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L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Alambic » Lun 30 Nov 2020 10:35

Corondar a écrit:Parce que je vous ai épargné beaucoup d'autres éléments sondés. A la limite j'aurais pu intégrer la religion ? Le seul élément notable de ce côté là c'est que cette année Biden parvient à être majoritaire (de peu) chez les catholiques, là où Clinton n'y arrivait pas. En 2016, Trump était à +4 chez les catholiques, en 2020 Biden est devant à +5 (on a donc un switch à D+9 dans cette catégorie là). Switch, qui a lui seul a pu avoir un gros impact sur le résultat en Pennsylvanie (où les catholiques sont très nombreux). Pour le reste, les protestants et les évangélistes penchent toujours massivement côté républicains.

Comme Trump progresse en moyenne chez les latinos qui représentent une fraction importante des catholiques américains (un peu en dessous de 50% j'imagine), ça veut dire que le mouvement chez les catholiques blancs en faveur de Biden doit être assez massif. Cela doit contribuer à l'évolution des états de Nouvelle-Angleterre entre 2016 et 2020 qui ont beaucoup plus fortement progressé en faveur de Biden que les autres Etats - ce que je ne m'expliquais pas jusqu'à présent. Si on excepte le Vermont et le Delaware qui sont des cas particuliers (états de Sanders et Biden), on a le New Hampshire à +7%, le Connecticut à +6.4%, le Massachusetts à +6.3%, le Maine à +6.1% et Rhode Island à +5.3%.

Par ailleurs, je remarque que Trump progresse auprès des protestants par rapport à 2016 de manière assez importante également (de +17 à +21). Cela doit contribuer aux performances (relatives) de Trump dans les états du Deep South où, à l'exception de la Géorgie, il y a beaucoup d'états où l'évolution de la marge Biden/Trump est plutôt assez médiocre pour Biden comparé à la moyenne nationale.
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Lun 30 Nov 2020 13:45

Alambic a écrit:
Corondar a écrit:Parce que je vous ai épargné beaucoup d'autres éléments sondés. A la limite j'aurais pu intégrer la religion ? Le seul élément notable de ce côté là c'est que cette année Biden parvient à être majoritaire (de peu) chez les catholiques, là où Clinton n'y arrivait pas. En 2016, Trump était à +4 chez les catholiques, en 2020 Biden est devant à +5 (on a donc un switch à D+9 dans cette catégorie là). Switch, qui a lui seul a pu avoir un gros impact sur le résultat en Pennsylvanie (où les catholiques sont très nombreux). Pour le reste, les protestants et les évangélistes penchent toujours massivement côté républicains.

Comme Trump progresse en moyenne chez les latinos qui représentent une fraction importante des catholiques américains (un peu en dessous de 50% j'imagine), ça veut dire que le mouvement chez les catholiques blancs en faveur de Biden doit être assez massif. Cela doit contribuer à l'évolution des états de Nouvelle-Angleterre entre 2016 et 2020 qui ont beaucoup plus fortement progressé en faveur de Biden que les autres Etats - ce que je ne m'expliquais pas jusqu'à présent. Si on excepte le Vermont et le Delaware qui sont des cas particuliers (états de Sanders et Biden), on a le New Hampshire à +7%, le Connecticut à +6.4%, le Massachusetts à +6.3%, le Maine à +6.1% et Rhode Island à +5.3%.

Par ailleurs, je remarque que Trump progresse auprès des protestants par rapport à 2016 de manière assez importante également (de +17 à +21). Cela doit contribuer aux performances (relatives) de Trump dans les états du Deep South où, à l'exception de la Géorgie, il y a beaucoup d'états où l'évolution de la marge Biden/Trump est plutôt assez médiocre pour Biden comparé à la moyenne nationale.


Attention : ce n'est pas parce que Trump progresse chez les Latinos, qu'il y est en tête. Loin de là même.
Y compris en Floride (qui est l'état où Trump a le plus progressé chez les Latinos), Biden reste en tête chez eux (53% contre 46%). Au niveau national, le score de Trump en 2020 chez les Latinos (32% des voix) le place entre Romney 2012 (29%) et McCain 2008 (35%). Le score de 28% de Trump en 2016 chez les Latinos représentait un point bas historique pour un candidat républicain auprès de ces électeurs là. Mais même avec ses 32% de cette année, Trump reste très loin du record obtenu par W.Bush auprès des Latinos en 2004 (44%).
Concernant les catholiques Blancs, on a la réponse aussi dans les exit polls : Trump a obtenu 56% des voix des catholiques Blancs, contre 44% pour Biden. Par contre, en 2016, on n'a pas ce détail dans l'exit poll (impossible de savoir quelle proportion Clinton obtenait). Mais, oui, on peut supposer que Biden a aussi progressé au sein des catholiques Blancs par rapport à elle, puisqu'il est en tête au global chez les catholiques, alors qu'il fait moins bien qu'elle chez les Latinos.
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Eco92 » Lun 30 Nov 2020 19:00

Pendant ce temps, alors que Trump demande par tweet au gouverneur Kemp (Georgie, républicain parfaitement conservateur et ayant toujours cherché à limiter le vote des minorités etc.) d'annuler les résultats de l'élection (alors qu'un recompte machine, de droit, est encore en cours). Cela donne cette scène surréaliste où le gouverneur communique pour expliquer que la loi prohibe l'interférence du gouverneur dans les élections.

