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Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Jean-Philippe » Lun 19 Nov 2018 15:42

Nico78 a écrit:
Nico78 a écrit:En Californie, plusieurs élections de représentants sont toujours en attente de validation officielle.
Les Démocrates avaient déjà fait basculer la 25e circonscription (nord de Los Angeles), assez nettement.
Un 2e siège vient officiellement de basculer, le 10e (est de San Francisco) avec une victoire à 51.3% contre le sortant républicain.
Deux autres sièges (48 et 49) semblent assurer de basculer également car l'écart est net mais ils ne sont toujours pas officiellement reconnus comme tels.
Le 45 a vu son résultat évoluer ces dernières heures et place désormais le candidat démocrate en tête avec 50.8% contre le sortant républicain.
Enfin le district 39 (Orange), qui semblait pencher sans problème côte républicain jusque là, est incroyablement serré puisqu'à cette heure (selon la carte de CNN), le Républicain mène de ... 122 voix contre le démocrate sur près de 200.000 voix.
https://edition.cnn.com/election/2018/r ... rnia/house
Au total les Démocrates pourraient faire basculer 5 sièges et un 6e est à égalité.

Les Démocrates font finalement basculer 6 sièges en Californie (10-25-39-45-48-49).
https://edition.cnn.com/election/2018/r ... rnia/house
Les Républicains ne détiennent plus que 8 sièges sur 53 et aucun sur la côte.
L'ensemble du comté d'Orange est désormais démocrate, une révolution localement
https://pbs.twimg.com/media/DsH8lxUXoAAqGrQ.jpg:large


Ce qui est à noter également, c'est que sur les 8 sièges restants, les sortants (aucun nouveau candidat) l'emportent avec plus de 10 points d'avance dans seulement la moitié : 9,8 dans le 4e district, 2,2 dans le 21e, 7 dans le 22e, 5 dans le 50e. Je remarque de De Léon fait ses meilleurs scores face à Feinstein dans les fiefs républicains.

Pour revenir sur les performances des derniers RINO dans les Etats bleus du nord-est, le record est dans le Massachusetts où environ 25 à 30% des électeurs ont voté à la fois pour Baker et Warren, tous deux à la gauche de leur parti respectif. La tendance à voter pour deux candidats de partis différents, au Sénat et au poste de gouverneur, est à un plus bas historique depuis au moins 1990, indice d'une polarisation croissante de l'électorat américain, mais aussi d'un pourcentage variable de gouverneurs sortants qui se représentent (source).

Pour le New-Jersey, contrairement à ce que l'on pouvait penser, le sénateur sortant démocrate n'a pas plombé son camp à la chambre avec 80% des 5 sièges républicains qui basculent.

Deux républicains ont fait mieux dans leur course au Sénat que l'équilibre partisan de leur Etat le laissait penser : Romney a gagné de 32 points en Utah (Etat R+31), et dans le Mississippi, le sortant Roger Wicker a gagné par 20 points (Etat R+15).
En 2020, Jones en Alabama (R+27) devra fait aussi bien que Manchin (+33) et pas comme Heitkamp (qui a tout de même surperformé de 22 points. En face, ce sera dur pour les républicains de conserver le Maine (Susan Collins, très populaire) et surtout le Colorado (Cory Gardner, très conservateur) si une vague bleue de même force arrive.
Source
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Eco92 » Lun 19 Nov 2018 23:54

Via Le Monde j'apprends que dans ces six sièges au moins deux ont été remporté par d'ex républicains revendiqués :
- 39e circonscription : Gil Cisneros, au profil atypique (licencié en 2010 il a gagné à la loterie quelques semaines après, est devenu millionnaire et a créé une fondation donnant des bourses pour étudiants latinos), sans que l'on sache depuis quand il ne se considère plus du GOP ;
-48e circonscription, le fameux Rohrabacher, indéboulonnable élu proche des positions russes (au point d'être surnommé "candidat de Poutine") a été battu par Harley Rouda qui expliquait être encore républicain jusqu’en 2016, « mais Trump a tout changé ». On est donc dans un pur candidat anti-Trump, au point de changer d'allégeance et qui abat un symbole de l'ingérance russe (même pas masquée) au sein du GOP.

https://www.lemonde.fr/elections-americaines-mi-mandat-2018/article/2018/11/19/midterms-en-californie-grand-chelem-democrate-dans-le-comte-d-orange_5385348_5353298.html
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede ID19 » Mar 20 Nov 2018 18:24

Le moins qu'on puisse dire après ces élections c'est qu'on est retourné à une situation d'avant-2016 car les democrates ont gagné dans tous les états des grands lacs. De plus certains états du sud-ouest sont en train de devenir competitifs ou de devenir encore plus démocrates que ce qu'il etaient...
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Corondar » Mer 21 Nov 2018 03:33

Jean-Philippe a écrit:En 2020, Jones en Alabama (R+27) devra fait aussi bien que Manchin (+33) et pas comme Heitkamp (qui a tout de même surperformé de 22 points. En face, ce sera dur pour les républicains de conserver le Maine (Susan Collins, très populaire) et surtout le Colorado (Cory Gardner, très conservateur) si une vague bleue de même force arrive.
Source


Sauf coup de théâtre improbable au Mississippi, l'équilibre au Sénat devrait être de 53/47 en faveur du GOP.
En 2020, le siège démocrate d'Alabama devrait être une cause perdue (à moins que les républicains ne nominent à nouveau un candidat déplorable lors de leurs primaires :) ). C'est le seul siège que je vois les démocrates perdre sur cette série.
Les démocrates ont des chances plus que raisonnables dans le Maine (le vote de Collins pour Kavanaugh va la hanter, les démocrates ont déjà levé des millions de dollars pour la faire tomber) et le Colorado (l'état est de plus en plus bleu). Les sièges républicains de Caroline du Nord et d'Iowa sont moins évidents, mais loin d'être impossibles à conquérir (faudra voir les candidats...).
Vu les résultats de 2018, les sièges de Géorgie, d'Arizona, voire du Texas, sont des cibles potentielles. En Géorgie, si Abrams y va, vu son score sur une élection de midterms, sur une élection de présidentielle elle a clairement ses chances. En Arizona, si les républicains filent le siège de McCain en lot de consolation à McSally, là aussi, sur une année présidentielle ce sera loin d'être gagné pour McSally. Pareil pour le Texas, si O Rourke rempile, en année présidentielle il a ses chances.
Bien sur tout cela dépendra aussi du ticket présidentiel démocrate...

