CARL a écrit:Républicain67 a écrit:Je pensais au début qu'il s'agissait d'une mauvaise blague, mais Alsace d'abord, parti régionaliste alsacienne d'extrême droite identitaire (qui n'a rien à voir avec les autonomistes centristes et plutôt écolos d'Unser Land) soutient la candidature d'Eric Zemmour. M'intéressant à la vie politique alsacienne (je suis de Strasbourg), je voulais regarder si Alsace d'abord, souvent donné comme mort (quasiment plus de vie militante et de très rares candidatures aux élections depuis le milieu des années 2015 et l'émergence d'Unser Land sur la scène politique régionale). Non ADA soutient bien le Z. Certes, ils font partie de la mouvance identitaire et sont anti-immigration et anti-islam, mais il s'agit tout de même d'un parti régionaliste, qui appui donc un candidat plutôt jacobin tel que Zemmour.
http://www.alsacedabord.org/soutien-a-zemmour/
Connaissez-vous d'autres soutiens de ce type à la candidature d'Eric Zemmour? Venant de l'extrême droite régionaliste. Quelles est d'ailleurs la position du Z concernant la décentralisation et le découpage administratif et régional?
Oui, en Corse le Z. a reçu le soutien de Corsica Fiera (Forza Nova), parti qui rassemble d'anciens du FN-RN et des militants nationalistes identitaire de droite. Aux territoriales de juin, leur liste n'a obtenu que 0,6 % malgré une active campagne de terrain. Les militants s'investissent actuellement dans la recherche de signatures pour le Z. Celle du maire de Pruno lui est déjà acquise.
Corondar a écrit: Je pense que tous ces ralliements matérialisent que le duel Zemmou/Le Pen n'est pas juste une petite course de chevaux pour savoir qui serait le mieux placé pour battre Macron, ou même arriver au second tour, ou même représenter la meilleure opposition au "système". Il y a je pense derrière tout ça un véritable affrontement idéologique : à mon sens l'extrême droite française est réellement en train de se scinder en deux courants aux tendances bien définies.
Jusque dans les années 2000, le FN de Jean-Marie Le Pen était un mouvement d'extrême droite classique. Hostile à l'immigration et à l'islam, n'hésitant pas draguer l'électorat le plus ouvertement raciste (les clins d’œil vers des symboles fascisants étaient légions à l'époque, on se souvient tous des dérapages du père Le Pen), mais pour le reste sur ligne économique très libérale (moins d'impôts, moins de social, moins de fonctionnaires sauf pour les fonctions régaliennes de l'état...).
Quant le père a transmis le parti en héritage à sa fille, je crains pour lui qu'il n'avait pas anticipé la direction que Marine Le Pen allait faire prendre au parti. Cette dernière a conservé l'option droite de la droite sur l'immigration et la sécurité, mais elle a orienté la plate-forme économique et sociale du parti vers une option nettement plus interventionniste et populaire. On s'est retrouvé avec un parti d'extrême droite qui rassemblait deux électorats principaux très différents : un électorat de droite insatisfait par la droite de gouvernement qu'il juge trop molle (c'est l'électeur frontiste du sud de la France) et un électeur plus populaire attiré par le virage interventionniste pris par Marine Le Pen (c'est l'électeur frontiste du nord de la France).
Marine Le Pen a réussi à maintenir l'attelage ainsi constitué sur deux éléments : dans le parti lepéniste on ne conteste jamais le chef qui a toujours raison (et quand on le fait, on est viré manu militari) et sur une progression électorale réelle.
Mais il y a eu 2017 et ses suites. Lors de son débat complètement raté de 2017, l'infaillibilité du chef en a pris un sacré coup. Surtout, derrière, Marine Le Pen a de nouveau tenté une nouvelle progression électorale en mettant de l'eau dans son vin concernant la plate-forme anti europe et anti euro du programme (ces éléments étant jugés comme ceux qui empêchaient encore le RN de progresser encore plus parmi les retraités et l'électorat de droite). Et là je pense que Marine Le Pen a sous-estimé les divisions internes que ce nouvel agiornamento (après celui sur l'économique et le social, c'était au tour de la position du parti sur l'Europe) allait entraîner pour la mouvance d'extrême droite, le tout sur fond de questionnement de son leadership après la débâcle du débat face à Macron.
