Stéphane a écrit:guillaume44 a écrit:Twitter et Facebook ont définitivement banni le compte Trump. L'application google Play a déjà banni l'application "Parler" et l'AppStore le fera dans 24 heure. Cette application concurrente de Twitter permettait d'échanger, partager des informations sans crainte d'être accusé de colporter des Fake News. Comprendre par Fake News, des informations différentes de celles du New-York-Times ou du Washington Post.
Non.
Il faut comprendre par "Fake News" des propos (puisqu'on ne peut parler dans ce cas d'informations) mensongers.
Tout à fait. Et le gros souci étant qu'en trumpie on ne fasse plus la différence entre mensonge et réalité.
Pour s'en convaincre, il suffit de ne regarder que le dernier mensonge en date (encore que, ce mensonge n'est pas si récent : cela fait 5 ans que Trump énonce comme commandement religieux qu'il ne peut perdre qu'une élection truquée) qui est à l'origine de l'assaut contre la démocratie du 06 janvier et de 5 morts et des dizaines de blessés : la fable sur les fraudes électorales.
En trumpie tout le monde est persuadé que l'élection a bien été volée et truquée. Pourquoi ? Parce que le Donald le dit, or, pour ses fanatiques le Donald a toujours raison.
Et si on peut affirmer sans l'ombre d'un doute qu'il n'y a pas eu de fraude électorale sur les élections du 03 novembre, ce n'est pas parce que CNN, le Washington Post, le New-York Times ou Fox News le dit (car oui, la rédaction journalistique de Fox le dit aussi, contrairement aux talk shows de la chaîne animés par Tucker Carlson et Sean Hannity, qui ne sont pas des journalistes mais des présentateurs de TV poubelle). Non, si on peut l'affirmer sans l'ombre d'un doute c'est parce que plus d'une cinquantaine d'arrêtés judiciaires l'ont démontré dans plus d'une demie douzaine d'états, devant des cours différentes, des juges différents et dans des juridictions différentes, jusqu'à la SCOTUS elle même. Tous ces arrêtés ont conclu à cette seule vérité : le plaignant (la campagne Trump) n'a apporté aucun début de preuve d'une quelconque manipulation du résultat électoral. Pire, dans certains cas les dossiers du plaignant n'étaient même pas motivés d'un point de vue simplement juridique ou légal.
Tous ces dossiers et toutes ces plaintes n'ont eu que pour seul objectif de faire gober à la base le mythe de l'élection volée. Mythe que cette base était toute disposée à gober, puisque depuis 4 ans, méthodiquement, Trump s'est employé à faire disparaître chez ces gens là la distinction entre réalité et fantasme, vérité et mensonge.
Précisons que suite à ces "plaintes", des commissions d'enquêtes parlementaires et des audits de l'élection ont été diligentés par les autorités politiques, parlementaires et judiciaires au niveau des états concernés. Ces travaux ont duré des milliers d'heures en cumulé, impliqué des centaines de personnes et d'enquêtes, des démocrates et des républicains. Et, là aussi, toutes ont abouti à la même conclusion : aucune fraude, aucun élément quelconque, rien. Les listes de noms avancées par la campagne Trump comme dénonçant des pseudo électeurs ayant voté deux fois ou étant morts ont toutes, sans exception, été démenties par ces enquêtes minutieuses.
Et, malgré tous ces éléments irréfutables, factuels et indéniables, les croyants du trumpisme n'en démordent pas : si leur champion a perdu, c'est qu'il y a eu triche. Et leur champion leur répète en boucle, convaincant ces gens qu'il est de leur devoir d'attaquer le temple de la démocratie en hurlant "Tuons cette pute de Pelosi" et "Pendons ce traître de Pence" (je n'invente rien, les enregistrements où on entend les insurgés prononcer ces phrases sous la rotonde du Capitole se retrouvent très facilement un peu partout dans les médias et les réseaux sociaux, je me refuse personnellement à colporter des vidéos faisant de la publicité à ces gens là).
Mais revenons en à la procédure d'impeachment. J'ai fait quelques recherches (je vais être franc : mes amis Américains les ont faites pour moi :) ). Déjà, une précision de taille par rapport à la nuit dernière : suite à l'initiative de Pelosi, McConnell a déjà délivré un mémo donnant la procédure que suivrait le Sénat si l'impeachment devait être voté par la Chambre (je n'ai aucun doute qu'il le sera, et, visiblement McConnell non plus, sinon il ne se serait pas embêté avec un mémo).
https://news.yahoo.com/mcconnell-sent-m ... 54055.htmlDans ce mémo, McConnell confirme en effet que le Sénat ne doit, normalement, pas revenir en session avant le 19 janvier, et que, pour lui, le Sénat ne peut donc commencer à étudier un éventuel impeachment avant cette date.