Petit point bilan sur ces élections de midterms. Même si tous les résultats ne sont pas définitifs, on peut déjà tirer pas mal de conclusions.
On va déjà s'arrêter sur le vote populaire. Ce cru de midterms est historique : le taux de participation avoisine les 50%. Contre entre 35 et 40% sur les précédentes élections de midterms. Par rapport à 2014, on est passé de 83 millions de votants à 116 millions ! Certains états (Texas, Arizona...) ont connu des taux de participation dignes d'une élection présidentielle.
Les démocrates devraient finir avec entre 60 et 63 millions de voix, les républicains autour de 50-52 millions. De tous les chiffres qu'on pourra analyser de cette élection, c'est celui là qui devrait inquiéter le plus les républicains : sur une élection de midterms (traditionnellement plus démobilisatrice pour les démocrates que les républicains), les démocrates vont obtenir un score en voix très proche de celui des candidats de la présidentielle précédente (les candidats démocrates vont rassembler presque autant de voix que Trump en 2016, un peu plus ou un peu moins, et ils ne seront pas si loin que ça du résultat de Clinton...).
C'est une première : jamais un parti sur des midterms n'avait égalé en voix le score d'un candidat présidentiel deux ans plus tôt. Le précédent record en voix pour un parti sur des midterms datait de 2010 : 45 millions pour le GOP. Si les républicains explosent ce record (signe que leur base s'est tout de même mobilisée), la base démocrate s'est elle mobilisée au delà de tout précédent. Fivethirtyeight a pondu un article intéressant sur le sujet :
https://fivethirtyeight.com/features/tr ... nt-enough/
En plus de ce différentiel de mobilisation partisane, les démocrates ont bénéficié du ralliement de plusieurs électorats tangents : les indépendants, les femmes et les populations aisées et éduquées des banlieues. Si le GOP et Trump veulent avoir une chance en 2020, il va falloir travailler sur tout ça : que la base démocrate ne se mobilise pas plus que la leur, et essayer de récupérer des parts de marché sur les électorats tangents. Plus facile à dire qu'à faire...

Avant de passer à un panorama plus précis au niveau des états, je vais m'arrêter sur 3 bascules hors norme. Les démocrates ont gagné tous leurs districts safe et likely. Par contre les républicains ont perdu un district safe et deux likely. La bascule la plus inattendue de toutes : la 05 de l'Oklahoma. Un district ultra rouge, avec un sortant en plus. Il n'apparaissait sur les radars de personne. Ici comme ailleurs, le poids des démocrates urbains a semble t il débordé sur les banlieues. Il est possible que le sortant ait été plombé par le bilan assez catastrophique du gouverneur républicain. Mais même ainsi ça reste extraordinaire (d'autant que le démocrate l'emporte avec tout de même 2300 voix d'avance). Comme on constate le même genre de phénomènes dans les districts les plus urbanisés du Kansas ou de l'Utah, c'est à surveiller...
On a également le 01 de Caroline du Sud. Là aussi l'avance du démocrate est tout de même signifiante : 4000 voix. Ici, le sortant républicain, plus centriste, avait été défait lors des primaires par un candidat très trumpiste, qui a mené une campagne très à droite. Il semblerait que le démocrate ait joué à plein de cette situation pour apparaître comme plus modéré, et empocher la mise.
Enfin, le 11 de New York. Là aussi, je l'ai pas vu venir :). Ce qui est vraiment étonnant ici c'est que le sortant, pourtant bien implanté, se prend une tôle : 11 000 voix de retard. Ce district réussit l'exploit d'être moins disputé que les deux districts à enjeu de l'état, les 19 et 22, qui basculent bien, mais avec des marges moins grandes. Dans le cas du 11, c'est le district de Statten Island qui bascule. On était censé être sur un bastion républicain (pointe sud ouest de NYC). Ici, la bascule des votes péri urbains a été énorme et inattendue. Seuls les districts républicains de Long Island (districts 01 et 02, pointe sud est de NYC) ont résisté (mais on notera que là aussi la poussée démocrate a été très forte).
Petit focus sur ces 3 districts atypiques pour là aussi mettre le doigt sur un panorama global inquiétant pour les républicains : beaucoup de districts républicains ont été gardés de peu, avec des sortants et sur une élection de midterms. Mon petit doigt me dit que beaucoup de représentants et d'états majors républicains doivent regarder la carté à venir lors du scrutin présidentiel de 2020 avec appréhension : si on part sur une participation démocrate supérieure à ce qu'on a vu là (schéma classique entre des midterms et des présidentielles pour les démocrates), alors beaucoup de sièges républicains sont clairement menacés dans deux ans.

Pour le panorama par état, j'irai très vite sur certains états.
(Suite à venir...)
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Tirnam » Mer 21 Nov 2018 09:31

Une nouvelle bascule pour les démocrates : dans le 4e district de l'Utah McAdams bat la sortante Love par un peu moins de 700 voix. Chez les républicains il ne reste plus qu'un seul représentant afro-américain, Will Hurd de la 23e du Texas qui a été réélu de justesse.

