Corondar a écrit:manudu83 a écrit:Pour une fois je vais être plutôt d'accord nigdugg, le vote populaire ne désavantage Trump que si l'on considère que le PVI est gravé dans le marbre.
Si l'on considère que le PVI (en faveur des démocrates) des états bleus augmentent et que le PVI se dirige vers le rouge dans les swing states du type michigan alors les chances de Trump sont intactes malgré un vote populaire massivement défavorable.
J'ai du mal m'exprimer.
Bien sur qu'un candidat peut gagner le vote populaire tout en perdant le collège électoral, la preuve, cela s'est produit 2 fois au cours des 20 dernières années.
Mais ce n'est pas le PVI des états qui rend ce scénario possible, c'est le fait que l'élection soit indirecte, et couplée avec le winner takes all.
Mon interrogation, c'est jusqu'à quel point cette dissonance entre vote populaire et collège électoral peut être poussée ?
En 2016, Clinton gagne le vote populaire avec 2.2 points d'avance, mais perd le collège électoral, essentiellement dans 3 états pivots, le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Le Michigan est à PVI D+1, les deux autres états sont à PVI 0. Au Michigan, Trump a 0.2 points d'avance, 0.7 points d'avance en Pennsylvanie, et 0.8 points au Wisconsin. Vu l'écart national, et les PVI, le Michigan a voté à R+3.4, la Pennsylvanie à R+2.9, et le Wisconsin à R+3. Dans les 3 cas, l'écart entre le PVI et le résultat réel n'est pas si énorme que ça au regard du résultat national moyen. Et c'est parce que les marges étaient dans ces ordres là que Trump avait tout de même 1 chance sur 4 de pouvoir gagner l'élection selon les modèles.
Si j'ai bien suivi, Nigdugg pense qu'un écart plus large au niveau du vote populaire pourrait n'avoir aucun impact sur les swing states, car cet écart pourrait ne s'expliquer que par les états très bleus. Outre que cela parait très improbable car il y a aussi des états très rouges, c'est surtout que les écarts entre PVI et résultat réel dans les swing states devraient être énormes, et ce dans tous les swing states.
Pour que le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin continuent à voter pour Trump malgré un candidat démocrate en tête de plus de 5 points au national, il faudrait que dans ces 3 états on soit à R+5 (voire 6) par rapport à leur PVI. Et il faudrait également que dans tous les autres swing states on observe aussi cette forte distorsion en faveur des républicains, pour qu'eux non plus ne votent pas démocrates (à minima l'Arizona, la Floride et la Caroline du Nord). Et pour que l'avance du candidat démocrate à +5 au national reste crédible (malgré la perte de tous les swing states), il faudrait, par conséquent, violenter aussi la distorsion entre leurs résultats réels et leurs PVI respectifs, mais cette fois en faveur du candidat démocrate.
En clair, il faut que dans tous les swing states (sans exception) on assiste à une forte poussée républicaine, et que dans tous les autres états (les bleus et les rouges) on assiste à une forte poussée démocrate.
En effet, ce scénario là me parait très peu crédible au niveau du modèle. Que 3 swing states votent à contre courant malgré une avance au national de 2.2 points pour le candidat vaincu, c'est tout à fait possible, étant donné le PVI très équilibré de ces 3 états. Mais qu'au moins une demie douzaine de swing states connaissent ce même phénomène de contre courant avec une avance d'au moins 5 points pour le candidat vaincu au national, là ça me parait très improbable.
Je pense qu'il y a en effet un plafond de verre au delà duquel le collège électoral ne peut pas battre le vote populaire. Je suis incapable de définir à quel niveau se situe exactement ce plafond de verre. Ce que je pense en revanche, c'est qu'au delà des 5 points d'avance pour un candidat sur le vote populaire, on est, à mon avis, au delà de ce plafond de verre. Si je devais faire une estimation au doigt mouillé, je pense que ce point de bascule doit se situer quelque part entre 3 et 4 points d'avance ?
