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Election présidentielle américaine de 2024

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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Ven 1 Nov 2024 17:43

Concernant le résultat de 2000 en Floride, dans un premier temps les démocrates n'avaient demandé un recompte que dans 2 comtés, où les résultats indiquaient des données étranges (dans ces 2 comtés on constatait un écart significatif entre les candidats démocrates aux échelons intermédiaires, et Al Gore au niveau présidentiel, le candidat démocrate à la Maison Blanche obtenant des scores inférieurs aux autres candidats démocrates). Lors du recompte manuel des bulletins, les personnes en charge de ce travail se sont rendues compte qu'il y avait un défaut sur les bulletins papiers, et que lorsqu'on les soumettait à la lecture informatique, le scanner décalait d'un cran les votes pour la présidentielle entre la ligne du candidat démocrate et celle d'un petit candidat. Mais avec un dépouillement humain le vote en faveur d'Al Gore était net. A l'issue de ce recompte manuel dans ces 2 comtés on est passé de 2 000 voix d'avance pour W.Bush à 500 seulement (pour information, sur les dernières décennies c'est la variation électorale la plus grande constatée entre recompte initial et second recompte sur un dépouillement, d'habitude on est au grand maximum sur quelques dizaines de suffrages en plus ou en moins). Les démocrates se sont donc vite rendus compte que si ils obtenaient un recompte manuel sur l'ensemble de l'état et pas seulement sur ces 2 comtés, il était quasiment certain que Gore repassait devant et empochait la Floride, la présidence avec. Evidemment, les autorités politiques de l'état (aux mains du gouverneur républicain, frère de W.Bush) se sont opposés à ce recompte intégral, et la SCOTUS a validé la lecture restrictive des cours de Floride. Al Gore a décidé de ne pas jouer le bras de fer et de respecter les institutions (sachant que si il suivait ce chemin là, la situation pouvait être bloquée pendant des mois, avec une crise constitutionnelle majeure derrière).
Rappelons aussi que, Al Gore, en tant que VP en exercice est celui qui présidait la cérémonie du Congrès devant valider le vote du collège électoral. Il a tenu son rôle sans sourciller à cette occasion.

Je suis à peu près certain que si on devait arriver à ce scénario de ce style là aujourd'hui (la SCOTUS devant trancher un contentieux électoral de cette magnitude là), il y a de très fortes chances que le camp "perdant" accepterait avec nettement moins de grâce l'avis.
D'autant que l'image de la SCOTUS auprès de l'opinion américaine s'est considérablement dégradée depuis. Le renversement de la protection de l'avortement et le consécration du président en exercice comme un monarque au dessus des lois sont 2 arrêtés qui ont laissé des traces. Et je pense en effet qu'on se rapproche dangereusement du jour où la majorité républicaine de la SCOTUS rendra un énième avis politique (envoyant balader des décennies ou des siècles de précédents juridiques), et où les états à majorité démocrate (les plus peuplés et les plus riches du pays pour mémoire) répondront : "la SCOTUS combien de divisions ?". Et s'affranchiront de l'avis en question (comme le gouvernement fédéral et les états l'ont fait sur la question indienne au XIXe siècle). Avec quelle conséquence à ce moment là ? Mystère...

Mais trêve de hors sujet, revenons en à la présidence 2024.
Trump frappe un grand coup en ces derniers jours de campagne : il appelle Liz Cheney (une de ces républicaines qui appelle officiellement à voter pour Kamala Harris) à (je cite) "être braquée par un fusil avec plusieurs chargeurs tirant sur elle. Voyons comment elle se sentira lorsque les armes seront braquées sur son visage." Dérapage qui s'apparente dangereusement à un appel au meurtre je trouve, mais bon, dans la bouche de Trump plus rien ne m'étonne vraiment hélas.
https://edition.cnn.com/2024/11/01/poli ... index.html
C'est en tout cas très représentatif des attaques racistes, violentes et sexistes qui parsèment ces dernières semaines de la communication du candidat présidentiel républicain. On notera d'ailleurs que 2 de ses soutiens officiels, Nikki Hayley et Megyn Kelly, se sont publiquement exprimées pour dénoncer la tonalité ouvertement sexiste et machiste des discours de Trump. Elles craignent que tout cela ne fasse qu'accroître le déficit électoral de Trump auprès de l'électorat féminin.
https://thehill.com/homenews/campaign/4 ... messaging/
https://www.thedailybeast.com/megyn-kel ... den-rally/
Kelly constatant d'ailleurs avec effarement que lors du fameux rallye à NYC, en plus de la tenue parfois polémique des discours, tous les orateurs républicains étaient des hommes, sans exception. C'est vraiment si compliqué de trouver une oratrice républicaine ?