233 sièges pour les démocrates, 199 pour les républicains.
199 sièges pour les républicains ça comprend toujours le 21e district de Californie où le républicain sortant Valadao a été annoncé vainqueur mais où le démocrate Cox ne cesse de rattraper son retard. Une victoire démocrate n'est pas du tout à exclure. (Globalement les cas où les médias ont annoncé un vainqueur un peu trop précipitamment auront été nombreux cette année).

Au final on devrait avoir les démocrates avec soit 234 ou 235 sièges, les républicains avec soit 201 ou 200 sièges. Soit un gain net pour les démocrates de 39 ou 40 sièges.
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede PhB » Mer 21 Nov 2018 11:27

Corondar a écrit:. Pour le symbole : vous pouvez traverser toute la façade pacifique des USA du Canada au Mexique en ne traversant aucun district républicain désormais (pareil en Nouvelle Angleterre avec la bascule du 02 du Maine : les républicains n'y possèdent plus aucun district).

Presque.
La 3e de l'État de Washington résiste encore à l'envahisseur démocrate et interrompt cette traversée.
La traversée républicaine Nord-Sud reste possible entre le Dakota du Nord et le Texas. Dans le sens Est-Ouest également, la traversée complète de l'Atlantique au Pacifique n'est possible qu'en terres républicaines.

https://lemonde.fr/les-decodeurs/articl ... 55770.html
Consulter la "carte classique".
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Corondar » Jeu 22 Nov 2018 04:25

PhB a écrit:
Corondar a écrit:. Pour le symbole : vous pouvez traverser toute la façade pacifique des USA du Canada au Mexique en ne traversant aucun district républicain désormais (pareil en Nouvelle Angleterre avec la bascule du 02 du Maine : les républicains n'y possèdent plus aucun district).

Presque.
La 3e de l'État de Washington résiste encore à l'envahisseur démocrate et interrompt cette traversée.
La traversée républicaine Nord-Sud reste possible entre le Dakota du Nord et le Texas. Dans le sens Est-Ouest également, la traversée complète de l'Atlantique au Pacifique n'est possible qu'en terres républicaines.

https://lemonde.fr/les-decodeurs/articl ... 55770.html
Consulter la "carte classique".


Mince, j'avais raté que le 03 de Washington avait un accès sur l'Océan :). J'avais bien dit dans mes pronos que je connaissais mal les états du nord ouest :). Allez, on dira qu'on peut quand même aller de Portland à San Diego sans traverser de district républicain, c'est déjà notable :).

Retour sur les résultats états par état avec comparatif de mes pronos...

