myckilem a écrit:Sur l'investissement financier des républicains dans le Tennessee, il a été effectivement massif. Et le résultat va pousser les républicains à devoir faire des choix assez compliqués pour les midterms.
En regardant la carte pour les élections sénatoriales, il y a les états qui pourraient basculer démocrates (Ohio, Iowa, Texas, Maine, Caroline du Nord et Alaska) et puis, il y a des états qui ont une probabilité très très faible de basculer, mais qui ont un PVI comparable ou inferieur au district du Tennessee et/ou un sortant (Montana, Nebraska, Caroline du sud, Floride et le Kansas). Cela fait potentiellement 11 états dans lesquels les républicains vont devoir investir des moyens pour éviter une bascule.
Après, je pense que si les démocrates arrivent déjà à prendre la Caroline du Nord, le Maine et un troisième siège (Texas, Ohio, Iowa ou Alaska au choix), ce serait déjà probablement une très grosse victoire pour les démocrates.
Mais cela veut dire aussi que les républicains pourraient abandonner des sièges à la Chambre pour financer des campagnes sénatoriales bien plus cruciales pour le parti.
Le problème avec le Sénat, c'est que les républicains ne peuvent pas gerrymander une élection qui se passe au niveau d'un état tout entier :).
Blague à part, concernant le Sénat il est difficile de trop se projeter tant que les primaires ne sont pas passées. Je dirais que le bon résultat de base pour les démocrates serait de conserver tous leurs sièges et de faire basculer les 2 cibles les plus à leur portée, à savoir la Caroline du Nord et le Maine. Si ils arrivaient à obtenir plus que ça ce serait un excellent résultat. Si ils basculaient le Sénat, ce serait un tsunami.
Concernant les sièges démocrates éventuellement à la portée des républicains, j'avoue penser que la liste se réduit considérablement :
1) Pour la
Géorgie, on l'a signalé, mais les résultats des républicains dans cet état sur l'année sont vraiment pas bons, voire franchement catastrophiques. Le siège sera défendu par un sortant, Jon Ossoff, lequel est désormais plutôt bien implanté, dispose d'une bonne popularité et est un champion en levée de fonds. Etant donné que c'était déjà l'un des
swing states où la poussée de Trump entre 2020 et 2024 avait été la plus faible, je réserve encore un peu mon jugement à après les primaires, mais je suis désormais pas loin de penser que le sénateur démocrate part favori.
2) Pour le
Michigan, c'est sur le papier la meilleure chance de bascule des républicains, essentiellement parce que le siège est ouvert et l'état très compétitif. Mais dans cet état on est vraiment dans l'incertitude quant à la future identité du candidat démocrate, et pour l'heure les sondages indiquent surtout une part importante d'indécis.
3) Pour le
New Hampshire et le
Minnesota, j'avoue être plus que sceptique face aux listes qui les reprennent comme des sièges démocrates potentiellement à la portée des républicains. Alors oui ce sont des sièges ouverts dans des états où les démocrates n'ont pas forcément des avances folles, mais on est quand même sur 2 états au fond démocrate avéré, et rien au niveau des candidats ne semble indiquer pour le moment un possible joker pour les républicains.
Concernant les sièges républicains éventuellement à la portée des démocrates, là aussi petit tour d'horizon :
1) Je ne reviens pas plus sur la
Caroline du Nord ni le
Maine, ce sont les sièges républicains les plus en danger. Dans le premier j'ai même désormais tendance à voir les démocrates légèrement favoris : leur candidat est un ancien gouverneur solide, là où les républicains ont pris le risque d'envoyer au front le président de leur parti. Sur des
midterms où le vote sanction contre le parti du président est la règle, c'est à mon avis une grosse erreur. Pour le Maine on verra ce qui sortira des primaires, mais la sénatrice républicaine sortante Collins aura fort à faire pour sauver son siège (son image de centriste en a pris un sacré coup ces dernières années, et sa popularité dans l'état est en forte baisse).
2) Pour l'
Ohio, c'est loin d'être fait pour les démocrates, mais ils ont au moins la chance d'avoir débauché le seul candidat en capacité de jouer la bascule, l'ancien sénateur Sherrod Brown (lequel a perdu son siège de relativement peu l'année dernière sur une année présidentielle où il devait ramer à contre courant du
split ticket). Et il doit affronter un sénateur qui n'occupe pour le moment son poste que par nomination, pas par élection. En cas de vote sanction contre le GOP c'est jouable.
3) Pour le
Texas, l'
Iowa et l'
Alaska , je réserve largement leur caractérisation finale à après les primaires. Si au Texas on a une générale Paxton/Talarico et si en Alaska Peltola se lance pour les démocrates, alors les 2 sièges seraient à la portée du parti de l'âne. Pareil pour l'Iowa selon les candidats et la poussée éventuelle d'un vote sanction.