https://www.fox5atlanta.com/news/kemp-tells-trump-law-prohibits-him-from-interfering-in-georgias-elections
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Lun 30 Nov 2020 21:03

Eco92 a écrit:Pendant ce temps, alors que Trump demande par tweet au gouverneur Kemp (Georgie, républicain parfaitement conservateur et ayant toujours cherché à limiter le vote des minorités etc.) d'annuler les résultats de l'élection (alors qu'un recompte machine, de droit, est encore en cours). Cela donne cette scène surréaliste où le gouverneur communique pour expliquer que la loi prohibe l'interférence du gouverneur dans les élections.

https://www.fox5atlanta.com/news/kemp-tells-trump-law-prohibits-him-from-interfering-in-georgias-elections


Le but officiel et affiché de la campagne Trump est désormais d'essayer d'annuler purement et simplement tous les votes de plusieurs swing states (on parle bien de nier l'existence de dizaines de millions de votes), avec l'espoir que la désignation des grands électeurs finisse dans les états en question entre les mains des assemblées locales (aux mains des républicains dans la plupart des cas).
Outre le déni pure et simple de la démocratie que cela représenterait, le plus pathétique est qu'en plus un tel mouvement serait lui aussi voué à l'échec : dans tous les états en question, la loi stipule noir sur blanc que c'est le vote populaire qui est seul habilité à désigner les grands électeurs. Pour qu'éventuellement une telle manœuvre marche il faudrait changer la loi dans tous ces états (et il aurait certainement fallu le faire avant l'élection plutôt qu'après :) ). Et encore, cela ignore complètement le fait que la certification des grands électeurs relève in fine du sceau des autorités de l'exécutif des états (soit le gouverneur, soit le secrétaire d'état, ça dépend des états). Bref, même si tout cela avait la moindre chance d'aboutir (ce qui n'est absolument pas le cas, sauf à imaginer des tentatives illégales de la part des assemblées locales, ce qui n'arrivera pas), dans tous les swing states où on a des gouverneurs ou des secrétaires d'état démocrates, cela échouerait quand même. Cela concerne au minimum la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan (dans le Nevada c'est encore pire : les démocrates y ont le trifecta, ils sont aussi majoritaires dans les assemblées). Mais tout cela est de toute façon théorique : les leaders des majorités républicaines dans les assemblées locales de Pennsylvanie et du Michigan ont déjà annoncé qu'il était hors de question qu'ils jouent à ce jeu là.
En Géorgie il semble très clair que ni le gouverneur ni le secrétaire d'état, tout républicains qu'ils soient, n'aient pas plus envie d'y jouer. Et le pire est à venir pour Trump : aujourd'hui l'Arizona certifie ses résultats. Cette certification officielle se fera en présence du gouverneur (républicain) de l'état, de la secrétaire d'état (démocrate), de l'attorney general (républicain) de l'état, et du chef de la cour suprême locale (conservateur). Tout ce petit monde a tenu à ce décorum pour envoyer un message très clair à Trump : les autorités politiques et judiciaires (démocrates ou républicaines) de l'état sont toutes sur la même ligne pour certifier que les 11 grands électeurs de l'état ont été démocratiquement gagnés par Joe Biden.
https://kjzz.org/content/1639350/arizon ... lts-monday
https://edition.cnn.com/2020/11/30/poli ... index.html
Personnellement je commence sérieusement à m'interroger. Au départ je pensais que tout cela n'était qu'un vaste théâtre politique initié par Trump histoire de vendre à sa base les fraudes et la victoire volée, mais que lui n'y croyait pas réellement. Vu l'insistance de Trump et le niveau assez pathétique (et anti-démocratique, j'insiste) des méthodes employées pour essayer de faire annuler les résultats, j'en viens quand même à me demander si Trump n'aurait pas fini par y croire lui même ? Son déni personnel sur sa défaite serait peut-être plus réel que je ne le pense...?
Mais ce qui est surtout vertigineux, c'est le travail de sape que tout cela est en train d"opérer sur les institutions américaines, et le précédent terrible que Trump est en train d'insérer dans l'esprit de nombreux électeurs.
https://www.politico.com/news/magazine/ ... not-440595
Soyons honnête : toutes les tentatives de Trump sont vouées à l'échec avant tout parce que sa défaite reste tout de même nette. Mais si réellement tout s'était joué à quelques centaines de voix dans 2 ou 3 états, le système serait actuellement en plein chaos, et Trump est en train d'établir le petit livre du "Comment faire pencher une élection en sa faveur dans certains cas avec des manœuvres politico-juridiques diverses" pour un futur potentiel candidat qui se retrouverait dans cette situation...