Alabama, Alaska et Arkansas : RAS, c'était facile de pas se tromper là dessus. 3 états rouges, même si l'Alaska l'est moins qu'on pourrait le penser (53.5%/46.5% pour le district de la Chambre, c'est pas non plus un score fleuve pour le candidat républicain). Seul gain des républicains pour le poste de gouverneur sur la série.
Arizona : là j'ai eu bon. Le siège sénatorial a bien basculé pour les démocrates, et le district 02 aussi. Mais le résultat global est nettement plus positif pour les démocrates que je ne le pensais : Synema l'emporte nettement (elle va dépasser la majorité absolue des suffrages malgré une candidate verte qui l'handicapait plus que son adversaire), tous les districts qui votent démocrates le font très nettement, y compris celui qui bascule (les démocrates empochent environ 1 181 000 voix sur la Chambre au niveau de l'état, contre 1 159 000 pour les républicains), et les démocrates s'emparent de deux postes de l'exécutif local (le secrétariat à l'éducation et le secrétariat d'état). Tout cela semble confirmer ce que l'on entrevoyait dès 2016 : l'Arizona est bien un swing state désormais (qui a voté massivement sur ces midterms avec un taux proche d'une présidentielle).
Californie : l'état le plus peuplé de l'Union devient une terre de mission pour les républicains. Le bastion du comté d'Orange n'est plus. Les dernières remontées des votes par correspondance ont enterré les républicains sous un tsunami bleu dans cet état : j'avais pronostiqué 5 bascules (les 10, 39, 45, 48 et 49), j'ai été un peu timide...Le 25 a aussi basculé (je pensais le sortant plus solide), et, bien qu'il ait été annoncé comme conservé par le GOP, dans le 21 c'est désormais plus incertain (le sortant républicain a désormais moins de 500 voix sur le démocrate). Les républicains conservent le 50 de peu. Ils vont se retrouver avec seulement 7 ou 8 sièges sur 53 (soit un maigrelet 13% ou 15% de la représentation de cet état à la Chambre : pour l'état le plus peuplé c'est incroyablement peu). Et je ne vois pas comment le GOP peut espérer récupérer du terrain à moyen terme étant donné ce qu'il est devenu et ce que la Californie est devenue (rappelons que les électeurs ont repoussé à 55% l'initiative référendaire des républicains visant à abolir les taxes démocrates sur l'essence : vu de chez nous c'est assez incroyable :) ). Ce qui est problématique pour les républicains (en plus de jeter dans les bras des démocrates l'état le plus peuplé de l'Union) c'est qu'ils perdent aussi là certainement une base arrière puissante avec le comté d'Orange (tout un tas de donateurs et de réseaux ne s'en relèveront sans doute pas...).
Colorado : un sans faute (pas trop difficile non plus). L'état est de plus en plus bleu, les démocrates sont désormais majoritaires dans la représentation à la Chambre (4 sièges contre 3 avec la bascule du 03 qui voit le sortant républicain largué 11 points derrière le démocrate), ils s'emparent du trifecta dans l'état avec la bascule du Sénat local, et ils font élire le premier gouverneur ouvertement homosexuel de l'histoire (pour un état qui passait pour très conservateur, il y a encore peu, c'est assez révélateur). Cet état sort de plus en plus de la zone swing state (le siège sénatorial républicain est dans le viseur démocrate en 2020).
Connecticut et Delaware : RAS (qui en doutait ?).
Floride : ah, la Floride...tout un roman...Je me suis planté sur le sénat et le gouverneur (de peu dans les deux cas ceci dit, Floride oblige), pour la Chambre je suis plutôt pas mal (j'avais pronostiqué la bascule des 15, 26 et 27, seul le 15 me fait mentir). Je pense que les démocrates ont sous performé par rapport à mes estimations dans la zone entre Tampa et Orlando (les républicains sauvent le 16 ici, et je pense que c'est là qu'ils gagnent le Sénat et le gouverneur). Rappelons un élément peu souvent évoqué : Scott a injecté des sommes folles de sa propre fortune (il est milliardaire) pour financer sa campagne (il l'avait déjà fait pour ses campagnes de gouverneur). Résultat : il a déboursé 70 millions pour sa campagne, contre 30 millions pour le démocrate Nelson. Je pense que ça a joué. Je suis plus que sceptique face aux commentaires qui disent que la Floride devient plus rouge : elle reste la mère des swing states, toujours aussi disputée, et toujours aussi incapable d'assurer des remontées de résultats crédibles et efficaces (bis repetita). Surement la seule vraie grosse déception pour les démocrates sur cette séquence électorale, mais la réintégration des 1.5 millions d'ex détenus sur les listes électorales peut leur redonner un peu le sourire pour la suite...
Géorgie : alors là j'ai été très mauvais :). Je pronostiquais un statu quo au niveau de la Chambre et la bascule du poste de gouverneur. Le gouvernorat reste aux mains des républicains, les démocrates font basculer le 06 et le 07 semble leur échapper d'un cheveu. On notera une participation exceptionnelle avec une hausse dantesque par rapport à l'élection de 2014. Je pense que le gouverneur élu l'est en partie sur un tripatouillage peu démocratique des listes électorales. Là aussi la poussée démocrate aperçue précédemment se confirme, et dans un état aussi afro-américain, les démocrates peuvent espérer. Si ils continuent à mobiliser leur base afro-américaine (en augmentant l'inscription et la participation), ils ont leurs chances (d'autant que le nouveau gouverneur va pouvoir servir d'épouvantail). La candidate démocrate défaite pour le poste de gouverneur devrait viser le siège sénatorial en 2020, à sa place, c'est ce que je ferai...
Hawaï et Idaho : RAS
Illinois : là aussi vague bleue assez facile à prévoir. Pour le poste de gouverneur la bascule était déjà pliée avant même que la campagne ne commence. Un trifecta de récupéré pour les démocrates. Pour le prono à la Chambre j'ai tout bon : bascule des 06 et 14, et maintien des 12 et 13 aux républicains. Petite surprise néanmoins : le 13 est plus disputé que le 12, j'aurais dit l'inverse...
Indiana : pour la Chambre, RAS. Pour le Sénat, un gros fail : j'ai surestimé la faiblesse du candidat républicain. Ici l'effet Trump-Kavanaugh a joué à plein. Ce qui est étonnant c'est qu'en terme d'écart, Donnelly ne fait pas mieux que McCaskill au Missouri.
Iowa : à la Chambre, j'ai bon. Les 01 et 03 basculent (et contrairement à l'Illinois pas de surprise : le 03 est plus disputé que le 01), le 04 est conservé par les républicains (de peu, vu le PVI du district il se confirme que même pour un district aussi rouge King est quand même très à droite...). Je me suis planté pour le poste de gouverneur : il ne bascule pas, mais d'assez peu. J'ai surement un peu sous-estimé le poids de la sortante dans un état plus rural (par opposition au Wisconsin, où la réélection de Walker sur le fil m'aurait moins étonné, mais l'état étant plus peuplé et plus urbanisé il est plus sensible aux votes sanctions...).
Kansas : contrairement au précédent état, j'ai eu raison de pronostiquer la bascule du poste de gouverneur. Pour la Chambre j'ai eu bon sur la bascule du 03 (qui est beaucoup plus nette que ce à quoi je m'attendais cependant : la poussée démocrate dans les aires urbaines des états rouges a été clairement supérieure à mes prévisions), pas sur celle du 02 (ce qui est un poil plus étonnant puisque contrairement au 03 le siège était ouvert, mais moins urbain aussi...). Globalement je m'en sors bien sur cet état.
Kentucky et Louisiane : RAS (j'ai failli me gourer sur le 06 du Kentucky, mais il est bien conservé de peu par les républicains).
Maine : c'est l'inverse du Kentucky, j'ai eu tort de maintenir le 02 dans l'escarcelle républicaine. Mais là aussi c'est de peu (j'ai mal appréhendé le nouveau système de vote préférentiel). Pour le poste de gouverneur en revanche j'ai eu bon : la bascule est franche pour les démocrates. Je serais Collins (la sénatrice républicaine sur le bulletin de vote en 2020) je commencerais déjà à faire campagne : vus les résultats sur l'ensemble de l'état et son vote pour Kavanaugh, elle est l'une des sortantes républicaines les plus en danger en 2020...
Massachusetts et Maryland : RAS (là aussi y avait guère de suspens...).
Michigan : un très mauvais résultat pour les républicains ici. Le poste de gouverneur bascule très nettement, les 2 sièges tangents basculent (contre un seul dans mon pronostic), mais surtout les démocrates ont joué un tour pendable aux républicains avec les référendums. L'usage récréatif de la marijuana est légalisée, la création d'une commission non partisane pour redessiner les districts de manière neutre est validée, et, surtout, l'état autorisera désormais l'inscription sur les listes électorales le jour du vote (avec une inscription automatique dès l'obtention ou le renouvellement d'un permis de conduire, et, cerise sur le gâteau, désormais sur les bulletins de vote à rallonge si vous ne cochez que le premier nom d'un parti (républicain ou démocrate), on considère que vous votez pour tous les candidats du même parti sur le bulletin. Tout cela va faire beaucoup d'aides pour les démocrates sur les prochains scrutins. Avec un découpage moins gerrymandé, les démocrates peuvent espérer reprendre l'avantage au niveau des districts (après ces midterms les démocrates et les républicains ont chacun 7 sièges malgré des démocrates nettement majoritaires en voix). Seul petit rayon de lumière pour les républicains : la course sénatoriale a été plus serrée que prévue (6 points d'avance pour la sortante démocrate). Mais vu les autres résultats sur l'état je mets plus ça sur le compte d'un essoufflement du sortant et un bon candidat côté républicains ?
Minnesota : presque un sans faute. Pour le gouverneur et les 2 postes sénatoriaux j'ai eu tout bon (les démocrates récupèrent aussi la majorité dans la chambre basse locale). Pour les districts à la Chambre j'y étais presque : les démocrates basculent bien les 02 et 03 (là aussi le poids des démocrates dans les zones urbaines et péri urbaines est net). Je voyais les républicains basculer le 08 nettement, mais je les voyais échouer sur le 01. Ils obtiennent les deux (de peu pour le 01) : ce sont là les deux seuls gains républicains de tout le pays. Résultat : la représentation de l'état reste inchangée au global (5 contre 3 pour les démocrates), mais beaucoup de mouvements internes...Par contre pour le district 07, dès que le sortant démocrate ne rempilera pas, le siège basculera au GOP.
Mississippi : RAS
Missouri : je pensais que McCaskill avait plus la baraka que ça :). Là aussi l'état est définitivement très rouge et plus un swing state. Mais l'adversaire de McCaskill étant plus dangereux que celui de Donnelly en Indiana, on peut dire qu'elle ne démérite pas tant que ça avec son résultat.

