Relique a écrit:manudu83 a écrit:Vu le mode de scrutin des démocrates il est rigoureusement impossible de pulvériser son adversaire.
Elle va gagner surement 56-42 au final, en France ce serait une victoire nette et sans bavure.
Même si le terme pulvériser est peut-être trop fort, il ne faut pas oublier qu'il y a un an, quand Sanders s'est présenté, tout le monde le voyait plutôt faire 10-20% plutôt que 40-45.
Sanders fut presque aussi fort en 2016 que Hillary Clinton en 2008, alors que l'appareil du parti était bien plus partagé en 2008.
Quand vous dites, presque aussi fort, vous entendez quoi par là exactement ? En terme de suffrages ?
En 2008, Clinton finissait avec entre 17 et 18 millions de voix. Pour l'heure, Sanders vient de dépasser les 10 millions, mais la Californie et le New Jersey, gros pourvoyeurs de voix, n'ont pas encore voté. Il devrait finir assez nettement en dessous des 15 millions à priori (sauf en cas de très très grosse participation californienne). Il n'est d'ailleurs pas tout à fait exclu qu'il finisse avec plus de voix que Trump (là aussi, c'est la Californie qui tranchera).
Je ne sais pas si Clinton devait ou va pulvériser Sanders. Tout cela est assez subjectif. Clinton était imbattable cette année, tout comme en 2008, et pourtant elle avait perdu alors. Ce que je pense, c'est que Sanders a certainement fait une excellente campagne, et qu'il a surement atteint le maximum qu'il pouvait espérer. Je pense que Clinton aurait pu être battu par un candidat plus jeune et plus compétitif auprès des minorités que Sanders (Biden j'y crois pas tellement). Sa chance a été d'avoir pour challenger un candidat plus âgé qu'elle, à la sociologie électorale très blanche, et peu intégré dans le parti (n'oublions pas qu'au départ Sanders est un indépendant, pas un démocrate). Par rapport à 2008, elle a retenu la leçon : tous les états comptent, tous les délégués comptent, et on ne gagne pas la nomination démocrate sans les minorités. La jeune génération démocrate a clairement fait l'analyse que Clinton gagnerait les primaires quoi qu'il arrive, ils n'ont surement pas vu l'intérêt de s'abîmer maintenant face à elle. Certains pariaient peut-être d'ailleurs sur sa défaite à la générale (tout cela était avant l'arrivée de Trump dans le tableau), ou en espérant tenter leur chance en 2020 (en cas de victoire républicaine en 2016 ou de mandat unique pour Clinton), ou en 2024 au pire.
Comme le dit manu, sa victoire sera nette en terme de voix et de proportion du vote populaire. Pour l'heure elle est à 55.4% des votes (Sanders à 42.7%). A moins que les sondages ne se plantent complètement sur le New Jersey et la Californie, elle devrait au pire maintenir cette avance, vraisemblablement l’accroître un peu. Après, est ce qu'une candidate avec ses atouts pour la primaire démocrate (égérie de la base, gros soutiens humains et financiers) aurait pu ou du faire mieux ? Honnêtement, étant donnés ses défauts par ailleurs (une image dégradée, des casseroles conséquentes...), et la concurrence de Sanders (sur les jeunes et les libéraux), je n'en sais rien.
Concernant la générale, je suis en accord avant MiniM : avant août-septembre, les sondages ne sont pas inutiles, mais à prendre avec de grosses pincettes. Pour l'heure, le resserrement des courbes que l'on observe est un grand classique de la vie politique américaine quand l'un des partis voit ses primaires s'arrêter (faute de combattants) avant celles du camp adverse. L'effet "nomination assurée" profite toujours au candidat seul en piste, qui peut se préoccuper de la générale et de rabibocher son parti, là où ses adversaires sont toujours concentrés sur leurs luttes internes (même MacCain y avait eu droit au printemps 2008, mais lui était freiné par le bilan de W). Les seuls éléments que je retiens de cette montagne de sondages pour l'heure ce sont les basiques d'ensemble :
1) pour l'heure, les candidats ont chacuun une sociologie électorale bien définie (hommes et Blancs pour Trump, femmes et minorités pour Clinton, ce qui est assez classique entre républicains et démocrates), et ont tous deux un gros problème de rejet majoritaire au sein de l'opinion
2) au collège électoral, Clinton mène assez nettement (ou plutôt, il se confirme que le collège électoral est plus compliqué pour les républicains que pour les démocrates)
Un nouveau sondage pour la générale concernant le New Jersey au passage :
http://view2.fdu.edu/publicmind/2016/160525/Clinton 48 (56.5%)
Trump 37 (43.5%)