Bonne et heureuse année à vous aussi PhB. Une année qui s'annonce riche en scrutins électoraux à venir des deux côtés de l'Atlantique :)
PhB a écrit:Si la tendance actuelle se maintient, les élections "midterm" pourraient se solder par une forte chute des Républicains entraînant une bascule de la Chambre (hors ou malgré les fraudes et autres gerrymanderings...), voire même du Sénat dans l'hypothèse d'un mouvement très massif ou particulièrement bien ciblé.
Il faut toujours rappeler que les élections sont en novembre (d'ici février je pense que j'ouvrirai le topic des
midterms d'ailleurs) et que d'ici là il peut toujours se passer plein de choses.
Je pense que si on devait en rester sur une tendance proche de celle actuellement, alors oui ça ne sentirait pas bon pour les républicains. Si jamais la situation à l'automne devait être encore plus dégradée, alors là ça pourrait vraiment tourner à la catastrophe. Le gros problème étant toujours l'attitude de Trump. Quand Biden affrontait l'impopularité liée à l'inflation, il avait au moins le bon goût de ne pas la nier et de reconnaitre que c'était difficile pour le contribuable US. Sa défense était de dire que cette inflation était due à une conjoncture mondiale post Covid dont il n'était pas responsable. Dans le cas de Trump c'est potentiellement plus grave encore puisque lui pousse le bouchon jusqu'à nier l'existence même du problème, et que, dans son cas, il semblerait bien que pas mal d'électeurs, y compris républicains, pointeraient du doigt les tarifs douaniers voulus par le président comme une des causes directes de l'inflation.
https://www.politico.com/news/2025/12/0 ... s-00674747Ce qui est fascinant dans tout ça c'est que ces tarifs ont été imposés par Trump à l'ensemble des élus républicains du Congrès qui n'en voulaient pas vraiment (à quelques rares exceptions près) mais qui n'ont pas osé défier Trump là dessus, alors qu'ils en avaient clairement le pouvoir. Et le pire est peut-être encore à venir puisqu'il n'est pas totalement impossible qu'à l'arrivée les actions présidentielles en la matière finissent par être jugées anti constitutionnelles.
https://www.scotusblog.com/2025/12/the- ... te-debate/On verra bien d'ici novembre encore une fois, mais niveau inflation et chômage les perspectives sur 2026 ne semblent guère positives, et certains analystes prévoiraient même un petit krach boursier avec une éventuelle bulle IA.
https://www.tf1info.fr/economie/ia-le-p ... 07358.htmlEt comme là aussi Trump est mouillé jusqu'au cou avec les lobbies financiers de la crypto-monnaie...
https://www.bbc.com/news/articles/cx2ky3mn7j5oEt je trouve que depuis quelques mois les démocrates semblent nettement moins mauvais que d'habitude en matière de narratif et de communication : ça tape très fort sur le concept d'oligarques US qui s'en mettraient plein les poches au détriment de l'Américain moyen.
https://thehill.com/opinion/finance/519 ... ight-back/PhB a écrit:1) Qu'en est-il des états fédérés ? Sauf erreur ce sont eux qui organisent le gerrymandering et toutes les manipulations administratives visant à biaiser le scrutin : choix des pièces d'identité acceptées, modalités de vote notamment pour le vote anticipé, répartition des bureaux de vote etc...
Or leurs circonscriptions locales (pour l'élection des chambres et sénats de ces états) sont souvent massivement gerrymandées également. Dans quels états une défaite des Républicains "MAGA" serait-elle possible ? - je mets de côté les assemblées dont la majorité conserve un minimum d'honnêteté politique et de respect du processus démocratique - À l'issue de telles bascules, est-ce qu'un redécoupage des circonscriptions locales et nationales de ces états pourrait rééquilibrer le rapport de force entre R et D, et dans quelle mesure ?
En tout cas ce qui est certain c'est que les démocrates investissent désormais massivement les élections fédérées, partout, même dans des zones hostiles. Le but n'étant pas forcément de jouer les bascules, mais au moins de semer pour plus tard et surtout de regagner du différentiel dans les zones rurales à l'échelle des états.
https://www.politico.com/news/2025/12/2 ... s-00700822https://www.npr.org/2025/11/25/nx-s1-56 ... ing-investEst-ce que ça marchera, il est encore trop tôt pour le savoir ?
Quant au gerrymandering, les démocrates ont l'air de plus en plus sérieux dans leur volonté de l'interdire au national via une loi ratifiée par le Congrès. Mais cela nécessiterait soit le trifecta en 2028, soit une loi bipartisane massive après 2026 (ceci dit, si jamais l'ultra
gerrymandering des républicains devait tourner au
dummymandering ce serait peut-être pas si incongru que ça ?). Et USA oblige, il est certain que les états garderont toujours une part d'autonomie et de décisions dans tout ça, puisque ce sont eux qui sont en charge de l'organisation des scrutins.
PhB a écrit:2) Autre question, tant qu'à faire : quelle politique pourrait-on attendre des États-Unis en cas de victoire démocrate à la Chambre, voire également au Sénat ? Une politique trumpiste atténuée par le Congrès ou une politique démocrate entravée par le POTUS et la SCOTUS ?