En attendant, continuons à analyser les résultats de cette élection.
Outre que Biden devient le candidat ayant reçu le plus de voix dans l'histoire électorale américaine, il est en train d'établir un autre record : celui du candidat élu ayant gagné le moins de comtés au niveau national.
Bien que tous les résultats ne sont pas définitifs, il semble assez établi que Biden va empocher 509 des 3 143 comtés du pays (16.2% du total). Tout cela confirme ce que l'on savait déjà : les électeurs démocrates étant très urbains, ils sont extrêmement concentrés dans certaines zones. Biden empoche en revanche 91 des 100 comtés les plus peuplés du pays, et les 509 comtés qu'il empoche représentent à eux seuls 70% de l'activité économique du pays.
Avec ces 509 comtés, Biden bat le record précédent du candidat élu avec le moins de comtés détenu par Obama (en 2012, il avait été réélu en emportant 689 comtés). Biden améliore tout de même le score de Clinton (mais ayant été battue elle n'entre pas dans cette catégorie) : cette dernière n'était en tête que dans 472 comtés. Notons que Biden est tout de même en tête dans 223 districts à la Chambre (sur 435).
https://www.news.com.au/world/north-ame ... b843cde571

Cette situation pose tout un tas de problèmes politiques aux deux partis en réalité :
1) les démocrates connaissent une trop grande concentration de leurs électeurs dans des endroits localisés, ce qui entraîne pour eux un gros gâchis électoral dans un système où le winner takes all ne donne pas de plus valu à une victoire avec 75% des voix plutôt que par 51%. Et cela crée aussi un problème au niveau des districts de la Chambre (qui vient s'ajouter à celui du gerrymandering), mais aussi du Sénat. Bref, les démocrates semblent condamnés à être une majorité qui se voit opposer des barrières institutionnelles et constitutionnelles énormes.
2) mais pour les républicains aussi cela représente un problème de long terme. Ils semblent condamnés à devenir de plus en plus minoritaires. Si cela peut ne pas être totalement rédhibitoire dans un système constitutionnel qui garantit énormément de garde-fous institutionnels protégeant la minorité de la majorité, il devient de plus en plus évident que cela leur pose un réel problème de légitimité politique. Surtout, si réellement la guerre civile politique se poursuit avec un renforcement très net du système fédéral (avec des états faisant leur popote de plus en plus dans leur coin, indépendamment du gouvernement central), le risque de voir l'Amérique des villes et des banlieues (celle qui fait tourner la machine économique) se détourner de plus en plus de leur agenda politique et culturel est réel.

Et j'en viens donc à l'analyse interne des deux partis. A mon sens, les deux partis sont actuellement dans une situation très délicate :
1) du côté des démocrates, c'est assez classique.
Ils sont tiraillés entre une aile libérale (minoritaire mais très active et visible) et une aile plus modérée (majoritaire mais plus "silencieuse"). Ceci dit, en 20 ans, le parti s'est massivement décalé vers la gauche, aussi bien sur les questions sociétales qu'économiques.
Pour ce parti, le défi est de faire cohabiter ces 2 ailes, tout en combattant les caricatures du parti républicain. Pour la cohabitation des deux ailes, l'avenir nous dira ce qu'il en sera. Là aussi, il semble assez clair que seule une culture du compromis pourrait permettre cette cohabitation.
Combattre les caricatures républicaines pour reprendre pied dans l'Amérique rouge, honnêtement cela me parait extrêmement compliqué : on a désormais deux Amériques qui ne sont même plus d'accord sur les "informations" et les "faits". Comment s'adresser et reconquérir des gens qui croient réellement au Pizzagate et à QAnon ?
Comment convaincre que le parti démocrate ne souhaite pas supprimer la police ni ouvrir les frontières auprès de gens qui regardent et lisent uniquement des sources "d'informations" disant le contraire ?
Comment convaincre les cols bleus qu'on peut à la fois mener une politique économique et sociale leur étant favorable tout en luttant contre les discriminations des minorités ?
Trouver des solutions à toutes ces questions ne va pas être simple.
Et reste le problème majeur : comment ne plus être pénalisé par des institutions qui profitent plus aux républicains qu'à eux ? Et là, je crains pour les démocrates qu'apporter une réponse à cette question n'est pas juste difficile, mais bien impossible.
Là aussi, il faudrait que le parti démocrate et le parti républicain réapprennent à collaborer et à faire des compromis. Mais si déjà les partis galèrent à le faire en interne, je les vois mal le faire en externe ?
2) du côté du parti républicain c'est plus incertain en réalité, mais pas plus simple.
Trump a profondément changé le logiciel idéologique du parti. Croire que cela s'est fait sans divisions internes serait sans doute une erreur. Au niveau des élus, tous ne sont pas d'accord avec certains de ces changements. Mais leur base oui.
Les élus républicains semblent moins trumpistes (pour l'heure) que leur base. C'est là un premier souci. Mais ce n'est pas le plus problématique : si Trump a changé le logiciel idéologique, il n'a pas vraiment changé le logiciel programmatique.
Au cours des 4 années de sa présidence, Trump n'a pas réellement enclenché les réformes ou les programmes qu'impliquait réellement son logiciel. C'est très criant sur l'isolationnisme et la lutte contre l'immigration (l'hypocrisie du GOP sur cette question est criante, et tant que cette hypocrisie ne sera pas tranchée, le GOP ne traitera jamais réellement cette question). Même sur la question du protectionnisme économique, c'est assez ambivalent.
De même, le GOP se revendique désormais comme le parti des cols bleus (ce qu'il est en réalité depuis au moins les années Reagan, l'ère Clinton ne fut qu'une parenthèse sur ce point), mais il les attire essentiellement sur une base culturelle et sociétale. Son programme économique reste massivement en faveur du patronat.
Ces contradictions internes sont moins visibles que chez les démocrates car les républicains portent beaucoup plus d'intérêt à leur agenda sociétal qu'à leur agenda économique (c'est pas forcément autant le cas chez les démocrates). Surtout, le GOP est très sensible au culte du chef (beaucoup plus que les démocrates). C'est un parti qui se porte bien lorsqu'il a un chef incontesté qui le cimente (George W.Bush il y a 20 ans, Trump aujourd'hui). Quand il est en manque de leadership clair, ça part vite dans tous les sens.
Et, contrairement à beaucoup, je pense que la défaite de Trump ouvre sur ce volet là une grosse période d'incertitude et de problèmes potentiels pour le GOP. Quelle sera la place de Trump dans le GOP des mois et des années à venir ? Va t il tenter une OPA interne (cela veut dire prendre le contrôle des instances dirigeantes du parti) ou opter pour un contrôle externe ?
Comment va se positionner le clan Trump ? Les enfants (et les gendres et belles-filles) du chef vont-ils aussi tenter de se lancer ? Comment vont réagir tous les élus républicains qui se rêvent un destin présidentiel ?
On le voit déjà, certains républicains voudraient faire du trumpisme sans Trump. D'autres voudraient revenir vers un GOP plus "reaganien". Le gros souci du GOP également c'est que leur base semble trumpiste avant tout. Cette base trumpiste serait-elle conservée si Trump devait s'effacer de l'équation ?
Et même idéologiquement, on va voir resurgir très rapidement les faucons anti-déficit du GOP (qui rongent leur frein depuis des années maintenant).
Bref, si c'est pour le moment plus feutré, il me semble que le GOP aussi a beaucoup de questions internes à trancher dans les années à venir.

