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Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Corondar » Mar 27 Nov 2018 20:55

Quelques éléments très notables ces dernières 48 heures (après la pause du long week-end de thanksgiving)...
En Californie, on s'achemine lentement mais surement vers les résultats finaux, et c'est de pire en pire pour les républicains. Dans la course au poste de gouverneur, le démocrate Newsom frôle désormais les 62%, à 97% du dépouillement. Il se rapproche des 3 millions de voix de plus que son adversaire, et ce que j'évoquais plus tôt semble se confirmer : il mène désormais dans le Comté d'Orange (au dernier pointage il a un peu plus de 500 voix d'avance). Pour ceux qui se demandent pourquoi c'est notable, c'est un peu comme si la Côté d'Azur votait pour un candidat de gauche face à un candidat de droite. Cet ancien bastion républicain était la base arrière de deux présidents républicains : Nixon et Reagan. Encore plus incroyable, le district 21 qui avait été donné comme conservé par les républicains dès le lendemain de l'élection, vient d'être remis en toss up par les médias et les sites politiques : au dernier décompte le sortant républicain Valadao a désormais 436 voix de retard (!) sur son adversaire démocrate Cox (qui est donc à 50.2% pour l'heure, et qui n'a rien à voir avec le républicain Cox qui concourrait pour le poste de gouverneur :) ). Etant donné que les votes par correspondance vont tous dans le même sens depuis des semaines, je pense qu'on peut désormais pencher pour la bascule (au niveau national on devrait donc terminer sur 235 sièges pour les démocrates et 200 sièges pour les républicains, avec un gain net de 40 sièges pour les démocrates) : les républicains devraient ne conserver que 7 sièges sur les 53. Et la carte qui se dessine pour eux est terrible : les dernières zones très peuplées de l'état qui votaient encore pour eux (Orange, région de San Diego, vallées centrales de San Joaquin) leur échappent. Les démocrates n'y sont pas encore à y faire les scores stratosphériques qu'ils obtiennent à Los Angeles et à San Francisco, mais ils sont tout de même devant, parfois très nettement.
Autre événement notable, on peut même parler de la fin d'un mythe localement, c'est au New Hampshire que ça se passe. Le secrétaire d'état de l'état du granite, Bill Gardner, vient de perdre son poste. En quoi est ce exceptionnel ? Il occupait le poste depuis plus de 40 ans, ayant servi sous pas moins de 11 gouverneurs différents ! Dans cet état le poste n'est pas élu directement par les électeurs, mais choisi par la chambre basse de l'état. Gardner est un républicain qui avait toujours su se faire élire par l'assemblée en question, qu'elle soit à majorité démocrate ou républicaine, grâce à son profil longtemps bipartisan et rassembleur. Signe des temps, les démocrates qui ont basculé la chambre (et le sénat aussi) viennent d'élire l'un des leurs à sa place, le très jeune Colin Van Ostern (39 ans). Si les démocrates mettent en avant la nécessité de renouvellement pour le poste, le problème est ailleurs : Gardner avait écorné sérieusement son image de centriste en acceptant de participer à la commission trumpienne "d'enquête" contre les "fraudes" démocrates ayant "volé" le vote populaire à Trump en 2016. Cette commission s'étant résumée à émettre des idées pour empêcher un maximum d'électeurs démocrates de voter, l'image de Gardner avait grandement pâli dans son état. On notera que les républicains en vue ayant participé à cette "commission" (mascarade étant le terme le plus approprié je pense) ont tous connu des destins politiques assez néfastes : Sessions (tombé en disgrâce auprès du président il vient de perdre son poste d'attorney general après avoir vu son ancien siège sénatorial d'Alabama basculer aux démocrates lors d'une partielle désormais célèbre), Kobach (qui vient de subir une défaite cuisante au poste de gouverneur du Kansas) et Gardner (qui vient donc de perdre son poste de secrétaire d'état du New Hampshire arpès 40 ans). Le VP Pence qui au départ était censé présider la commission en question avait préféré s'en désolidariser ostensiblement. Il a sans doute bien fait...
https://www.politico.com/story/2018/11/ ... ud-1010999
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede cevenol30 » Mar 27 Nov 2018 21:36

L'inconvénient du vote par correspondance à la californienne, pouvant être posté le jour même, est que le résultat définitif se fait décidément attendre longtemps.

