Républicain67 a écrit:Pour revenir au sujet, j'aimerai qu'on étudie ce qui c'est réellement passé lors du premier tour des élections municipales. Je pense sincèrement que le faible score du RN aux élections municipales (hors de ses villes) n'est pas simplement à relier à l'abstention massive, au Covid-19 et à un rejet de l'étiquette RN. Il doit y avoir des raisons plus profondes. La campagne du RN a été plutôt mauvaise (difficulté à monter des listes, absence dans de nombreuses communes, amateurisme...). Je ne connais pas le cas particulier de Moissac (Tarn-et-Garonne) et Morières-lès-Avignon, mais il est à noter que le RN fait hors de ses villes, ses meilleurs scores dans des villes où il y a des militants dynamiques, implantés localement et entrés tôt en campagne (vraie campagne de terrain): Louis Aliot à Perpignan, Ludovic Pajot à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), le général de la Chesnaye à Carpentras (Vaucluse), Kévin Pfeffer à Stiring-Wendel (Moselle), Jean-Louis Meizonnet à Vauvert (Gard), Grégoire de Fournas à Pauillac (Gironde), Aymeric Durox à Nangis (Seine-et-Marne), Romain Lopez à Moissac... Seul le travail de terrain est payant, pas l'amateurisme... Il n'est pas étonnant que c'est ce type de candidats qui tirent leur épingle du jeu, bien que pour plusieurs d'entre eux, la partie sera difficile au second tour, notamment en cas de "front républicain".
armi24 a écrit:Républicain67 a écrit:Cela doit comme même être extrêmement rare et ne concerner que des personnes très politisées. Personnellement ce genre de décision (quitter sa commune pour des raisons politiques) me révolte. Et si on respectait la décision des électeurs.
En quoi quitter une commune est une atteinte au vote des électeurs? On garde le droit d'habiter là ou on veut.

Fabien a écrit:Cela a été peu relevé, mais on notera l'impressionnant naufrage des listes soutenues par le RN et emmenées par Serge Federbusch à Paris: 1,5%. Même pour la capitale où le parti est faible depuis des lustres, c'est très peu. On rappelera ainsi à titre de comparaison que listes conduites par Waleyrand de Saint Just avaient obtenu 6,26% en 2014 (sans compter les 3,36% des listes Paris Libéré, conduites dans le 10eme par Federbusch...). En 2008, mauvais cru pour le FN parisien, c'était tout de même 3,17%. En 2001, le FN avait 3,47% malgré la concurrence du MNR (2,25%). En 1995, année qui marqua le début du déclin, c'était encore presque 10%!
Outre probablement une forte abstention de son (maigre) électorat dans la capitale, le RN a visiblement été handicapé par la concurrence des listes Dati. Ainsi, ces dernières font des scores plutôt bons dans de nombreux bureaux de vote des zones d'habitat social au-delà des boulevard des Maréchaux, traditionnellement une des rares zones de force du RN à Paris mais où Federbusch fait piètre figure cette année.
Moi qui ai mauvais esprit, j'ai tendance à me demander si la direction du RN, anticipant un mauvais score, n'était pas au fond ravie de laisser un élément extérieur (qui plus est plutôt adepte de la ligne "Marion Maréchaliste"me semble-t-il...) aller au casse-pipe à la place d'un de ses cadres...
Marcy a écrit:Cette tendance globale tend à contredire l'idée (des médias et pas du contributeur Fabien) selon laquelle l'électorat RN se serait massivement reporté sur les listes de Rachida Dati, puisque ce sont des arrondissements favorables à LR où subsiste le plus gros noyau d'électeurs RN. Mon analyse (mais elle devrait être affinée par bureau de vote) est que l'électorat parisien du FN de 2014 s'est plutôt fortement abstenu, tout particulièrement dans l'électorat plus populaire du nord et de l'est de Paris.
Alambic a écrit:Marcy a écrit:Cette tendance globale tend à contredire l'idée (des médias et pas du contributeur Fabien) selon laquelle l'électorat RN se serait massivement reporté sur les listes de Rachida Dati, puisque ce sont des arrondissements favorables à LR où subsiste le plus gros noyau d'électeurs RN. Mon analyse (mais elle devrait être affinée par bureau de vote) est que l'électorat parisien du FN de 2014 s'est plutôt fortement abstenu, tout particulièrement dans l'électorat plus populaire du nord et de l'est de Paris.