Personnellement, vu les blocages du système US, son inertie ultra partisane, je pense que le pays est sans doute condamné à évoluer vers une version ultra fédéralisée, où les états bleus mèneront des politiques libérales (au sens américain du terme : à gauche), et les états rouges mèneront des politiques conservatrices. Et où l'état fédéral sera de plus en plus réduit à gérer le régalien.
La semaine prochaine, j'attaquerai l'analyse des résultats par état et au niveau du vote populaire (on sera sur du quasi définitif).
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Nico78 » Mer 2 Déc 2020 12:08

@Corondar
Est-il envisageable que Trump, dans son incapacité pathologique à accepter la défaite, se projette déjà pour 2024, et confronté peut-être à l'hostilité du GOP dans cette perspective, créé son propre parti dès 2021, entièrement acquis à sa cause et à sa campagne? Il a les moyens financiers de le faire, une base électorale soudée et même la possibilité d'attirer des élus républicains vers lui. On parle de la création d'une chaîne de télé totalement proTrump par exemple.
Car on constate tous que la seule chose qui l'intéresse vraiment, c'est la campagne, c'est gagner, ce n'est pas gouverner.
Ce serait sans doute assez dramatique pour le GOP (cf la campagne de Perot qui avait coûté cher aux Républicains). Et dans ce cas, quel recours pour le GOP, quel candidat tiendrait la route en face de cette bête politique et en face d'une candidature démocrate (Harris ou autre) dont les électeurs seraient surmotivés pour ne pas voir revenir Trump?
Bon, avec des si, on met Paris en bouteille mais Trump peut-il vraiment accepter de partir sur une défaite, nette, et face à un vieux cheval de retour comme Biden?
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Mer 2 Déc 2020 17:33

Nico78 a écrit:@Corondar
Est-il envisageable que Trump, dans son incapacité pathologique à accepter la défaite, se projette déjà pour 2024, et confronté peut-être à l'hostilité du GOP dans cette perspective, créé son propre parti dès 2021, entièrement acquis à sa cause et à sa campagne? Il a les moyens financiers de le faire, une base électorale soudée et même la possibilité d'attirer des élus républicains vers lui. On parle de la création d'une chaîne de télé totalement proTrump par exemple.
Car on constate tous que la seule chose qui l'intéresse vraiment, c'est la campagne, c'est gagner, ce n'est pas gouverner.
Ce serait sans doute assez dramatique pour le GOP (cf la campagne de Perot qui avait coûté cher aux Républicains). Et dans ce cas, quel recours pour le GOP, quel candidat tiendrait la route en face de cette bête politique et en face d'une candidature démocrate (Harris ou autre) dont les électeurs seraient surmotivés pour ne pas voir revenir Trump?
Bon, avec des si, on met Paris en bouteille mais Trump peut-il vraiment accepter de partir sur une défaite, nette, et face à un vieux cheval de retour comme Biden?


Concernant Trump et le GOP, seul l'avenir nous dira comment ça va évoluer.
Je pense que depuis le 03 novembre on voit bien qu'une dynamique un peu étrange se crée entre les deux : le premier agit plus comme si il tenait le second en otage qu'autre chose. Pour le moment, au sein du GOP ça ne moufte pas trop, surtout parce qu'il y a les run-offs en Géorgie.
Ce qui est saisissant, c'est que du côté des démocrates on sent qu'ils s'interrogent beaucoup actuellement sur les raisons éventuelles de leurs contre-performances relatives (quand même : ils gardent tout de même la Chambre, gagnent la Maison Blanche contre un sortant, et progressent au Sénat, avec encore une incertitude concernant la majorité pour ce dernier).
Du côté des républicains, on a l'impression que tout est figé depuis le 03 novembre : personne ne semble oser poser les questions qui dérangent et s'interroger sur ce qui reste une défaite et ses causes. Si les démocrates ont besoin d'améliorer leurs résultats dans certains segments électoraux (et renforcer leurs gains dans d'autres), c'est au moins aussi saillant chez les républicains. Mais, pour ces derniers, personne ne semble prêt pour l'heure à faire l'inventaire du trumpisme. Inventaire qui devra forcément être fait, sous une forme ou une autre à un moment ou un autre, sinon le GOP risque de voir ses pertes électorales chez certains électorats clefs s'enraciner.