Et, encore une fois, pour le bien de l'Amérique, il est à espérer fortement que cette dissonance extrême ne soit vraiment pas possible, surtout dans le climat de guerre politique actuel. Je n'ose imaginer à quoi ressemblerait le mandat politique d'un président américain élu au collège électoral alors que son adversaire vaincu aurait engranger 5, 6 ou 7 millions de voix de plus que lui (encore plus si ce candidat défait a reçu une majorité absolue des suffrages). Je pense qu'un candidat élu dans un tel contexte connaîtrait une crise de régime et de légitimité sans précédent. Dans un tel scénario de politique fiction, je n'exclurais peut-être même plus des tentatives sécessionnistes de certains états ?
J'ai envie cette fois de prendre les Midterms comme exemple. On a eu 10M de voix d'écarts entre les 2 partis et les démocrates n'ont conquis que 41 sièges aux républicains.
Si on regarde les conquêtes démocrates on a Californie +4, New jersey +4, Illinois +3, New York +3, Pennsylvanie +3, ,Virginie +3, Texas +2, Floride +2, Iowa +2, Michigan +2, Arizona +1, Caroline du Sud +1, Colorado +1, Géorgie +1, Kansas +1, Minnesota +1, Nouveau Mexique +1, Oklahoma +1, Utah +1, Washington +1.
Pourquoi les Midterms sont révélateurs de ce que j'explique ? Parce qu'on voit que la participation a fait bouger les lignes en priorité dans les états bleus en gras (14/41 en 4 états soit 34.15%).
On voit que l'impact de participation ne touche pas les états au même endroit, cela se fait aussi par la mobilisation des électeurs des 2 camps.
On voit effectivement que des Swing States ont bougé aussi mais il a fallu un gros écart de voix pour bouger les lignes.
Si on regarde la participation démocrate : -4M par rapport à la présidentielle et pour les républicain -12M, on est sur un rapport de -8M.
On peut regardgt.e les Midterms à chaque fois que l'écart est supérieur à 7M les républicains ont été en difficulté. Je pense que le collège électoral et son glissement se situent vers les 5M.
Si vous rajoutez 3M de voix au niveau national le nombre de Swing states qui bascule est différent.
Je ne pense pas par conséquent que des écarts de 5M de voix fassent basculer certains états, puisqu'encore une fois des états bleus surpeuplés pèsent trop dans les décomptes populaires et les écarts sont plus importants.
Deuxième exemple
les 5 états Californie, New York, Illinois, New Jersey, Massachusetts 20M de voix démocrates aux dernières élections soit environs 1/3 des voix. (au passage une remarque 4/5 des états ont bougé aux Midterms le plus sensiblement).
Si on prend dans ces états 1% de participation en plus cela représente 200 000 de plus et un écart entre les 2 candidats plus importants disons 3% on a déjà 600 000 voix de plus entre les deux candidats. On serait à quasiment 4M d'écarts.
Si on regarde les écarts entre les états bleus et les états rouges on s'aperçoit que les républicains ont de gros scores sur des états peu peuplés du collège et plus faible sur des états très peuplés.
Les démocrates l'inverse, ils sont puissants sur des états très peuplés.
Ainsi des résultats à la baisse dans ces états déjà peu favorables à Trump en 2016 vont engendrer un écart de voix entre les deux candidats.
Si on analyse ces états l'électorat républicain est aussi le plus modéré et ces états ont beaucoup de CSP+, et des villes importantes moins favorables à Trump.
Trump peut il faire moins bien qu'en 2016 si on regarde les sondages dans ces états et les écarts c'est le cas.
Ainsi les 5M de voix ne sont pas farfelus si on ajoute tous ces paramètres.
Je pense que le point de basculement se situe aux alentours des 5M, 5.5M au national. Au dessus les autres états bougeront y compris certains états rouges sans basculer mais avec des écarts réduits et par conséquent les Swing States.
Pour une raclée de Trump avec moins de 200 GE, il faudrait 8M de voix comme au Midterms.
Enfin on voit dans les résultats des Midterms que les Swing states ont bougé avec un écart vraiment sensible de voix. Je ne vois pas pourquoi cela serait différent pour Trump qui réalisera un score républicain bien plus important en voix que lors des Midterms. Les démocrates aussi vous me direz mais la question est : est ce que Biden sera capable de faire autant qu'Obama en 2008 soit plus de 69M de voix ou 2012 avec 65M de voix. ? Et Trump fera t il moins bien qu'en 2016 avec 62M de voix ?
Pour moi Biden devra être au niveau du Obama 2008 pour gagner ou que Trump fasse moins de voix qu'en 2016.
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