Même si cela a déjà été mentionné, on peut revenir plus spécifiquement sur le vote selon la densité des districts (d'urbain à rural en passant par diverses densités périurbaines)
Un article de fivethityeight fait un bilan là-dessus, à affiner et reprendre en fonction des derniers résultats (certains districts y sont comptés comme incertains entre démocrates et républicains et d'autres selon leur pronostic et non le vrai résultat):
https://fivethirtyeight.com/features/th ... democrats/
(Rappelons tout de même que les évolutions se font sur deux ans, par rapport à 2016 où, bien que ne remportant pas le vote populaire à la présidentielle, les républicains avaient eu le contrôle de la Chambre.)
Les gains nets démocrates se font essentiellement sur les densités moyennes; en zone urbaine ils gagnent le seul district qui leur manquait et en "urbain-périurbain" les républicains sont aussi une espèce en voie de disparition. Inversement, dans les types de districts les plus ruraux, les démocrates sont minoritaires et progressent peu.

Par ailleurs, les districts sont classés aussi selon leur vote à la présidentielle (plus comparable finalement, en cas de redécoupage, que les résultats d'élections passées à la Chambre) et on voit qu'une bonne part de la bascule vient de districts habituellement républicains (ayant mis en tête Romney et Trump), le reste venant surtout de districts ayant voté Clinton en 2016 et "se rattrapant" maintenant (alors qu'ils avaient élu un représentant républicain tout en votant Clinton): il y a bien une vague et une tendance sur certaines densités de district.

Autre chose, tout bêtement: il n'y a absolument que des élus démocrates et républicains (ou très apparentés) dans ce qu'on a vu comme résultats, il me semble: les indépendants et petits partis (libertariens et Verts notamment) semblent avoir eux aussi pâti de la vague bleue mais qu'en a-t-il été au juste?
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Corondar » Mar 27 Nov 2018 22:12

cevenol30 a écrit:Autre chose, tout bêtement: il n'y a absolument que des élus démocrates et républicains (ou très apparentés) dans ce qu'on a vu comme résultats, il me semble: les indépendants et petits partis (libertariens et Verts notamment) semblent avoir eux aussi pâti de la vague bleue mais qu'en a-t-il été au juste?


Même au Sénat, l'élection d'un élu indépendant (j'entends par là vraiment indépendant d'un des deux grands partis) est déjà chose fort rare. A la Chambre c'est encore plus rarissime. Certains indépendants arrivent parfois à percer sur des élections au niveau des états (postes de gouverneur notamment), mais au niveau fédéral c'est carrément un dahut.
Au niveau du vote populaire, les candidats libertariens ont obtenu pour l'heure 0.69% des voix, les verts 0.22%, et les "indépendants" (vaste catégorie fourre tout) 0.49%. Vue l'extrême polarisation du paysage politique, c'est un résultat assez logique. Et comme le système US fait tout pour entretenir le bipartisme...
A la présidentielle si on exclut les scrutins de 1992 et 1996 (candidature milliardaire Pérot), les petits candidats sont souvent réduits à la portion congrue (mais peuvent avoir un impact considérable sur le résultat final, comme en 2000).
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede ploumploum » Mer 28 Nov 2018 09:31

2nd tour de la sénatoriale partielle du Mississippi

sans surprise, la républicaine Cindy Hyde-Smith l'emporte mais l'écart avec le démocrate Mike Espy me parait historiquement faible : il y a "seulement" 7,8 pts et 69 000 voix de différence entre les deux.
(Cochran avait été réélu avec 140 000 voix et 22 pts d'avance en 2014...)

A noter que la participation, déjà exceptionnelle au 1er tour, reste assez très haute : 880 000 voix émises contre 890 000 au 1er tour et 632 000 lors de la réélection de Cochran en 2014...

https://edition.cnn.com/election/2018/results/senate
https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Jean-Philippe » Mer 28 Nov 2018 11:53