Pour en revenir à Trump, il fonctionne à l'instinct et à l'immédiateté certes, mais il n'en est pas moins intelligent et un peu désorganisé. Il est bien conscient que créer un parti le condamnerait à fragmenter l'aile droite du spectre politique, et que ça n'arrangerait pas un éventuel retour. Et, pour créer un parti, cela nécessite beaucoup de temps, d'argent et de rigueur, toute chose que Trump déteste consacrer trop longuement à une seule tâche.
Bref, je ne l'imagine pas un seul instant se lancer là dedans. Je pense que dans un premier temps il va surtout faire fructifier sa marque, entretenir la flamme chez ses partisans, et jouer le contrôle du parti en externe.
Quant à une candidature éventuelle de sa part en 2024, cela dépendra aussi grandement d'éléments qu'il ne contrôle pas : tout un tas de procès (pour différents faits, de différentes gravités à des niveaux judiciaires différents) l'attendent, dont certains peuvent représenter pour lui de grands risques de lourdes sanctions en cas de condamnations par un jury. Procédures judiciaires qui à elles seules vont aussi lui coûter cher en cash.
Laissons le temps au temps, on verra bien.

Concernant les résultats, on s'approche de plus en plus du définitif : il ne resterait plus qu'un peu plus de 1.1 millions de suffrages à dépouiller sur l'ensemble du territoire US (la majeure partie de ces bulletins proviennent de l'état de New-York, mais il reste encore des bulletins à dépouiller en Iowa, en Illinois, en Idaho, au Maryland...).
Comme prévu, les derniers bulletins (on était encore à plus de 3 millions de bulletins à dépouiller il y a encore une semaine) penchent très majoritairement en faveur de Biden. Il a désormais 6.850 millions de voix d'avance sur Trump. Biden est pour l'heure juste en dessous des 81 millions et Trump vient tout juste de dépasser les 74 millions. On est désormais à 4.4 points d'écart entre les deux candidats (51.3% pour Biden contre 46.9% pour Trump). Biden devrait finir avec plus de 7 millions de voix d'avance et l'écart devrait tourner autour des 4.5 points.
https://www.nbcnews.com/politics/2020-e ... tion_usmap
On sera un poil sous la barre des 160 millions de suffrages exprimés, pour un taux de participation d'environ 67% (rappelons qu'aux USA ce taux est calculé en fonction de la population en âge de voter, pas sur les inscrits, rapporté sur cet élément là, on doit plutôt tourner autour des 80%). C'est le meilleur taux de participation enregistré depuis 1904 !
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Nico78 » Jeu 3 Déc 2020 10:27

Corondar a écrit:
Nico78 a écrit:@Corondar
Est-il envisageable que Trump, dans son incapacité pathologique à accepter la défaite, se projette déjà pour 2024, et confronté peut-être à l'hostilité du GOP dans cette perspective, créé son propre parti dès 2021, entièrement acquis à sa cause et à sa campagne? Il a les moyens financiers de le faire, une base électorale soudée et même la possibilité d'attirer des élus républicains vers lui. On parle de la création d'une chaîne de télé totalement proTrump par exemple.
Car on constate tous que la seule chose qui l'intéresse vraiment, c'est la campagne, c'est gagner, ce n'est pas gouverner.
Ce serait sans doute assez dramatique pour le GOP (cf la campagne de Perot qui avait coûté cher aux Républicains). Et dans ce cas, quel recours pour le GOP, quel candidat tiendrait la route en face de cette bête politique et en face d'une candidature démocrate (Harris ou autre) dont les électeurs seraient surmotivés pour ne pas voir revenir Trump?
Bon, avec des si, on met Paris en bouteille mais Trump peut-il vraiment accepter de partir sur une défaite, nette, et face à un vieux cheval de retour comme Biden?


Pour en revenir à Trump, il fonctionne à l'instinct et à l'immédiateté certes, mais il n'en est pas moins intelligent et un peu désorganisé. Il est bien conscient que créer un parti le condamnerait à fragmenter l'aile droite du spectre politique, et que ça n'arrangerait pas un éventuel retour. Et, pour créer un parti, cela nécessite beaucoup de temps, d'argent et de rigueur, toute chose que Trump déteste consacrer trop longuement à une seule tâche.
Bref, je ne l'imagine pas un seul instant se lancer là dedans. Je pense que dans un premier temps il va surtout faire fructifier sa marque, entretenir la flamme chez ses partisans, et jouer le contrôle du parti en externe.
Quant à une candidature éventuelle de sa part en 2024, cela dépendra aussi grandement d'éléments qu'il ne contrôle pas : tout un tas de procès (pour différents faits, de différentes gravités à des niveaux judiciaires différents) l'attendent, dont certains peuvent représenter pour lui de grands risques de lourdes sanctions en cas de condamnations par un jury. Procédures judiciaires qui à elles seules vont aussi lui coûter cher en cash.
Laissons le temps au temps, on verra bien.