(La suite prochainement...).
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Jean-Philippe » Jeu 22 Nov 2018 23:10

Merci à Corondar pour ce dernier récapitulatif.
On a parler de la participation exceptionnelle. Il faut remonter à 1914 pour retrouver une participation comparable lors des élections de mi mandat.

Sur l'ensemble des chambres législatives des États, les démocrates progressent d'au moins 350 sièges. On a déjà dit que les démocrates avaient renversé la majorité dans 6 assemblées locales (21 pour les républicains en 2010) : le Sénat du Colorado , la chambre et le sénat du New Hampshire , la chambre du Minnesota , le Sénat du Maine et celui de l'État de New York. En outre, le Sénat du Connecticut est passé d’une égalité à une majorité démocrate. Dans 3 États (Pennsylvanie, Michigan et Caroline du Nord), les démocrates sont majoritaires en voix mais pas en sièges à la chambre locale. Les démocrates ont également battu les supermajorités législatives républicaines en Caroline du Nord, Michigan et Pennsylvanie et a obtenu une supermajorité législative dans les deux chambres de Californie et de l’ Oregon . Dans le même temps, les républicains ont pris le contrôle d'une seule chambre, celle de l' Alaska et ont progressé parfois comme dans l'Alabama. Seul le Minnesota a un parlement divisé (chambre démocrate, sénat républicain) : c'est un minimum depuis 1914.
Les scrutins de 2019 et surtout de 2020 seront décisifs en vue du redécoupage électoral appliqué en 2022.

À la Chambre, la progression démocrate est la plus forte depuis 1974. En 2020, elle sera très probablement moindre.
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Corondar » Sam 24 Nov 2018 04:33

Suite et fin du comparatif prono/résultat...

Montana :
J'ai eu bon, mais il s'en est fallu de relativement peu que le siège sénatorial ne bascule. Les républicains ont vraiment commis une grosse erreur dans le choix de leur candidat (un homme né dans le Nord Est avec un fort accent de Nouvelle Angleterre, face à un type du terroir comme Tester, c'était folie dans un tel état). Mais soulignons l'exploit de Tester : il obtient finalement une avance un poil supérieure à celle de Manchin en Virginie Occidentale, et lui est réélu malgré qu'il ait voté contre Kavanaugh. Chapeau...Pour le poste à la Chambre, on notera que le Montana confirme qu'il est moins rouge qu'il n'y parait : le sortant républicain n'a que 4.5 points d'avance sur son challenger démocrate.

Nebraska : RAS

Nevada : les élections se suivent et se ressemblent de plus en plus dans cet état. Encore une fois les sondeurs ont sous-estimé les démocrates (je pense qu'ils ont un petit problème d'échantillonnage avec cet état, peut-être aussi pour la Floride ?). Il faut dire aussi que dans cet état le parti démocrate local est redoutable (bien organisé et structuré avec de nombreux relais dans les syndicats des casinos, des candidats solides), là où le GOP a l'air nettement plus à la peine (là aussi les républicains s'obstinent à miser sur les mauvais chevaux). L'état bleuit lentement mais surement : en cause le poids démographique de plus en plus prépondérant de la métropole de Las Vegas, face aux zones rurales républicaines en déclin. Tout cela se double d'une "revanche" interne à l'état : pendant longtemps les élus républicains du nord de l'état ont imposé au sud, pourtant plus peuplé, leurs vues. Le rapport de force s'est complètement inversé. Bilan : le siège sénatorial et le poste de gouverneur bascule assez nettement (environ 5 points dans les deux cas). Pour ce dernier le gouverneur sortant républicain, qui ne pouvait se représenter, a salement savonné la planche de son possible successeur issu du même parti. Les démocrates s'emparent donc du trifecta (ils avaient déjà basculé les assemblées locales il y a 2 ans), et conservent très facilement les 3 districts (sur 4) qu'ils détenaient déjà (malgré deux postes ouverts).
Un état qui sort de plus en plus de la zone swing state au profit des démocrates (mais il n'en est pas encore sorti complètement, mais ça va venir...).