Corondar a écrit:Autre événement notable, on peut même parler de la fin d'un mythe localement, c'est au New Hampshire que ça se passe. Le secrétaire d'état de l'état du granite, Bill Gardner, vient de perdre son poste. En quoi est ce exceptionnel ? Il occupait le poste depuis plus de 40 ans, ayant servi sous pas moins de 11 gouverneurs différents ! Dans cet état le poste n'est pas élu directement par les électeurs, mais choisi par la chambre basse de l'état. Gardner est un républicain qui avait toujours su se faire élire par l'assemblée en question, qu'elle soit à majorité démocrate ou républicaine, grâce à son profil longtemps bipartisan et rassembleur. Signe des temps, les démocrates qui ont basculé la chambre (et le sénat aussi) viennent d'élire l'un des leurs à sa place, le très jeune Colin Van Ostern (39 ans). Si les démocrates mettent en avant la nécessité de renouvellement pour le poste, le problème est ailleurs : Gardner avait écorné sérieusement son image de centriste en acceptant de participer à la commission trumpienne "d'enquête" contre les "fraudes" démocrates ayant "volé" le vote populaire à Trump en 2016. Cette commission s'étant résumée à émettre des idées pour empêcher un maximum d'électeurs démocrates de voter, l'image de Gardner avait grandement pâli dans son état. On notera que les républicains en vue ayant participé à cette "commission" (mascarade étant le terme le plus approprié je pense) ont tous connu des destins politiques assez néfastes : Sessions (tombé en disgrâce auprès du président il vient de perdre son poste d'attorney general après avoir vu son ancien siège sénatorial d'Alabama basculer aux démocrates lors d'une partielle désormais célèbre), Kobach (qui vient de subir une défaite cuisante au poste de gouverneur du Kansas) et Gardner (qui vient donc de perdre son poste de secrétaire d'état du New Hampshire arpès 40 ans). Le VP Pence qui au départ était censé présider la commission en question avait préféré s'en désolidariser ostensiblement. Il a sans doute bien fait...
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Petit détail : Gardner est démocrate. Mais cela ne change pas grand chose car cela montre en effet une tendance de fond : la disparition progressive du courant transpartisan au sein des deux grands partis.
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Corondar » Mer 28 Nov 2018 19:51

ploumploum a écrit:2nd tour de la sénatoriale partielle du Mississippi

sans surprise, la républicaine Cindy Hyde-Smith l'emporte mais l'écart avec le démocrate Mike Espy me parait historiquement faible : il y a "seulement" 7,8 pts et 69 000 voix de différence entre les deux.
(Cochran avait été réélu avec 140 000 voix et 22 pts d'avance en 2014...)

A noter que la participation, déjà exceptionnelle au 1er tour, reste assez très haute : 880 000 voix émises contre 890 000 au 1er tour et 632 000 lors de la réélection de Cochran en 2014...

https://edition.cnn.com/election/2018/results/senate
https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html


En effet, le score est assez mauvais : ces dernières semaines la candidate républicaine (première femme à représenter cet état au Congrès) s'est consciencieusement employée à envoyer des signaux racistes (ça devient de plus en plus courant dans certains courants du GOP de nos jours). Mais contrairement à certains de ses collègues elle a mal dosé ses éléments de langage, à priori c'était pas assez flou et subtil. Pas de quoi perdre (le Mississippi est le seul état de l'Union qui conserve sur son drapeau le symbole des confédérés et celui qui a pratiqué le plus longtemps le lynchage public de Noirs sur fond de croix en feu), mais suffisamment pour faire lever quelques sourcils et donner ce résultat en demi teinte. Si on compare avec l'autre élection sénatoriale d'il y a quelques semaines dans le même état (et qui a vu la réélection du sortant républicain Wicker), la comparaison est très parlante : la républicaine obtient 75 000 voix de moins que son collègue, et le candidat démocrate obtient lui 35 000 voix de plus que l'autre candidat démocrate. Prés de 20 points d'écart sur la sénatoriale normale, moins de 8 sur l'élection spéciale.