Merci Corondar.
Il semble quand même y penser sérieusement...
Chaque jour plus isolé dans sa croisade pour contester la victoire de Joe Biden, Donald Trump évoque, désormais ouvertement, la possibilité d'être de nouveau candidat à la présidence en 2024. «Ce furent quatre années fantastiques. Nous essayons de faire quatre ans de plus. Sinon, je vous reverrai dans quatre ans», a-t-il déclaré mardi 1er décembre au soir, lors d'une fête de Noël à la Maison-Blanche. L'événement, en présence de responsables du parti républicain, n'était pas ouvert à la presse mais une vidéo de son discours a circulé peu après.

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/donald-trump-evoque-ouvertement-une-candidature-en-2024-20201202
Et rien que cette "menace" peut et devrait effrayer le GOP.
Après, effectivement, il va d'abord devoir se sortir de ses lourdes affaires judiciaires. Mais il est en train de gracier son entourage et cherchera à se protéger lui-même également.
Et rien ne semble le calmer, chaque jour est un nouvel engrenage vers la contestation des résultats, l'appel au peuple et une tentative de coup d'Etat.
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Jeu 3 Déc 2020 13:56

Nico78 a écrit:Il semble quand même y penser sérieusement...


Aux USA, c'est la campagne permanente (c'est aussi une des raisons de leurs gros problèmes institutionnels et politiques d'ailleurs). Bien sûr qu'il y pense, et il fait bien : ne serait-ce que pour continuer à lever des fonds déjà...
Entretenir la flamme ne lui coûte rien, au contraire, ça lui rapporte.
https://www.businessinsider.fr/us/trump ... ns-2020-12
Mais 4 ans en politique, c'est une éternité. Et puis, il semblerait que Donald Trump ne soit pas le seul Trump qui envisagerait sérieusement une future candidature : Ivanka caresserait l'idée de devenir la première Présidente des USA...
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... kushner%2f
https://en.as.com/en/2020/11/09/latest_ ... 98573.html

Mais pour en rester à l'élection de 2020, Biden empoche (de nouveau :) ) la Géorgie : le second recompte n'a pas changé le résultat. Le secrétaire d'état de Géorgie, Brad Raffensperger (républicain), a donc confirmé les résultats (on notera qu'il a fait référence à Biden en tant que president-elect), et a précisé qu'il n'y aurait pas de troisième recompte (la loi de l'état n'en autorise qu'un seul après la certification des résultats, les résultats ayant été certifiés avant le second recompte, c'est ce dernier qui a fait office d'ultime recompte).
https://www.reuters.com/article/us-usa- ... SKBN28C29P
Biden empoche l'état avec 12 670 voix d'avance sur Trump.
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Etienne92 » Jeu 3 Déc 2020 14:17

Corondar a écrit:Mais 4 ans en politique, c'est une éternité.

Oui. La relation entre Trump et le GOP a largement le temps d'évoluer avant le lancement des primaires pour 2024.
Aujourd'hui, et c'est pratiquement vrai depuis 4 ans, tout tourne autour de lui, tant chez ses partisans que chez ses opposants : pour beaucoup de monde, le principal problème de l'Amérique n'est ni le COVID ni la Chine ou l'Iran, c'est Trump !
Tout cela va considérablement évoluer après le 20 janvier (avec déjà quelques seuils psychologiques à franchir d'ici là - le simple fait qu'il parle de 2024, admettant implicitement qu'il ne sera plus président d'ici peu, en étant déjà un).
La mise en place de l'administration Biden ne suffira pas à le mettre hors jeu médiatiquement, mais il ne sera plus au centre de tout. Certe il fera sans doute beaucoup d'efforts pour rester sur la scène mais à la moindre relache il perdra du terrain.
Même dans son camp, le nombre de ceux qui envisageront l'avenir sans lui ne peut faire qu'augmenter : il peut freiner cette hausse, mais pas l'inverser.
Bref, le temps joue contre lui, ne serait-ce que par l'âge : les chances qu'il ne soit pas physiquement en mesure de se présenter en 2024, voire tout simplement qu'il soit mort, ne sont pas assez faibles pour être totalement négligées.
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Re: L'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Jeu 3 Déc 2020 17:05

Etienne92 a écrit:
Corondar a écrit:Mais 4 ans en politique, c'est une éternité.

Oui. La relation entre Trump et le GOP a largement le temps d'évoluer avant le lancement des primaires pour 2024.
Aujourd'hui, et c'est pratiquement vrai depuis 4 ans, tout tourne autour de lui, tant chez ses partisans que chez ses opposants : pour beaucoup de monde, le principal problème de l'Amérique n'est ni le COVID ni la Chine ou l'Iran, c'est Trump !
Tout cela va considérablement évoluer après le 20 janvier (avec déjà quelques seuils psychologiques à franchir d'ici là - le simple fait qu'il parle de 2024, admettant implicitement qu'il ne sera plus président d'ici peu, en étant déjà un).
La mise en place de l'administration Biden ne suffira pas à le mettre hors jeu médiatiquement, mais il ne sera plus au centre de tout. Certe il fera sans doute beaucoup d'efforts pour rester sur la scène mais à la moindre relache il perdra du terrain.
Même dans son camp, le nombre de ceux qui envisageront l'avenir sans lui ne peut faire qu'augmenter : il peut freiner cette hausse, mais pas l'inverser.
Bref, le temps joue contre lui, ne serait-ce que par l'âge : les chances qu'il ne soit pas physiquement en mesure de se présenter en 2024, voire tout simplement qu'il soit mort, ne sont pas assez faibles pour être totalement négligées.