Quant à Harris, sur les derniers jours de campagne elle joue tapis sur l'électorat de banlieue. Il est très clair que la campagne démocrate considère que c'est cet électorat qui fera pencher la balance, et ils mouillent la chemise pour que Harris améliore les scores de Biden auprès de cet électorat là.
https://www.politico.com/news/2024/10/2 ... s-00186166
En lien avec l'item sur Liz Cheney, il est également très clair que la candidate démocrate fait un appel du pied aux républicains modérés qui pourraient ne pas soutenir Trump (ce qui explique la saillie de ce dernier à l'encontre le la renégate).
https://www.notus.org/harris-2024/kamal ... rban-women

Eco92 a écrit:ce qui donne au Maine et Nebraska un pouvoir sacrément important !


Cette année on peut même dire que le Nebraska attire une attention de campagne très inhabituelle pour un état aussi rouge. Walz, le candidat VP de Harris, est originaire de l'état : il y est né et y a vécu jusqu'à l'adolescence (à quelques dizaines de kilomètres au nord du fameux district 02). Il y a donc fait campagne activement, pour essayer de faire pencher le district 02 plus fermement dans la balance, aussi bien au niveau présidentiel qu'au niveau de la Chambre (le district 02 est défendu par un sortant républicain qui figure haut dans la liste des cibles à basculer du parti démocrate). Et comme cette année l'élection sénatoriale a aussi attiré sur elle une attention plus qu'inhabituelle, les électeurs du Nebraska ont vu défiler une campagne présidentielle et législative nettement plus conséquente que d'habitude pour cet état aussi rouge.
https://apnews.com/article/tim-walz-neb ... 96fd2cddf7
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede PhB » Ven 1 Nov 2024 19:37

Sur 538, après une parenthèse de quelques jours en "Toss-Up" - qu'on pourrait traduire par "pile ou face" ou "incertain", la Caroline du Nord est repassée en "Tilt R" - penchant Républicain.

Deux cas mettant des bornes aux votes me turlupinent : qu'attendent les Démocrates pour faire passer en États de plein droit l'île de Porto Rico et DC (le " District of Columbia" de Washingntto) ? Outre que ça les avantagerait, le principe même que certains citoyens d'un pays soient privés du droit de vote pour leur Présidentielle est en soi assez absurde.
Je crois qu'il existe d'autres contrées concernées, très peu peuplées, notamment dans le Pacifique, mais ces zones pourraient être rattachées à des États existants ?
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Eco92 » Ven 1 Nov 2024 19:51

Sans compter l'ajout de représentants au Congrès et sénateurs, mais c'est une bombe constituionnelle.

Techniquement on répondra qu'un étatsunbien de Porto Rico ou Washington DC a le droit de vote, s'il habite ailleurs, donc il y a égalité entre étatsuniens (aux présidentielles DC vote par contre, avec 3 GE).

Cela est justement lié à leur histoire, au fait que ce ne sont pas des "états de plein droit", l'un parce que devant être neutre l'autre car c'est un territoire incorporé et non un état, par ailleurs il y a une vraie histoire de lutte indépendantiste à Porto rico, et il n'est pas certain que le rattachement ne soit pas vu comme un réflexe colonial... un argument qui a pu avoir du sens mais moins aujourd'hui puisque dans différentes consultatations il y a un net vote pour être intégré...

Cela me rappelle une promesse de Buttiebeg dans sa campagne de 2020 : il proposait non pas de changer les règles pour les juges, mais d'en ajouter, jusqu'à 12, comme ça ça équilibrerait.

J'en vois l'intérêt mais ça me semble un porte dangereuse (mettre un âge max ou une durée de mandat me semblerait moins coûteux, mais peut-être pas), rendre état des endroits où des gens sont présents me semble plus évident mais je crois qu'il faut pour ça que les autres états l'acceptent largement, et ce n'est pas gagné, mais c'est vrai que ce n'est même pas un projet porté par les candidats.
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede PhB » Ven 1 Nov 2024 22:58

Je viens de découvrir le topo de QC125 sur l'élection présidentielle états-unienne 2024, il apporte un éclairage intéressant je trouve :
https://qc125.com/usa/
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Sam 2 Nov 2024 00:50

PhB a écrit:Sur 538, après une parenthèse de quelques jours en "Toss-Up" - qu'on pourrait traduire par "pile ou face" ou "incertain", la Caroline du Nord est repassée en "Tilt R" - penchant Républicain.


