de jean24 » Lun 7 Nov 2016 21:49
Est venu le temps des pronostics. Autant pour le Brexit c'était à la fois un pronostic et un souhait, autant là ce ne sera qu'un pronostic puisque j'étais pour Sanders. Avec un ami, on a imaginé une situation pro-Trump qui imagine un effet Bradley; ce qui en soit ne m'étonnerait pas même si il n’y a que peu de chances que ça arrive.
Tout d’abord, Clinton va gagner l'Etat de Washington, le New-Jersey, le Maryland, le Massachusetts New-York et la Californie (qui lui fourniront près de 131 délégués) avec des marges allant d'une douzaine de points à une trentaine. Les Etats ou Trump fait de tels scores, sont plus modestes (le plus gros sera le Texas, composé de 38 grands électeurs, les autres en ont entre 5 et 10 environ). Première remarque : soit les sondages se trompent complètement au niveau national soit c'est au niveau des Etats. Puisque Clinton ne peut pas gagner avec de tels marges dans ces Etats, avoir si peu de marges au niveau national et en plus gagner suffisamment de swings-states pour remporter l’élection. Dans ce modèle, Trump peut se moquer de perdre en voix au niveau national, il suffit qu’il gagne les bons Etats.
Les sondages sont un panel d'électeurs que l'on a bien choisis, ils doivent notamment être fiable et ne rien cacher. Sur la taille des USA, ça ne coûte pas très cher d'en prendre 2000. Mais pour chaque Etat ça coûte cher et c'est moins fiable. Il faut que chaque institut au niveau de chaque Etat, prenne 1000-1500 personnes et qu’il soit sur de leurres représentativités. C'est notamment une des explications pour les différences parfois constatées entre les sondages au niveau national et ceux au niveau local pour certaines élections en Europe, les panels ont mal été faits au niveau local.
De plus, les centres d'appels pour sondages, ne sont pas un endroit très réputés et quand un travail non physique est dévalorisé, ce sont souvent des femmes ou des personnes issus de l'immigration qui font ces travaux (avant d'être accusé de racisme ou de sexisme, je tiens à préciser que ces propos se fondent sur des analyses sociologiques, Alexis Spire en parle un peu dans son livre "accueillir ou reconduire : enquêtes sur les guichets de l'immigration", et il y'a quelques articles disponibles, de plus j’ai déjà eu le cas de le vérifier dans un grand institut européen), donc si vous êtes un électeur de Trump vous n'allez pas avouer à des personnes issues de ces catégories sociales que vous allez voter pour ce candidat machiste et anti-mexicain !
Certains très habiles et un poil tatillon vont me répliquer : et les sondages par mail ? Ce à quoi, je répondrai que l'électorat de Trump est plus âgé, donc moins disponible sur internet. Et puis on n'ose pas toujours tout avoué en ligne, surtout dans un pays ou les théories du complot sont légions et où c'est de notoriété publique que la NSA surveillait tout le monde.
Je vois donc pour l'oncle Donald :
- Comme sûr, sauf si vague bleue : l’Arizona, la Géorgie, l'Ohio, l'Iowa.
- Comme tangent, léger avantage Trump (dans tous les cas je vois mal un de ces trois Etats ne pas tomber dans les mains de Trump) : le New-Hampshire, la Floride, la Carolie du Nord.
- Comme perdu : le Nevada.
- Comme possible : le Michigan, la Pennsylvanie, (voir même le Colorado ou le Nouveau-Mexique mais là vraiment j'ai du mal à y croire).
A noter aussi, Rocky de La Fuente, est à la fois un ex-démocrate et un candidat à cette élection. Il est plus proche de Sanders que de Clinton, donc théoriquement il peut prendre à cette dernière des voix. Il a aussi dépensé près de 7 millions de dollars dans cette campagne (plus que Jill Stein) et se présente dans moins d'Etats (ce qui concentre les moyens), ça plus son nom hispanique, ça peut aider Trump en prenant des voix à Clinton. Il n’a été que très peu testé dans les sondages. Il se présente dans des Etats clés : Floride, New-Hampshire, Nevada Colorado, Nouveau-Mexique.
Gary Jhonson a aussi selon moi une bizarrerie : il rassemble beaucoup de jeunes. Mais il rassemblerait autant de blancs, de noirs et d’hispaniques. Pourtant, il y’a plus de jeunes issus des minorités que de jeunes blancs.
Bon voilà des raisonnements avec beaucoup de « si » et pro-Trump, on verra bien mercredi ce qu’il en est. Je tiens à repréciser, j’étais pro-Sanders et non pro-Trump, je me suis juste amusé à faire un raisonnement que je n’avais que peu vu sur internet, mais néanmoins possible si il a le cul bordé de nouilles. C’est un pari que je prends, car ce soit Trump ou Clinton je m’en fous et surtout : j’aime les risques !