Jean-Philippe a écrit:
Corondar a écrit:Autre événement notable, on peut même parler de la fin d'un mythe localement, c'est au New Hampshire que ça se passe. Le secrétaire d'état de l'état du granite, Bill Gardner, vient de perdre son poste. En quoi est ce exceptionnel ? Il occupait le poste depuis plus de 40 ans, ayant servi sous pas moins de 11 gouverneurs différents ! Dans cet état le poste n'est pas élu directement par les électeurs, mais choisi par la chambre basse de l'état. Gardner est un républicain qui avait toujours su se faire élire par l'assemblée en question, qu'elle soit à majorité démocrate ou républicaine, grâce à son profil longtemps bipartisan et rassembleur. Signe des temps, les démocrates qui ont basculé la chambre (et le sénat aussi) viennent d'élire l'un des leurs à sa place, le très jeune Colin Van Ostern (39 ans). Si les démocrates mettent en avant la nécessité de renouvellement pour le poste, le problème est ailleurs : Gardner avait écorné sérieusement son image de centriste en acceptant de participer à la commission trumpienne "d'enquête" contre les "fraudes" démocrates ayant "volé" le vote populaire à Trump en 2016. Cette commission s'étant résumée à émettre des idées pour empêcher un maximum d'électeurs démocrates de voter, l'image de Gardner avait grandement pâli dans son état. On notera que les républicains en vue ayant participé à cette "commission" (mascarade étant le terme le plus approprié je pense) ont tous connu des destins politiques assez néfastes : Sessions (tombé en disgrâce auprès du président il vient de perdre son poste d'attorney general après avoir vu son ancien siège sénatorial d'Alabama basculer aux démocrates lors d'une partielle désormais célèbre), Kobach (qui vient de subir une défaite cuisante au poste de gouverneur du Kansas) et Gardner (qui vient donc de perdre son poste de secrétaire d'état du New Hampshire arpès 40 ans). Le VP Pence qui au départ était censé présider la commission en question avait préféré s'en désolidariser ostensiblement. Il a sans doute bien fait...
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Petit détail : Gardner est démocrate. Mais cela ne change pas grand chose car cela montre en effet une tendance de fond : la disparition progressive du courant transpartisan au sein des deux grands partis.


Merci d'avoir corrigé la coquille. Mais vous avez bien noté le point principal : le courant transpartisan se meurt au sein des deux partis. Alors que c'est pourtant ce dont le système politique américain aurait sans doute besoin : un peu moins de divisions et un peu plus de travail bipartisan.
Avec Trump à la Maison Blanche et les démocrates majoritaires à la Chambre, les deux prochaines années ne devraient pas améliorer la situation...
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Tirnam » Ven 30 Nov 2018 07:12

Suspicions de fraudes électorales dans le 9e district de Caroline du Nord

Mardi le département des élections de Caroline du Nord a refusé à l'unanimité de certifier les résultats du 9e district. Les soupçons se portent particulièrement sur le comté de Bladen : dans ce comté 7,5% des électeurs inscrits ont demandé de voter par correspondance, dans les autres comtés ce pourcentage ne dépasse pas les 3%. Dans tous les autres comtés le démocrate McCready a remporté par une large majorité le vote par correspondance mais pas dans le comté de Bladen où le républicain Harris a obtenu 61% des voix provenant de ces bulletins, alors que seulement 19% des électeurs qui ont fait une demande de vote par correspondance s'identifiaient comme républicains.


https://www.charlotteobserver.com/news/ ... 63510.html
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede jean24 » Mer 5 Déc 2018 14:39

Je le fais presque un mois après les élections, mais il vaut mieux tard que jamais, je n'ai pas eu trop le temps de le faire jusqu'à maintenant, voici mon bilan sur mes pronostics, qui n'ont pas été très bons.

Le 8ème de Washington, les sept gains démocrates en Californie (je n'en voyais que deux), le 2nd district de Virginie (mais le cinquième est bien resté républicain) ont basculé. De manière générale, je voyais les républicains gagner 205 à 210 sièges mais finalement ils n'en ont que 200 (ou 199 en fonction du 9ème de Caroline du nord). Mes rares pronostics pour la chambre ont été mauvais, j'ai certes prévu une chambre bleue, mais je la voyais avec moins de sièges et conquis avec une plus petite marge.
En revanche, comme en 2016, la Californie permet d'expliquer beaucoup de choses dans le score démocrate, en 2016 en retirant la Californie, Trump était devant au vote national, là si on retire les sièges californiens, les démocrates ont 189 sièges et le GOP 193. Le poids électoral de cet État est vraiment impressionnant.

Quand au Sénat, c'est mitigé, j'ai prévu la bascule des sièges démocrates vers les républicains malgré la vague bleue au national (seule la Floride m'a échappée mais elle en a surpris plus d'un celle là !). En revanche l'Arizona, avec 2.4 % d'écart et le Nevada avec ses 5 % d'écart viennent assombrir mes pronostics. J'ai au moins eu le mérite de prédire les 3 sièges démocrates les plus en danger (Indiana, Missouri et Dakota du nord) malgré la vague bleue.
Cette série de sièges sera encore très problématique pour les démocrates dans six ans, les républicains n'ont que 11 sièges et les démocrates 22, les républicains n'ont des élus que dans des bastions et les démocrates ont encore des sortants dans des États très rouges (Virginie Occidentale et Montana) et des sortants dans des États mitigés mais de plus en plus rouge (Ohio, Arizona et Michigan). Les républicains n'auront que la Floride qui sera réellement en jeu.

