 fois.