Enfin concernant le Sénat, il y a un siège dont on a peu parlé ici mais qui pourrait jouer un rôle capital, à savoir le
Nebraska. Le candidat indépendant et syndicaliste Dan Osborn retente sa chance après avoir échoué de relativement peu à faire basculer le siège en 2024 (53% contre 47%). Lui non plus cette année n'aura plus le contre courant du
split ticket, et de nouveau les démocrates lui feront la fleur de ne pas aligner de candidat pour diviser son potentiel électoral. Osborn a de nouveau confirmé que si il était élu il ne siègerait dans aucun caucus. Si les démocrates parviennent à gagner 3 sièges et que Osborn emporte le Nebraska, on aurait un Sénat sans majorité claire : 50 démocrates, 49 républicains et 1 indépendant. Osborn devenant instantanément le sénateur le plus influent et déterminant de la haute assemblée (à faire pâlir de jalousie l'ancien sénateur démocrate de Virginie Occidentale Joe Manchin :) ).
myckilem a écrit:Cela c'est assez intéressant parce qu'il va y avoir une élection spéciale pour remplacer MTG début de l'année prochaine. Le district est PVI R+19 et elle avait gagné en 2024 avec 64.4 % contre contre 35.6 %. L'écart est plus important pour cette élection, mais cela va à nouveau obliger les républicains à investir des sommes conséquentes et de l'énergie en masse pour conserver le district. Par ailleurs, je serai MTG, je n'hésiterai pas à laisser quelques peaux de banane supplémentaires.
En théorie le siège de MTG devrait être totalement hors de portée des démocrates. Mais dans le contexte en effet les républicains vont devoir investir plus que nécessaire la partielle et un bon résultat des démocrates (la bascule me parait vraiment hors de portée) serait un terrible signal pour démarrer 2026 pour le GOP.
Mais si j'étais les républicains, je commencerais surtout à sérieusement m'inquiéter concernant leur stratégie d'ultra
gerrymandering. Il est de plus en plus évident que c'est un pari hasardeux qui se base sur une foi à mon avis excessive en la qualité des PVI calculés sur la base de la présidentielle 2024. Or, il est de plus en plus évident au regard des scrutins intermédiaires et partiels de 2025 que beaucoup d'électeurs ayant voté républicains en 2024 sont soit désormais abstentionnistes soit ils se déplacent carrément pour voter démocrates pour certains d'entre eux (le résultat à Miami est très clair : nombre d'électeurs Américano-Cubains de la métropole ont changé d'avis par rapport à l'année dernière, soit en s'abstenant soit en votant démocrates).
L'autre élément qui devrait inquiéter les républicains, c'est que la position du Speaker Johnson, qui n'était déjà pas facile, est en train de devenir quasiment mission impossible. Il a déjà essuyé l'humiliation de pas moins de 5 pétitions de décharge sur l'année écoulée (218 parlementaires qui l'obligent à présenter au vote un texte dont il ne veut pas). C'est énorme quand on sait que sur les 30 années qui ont précédé on a compté en tout et pour tout seulement 4 pétitions de ce genre...
https://www.politico.com/news/2025/11/2 ... n-00666557Le pauvre Speaker est en train de devenir le
punching ball de quasiment tous les républicains du Congrès, il se prend des balles de tous les côtés. A mon avis il sert de pis-aller commode puisque personne n'ose encore taper trop ouvertement sur le principal responsable des derniers fiascos électoraux, à savoir Trump.
https://www.politico.com/live-updates/2 ... n-00676661https://www.axios.com/2025/12/10/mike-j ... -state-acthttps://www.politico.com/news/2025/11/2 ... l-00663655https://www.politico.com/live-updates/2 ... n-00674519https://www.nytimes.com/2025/12/08/opin ... icans.htmlhttps://www.nbcnews.com/politics/congre ... rcna247297Bref, le pauvre Speaker Johnson s'en prend plein la tronche, et c'est assez rare de voir ainsi un Speaker publiquement décrié par autant des membres de son Caucus, caucus républicain dont les instances dirigeantes sont plus ou moins en train de s'auto-décapiter : 23 représentants républicains ont déjà annoncé leur retrait, et ce qui est plus que notable c'est que ce sont des élus relativement jeunes (entre 40 et 50 ans) et membres des instances dirigeantes du GOP à la Chambre qui quittent la politique. Là où les retraits démocrates concernent plutôt soit des élus très âgés soit des élus qui tentent de se faire élire à un autre échelon. Tout cela n'augure rien de bon dans la perspective des
midterms pour les républicains, et je n'exclue pas totalement un possible nouveau psychodrame avant (on se souvient tous du cirque avec la destitution du Speaker McCarthy).
Déjà que le bilan législatif de cette première année de Trump 2.0 était très pauvre, ça ne devrait pas s'arranger sensiblement en année électorale...