New Hampshire : prono validé. Le 01 était une des rares cibles républicaines : les démocrates le gardent sans se fatiguer. Le gouverneur républicain, pourtant populaire, est réélu mais sans briller excessivement (7 points d'avance). Signe de cet équilibre : les deux assemblées locales basculent aux mains des démocrates, les républicains perdent leur trifecta. C'est l'un des rares états où le poste de gouverneur ne dure que 2 ans : en 2020 le siège sera une cible démocrate...

New Jersey :plutôt un bon cru pour mes pronos. Menendez, malgré ses casseroles (mais son adversaire républicain en avait aussi), est bien réélu, avec une marge pas exceptionnelle (10 points), mais nettement plus brillante que celle de Cruz au Texas. Surtout la vague bleue a bien frappé sur les districts à la Chambre : les républicains ne conservent qu'un seul siège sur les 5 dont ils disposaient (je les voyais en garder deux). Les démocrates passent de 7 à 11. Tout cela ressemble à un fiasco pour le GOP local après avoir perdu le poste de gouverneur l'année dernière...

Nouveau Mexique :petite surprise ici, le 02, dernier district républicain de l'état (le plus rural) bascule aux mains des démocrates (ce n'est pas encore officiel, mais ça a l'air bien parti). Avec la bascule du poste de gouverneur (siège ouvert) très nettement (presque 15 points d'avance) et la ballade de santé du sénateur démocrate sortant (54% des voix dans une triangulaire, 24 points d'avance sur le républicain) confirment ce que l'on savait déjà : c'est désormais un état très très bleu (je comprends toujours pas comment certains ont pu penser qu'en 2016 il serait un swing state).

New York :presque un sans faute, la bascule surprise du 11e district me faisant trébucher. Pour le reste l'état confirme son statut de bastion démocrate (là aussi les districts péri urbains républicains tremblent), avec une sénatrice et un gouverneur sortants réélus triomphalement. En gagnant 3 sièges, les démocrates ne laissent aux républicains que 6 districts sur les 27 de l'état.

Caroline du Nord :je pronostiquais la bascule du 09, le sortant républicain le conserve de peu (900 voix d'avance). Un état où le gerrymandering massif coûte cher aux démocrates : malgré plus d 1.770 millions de voix (contre 1.845 millions pour les républicains, sachant que leur sortant du district 03 était seul en lice, empochant à lui seul près de 188 000 voix contre 0 voix démocrate dans son district), les démocrates se contentent de conserveur leurs 3 sièges face aux 10 sièges républicains...

Dakota du Nord :RAS. Heitkamp était déjà très mal partie, avec son vote contre Kavanaugh elle avait scellé son destin (en conscience certainement).

Ohio :j'ai eu le nez creux en pronostiquant le satut quo : les républicains conservent bien le poste de gouverneur, le sénateur démocrate est réélu, et rien ne bouge à la chambre (4 sièges pour les démocrates, 12 pour les républicains). C'est un peu comme le Nevada : il est pas encore complètement sorti de la zone swing state mais ça va venir...

Oklahoma :un fail avec la bascule du 05. Mais c'était tellement improbable que j'ai pas de regret là dessus :). Pour le poste de gouverneur par contre j'ai eu raison : il reste aux mains des républicains (plus facilement que ce que les sondages prévoyaient).

Oregon :RAS, là aussi les démocrates conservent le poste de gouverneur un peu plus facilement que ce que les sondages laissaient entendre...

Pennsylvanie :un sans faute sur cet état, dont je suis assez fier je dois avouer :). Pour le sénateur et le gouverneur démocrates, ils sont réélus très facilement. Pour les districts j'ai la bonne combinaison : 9 sièges pour les démocrates, 9 pour les républicains avec les bonnes bascules et les bons maintiens :). Par contre il s'en est fallu d'assez peu que les démocrates n'alourdissent la facture (les républicains conservent d'assez peu les 01, 10 et 16). De toutes les bascules opérées par Trump en 2016 c'est clairement celle qu'il aura le plus de mal à réitérer je pense...

Caroline du Sud, Rhode Island, Dakota du Sud et Tennessee :à part la bascule assez étonnante du 01 de Caroline du Sud (que j'ai évoquée dans un de mes posts précédents), pas grand chose à signaler. Un statu quo à tous les étages, et un relatif flop pour la candidature Bredesen au Tennessee (10 points de retard c'est plus que ce que j'imaginais).