On est dans la politique fiction là :). Je dirais que cela dépendrait grandement de la progression démocrate au Congrès et dans les états. J'entrevois 2 possibilités :
1) poussée démocrate réelle mais pas non plus l'Armageddon pour les républicains, environ 230 représentants démocrates à la Chambre et un Sénat toujours à majorité républicaine genre 51/49.
Trump devient automatiquement monsieur veto, et bloque absolument tout, paralysant le pays pour 2 ans minimum jusqu'aux scrutins de 2028 ? Avec ce genre de rapport de force il serait quasiment impossible d'imaginer des textes bipartisans recueillir suffisamment de voix pour casser le veto présidentiel.
2) naufrage intégral pour le GOP, les démocrates dépassent les 250 sièges à la Chambre et basculent le Sénat (leur fourchette très haute me parait être à 52-54 sièges ?), avec une poussée qui se retrouve aussi nettement dans les états fédérés (bascule de plusieurs assemblées et de postes de gouverneurs). Dans ce scénario là l'aspect
lame duck (
canard boiteux) de la présidence Trump devient incontestable, et les démocrates auraient un peu plus de latitude pour éventuellement débaucher des élus républicains sur des textes ciblés et des sujets bien précis.
Mais quel que soit le scénario, je pense que les démocrates investissent surtout les
midterms 2026 en préparant 2028 : à mon avis si ils sont majoritaires dans une ou deux des assemblées ils voteront un maximum de textes en lien avec leur programme, et face au veto perpétuel de Trump ils auront un argument tout trouvé pour 2028. Si vous voulez que ça fonctionne, il faudra nous redonner la Maison Blanche en 2028.
Quant aux républicains, on sent bien que ça place déjà ses pions pour l'après Trump, période qui s'annonce à mon avis assez incertaine. Il va être difficile aux républicains de trouver l'oiseau rare capable de conserver et perpétuer le mantra trumpiste et sa coalition électorale, surtout que Trump me parait très
sui generis sur bien des aspects.
PhB a écrit:3) Enfin, les zélateurs de Trump, méthodiquement placés à tous les postes de pouvoir par leur grand gourou, seront-ils assez puissants fin 2026 pour contester efficacement un résultat électoral défavorable ?
Ah ça c'est la grande inconnue. Après l'assaut du 06/01 contre le Capitole et la privatisation du ministère de la justice par Trump 2.0, je n'exclue plus rien, par principe intellectuel. Maintenant, j'avoue que je trouve que Trump est un autoritariste aux petits pieds, qui s'entoure très mal la plupart du temps, qui n'a pas la rigueur nécessaire pour installer sur le long terme des rouages et des organisations complexes. Surtout, je suis de plus en plus convaincu par l'aspect TACO (
Trump always chicken out,
Trump se défile toujours) du personnage. A mon sens (mais je peux largement me tromper) il n'a pas le caractère qu'il faut ni les compétences nécessaires pour mettre sur pied un plan organisé et efficace de renversement du gouvernement et des élections. Cela s'est vu très nettement sur la séquence 2020-2021, et sur bien des aspects les contre pouvoirs US tiennent toujours, notamment au niveau judiciaire (les derniers mois de disfonctionnement des services juridiques du DOJ de Trump sont là aussi plus que notables). Et même la SCOTUS a plus tendance à donner des victoires temporaires et sur la forme à Trump que des victoires pérennes et sur le fond. Par contre, je pense qu'on se dirige de plus en plus vers un gros clash entre les démocrates et la SCOTUS dans les années à venir.
Non le gros problème dans tout ça, et depuis des années maintenant (bien avant de l'arrivée de Trump, qui me parait plus être un symptôme de la crise institutionnelle et politique des USA qu'une cause), c'est que le Congrès ne joue plus son rôle, et que la nature ayant horreur du vide, le pouvoir exécutif (la présidence) et judiciaire (la SCOTUS) se sont engouffrés dans la brèche pour s'accaparer des pouvoirs que la constitution ne leur confère absolument pas à eux mais bien au législatif. Tant que ce dernier ne se décidera pas à exercer de nouveau la plénitude des pouvoirs que la constitution lui garantit sans ambiguïté aucune, la solution ne risque pas de s'améliorer.
En revanche je pense que Trump a déjà sapé de manière irrémédiable et pérenne les fondements de la loi et de la constitution, et qu'il a probablement pavé le chemin pour un éventuel futur proto autoritariste qui saura s'appuyer sur ce leg et qui aura peut-être plus les moyens et les volontés de ses ambitions. Et je n'exclue pas du tout que cette personne pourra plus être un démocrate qu'un républicain. Mais là aussi je peux me tromper, et on est toujours dans la politique fiction.
On verra déjà bien si oui ou non Trump essaye un tour de passe-passe pour tenter un 3e mandat, mais je n'y ai jamais vraiment trop cru (pour le coup je serai très étonné que la SCOTUS accepte de jouer ce jeu là , et les barrières légales face à ça sont tout de même très difficiles à contourner sans une réforme de la constitution, qui elle est impossible), et il semblerait au vu des signaux subliminaux envoyés par Trump ces derniers mois que lui non plus n'y croit pas vraiment.