C'est là où mes amis Américains interviennent :). D'après eux, il est possible que le Sénat reprenne ses travaux plus tôt, si un quorum de 51 sénateurs le décide. Tant que McConnell est leader la majorité cela n'arrivera pas. Mais il y a une toute petite chance (hautement improbable d'après mes amis) pour que McConnell devienne le leader de la minorité plus tôt que prévu. Cela nécessiterait qu'au moins 2 personnes passent à l'action rapidement :
1) techniquement le secrétaire d'état de Géorgie n'est pas obligé d'attendre la date du 20 janvier pour certifier les résultats des sénatoriales. Les derniers bulletins valides ont été reçus hier (environ 10 000 votes). D'ici à lundi, le dépouillement sera totalement terminé. Perdue a déjà concédé sa défaite à Ossoff (je ne suis pas certain que Loeffler ait fait de même, mais cela ne change rien : la concession de défaite du perdant n'a aucune valeur juridique), et il n'y aura aucun recompte pour cause d'écart trop grand. Bref, techniquement, rien ne s'oppose à ce que le secrétaire d'état de Géorgie puisse certifier les résultats dès le début de la semaine prochaine (je précise que je n'ai aucune idée des intentions du secrétaire d'état de Géorgie en la matière). Dès que c'est fait, Warnock et Ossoff peuvent prêter serment immédiatement.
On se retrouverait à 50/50, mais le VP c'est Pence jusqu'au 20 janvier, donc pas de majorité pour les démocrates...
2)...sauf si un deuxième acteur (après le secrétaire d'état de Géorgie) entre en piste : il faudrait qu'un sénateur républicain fasse défection et rejoigne le caucus démocrate. Là on bascule nettement plus dans la politique fiction, mais tous les regards se tournent vers Murkowski, dont la déclaration préliminaire appelant Trump à la démission est plus qu’ambiguë : elle semble bien considérer un départ du parti républicain dans cette déclaration...
https://slate.com/news-and-politics/202 ... moval.htmlCes 2 points ne me paraissent pas si folkloriques que ça dans le contexte. Par contre, pour que le Sénat retourne en session, il faudrait qu'ensuite ces 51 sénateurs retournent tous au Sénat, élisent Schumer nouveau chef de la majorité, et ce dernier pourrait alors fixer un nouveau calendrier appelant le Sénat à revenir siéger avant le 19 janvier.
Je précise que tout cela est de la politique fiction, et que rien ne permet de penser que cela pourrait se produire. Mais l'hypothèse existe.
Ceci étant, je pense plus probable que le Sénat se saisisse de l'article d'impeachment après la fin de mandat de Trump.
Là aussi, mes amis Américains m'ont fourni en informations :). Il y a déjà eu un précédent d'un membre de l'exécutif qui fut jugé pour impeachment après la fin de son mandat. Il s'agit de William W.Belknap, secrétaire à la guerre du président Grant. En 1876, il fut soupçonné et accusé de corruption et d'avoir reçu des pots de vin. La Chambre l'a impeaché, mais il a démissionné de ses fonctions dans la foulée, considérant que cet impeachment était déjà une tâche insupportable sur son honneur. Le Sénat a tout de même poursuivi ses travaux afin de voter sur sa condamnation (pour information il fut acquitté par le Sénat, ce qui ne changea rien puisqu'il avait déjà démissionné).
https://en.wikipedia.org/wiki/William_W ... ation_1876Enfin, d'après plusieurs juristes, le simple fait qu'un impeachment puisse s'accompagner d'une condamnation interdisant d'occuper à l'avenir n'importe quel poste au sein du gouvernement fédéral rendrait de facto légal un jugement même après la fin de la fonction de la personne impeachée.
Et, d'ailleurs, si c'est réellement le scénario qui devait se produire (Trump impeaché par la Chambre la semaine prochaine mais jugé par le Sénat après le 20 janvier), je me demande si ce ne serait pas la pire configuration possible pour Trump ?
Les sénateurs républicains ne seraient-ils pas plus enclins à voter la condamnation contre un ex président dont l'étoile aura beaucoup pâli que contre un président membre de leur parti toujours en fonction ?
Sur ce point là d'ailleurs, je pense que les prochains sondages sur la popularité de Trump vont être scrutés à la loupe. Pour l'heure deux sondages ont été intégralement conduits après les émeutes du 06 janvier, mais les deux ont été conduits le 07, soit à un moment où c'était tout chaud, et où ça n'a pas vraiment eu le temps d'infuser dans la tête des gens.
Ce sont des enquêtes de Marist et Morning Consult.
http://maristpoll.marist.edu/wp-content ... pdf#page=3https://assets.morningconsult.com/wp-up ... RVs_v1.pdfLes deux sondeurs trouvent des chiffres assez proches : 38% d'approbation (-3 par rapport à l'enquête de décembre) et 60% de désapprobation (+3 par rapport à décembre) chez Morning consult, 39% d'approbation (-3 par rapport à décembre) et 58% de désapprobation (+4 par rapport à décembre) chez Marist. Son solde d'image passe respectivement de -16 à -22 chez Morning et de -12 à -19 chez Marist. Comme je l'ai dit, il est un peu tôt pour appréhender pleinement l'impact de l'assaut du Capitole sur la côte de popularité de Trump, mais il est certain qu'il va (beaucoup ?) baisser.
Plus il baissera, plus les sénateurs républicains seront tentés de le condamner. Et c'est là où une clause d'impossibilité de se représenter deviendra un élément très tentant pour les républicains : en plus de condamner Trump pour ses actes (et de la jouer la Patrie avant le parti ?), ils peuvent aussi s'assurer qu'il ne pourra plus tenter de revenir dans le jeu politique républicain via une candidature future. Ce ne serait assurément pas glorieux de voter sur cette considération là, mais je crains que les élus républicains ne sont plus vraiment à ce genre de restriction morale ?
Sachant que pour qu'il y ait vote sur l'empêchement de nouveau mandat, ce vote se fait à la majorité simple, mais il faut bien au préalable que la condamnation ait été votée, elle à la majorité des 2/3...