Chez les gouverneurs, en revanche c'est plus beau. Mon plus beau pronostic est la Géorgie, que je voyais rester républicaine dés le premier tour, il s'en est fallu de peu mais le compte y est. Il y'a aussi mon non pronostic dans le Wisconsin, le résultat avec 1.2 % d'écart était pas bien grand et l'élection était bien serrée.
L'Ohio est bien républicain et le Nevada est bien démocrate.
En revanche, j'ai eu faux en Floride (De Santis a même eu un plus gros score que Scott ce qui est pour moi une surprise(, le Kansas et l'Iowa. Je prévoyais sept bascules il y en a eu sept (mais je n'avais pas donné de pronostics dans le Wisconsin).

Sur la Floride, je n'avais pas eu le temps de répondre, mais le score des républicains, qui ont gagné toutes le courses à l'échelle de l’État (sauf le commissionnaire à l'agriculture) alors que les démocrates ont 8.5 % d'avance dans tous les USA, est une excellente nouvelle pour le GOP, je pense que Trump est légèrement favori aujourd'hui pour gagner cet État en 2020, peut être que ça évoluera, mais les républicains avaient un mauvais candidat pour le gouverneur, un sortant à détrôner au sénat et un retard en point dans tout le pays.
Il ne faut pas surestimer ce référendum qui va donner le droit de vote aux anciens prisonniers, en 2017 avec l'Ouragan Maria, tout le monde disait que l'arrivée de Porto-Ricains en Floride allait favoriser Nelson, on a vu ce qu'il en était.

Jean-Philippe a écrit:À la Chambre, la progression démocrate est la plus forte depuis 1974. En 2020, elle sera très probablement moindre.

Il est très peu probable que les démocrates progressent encore en 2020, même quand George.H.W Bush avait perdu sa réélection en 1992, les républicains gagnaient quand même 9 sièges dans le même temps à la chambre. Nixon qui avait perdu 12 sièges lors de ses premières midterms en 1970, en regagna 12 lors de sa réélection en 1972. Reagan en avait perdu 26 en 82 mais en gagna 16 en 84.
Dernière édition par ploumploum le Mer 5 Déc 2018 15:21, édité 1 fois.
Raison: Corrections
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Vaulti » Mer 5 Déc 2018 19:32

Pour 2020, si les démocrates font une perf, la plupart des gains devraient venir des Etats avec gerrymandering républicain : Michigan, Caroline du Nord, Ohio, Texas, Wisconsin.

Sur ce cycle, le seul à avoir sauté était le plus fragile, celui du New Jersey.

Pour répondre au commentaire précédent, si on enlève la Californie, les démocrates restent nettement devant avec plus de 5 millions de voix d'avance. Les républicains peuvent dire merci au gerrymandering ci-dessus pour obtenir une majorité de sièges.
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Corondar » Jeu 6 Déc 2018 03:31

jean24 a écrit:Je le fais presque un mois après les élections, mais il vaut mieux tard que jamais, je n'ai pas eu trop le temps de le faire jusqu'à maintenant, voici mon bilan sur mes pronostics, qui n'ont pas été très bons.

Le 8ème de Washington, les sept gains démocrates en Californie (je n'en voyais que deux), le 2nd district de Virginie (mais le cinquième est bien resté républicain) ont basculé. De manière générale, je voyais les républicains gagner 205 à 210 sièges mais finalement ils n'en ont que 200 (ou 199 en fonction du 9ème de Caroline du nord). Mes rares pronostics pour la chambre ont été mauvais, j'ai certes prévu une chambre bleue, mais je la voyais avec moins de sièges et conquis avec une plus petite marge.
En revanche, comme en 2016, la Californie permet d'expliquer beaucoup de choses dans le score démocrate, en 2016 en retirant la Californie, Trump était devant au vote national, là si on retire les sièges californiens, les démocrates ont 189 sièges et le GOP 193. Le poids électoral de cet État est vraiment impressionnant.