Sans même parler de tous les ennuis judiciaires qui d'ici là peuvent aussi lui tomber dessus...
Bref, si je n'exclue pas non plus une nouvelle candidature de Donald Trump en 2024, je ne l'estime pas non plus inéluctable.
Mais serait-il possible de consacrer ce topic à la présidentielle de 2020 ? Si vous souhaitez parler plus avant de la présidentielle américaine de 2024, vous pouvez créer un sujet en politique fiction (ce qui me paraîtrait horriblement tôt quand même pour un tel sujet :) ), ou en discuter dans le topic sur la vie politique américaine.
Merci.

En attendant je me permets de reprendre l'analyse des résultats de 2020. Même si tout n'est pas définitif on est suffisamment proche de ça pour établir des analyses (qui ne seront guère modifiées par l'ajout ou le retrait de quelques voix ici ou là).

1) Evolution du rapport de force national et dans tous les états
Entre 2016, au niveau national on est passé de D+2.1 à D+4.5 (on devrait finir à cet écart moyen là entre Trump et Biden). On a donc une progression nationale à D+2.4 entre 2016 et 2020.
Pour chaque état je vais indiquer en premier l'écart entre les 2 candidats, puis en second la variation de cet écart entre 2016 et 2020.
Alabama R+25.4 / D+2.1
Alaska R+10 / D+4.7
Arizona D+0.3 / D+3.8
Arkansas R+27.6 / R+0.6
Californie D+29.2 / R+0.9
Colorado D+13.5 / D+8.6
Connecticut D+20 / D+6.4
Delaware D+19 / D+7.7
DC (c'est pas un état, je sais :) ) D+86.7 / D+0.3
Floride R+3.3 / R+2.1
Géorgie D+0.2 / D+5.3
Hawaï D+29.4 / R+2.8
Idaho R+30.7 / D+1.1
Illinois D+17 / écart identique à 2016
Indiana R+16 / D+2.9
Iowa R+8.3 / D+1.1
Kansas R+15.1 / D+5.5
Kentucky R+25.9 / D+3.9
Louisiane R+18.6 / D+1
Maine D+8.7 / D+5.7
Maine 02 R+7.9 / D+2.4
Maryland D+33.4 / D+7
Massachusetts D+33.5 / D+6.3
Michigan D+2.8 / D+3
Minnesota D+7.1 / D+5.6
Mississippi R+16.5 / D+1.3
Missouri R+15.3 / D+3.3
Montana R+16.3 / D+4.1
Nebraska R+19.2 / D+5.8
Nebraska 2 D+6.5 / D+8.7
Nevada D+2.4 / écart identique à 2016
New Hampshire D+7.3 / D+6.9
New Jersey D+15.8 / D+1.8
Nouveau Mexique D+10.8 / D+2.6
New-York D+21.9 / seul état où il manque encore beaucoup de voix à dépouiller, l'écart avec 2016 sera soit identique soit très légèrement favorable aux démocrates
Caroline du Nord R+1.3 / D+2.4
Dakota du Nord R+33.3 / D+2.4
Ohio R+8.1 / écart identique à 2016
Oklahoma R+33.1 / D+3.3
Oregon D+16.1 / D+5.1
Pennsylvanie D+1.2 / D+1.9
Rhode Island D+20.8 / D+5.3
Caroline du Sud R+11.7 / D+2.6
Dakota du Sud R+26.2 / D+3.6
Tennessee R+23.3 / D+2.7
Texas R+5.5 / D+3.5
Utah R+20.5 / R+2.4
Vermont D+35.4 / D+9
Virginie D+10.1 / D+4.8
Washington D+19.4 / D+3.7
Virginie Occidentale R+38.9 / D+3.2
Wisconsin D+0.7 / D+1.5
Wyoming R+43.3 / D+2.5

Quelques constats :
1) l'accroissement de l'écart national entre les démocrates et les républicains se retrouve logiquement dans une très nette majorité des états. Les écarts s'accroissent (ou se réduisent) en faveur du démocrate par rapport à 2016 dans 44 entités électorales sur 53 (puisque j'inclue DC et les 2 GE séparés du Maine et du Nebraska). Trump améliore son rapport de force par rapport à la candidate démocrate de 2016 dans 5 états : Arkansas, Californie, Floride, Hawaï et l'Utah. On constatera qu'on trouve là 2 états ultra rouge, 2 états ultra bleus et 1 swing state. 4 états voient l'écart se maintenir par rapport à 2016.
2) Les 3 états ou entités électorales où l'écart est le plus grand en faveur du démocrate : DC (pas beaucoup de suspens pour la médaille d'or :) ), le Vermont puis le Massachusetts. Parmi les états où le démocrate a plus de 25 points d'avance sur le républicain, on a les états attendus (Californie, Hawaï, Maryland...).
Les 3 états où l'écart est le plus grand en faveur du républicain : Wyoming, puis Virginie Occidentale et le Dakota du Nord. Là aussi, on trouve les états attendus avec plus de 20 ou 30 points d'avance pour le candidat républicain (Idaho, Kentucky, Oklahoma, Dakota du Sud...).
3) Deux cas à relever : l'Utah et le Nouveau Mexique. En 2016, dans ces 2 états, on avait deux petits candidats qui obtenaient d'excellents résultats (21% pour un candidat mormon en Utah, et presque 10% pour un candidat libertarien au Nouveau-Mexique, ancien gouverneur de l'état). Dans ces 2 états, ces petits candidats avaient forcément joué un rôle dans les écarts entre les 2 principaux candidats de 2016. En 2020, en Utah, le fait que la disparition du candidat mormon (qui prenait 100% à Trump quasiment) ne permette à Trump d'améliorer son avance que de 2.4 points confirme son souci avec l'électorat mormon. Au Nouveau-Mexique, le fait que Biden n'améliore son avance que de 2.6 points (à peine au dessus de la hausse nationale) semble indiquer que le candidat libertarien de 2016 prenait sans doute un peu plus à Trump qu'à Clinton, mais à peine.
4) Les états où les candidats progressent le plus. Pour ce critère, j'ai retenu les entités électorales où Biden augmentait (ou réduisait) les écarts de plus de 5 points (soit plus du double de sa moyenne nationale).
On trouve des états très bleus de Nouvelle-Angleterre (Vermont, Delaware qui est son état de résidence, Connecticut, Maryland...), des états très bleus de l'Ouest (Colorado, Oregon), mais aussi des états qu'on pouvait imaginer plus disputés (Maine, New Hampshire, Minnesota), et quelques états très rouges (Kansas, Nebraska, aussi bien l'état que le district 02). On a aussi un swing state où la hausse est de plus de 5 points : la Géorgie.
Du côté de Trump, c'est plus simple : comme il n'améliore ses résultats que dans 5 états c'est plus rapide. Il progresse très peu en Californie, à Hawaï et Arkansas (moins d'1 point dans les 3 cas). C'est plus net en Utah (+2.4, mais vu la situation de cet état c'est en fait pas terrible), et surtout en Floride (+2.1, dans cet état et vu la tendance nationale c'est énorme en réalité).