Dans mon modèle personnel, je fais comme pour les midterms : je vire de mon agrégat de sondages tous ceux qui ont un penchant partisan (républicain ou démocrate) trop marqué à mon goût. Et tout comme pour les midterms, en faisant ça, je me retrouve avec des agrégats sondagiers nettement plus équilibrés que ceux de 538 ou de RCP. Cela m'a plutôt réussi sur les midterms, on verra bien si ça marche aussi sur la présidentielle...

PhB a écrit:Deux cas mettant des bornes aux votes me turlupinent : qu'attendent les Démocrates pour faire passer en États de plein droit l'île de Porto Rico et DC (le " District of Columbia" de Washingntto) ? Outre que ça les avantagerait, le principe même que certains citoyens d'un pays soient privés du droit de vote pour leur Présidentielle est en soi assez absurde.
Je crois qu'il existe d'autres contrées concernées, très peu peuplées, notamment dans le Pacifique, mais ces zones pourraient être rattachées à des États existants ?


Croyez moi si les démocrates pouvaient étatiser si simplement que ça Porto-Rico et DC, il y a longtemps qu'ils l'auraient fait :). Pour qu'un nouveau territoire reçoive le statut d'état il y a des procédures légales et constitutionnelles très précises à suivre. A l'heure actuelle il faudrait notamment que les 2 Chambres du Congrès le valident. Si la Chambre a déjà validé de tels projets plusieurs fois par le passé, le Sénat ne l'a jamais fait, car une telle étatisation est soumise au filibuster. Et jamais au grand jamais suffisamment de sénateurs républicains ne consentiront à une telle chose. Si les démocrates veulent donner le statut d'état à Porto-Rico et à DC, il leur faudrait d'abord abolir le filibuster. Au début de la législature 2021 les démocrates ont essayé d'abolir le filibuster, cela a échoué à cause (ou grâce, selon votre point de vue sur cette pratique) des votes des sénateurs démocrates de Virginie Occidentale (Manchin) et d'Arizona (Sinema), lesquels finissent leur mandat actuel (et ne se représentent pas) en tant qu'indépendants. Si par miracle les démocrates devaient conserver la majorité au Sénat en janvier 2025, ce serait l'un des gros enjeux de la nouvelle législature : les démocrates franchiraient ils le rubicon de l'abolition du filibuster ?
Mais attention au précédent historique tout de même : ce qui a mis le feu au poudre de la guerre de Sécession vers le milieu du XIXe siècle c'est la fin du consensus entre démocrates et républicains quant à l'adhésion de nouveaux états au sein de l'Union...
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede ploumploum » Sam 2 Nov 2024 12:59

J'avoue être perplexe par l'apparente fébrilité de certains ici face à une hypothétique victoire de D.Trump*...que je sache les Etats-Unis sont dotés de certains contre-pouvoirs y compris informels suffisamment puissants pour contrer d'éventuelles dérives. On l'a vu lors de la crise du 6 janvier 2021.

Personnellement, je renvois dos à dos les deux prétendants. Ça reste des états-uniens et le bilan de chacun (Harris par procuration) n'est pas exceptionnel à ceci près que D.Trump est certes excessif dans ses propos mais étonnement peu va t-en-guerre (si on compare ses prédécesseurs notamment) et le bilan diplomatique de Biden est médiocre mais il faut dire qu 'il se croit encore discuter avec Kohl et Mitterrand...

PhB a écrit:Sur 538, après une parenthèse de quelques jours en "Toss-Up" - qu'on pourrait traduire par "pile ou face" ou "incertain", la Caroline du Nord est repassée en "Tilt R" - penchant Républicain.

Deux cas mettant des bornes aux votes me turlupinent : qu'attendent les Démocrates pour faire passer en États de plein droit l'île de Porto Rico et DC (le " District of Columbia" de Washingntto) ? Outre que ça les avantagerait, le principe même que certains citoyens d'un pays soient privés du droit de vote pour leur Présidentielle est en soi assez absurde.
Je crois qu'il existe d'autres contrées concernées, très peu peuplées, notamment dans le Pacifique, mais ces zones pourraient être rattachées à des États existants ?


On ne peut pas dénoncer régulièrement (et à juste titre) le gerrymandering républicain pour proposer une telle réforme en face.
Avantager en quoi ? Pour gagner sur le fil au Collège électoral ?