Et pas plus en 2018 qu'en 2016, je ne comprends la pertinence de retirer éventuellement les résultats californiens pour améliorer l'analyse du résultat global ?
Oui, la Californie est désormais une terre bleue horizon hostile aux républicains, qui garantit un matelas d'élus confortables aux démocrates. Tout comme la douzaine d'états ultra rouges du Sud et de l'ouest intérieure sont désormais des terres hostiles aux démocrates, qui garantissent un matelas d"élus confortables aux républicains. La seule différence c'est que les démocrates arrivent à ce résultat avec un seul état (le plus peuplé de l'Union), là où les républicains en ont besoin d'une dizaine pour égaler le poids californien. Là où ça se complique pour les républicains, c'est que les démocrates sont désormais très nettement majoritaires dans beaucoup des états les plus peuplés (côtes nord-est, dont New York, Illinois et côtes ouest).
Côté républicains, les zones de force sont globalement moins populeuses. Seul le Texas est réellement un état de poids, mais les marges républicaines n'y ont désormais plus rien à voir avec les marges démocrates constatées dans leurs états peuplés à eux. Quant à la Floride, même si les républicains y sont devant, c'est de tellement peu qu'on ne peut pas vraiment considérer que cet état très peuplé penche nettement de leur côté.
Il y a une réalité démographique et politique désormais assez peu contestable (et constatée depuis au moins 20 ans) : les républicains sont minoritaires dans la société américaine. Le tournant s'est effectué lors des années 1980-1990 : les électeurs se déclarant démocrates sont devenus plus nombreux que les électeurs se déclarant républicains.
Là où les républicains ont beaucoup de chances c'est que le système politique US garantit beaucoup de contre pouvoirs et de balance. Et, jusqu'à récemment, leur base électorale se mobilisait mieux que la base démocrate. Leur autre gros avantage c'est au niveau du Sénat.

jean24 a écrit:Quand au Sénat, c'est mitigé, j'ai prévu la bascule des sièges démocrates vers les républicains malgré la vague bleue au national (seule la Floride m'a échappée mais elle en a surpris plus d'un celle là !). En revanche l'Arizona, avec 2.4 % d'écart et le Nevada avec ses 5 % d'écart viennent assombrir mes pronostics. J'ai au moins eu le mérite de prédire les 3 sièges démocrates les plus en danger (Indiana, Missouri et Dakota du nord) malgré la vague bleue.
Cette série de sièges sera encore très problématique pour les démocrates dans six ans, les républicains n'ont que 11 sièges et les démocrates 22, les républicains n'ont des élus que dans des bastions et les démocrates ont encore des sortants dans des États très rouges (Virginie Occidentale et Montana) et des sortants dans des États mitigés mais de plus en plus rouge (Ohio, Arizona et Michigan). Les républicains n'auront que la Floride qui sera réellement en jeu.


Le Sénat justement...Là pour le coup, ce sont les républicains qui y ont un avantage structurel, qui lui aurait du être visible de manière plus forte il y a déjà longtemps. Les républicains sont majoritaires dans des états moins peuplés, mais dans un nombre d'états plus important. Le Sénat garantissant une représentation non proportionnelle des états, les républicains devraient y être très majoritaires, et depuis un moment déjà. Ils ont hélas joué de malchance en subissant des échecs "anormaux" dans des états très rouges. Les républicains sont quasiment assurés de contrôler les 2 postes de sénateurs dans au moins une vingtaine d'états, là où les démocrates ne peuvent rivaliser que dans une douzaine ou une quinzaine d'états. Les démocrates doivent donc surperformer de manière massive dans tous les états tangents pour espérer contrôler la chambre haute. Avec le renouvellement par tiers c'est très compliqué pour eux selon les tranches et les années.
Pour l'Ohio de plus en plus rouge, je suis totalement d'accord avec vous. Par contre le Michigan et l'Arizona ? L'Arizona est clairement de moins en moins rouge (ou de plus en plus bleu ?), quant au Michigan, si il peut être disputé, de là à dire qu'il est plus rouge, j'irais pas jusque là (en tout cas les résultats républicains sur ces midterms dans cet état là sont franchement mauvais).

jean24 a écrit:Chez les gouverneurs, en revanche c'est plus beau. Mon plus beau pronostic est la Géorgie, que je voyais rester républicaine dés le premier tour, il s'en est fallu de peu mais le compte y est. Il y'a aussi mon non pronostic dans le Wisconsin, le résultat avec 1.2 % d'écart était pas bien grand et l'élection était bien serrée.
L'Ohio est bien républicain et le Nevada est bien démocrate.
En revanche, j'ai eu faux en Floride (De Santis a même eu un plus gros score que Scott ce qui est pour moi une surprise(, le Kansas et l'Iowa. Je prévoyais sept bascules il y en a eu sept (mais je n'avais pas donné de pronostics dans le Wisconsin).

