Relique a écrit:Corondar a écrit: Au niveau géographique, elle n'apporte pas de plus au ticket (son état est l'un des plus démocrates de l'Union), mais au moins son siège de sénateur ne met pas en jeu une future majorité démocrate éventuelle (son siège sera pourvu par un remplaçant nommé par le gouverneur démocrate de Californie, qui servira jusqu'à son terme en 2022, et le siège est 100% sur pour les démocrates).
Je m'étais posé la question de ce choix assez audacieux géographiquement. Alors que cela fait vingt ans qu'on nous bassine avec les "swing states" (au moins ! La carte électorale était différente et parfois plus variable par le passé ? ), je trouve qu'il y a un témoignage de la grande confiance envers sa victoire dans le choix de la Californie.
Il y a déjà eu des tickets très centrés sur les "fiefs" (Bush Cheney 2000 par exemple).
Mais face à un président sortant ça me semblait moins courant. Et en effet après une question posée sur un forum anglo-saxon, Harris sera seulement la deuxième proposée pour le poste de VP par le ticket des "premiers opposants" qui ne viennent pas d'un État que le sortant a emporté lors de sa victoire 4 ans plus tôt. Ryan, sur le ticket Romney en 2012, venait du Wisconsin emporté par Obama en 2008 (etc...).
Le seul autre cas était en plus assez exceptionnel car il s'agissait d'un "second choix". Le premier choix de George McGovern (D - sénateur du Dakota du Sud) en 1972 était Thomas Eagleton, sénateur du Missouri, État emporté par Nixon en 1968. Mais il avait du se retirer car la presse avait révélé des séjours en hôpital psychiatrique. C'est Sargent Shriver, beau-frère des Kennedy qui le remplaça. Il n'a jamais été élu mais on considère qu'il était plutôt basé dans le Maryland, état perdu par Nixon en 1968 (mais gagné en 72). C'est donc un cas assez particulier !
L'impact d'un VP sur le résultat électoral au sein de son état (qu'il swingue ou pas :) ) est généralement très faible (j'avais vu passer une étude qui estimait que cette plus valu électorale ne dépassait pas les 0.5 points). Il est très rare que cet impact résiduel joue un rôle suffisant pour faire la bascule de l'état, et d'avoir un impact majeur sur le résultat global.
On notera d'ailleurs qu'en 2012 (Ryan) et 2004 (Edwards), les candidats VP n'ont pas permis à leur ticket respectif de l'emporter dans leurs états (Wisconsin pour le premier et Caroline du Nord pour le second).
Je ne sais pas si on peut penser que si Biden choisit une sénatrice de Californie (un état largement acquis aux démocrates) c'est parce qu'il est certain de sa victoire ? Je pense surtout que la campagne Biden a dû estimer qu'aucune candidate ne garantissait non plus un swing state ? De toute façon, le seul swing state dont la bascule impliquerait quasi forcément la victoire du ticket démocrate, ce serait certainement la Floride. Mais aucune des candidates évoquées pour le poste de VP ne garantissait ce résultat. A la limite si Biden avait eu sous la main une sénatrice ou une gouverneure démocrate de Floride, pourquoi pas ? Mais là , je ne suis pas certain que Val Demings (représentante du district 10 de Floride et ancienne chef de la police d'Orlando) garantissait ce résultat.
Le seul candidat VP qui a sans doute eu un impact majeur sur le résultat en apportant son état à son ticket, ce doit être Lyndon B.Johnson (LBJ), qui permit à Kennedy de l'emporter (de peu) au Texas, et l'élection avec (ça, et surement les magouilles de papa Kennedy avec la mafia dans quelques états du Nord-Est et des Grands Lacs :) ). D'ailleurs, le tandem Kenndy-LBJ est souvent mis en avant comme la combinaison idéale du ticket parfait (du moins pour l'époque). Kennedy était plutôt progressiste (même si il l'est surtout devenu avec l'exercice du pouvoir), jeune, télégénique, issu de l'élite du Nord-Est et avait connu une ascension météoritique au sein du parti démocrate. LBJ était un démocrate plus conservateur (même si, lui aussi, à l'usage du pouvoir est devenu l'un des présidents au bilan le plus progressiste de l'histoire US :) ), vieux routier des arcanes du Congrès, issu du Sud et élu du swing state du Texas (et oui, à l'époque, le Texas était un swing state, chose qu'il redeviendra peut-être bientôt d'ailleurs). En plus, les deux s'étaient affrontés lors des primaires, leur ticket symbolisait donc l'union du parti. Par contre, ils ne s'entendaient pas du tout :).
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