Quid du GOP en réponse ? Ils sont capables de pondre la scission de certains états fortement GOP** pour gonfler le nombre de sénateurs, représentants et donc impacter non seulement les équilibres parlementaires mais également le Collège électoral

* c'est du 50-50 mais je mettrais une toute petite pièce sur Harris
** un récent reportage TF1 faisait état d'une initiative dans l'Oregon, qui penche démocrate, pour rattacher des comtés rouges à l'Idaho, bastion du GOP


Eco92 a écrit:
Cela me rappelle une promesse de Buttiebeg dans sa campagne de 2020 : il proposait non pas de changer les règles pour les juges, mais d'en ajouter, jusqu'à 12, comme ça ça équilibrerait.


Fausse solution faut-il rappeler face au problème des positions partisanes poussées à l'excès...car en réponse le GOP pourrait très bien changer le plafond, etc.
En revanche la limite d'âge est intéressante (le Brésil l'applique par exemple)
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Eco92 » Sam 2 Nov 2024 13:24

Autant je trouvais la réforme mettant des juges en plus comme ouvrant une boîte de Pandorre, autant comparer le gerrymanding et le fait de permettre à des citoyens de voter me semble erroné.

Porto Rico ce sont des étatsuniens, et ils n'ont ni sénateurs, ni députés au congrès, ni vote pour la présidentielle, ça peut chagriner n'importe quel démocrate (pas au sens du parti US).
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede ploumploum » Sam 2 Nov 2024 14:04

Eco92 a écrit:Autant je trouvais la réforme mettant des juges en plus comme ouvrant une boîte de Pandorre, autant comparer le gerrymanding et le fait de permettre à des citoyens de voter me semble erroné.

Porto Rico ce sont des étatsuniens, et ils n'ont ni sénateurs, ni députés au congrès, ni vote pour la présidentielle, ça peut chagriner n'importe quel démocrate (pas au sens du parti US).



Rien d'erroné de mon point de vue mais je vais préciser ma pensée : se soucier du statut électoral de Porto-Rico ou d'un autre territoire américain seulement à quelques encablures du d-day électoral tous les 4 ans, c'est au mieux de l'hypocrisie, au pire de l'opportunisme électoral (ou tripatouillage, ça marche aussi, d'où l'usage du terme gerrymandering) teinté de foutage du gueule...

et ça n'enlève rien à la suite de mon argumentaire : le GOP est capable en réponse à une Etatisation de Porto-Rico de scinder des États rouges pour reprendre l'avantage...
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Sam 2 Nov 2024 17:16

ploumploum a écrit:J'avoue être perplexe par l'apparente fébrilité de certains ici face à une hypothétique victoire de D.Trump*...que je sache les Etats-Unis sont dotés de certains contre-pouvoirs y compris informels suffisamment puissants pour contrer d'éventuelles dérives. On l'a vu lors de la crise du 6 janvier 2021.


J'avoue que moi même, avant le 06 janvier, je cédais souvent à ce travers de la banalisation (pour ne pas dire la normalisation ?) des comportements et des actions de Trump. Pour moi le 06 janvier a tout changé, et depuis, l'évolution du trumpisme et des dérives autoritaires de certaines instances US n'ont fait hélas que me renforcer dans mes craintes.
Arrêtons nous déjà un instant sur le plus évident : Trump a lancé une horde de ses adeptes contre le Capitole pour essayer d'empêcher le fonctionnement normal des institutions de son pays qui devait consacrer sa défaite démocratique et l'entrée en fonction (tout aussi démocratique) de son successeur légitimement élu. Bilan de l'opération : 5 morts, dont un policier. Près de 4 ans plus tard, le principal responsable de l'assaut n'a toujours pas été jugé pour ce crime, et la SCOTUS a dans l'intervalle pondu un arrêt (au mépris de la constitution et des précédents juridiques) qui tend dangereusement à faire du président des USA un monarque au dessus des lois durant la durée de son mandat. Dire que l'assaut du 06 janvier ayant échoué cela suffit pour être certain des résistances du système US aux dérives du trumpisme, cela me parait un peu court.
Je pense que depuis une dizaine d'années désormais Trump inflige patiemment et méthodiquement des centaines, des milliers, d'entailles contre l'état de droit et les normes démocratiques de son pays. Pour l'instant, ça tient. Jusqu'à quand et avec quelles conséquences de long terme ? Donald Trump, comme tout le monde, ne manquera pas de mourir un jour ou l'autre. Ce qui aide aussi beaucoup dans tout ça, c'est que Trump est notoirement incompétent, erratique, et mal entouré.
Mais je pense qu'il est en train de paver la voie à de futurs hommes et femmes politiques qui reprendront ses recettes avec peut-être plus d'expérience et de rigueur ?
Enfin, sans même parler de l'assaut du 06 janvier et de l'élément fondamental le plus grave du trumpisme (le refus du verdict démocratique des élections : c'est là la première règle de Trump, il ne perd jamais), il y a clairement sur le fond une dérive fasciste de plus en plus évidente dans le discours : le culte du chef est à son paroxysme, la dénonciation des ennemis (de l'extérieur et de l'intérieur) est désormais la norme, et Trump n'avance même plus masqué (il revendique fièrement qu'il sera un dictateur pendant les 24 premières heures de son mandat, et il reconnait publiquement qu'il compte bien utiliser tout le poids de la fonction présidentielle pour punir tous ceux qui lui auront fait du tort, que ce tort soit réel ou fantasmé).
Je ne suis pas un très grand fan du point Godwin généralement, mais il y a désormais trop d'éléments factuels qui relient partiellement le trumpisme au facsisme pour continuer de faire semblant de ne pas le voir. Et il y a déjà des conséquences concrètes : Elon Musk courtise Trump en espérant tirer des profits formidables d'un second mandat, Jeff Bezos cède en espérant ne pas être puni, Poutine espère bien pouvoir démembrer l'Ukraine, la SCOTUS ne s'embarrasse plus vraiment de lire la constitution.
Mais je vous rejoins sur un élément majeur : il existe en effet tout un tas de contre pouvoirs dans le système US qui font (à l'heure actuelle en tout cas) qu'une dérive réellement fascisante et autoritaire de la présidence est peu probable. Il y a énormément de garde-fous. Mais depuis plusieurs années désormais, le trumpisme teste la solidité de ces garde-fous et les fragilise incontestablement.