Sur la Floride, je n'avais pas eu le temps de répondre, mais le score des républicains, qui ont gagné toutes le courses à l'échelle de l’État (sauf le commissionnaire à l'agriculture) alors que les démocrates ont 8.5 % d'avance dans tous les USA, est une excellente nouvelle pour le GOP, je pense que Trump est légèrement favori aujourd'hui pour gagner cet État en 2020, peut être que ça évoluera, mais les républicains avaient un mauvais candidat pour le gouverneur, un sortant à détrôner au sénat et un retard en point dans tout le pays.
Il ne faut pas surestimer ce référendum qui va donner le droit de vote aux anciens prisonniers, en 2017 avec l'Ouragan Maria, tout le monde disait que l'arrivée de Porto-Ricains en Floride allait favoriser Nelson, on a vu ce qu'il en était.


Concernant la Floride, Politico a pondu un article très intéressant, et qui vise assez juste je pense.
https://www.politico.com/magazine/story ... 020-222751
Contrairement à ce que l'on pourrait penser vu de loin, les USA sont réellement très décentralisés, même au niveau des grands partis. Il y a certes une structure centrale qui chapeaute l'ensemble à D.C, mais chaque parti a au niveau des états des organes propres ayant une certaine marge de manœuvre.
Et, clairement, en Floride, le parti républicain local semble nettement plus performant que le parti démocrate local (c'est l'inverse du Nevada). Le problème c'est que les démocrates de Floride ne semblent toujours pas avoir intégré que la communauté latino de leur état est en fait très différente de la communauté latino du reste du pays. Pour la Floride on peut sans doute parler de plusieurs communautés latinos. Dans les états de l'ouest et du sud-ouest, la communauté latino est très largement dominée par des Latinos issus de l'immigration continentale d'Amérique latine (Mexicains et Amérique centrale surtout). Ces derniers sont très influencés par les thématiques migratoires et par la question de la protection sociale. Les démocrates leur proposant une plate forme qui matche avec ces aspirations, ils votent dans ces états là très massivement en faveur de leurs candidats. Et dans plusieurs états (Californie, Nevada, Nouveau Mexique, Colorado, Texas, Arizona aussi depuis peu), les partis démocrates locaux ont fait de gros efforts pour augmenter les inscriptions et la participation électorale de ces électeurs latinos. Avec un certain succès visiblement. On notera que jusque dans les années 2000, les républicains arrivaient encore à être relativement compétitifs auprès de ces Latinos là, notamment dans les années Bush Jr, grâce à des campagnes mettant en avant les questions religieuses et l'agenda sociétal du GOP (Bush Jr obtenait entre 40 et 45% du vote latino à l'époque), avec un discours migratoire un peu plus compassionnel. Le GOP a complètement abandonné ce travail de terrain sociétal et s'est nettement raidi sur les questions migratoires, jetant dans les bras des démocrates ces électeurs qui votent désormais massivement pour eux (entre 60 et 80% selon les états et les années).
En Floride c'est nettement plus compliqué, et les républicains locaux semblent beaucoup plus malins que les démocrates locaux. En Floride, on a des communautés latinos plus diverses : grosse communauté américano-cubaine (qui pour des raisons historiques votaient massivement pour les républicains, par anti-castrisme), forte communauté porto-ricaine (qui a la nationalité américaine de plein droit, si ils s'inscrivent sur les listes électorales), et on a même une communauté d'origine colombienne assez conséquente. On a donc des communautés plus diverses, pas forcément aussi favorables aux démocrates qu'ailleurs. En 2008 et 2012, Obama et ses organisations de campagne avaient nettement travaillé le terrain pour augmenter les inscriptions chez les jeunes Latinos, et chez les Porto-Ricains. En 2008 et 2012 on avait ainsi vu un choc générationnel au sein des électeurs américano-cubains : les jeunes votaient démocrates, les vieux continuaient à voter républicains. Et les Porto-Ricains s'étaient mobilisés plus fortement que d'habitude. Obama avait empoché l'état grâce à ça.
Depuis, les démocrates locaux semblent n'avoir pas vraiment continué ce travail. Là où Scott, d'abord en tant que gouverneur puis en tant que candidat sénatorial, a lui courtisé ardemment les électeurs latinos, en ciblant notamment les différentes communautés (Cubains, Porto-Ricains, Colombiens) en leur envoyant des signaux adaptés. Nelson, le sénateur démocrate sortant, n'a semble t il pas du tout fait ce travail (au delà du symbole, rappelons que Scott est bilingue, pas Nelson, et que le premier a beaucoup plus investi que le second en publicité de campagne en langue espagnole). Quant à Gillum, le candidat démocrate pour le poste de gouverneur, il a sans doute souffert de son statut d'outsider sur les primaires. Il n'a pas vraiment eu le temps ni les moyens de se consacrer à ce travail de terrain dans les temps. Il a donc ciblé la communauté afro-américaine avec le symbole qu'il représentait pour eux. Et si il obtient des scores dantesques chez les électeur Porto-Ricains, ceux ci ne se sont pas déplacés pour voter (ni même pour s'inscrire d'ailleurs). Là aussi, le parti démocrate local n'a pas été très performant sur leur mobilisation apparemment.
Si on regarde les élections en Floride des 20 dernières années, c'est à chaque fois la participation différentielle qui détermine le vainqueur, ce qui en fait d'ailleurs un vrai swing state (où le favori est souvent défait depuis 2012). On notera aussi que pas mal de républicains floridiens tiennent un discours sur l'immigration nettement plus modéré que la moyenne par rapport au GOP national (comparé aux standards trumpiens ils sont même dangereusement pas nationalistes du tout :) ). Bref, les démocrates de Floride ont tort de considérer les électeurs latinos de l'état comme acquis (c'est sans doute le seul état de l'Union où ce n'est pas le cas), et par rapport à l'époque Obama ils ne font pas ce qu'ils devraient pour attirer et mobiliser cet électorat. Les républicains locaux eux le font.