Texas :grosse sensation de la séquence électorale. Je répète depuis déjà plusieurs années sur ce forum que le Texas n'est plus la citadelle républicaine inexpugnable qu'il fut précédemment, et qu'à moyen ou long terme il a le potentiel pour devenir un swing state. Je me suis peut-être trompé sur la temporalité de l'évolution : ce sera peut-être plus rapide que ce que je pressentais. Tout cela sur fond de participation exceptionnelle. Après l'alerte (relative) de la présidentielle de 2016, c'est une confirmation.
Le score de Cruz est très mauvais : à peine 217 000 voix d'avance, 2.5 points de pourcentages. Et vu comment ça a pas été terrible pour les républicains à tous les autres échelons de l'état, on peut même pas trop charger la mule sur l'efficacité d'O Rourke côté démocrates. Dans les assemblées locales la poussée démocrate a été très nette (sans aller jusqu'à la bascule, mais c'est clairement à surveiller pour la suite), et au niveau des districts à la Chambre, les démocrates, au delà de leurs 2 seuls gains (j'ai eu bon à mes pronos puisque je voyais le 23 rester aux mains des républicains, mais ça se joue à pas grand chose), enregistrent des progressions très fortes dans plusieurs districts assez imprévus (le 02, le 06, le 10, le 22, le 24). A mon avis dans cet état les démocrates et les républicains ne regardent plus la carte de la même manière. C'est d'autant plus mauvais pour les républicains que l'état est fortement gerrymandé. En cause là aussi des évolutions démographiques très favorables aux démocrates : les comtés urbains connaissent une croissance exponentielle, ce qui va poser de plus en plus de problèmes aux républicains. Si les démocrates continuent à obtenir plus de 60% dans les districts en question (les 5 plus peuplés de l'état représentent plus de 40% de sa population totale), il n'y aura bientôt plus assez de comtés ruraux pour compenser (dans lesquels les scores républicains ont plutôt tendance à stagner autour des 75-80%, il faudrait qu'ils montent jusque dans les 90% pour compenser, peu probable ?). Seul point positif pour les républicains : le gouverneur sortant est lui réélu confortablement (mais avec 13 points d'avance c'est toujours nettement moins impressionnant que pour les gouverneurs démocrates de Californie ou de New York).
Et même si le Texas n'est pas encore mur pour la bascule à court terme, si déjà les républicains ne peuvent plus le considérer comme acquis et qu'ils doivent mouiller la chemise (ce qui dit plus d'argent et de temps de campagne à lui consacrer), c'est déjà une très mauvaise nouvelle (c'est ça de moins pris à d'autres états tangents).

Utah :si c'est moins notable que le Texas (vu le poids de l'état), c'est tout de même une autre surprise pour moi. En 2016, le comté de Salt Lake City avait placé Clinton en tête. Je pensais alors que c'était très conjoncturel : Trump a un problème d'image auprès des Mormons, et ce résultat s'obtenait avec la présence d'un troisième candidat, mormon, qui divisait le vote conservateur. Le résultat de l'élection sénatoriale dans le même comté est tout bonnement hallucinant : cette fois le candidat est Romney (100% mormon approved) et on est en duel. Et bien le sénateur élu n'obtient que 5 points de pourcentage de plus que son adversaire démocrate dans ce même comté (à peine 20 000 voix d'avance sur près de 400 000 suffrages) ! Et le comté de Summit (banlieue orientale de Salt Lake City, assez huppée), préfère carrément voter en faveur du démocrate !
D'où mon erreur sur cet état : malgré les sondages je ne croyais pas la bascule du 4e district possible. Pour 700 voix environ c'est pourtant ce qui s'est passé : les républicains ne possèdent plus la totalité de la représentation parlementaire de l'état au Congrès fédéral. Pour un tel état c'est tout bonnement incroyable. Les républicains semblent bien avoir un problème avec l'électorat urbain (c'est pas nouveau) et péri urbain (c'est plus récent).

Vermont :RAS. Un gouverneur RINO plus populaire chez les démocrates que chez les républicains, dans un état très libéral qui fait un triomphe au sénateur le plus populaire de l'Union : Bernie Sanders.

Virginie :un autre sans faute dont je suis assez fier. On peut retirer cet état de la liste des swing state sans trop de scrupule désormais : il sera passé de très rouge à très bleu en à peine 15 ans. Les démocrates sont désormais très majoritaires. Prochaine étape pour eux : s'y emparer du trifecta en faisant basculer les assemblées locales (ça devrait pas être trop dur...).

Washington :RAS. Les démocrates basculent bien le siège tangent, affirmant leur emprise très nette sur cet état désormais.

Virginie Occidentale :Manchin est réélu, mais moins nettement que je ne le pensais. Là aussi les républicains peuvent se mordre les doigts de leur choix de candidat. Et Manchin a eu raison de voter pour Kavanaugh. L'inverse de l'Utah néanmoins : pour les districts à la Chambre j'ai eu raison de ne pas croire en la bascule du 03 (même si le score d'Ojeda, vu le PVI du district, reste exceptionnel).
Un état rouge vif, dont le siège sénatorial basculera aux républicains sans coup férir dès le retrait de Manchin (même si les républicains locaux ont quand même un petit souci avec la ligne anti couverture santé et anti syndicats du GOP national).

Wisconsin :j'ai eu bon : le gouverneur Walker est défait et rien ne bouge à la Chambre (merci le gerrymandering : 1 336 000 voix pour les démocrates, 1 171 000 pour les républicains, et pourtant ces derniers conservent 5 des 8 sièges de l'état, dont un district démocrate tellement bleu qu'ils n'y ont même pas présenté de candidat). La sénatrice démocrate sortante confirme son implantation : elle est réélue facilement. En plus du gerrymandering, il se confirme que les manoeuvres du gouverneur défait pour réduire la participation ont fonctionné : après la présidentielle de 2016, il se confirme que c'est pas l'état le plus civique de l'Union. Mais ce ne fut pas suffisant pour sauver la tête de Walker : il est défait, faisant perdre le trifecta aux républicains.

Wyoming :RAS

Bikan : je voyais un score de 228 sièges à la Chambre pour les démocrates. Ils en auront vraisemblablement 233 ou 234. J'ai été plutôt bon sur cet échelon là (sur le vote populaire aussi).
Pour les postes de gouverneurs, je voyais un 25/25. On aura un 27/23 pour les républicains (qui me font mentir sur la Floride et la Géorgie). Là aussi c'est plutôt pas mal.
Pour le Sénat par contre je suis nettement moins performant. Je pronostiquais un maintien du 51/49, et je voyais chaque camp naviguer entre 50 et 52 sièges au maximum. Finalement on aura un 53/47 pour le GOP (effet Trump-Kavanaugh très net dans les états les plus rouges où les sortants démocrates n'ont pas résisté, sauf dans le Montana et en Virginie Occidentale, et bascule d'un cheveu pour la Floride).