ploumploum a écrit: D.Trump est certes excessif dans ses propos mais étonnement peu va t-en-guerre (si on compare ses prédécesseurs notamment)


Mouais, je ne suis guère convaincu par le pacifisme de Trump. Déjà parce que peu importe l'identité du président US, le lobby militaro-indsutriel US ne s'en laisse pas compter si facilement. Mais surtout, j'écoute avec attention les discours de Trump et j'ai beaucoup suivi ses actions sur son premier mandat, il ne me parait pas être vraiment isolationniste.
Si Trump devait retourner à la Maison Blanche, la paix ne règnera pas plus en Ukraine (c'est juste que la guerre se finirait avec le démembrement de l'Ukraine ?) ni au Moyen Orient (la politique de Trump pour ce coin là du globe ce serait What Bibi wants, Bibi gets). A mon sens, Trump est sans doute plus ouvert à une guerre ouverte avec l'Iran voire même la Chine que ne le serait une éventuelle administration démocrate ?
Trump n'est pas moins va t en guerre que les présidents US lambda, il est juste nettement plus pro russe. Sa liste des adversaires de l'Amérique se limite à la Chine et à l'Iran, mais exclue la Russie. Et il se contre fiche de l'Europe. Est-ce que ça suffit pour me le vendre comme un pacifiste ou un isolationniste ? Pas vraiment. Sachant que le mode de fonctionnement de Trump est désormais largement connu : ce qui compte le plus c'est l'avis de la personne qui a son attention du moment. Si le gars qu'il a à la bonne à l'instant T lui dit qu'il faut attaquer il attaque, si il lui dit le contraire c'est le contraire. Sur le premier mandat c'était très caricatural : en écoutant Trump on savait toujours si il avait parlé avec Steve Bannon ou avec John Bolton en dernier :).
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Tirnam » Dim 3 Nov 2024 08:15

Sondage choc publié hier soir.

La reine incontestée des sondages en Iowa, Ann Selzer, a publié son sondage final en Iowa réalisé par son institut. La surprise est grande car ce sondage donne 3 points d’avance à Harris dans cet État où Trump l’avait emporté par 8 points en 2020 et 9 points en 2016.

On pourrait facilement dire que ce sondage est une anomalie statistique, mais il faut bien avoir à l’esprit que Selzer a toujours produit des sondages allant contre les autres sondages : en 2016 et 2020 quasiment tous les sondages prévoyait une quasi-égalité en Iowa, seule Selzer a donné quasiment le bon résultat.
Sur l’historique des dernières élections les résultats des derniers sondages Selzer en Iowa furent peu ou prou le résultat final.

Alors est-ce que Selzer va réussir un nouveau coup de maître en prévoyant ce que personne d’autre n’a vu venir (si Harris venait à gagner l’Iowa ça serait sûrement un raz-de-marée à l’échelle du pays) ou est-ce, cette fois, une anomalie statistique ?
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