jean24 a écrit:
Jean-Philippe a écrit:À la Chambre, la progression démocrate est la plus forte depuis 1974. En 2020, elle sera très probablement moindre.

Il est très peu probable que les démocrates progressent encore en 2020, même quand George.H.W Bush avait perdu sa réélection en 1992, les républicains gagnaient quand même 9 sièges dans le même temps à la chambre. Nixon qui avait perdu 12 sièges lors de ses premières midterms en 1970, en regagna 12 lors de sa réélection en 1972. Reagan en avait perdu 26 en 82 mais en gagna 16 en 84.


Autant je suis incapable de faire des prédictions sur la prochaine présidentielle à venir (beaucoup trop d'incertitudes sur le candidat démocrate et sur le contexte économique), autant sur le vote à la Chambre, je suis déjà prêt à parier que les démocrates conserveront leur majorité, et qu'ils grappilleront quelques sièges.
Déjà, il y a un constat politique difficile à évacuer depuis les deux dernières années : les électeurs démocrates se mobilisent très fortement, et de manière très inhabituelle, y compris sur des midterms. J'ai du mal à voir de nombreux districts où les républicains peuvent viser la bascule en 2020 : quelques districts ayant basculé de manière "inattendue" cette année (Oklahoma 05 ? Utah 04 ? Caroline du Sud 01 ?), les rares districts ruraux encore démocrates si les sortants se retirent (au Minnesota notamment ?). A l'inverse, les républicains ont désormais un vrai problème sur les zones péri urbaines, et ils leur restent encore pas mal de plumes potentielles à perdre dans ces zones là sur 2020 (surtout si les démocrates continuent à se surmobiliser).
Le gerrymandering va continuer à les protéger bien sur, mais leur gerrymanderng de 2010-2012 semble désormais un petit peu daté : des zones péri-urbaines qu'ils considéraient comme acquises sont désormais tangentes ou pro-démocrates. Les républicains vont devoir revoir leurs coups de ciseaux sur les découpages de 2020-2022 si ils veulent redonner un peu de force à leur bouclier. Mais sur 2020, ils auront le même découpage qu'en 2018. Et avec une participation supérieure, ça va être compliqué de seulement stabiliser la situation.
D'autant que, j'attends de voir, mais il n'est pas impossible que certains sortants républicains ayant senti le vent du boulet sur ces midterms (les républicains conservent pas mal de sièges de très peu) ne décident de jeter l'éponge en 2020 en estimant leurs chances sur une année présidentielle trop faibles. Là aussi, je suis déjà prêt à relever le pari : en 2020 les républicains devront de nouveau défendre plus de sièges ouverts que les démocrates.
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