Zemmour a lui je pense bien analysé ces divisions idéologiques et il s'est engouffré dans la brèche : il propose à des gens tentés de revenir à un FN époque Jean-Marie. Je pense que les ralliements auxquels on assiste vers Zemmour se font aussi sur des choix idéologiques et programmatiques.
Enfin, il y a sans doute un part de tactique, certains visent le coup d'après. Beaucoup anticipent sans doute que Marine Le Pen va subir pour la troisième fois consécutive un échec à la présidentielle. Mais à quoi va ressembler cet échec ? Passera t elle le premier tour ? Si oui, quel sera son score de second tour ? Fera t elle mieux ou moins bien qu'il y a 5 ans ?
Et là , la course de petits chevaux tactiques joue nettement plus. Les tenants d'un retour vers un FN époque Jean-Marie veulent que la recomposition de l'extrême droite se fasse sur leur ligne (l'union des droites pour faire vite) plutôt que sur une ligne mariniste (qui vise un courant plus transpartisan, piochant aussi bien à droite qu'à gauche). Pour se faire, plus Marine Le Pen se plante sur cette présidentielle, plus cette recomposition qu'ils espèrent pourra se faire avec eux en position de force.
Tout comme il y a une droite libérale et une droite conservatrice, je pense qu'on a désormais une extrême droite orthodoxe (ligne Jean-Marie récupérée par le Z) et une extrême droite plus transpartisane (ligne Marine).
Et en effet, au milieu de tout ça, il n'est pas impossible que Marion Maréchal se tienne en embuscade pour jouer le coup d'après ?
Je ne sais pas sur quoi va déboucher cette élection, mais en cas de réélection de Macron, je pense qu'on assistera derrière à de profonds réalignements idéologiques et électoralistes dans tous les courants politiques : gauche, centre, droite et extrême droite.
Républicain67 a écrit:CARL a écrit:Républicain67 a écrit:Je pensais au début qu'il s'agissait d'une mauvaise blague, mais Alsace d'abord, parti régionaliste alsacienne d'extrême droite identitaire (qui n'a rien à voir avec les autonomistes centristes et plutôt écolos d'Unser Land) soutient la candidature d'Eric Zemmour. M'intéressant à la vie politique alsacienne (je suis de Strasbourg), je voulais regarder si Alsace d'abord, souvent donné comme mort (quasiment plus de vie militante et de très rares candidatures aux élections depuis le milieu des années 2015 et l'émergence d'Unser Land sur la scène politique régionale). Non ADA soutient bien le Z. Certes, ils font partie de la mouvance identitaire et sont anti-immigration et anti-islam, mais il s'agit tout de même d'un parti régionaliste, qui appui donc un candidat plutôt jacobin tel que Zemmour.
http://www.alsacedabord.org/soutien-a-zemmour/
Connaissez-vous d'autres soutiens de ce type à la candidature d'Eric Zemmour? Venant de l'extrême droite régionaliste. Quelles est d'ailleurs la position du Z concernant la décentralisation et le découpage administratif et régional?
Oui, en Corse le Z. a reçu le soutien de Corsica Fiera (Forza Nova), parti qui rassemble d'anciens du FN-RN et des militants nationalistes identitaire de droite. Aux territoriales de juin, leur liste n'a obtenu que 0,6 % malgré une active campagne de terrain. Les militants s'investissent actuellement dans la recherche de signatures pour le Z. Celle du maire de Pruno lui est déjà acquise.
S'agit-il d'un parti autonomiste, nationaliste corse ou nationaliste français? Alsace d'abord est une scission du FN (crée par l'ancien député FN de 1986 Robert Spieler, qui a quitté ADA vers 2009-2010 pour créer la Nouvelle Droite populaire), certes régionaliste (pour la Collectivité unique, pour le droit local et le Concordat, plus de pouvoir pour l'Alsace, mais pas autonomiste, contrairement à Unser Land. ADA a toujours dans sa charte rappelé son attachement à la fois à l'Alsace et à la France, contrairement à UL (qui n'est pourtant pas séparatiste).
CARL a écrit:Prochains ralliements attendus (ce week-end) à la candidature d'Eric Zemmour : Gilbert Collard (député européen RN) et Gilles Platré (maire LR de Chalon-sur-Saône), en attendant celui du CNIP le week-end prochain.

Eco92 a écrit:Il indique le faire sans haine vis à vis de MLP ni du RN mais aller vers ses idées et le courage, prédisant que MLP finira par rejoindre Zemmour (j'en doute).
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