2) Swing states : en être, ou pas...

De ce côté là, je retiens la définition suivante : est considéré comme swing state un état où l'écart entre les 2 candidats est inférieur à 5 points, et/ou qui bascule par rapport à l'élection précédente (je précise que cette année, contrairement à 2016, aucun état ne remplit la seconde condition sans remplir aussi la première, les états ayant basculé par rapport à 2016 présentent tous un écart inférieur à 5 points entre les 2 candidats, mais il y a tout de même une exception, qui n'est pas un état : le GE du district 02 du Nebraska bascule, tout en offrant au candidat démocrate une avance supérieure à 5 points).
1) Ceux qui sortent de la liste par rapport à 2016
Le Colorado (l'écart de 4.9 en 2016 était sans doute imputable au candidat libertarien), le Maine (au niveau de l'état et du GE du district 02 d'ailleurs, mais dans des directions différentes : l'état est plus démocrate qu'il y a 4 ans, et le 02 sort de la définition retenue du swing state vers les républicains), le Minnesota, le New Hampshire, et l'Ohio ainsi que l'Iowa. Pour ces 2 derniers états, il faut noter qu'ils étaient dans la liste swing state en 2016 car ils basculaient avec des écarts très nets entre les 2 candidats, supérieurs à 5 points. 4 ans plus tard ils confirment leur choix républicain en gardant des écarts assez semblables (identique en Ohio, légèrement amélioré pour le démocrate en Iowa, mais moins que sa moyenne nationale). On notera d'ailleurs que les écarts constatés entre les deux candidats sont en fait très proches dans ces états qui sortent de la zone swing state : on est sur des écarts compris, en gros, entre +7 et +9 (soit en faveur du démocrate, soit en faveur du républicain).
En 2016, 2 états étaient à la limite de cette définition : la Virginie (+5.3 pour la candidate démocrate) et la Géorgie (+5.1 pour le candidat républicain). Le moins qu'on puisse dire, c'est que 4 ans plus tard, les 2 états n'ont pas évolué dans le même sens : la Virginie bascule clairement dans la colonne démocrate (D+10.1), alors que la Géorgie semble basculer clairement dans la catégorie swing state (le démocrate l'empochant pour la première fois depuis 1992).
2) Ceux qui s'y maintiennent (ou qui entrent ?)
La liste s'est considérablement raccourcie par rapport à il y a 4 ans, et on retrouve les grands classiques (ou les nouveaux classiques) : Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin, Caroline du Nord, Floride, Nevada, Arizona. On peut aussi inclure donc la Géorgie, et y maintenir le GE du district 02 du Nebraska (qui est peut-être en train de glisser sur une pente semblable, mais tendance démocrate ici, à l'Iowa et l'Ohio en 2016 ? on aura la réponse avec le résultat en 2024 ?).
Enfin, à noter qu'il y a 4 ans on avait deux états à la limite des 5 points (Virginie et Géorgie), cette année on en a plus qu'un, mais il est de taille : le Texas (R+5.5).
De ces classifications, j'en arrive à classer les états ainsi :
* Les démocrates ont désormais 209 GE en safe (plus de 10 points d'avance), et 17 GE en leans (entre 5 et 10 points d'avance).
* Les républicains ont désormais 125 GE en safe (plus de 10 points d'avance), et 63 GE en leans (entre 5 et 10 point d'avance).
* Restent 124 GE en swing states : Floride, Géorgie, Caroline du Nord, Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin, GE du 02 du Nebraska, Arizona et Nevada.
Je précise que ces chiffres sont amenés à changer avec le prochain recensement et découpage.
Pour les swing states, je compte faire une étude de cas plus poussée pour eux dans un prochain poste (car tous ne swinguent pas de la même manière, et qu'il y a des évolutions à relever au niveau interne de ces états clefs).
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