Pour un bilan au delà de mes pronostiques (dont l'exercice est toujours un peu vain :) ), la vague bleue est nette et difficilement contestable (même si Trump s'y emploie). Les républicains ont un problème avec l'Amérique urbaine et péri urbaine, les démocrates avec l'Amérique rurale. Cela ne préjuge pas des résultats futurs de 2020. Trump ne serait pas le premier président à subir une défaite sur ses premières midterms et à être réélu.
On notera quand même que ses prédécesseurs qui ont connu ce cas de figure (Reagan, Clinton et Obama) avaient tous 3 effectué un virage centriste après la défaite, en reconnaissant une part de responsabilité dans les résultats. Trump n'a pas du tout choisi cette option : il a gagné, si ce n'est pas le cas il n'y est pour rien, et tout ce qui s'apparente de près ou de loin à un adversaire est un imbécile ou pire (les juges sont des agents démocrates, le chef de la SCOTUS est un imbécile, confirmant que Trump et la séparation des pouvoirs c'est une vue de l'esprit, les soldats à la retraite qui le critiquent sont des traîtres vendus aux démocrates, les journalistes qui veulent exercer leur droit au premier amendement sont des nuisibles, les immigrants restent tous des ennemis menaçant la sécurité nationale, sa fille Ivanka qui vient de commettre la même erreur que Hillary concernant des emails gouvernementaux sur un serveur privé n'a rien à se reprocher contrairement à Hillary, le représentant démocrate Adam Schiff a été la cible d'une attaque scatologique avec un jeu de mot de bac à sable concernant son nom dans un tweet présidentiel, et ce n'est là qu'un "résumé" fugace de l'actualité présidentielle des derniers jours, et j'en oublie sans doute plein...). Autre élément inquiétant : ces résultats électoraux s'obtiennent dans un contexte de croissance économique forte et de chômage faible. Mais les signes actuels de l'économie américaine présentent plutôt des signes d'un ralentissement à venir, voire d'un début de crise. Et quand celle ci frappera (l'année prochaine ? l'année d'après ?) les caisses seront vides pour y faire face...
Bref, si les républicains et Trump veulent gagner en 2020, il va falloir que certains éléments électoraux changent d'ici là (récupérer certains indépendants, certaines électrices et certains banlieusards...), que l'économie ne se dégrade pas trop. Si en plus les démocrates pouvaient se déchirer dans des primaires sanglantes et populeuses (les républicains l'ont fait en 2016, ils ont gagné quand même...) avec au bout du processus un mauvais candidat (plus mauvais qu'Hillary ça va être compliqué quand même :) ), ce serait un plus.
Concernant ce dernier point d'ailleurs, la fin des midterms ouvre officiellement la saison présidentielle (et oui, déjà, aux USA c'est une campagne permanente :) ). Je suis totalement incapable de prédire qui va sortir du chapeau côté démocrates. Un des favoris actuels ? Si oui, le(a)quel(lle) ? Un candidat à peine ou pas du tout sur les radars à l'heure actuelle ?
Ma seule certitude : le parti démocrate est sur un créneau de plus en plus libéral (au sens américain du terme : donc à gauche selon les critères US), le GOP de plus en plus à droite (et de plus en plus à l'image de Trump, c'est à mon avis sa seule vraie victoire sur la séquence : le GOP est désormais le parti de Trump, je m'interroge juste sur l'avenir de ce parti quand Trump ne sera plus là, que ce soit en 2020 ou en 2024 ?). La société américaine est de plus en plus fragmentée, violente et difficilement réformable. Si Trump n'est absolument pas la cause de tous ces maux, il en est clairement le facteur aggravant et accélérant désormais. Que le poste présidentiel échoit de nouveau à Trump en 2020 ou à son opposant (ennemi ?) démocrate, je souhaite bon courage au futur locataire de la Maison Blanche. Il héritera d'un pays au bord de l'implosion et d'une fonction rabaissée à un niveau de télé-réalité. Si en plus ça devait sentir la récessions à ce moment là... Mais positivons : la société américaine est assez douée pour le rebond et le changement dans la continuité...
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Re: Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

Messagede Tirnam » Dim 25 Nov 2018 10:20

Pour ma part je prédisais 236 sièges pour les démocrates, 199 pour les républicains, mais je me suis rendu compte que j'avais mal comptabilisé un siège de Pennsylvanie (le 14e), mon pronostic était en réalité de 235 sièges pour les démocrates, contre 200 pour les républicains.
Finalement les démocrates ont encore une chance d'obtenir ce score selon le résultat dans la 21e de Californie.

Dans le détails je prévoyais que les démocrates gagnent dans la 9é de Caroline du Nord, la 15e de Floride, la 2e du Kansas, la 12e de l'Ohio, la 1ere de Pennsylvanie, et la 5e de Virginie, ils ne l'ont pas fait.
De l'autre côté je m'attendais à ce que les républicains gardent leur siège dans la 6e de Géorgie, la 11e de New-York, la 32e du Texas, et la 7e de Virginie. Je n'avais absolument pas envisagé une victoire républicaine dans la 5e de l'Oklahoma, la 1ere de Caroline du Sud et peut-être donc la 21e de Californie.

Pour le Sénat c'est beaucoup moins glorieux, je prévoyais du 50-50 : gains pour les démocrates du Nevada et de l'Arizona (correct) contre la seule perte du Dakota du Nord. Erreur dans l'Indiana et le Missouri (je pensais que ça allait être serré finalement victoire confortable des républicains), plantage pour la Floride, je faisais trop confiance à Quinnipiac qui a toujours était très proche du résultat final en Floride et qui donnait une large avance à Nelson.
Pour les gouverneurs là aussi c'est pas très bon : je pensais que les démocrates allaient l'emporter en Floride, dans l'Iowa et l'Ohio et que les républicains n'allaient pas perdre le Kansas.
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