armi24 a écrit:Républicain67 a écrit: Beaucoup sont très libéraux sur le plan économique.
ça tombe bien Mussolini s'est livré a de nombreuses privatisations, des baisses r'impôts et une politique antisyndicale, ça devrait leur plaire.
Oui et non. Il y a eu plusieurs périodes du fascisme (le vrai, celui de Mussolini): "fascisme mouvement" (ou sansepulcrismo) de 1919 à 1922, "fascisme régime" (1922 à 1943) et République sociale italienne (ou République de Salo) de 1943 à 1945. Le "Duce" a bien appliqué des politiques libérales (privatisations, politique pro-patronales, interdiction des syndicats...) dans les années 1920 et 1930. Il s'est aussi revendiqué de l'Etat "manchestérien". Cela n'est pourtant qu'une facette du fascisme, une idéologie qui vient en ligne droite du socialisme et du syndicalisme révolutionnaire de Georges Sorel. Le programme des "Fasci" de San Sepulcro de 1919 était clairement anticapitaliste.
Le fascisme le plus pur, délié des compromis avec la grande bourgeoisie et les forces conservatrices est celui du "retour aux sources" d'après 1943. Lors de la République sociale italienne (sous contrôle effectifs des nazis), Mussolini est revenu au fascisme des origines, anticapitaliste. Cela n'a plus vraiment de liens avec la politique socio-économique du "fascisme régime": politique anticapitaliste et antibourgeoise de "socialisation" de l'économie, non mise en œuvre pour cause d'opposition des Allemands, nationalisations des grandes entreprises (dont la FIAT), volonté d'abolir le salariat... Cette politique économique est en grande partie l’œuvre de l'ancien communiste rallié au fascisme Nicola Bombacci. Cela ressemble plus à du nationalisme révolutionnaire, combiné à du corporatisme autoritaire et socialisant, mâtiné d'influences du syndicalisme révolutionnaire et de la doctrine sociale de l’Église. Bref une idéologie classique de troisième voie.
« Nos programmes sont en tous points en accord avec nos idées révolutionnaires, et celles-ci appartiennent à ce qu'en régime démocratique on appelle la « gauche » ; nos institutions sont le résultat direct de nos programmes, et notre idéal est l'État du Travail. Il n'y a pas à cet égard de doute possible : nous sommes la classe laborieuse en lutte pour la vie et la mort, contre le capitalisme. Nous sommes les révolutionnaires en quête d'un ordre nouveau. Dès lors, invoquer l'aide de la bourgeoisie en agitant le péril rouge est une absurdité. L'épouvantail authentique, le véritable danger, la menace contre laquelle il y a lieu de lutter sans relâche, vient de la droite. Cela ne nous intéresse en rien d'avoir la bourgeoisie capitaliste comme notre alliée contre la menace du péril rouge, car, même dans le meilleur des cas, celle-ci serait une alliée infidèle, s'efforçant d'obtenir que nous servions ses fins, comme elle l'a déjà fait plus d'une fois avec un certain succès. Je serai économe de mes mots, car ils seraient totalement superflus. De fait, cela est préjudiciable, parce que cela nous fait confondre les types authentiques de révolutionnaires de toute tonalité, avec l'homme de la réaction, à qui il arrive d'utiliser jusqu'à notre propre langage. »
— Benito Mussolini, Milan, le 22 avril 1945.
En tant que gaulliste, j'ai une aversion naturelle pour le fascisme. Je ne cherche pas à réhabiliter Mussolini, ni la RSI. Je vise juste à rétablir certaines vérités historiques. On ne peut pas comparer la République de Salo, la forme la plus pure, violente, autoritaire, corporatiste, anticapitaliste et antisémite du fascisme avec le régime fasciste de 1922-1943.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sansepolcrismohttps://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_sociale_italiennehttps://lesmaterialistes.com/italie-fasciste-antifascisme-republique-sociale-italienne-etat-total