Il y a sans doute une partie substantielle des électeurs qui se sont abstenus mais, quand on regarde le détail par bureaux de vote, on aperçoit clairement qu'il y a eu des transferts importants vers Dati également. J'avais fait tourner une régression sur l'ensemble des bureaux de vote et il était clair qu'il y avait une géographie du vote Dati inhabituellement proche de la géographie du vote d’extrême droite à cette élection. (Evidemment, ça ne veut pas dire que la géographie du vote Dati est essentiellement d'extrême droite mais, même marginalement, c'est inhabituel).
Je donne ci-dessus quelques exemples de l'évolution comparée du vote UMP/LR vs. le vote d'extrême droite entre 2014 et 2020 dans certains bureaux de vote connus pour être des zones de force de l'extrême droite à Paris - et en les comparant avec des bureaux plus proches de la moyenne, situés à l'immédiate proximité des premiers. Il y a une certaine diversité dans les bureaux retenus : soit des bureaux populaires de la ceinture HBM entre le boulevard des Maréchaux et le périphérique, soit des bureaux dans des zones plus proches de la moyenne. Dans ce second cas, il y a notamment des bureaux avec une surreprésentation de militaires (notamment le bureau 46 du 13ème avec la caserne Kellermann de la garde républicaine). Pour les bureaux du 15ème nord, c'est un peu plus mystérieux pour moi (j'ai plusieurs théories mais c'est assez spéculatif).
On constate systématiquement que, dans les bureaux à vote fort extrême droite en 2014 par rapport aux bureaux comparables à proximité, LR baisse beaucoup moins (voire monte parfois !) par rapport au score UMP 2014. Evidemment, ça se fait en parallèle d'un effondrement du vote d'extrême droite entre 2014 et 2020.
13ème arrondissement :
- Bureau 46 (zone de force de l’extrême droite) :
* 2014 : UMP (23.3%) vs. EXD (17.3%)
* 2020 : LR (20.1%) vs. EXD (6%)
- Bureau 45 (bureau de comparaison à proximité immédiate) :
* 2014 : UMP (24.1%) vs. EXD (10%)
* 2020 : LR (17.3%) vs. EXD (2.2%)
15ème arrondissement :
- Bureau 17 (zone de force de l’extrême droite) :
* 2014 : UMP (46.4%) vs. EXD (11.1%)
* 2020 : LR+Goujon (54.9%) vs. EXD (4.3%)
- Bureau 18 (zone de force de l’extrême droite) :
* 2014 : UMP (48.8%) vs. EXD (10.5%)
* 2020 : LR+Goujon (52%) vs. EXD (3.8%)
- Bureau 16 (bureau de comparaison à proximité immédiate) :
* 2014 : UMP (58.2%) vs. EXD (7.5%)
* 2020 : LR+Goujon (52.5%) vs. EXD (1.9%)
- Bureau 19 (bureau de comparaison à proximité immédiate) :
* 2014 : UMP (53.6%) vs. EXD (7.5%)
* 2020 : LR+Goujon (51.7%) vs. EXD (1.8%)
19ème arrondissement :
- Bureau 19 (zone de force de l’extrême droite) :
* 2014 : UMP (22.8%) vs. EXD (15.3%)
* 2020 : LR (17.4%) vs. EXD (3.3%)
- Bureau 24 (bureau de comparaison à proximité immédiate) :
* 2014 : UMP (35.1%) vs. EXD (7.2%)
* 2020 : LR (18.4%) vs. EXD (1.7%)
20ème arrondissement :
- Bureau 33 (zone de force de l’extrême droite) :
* 2014 : UMP/UDI (18.9%) vs. EXD (18.2%)
* 2020 : LR (27.8%) vs. EXD (5.5%)
- Bureau 35 (zone de force de l’extrême droite) :
* 2014 : UMP/UDI (17.5%) vs. EXD (19%)
* 2020 : LR (18.9%) vs. EXD (8.1%)
- Bureau 41 (bureau de comparaison à proximité immédiate) :
* 2014 : UMP/UDI (23.2%) vs. EXD (11.9%)
* 2020 : LR (16.2%) vs. EXD (4.7%)
- Bureau 40 (bureau de comparaison à proximité immédiate) :
* 2014 : UMP/UDI (22.9%) vs. EXD (7.9%)
* 2020 : LR (17.1%) vs. EXD (2.3%)
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