jean24 a écrit:Pourquoi les sondages ne testent ils pas les duels ? C'est un peu un secret de polichinel que la gauche va se retirer au second tour si le RN peut gagner. Ceux qui pensent le contraire, peuvent se rappeller 2015, où jusqu'au jour du premier tour à 20H15 ils se maintenaient... mais à 22 heures ils se sont retirés.
Cela commence à être de très bons chiffres sondagiers pour Mariani mais on doit garder en mémoire qu'en 2015 Marion Maréchal était donnée vainqueur en triangulaire avec une bien plus nette avance que celle prêtée à Mariani dans la même configuration (entre 5 et 11 points d'avance sur les 5 dernières semaines de campagne). Ce serait véritablement en quadrangulaire que Mariani creuserait l'écart, ce qui une performance notable mais pas vraiment inattendue.
En cas de duel, Marion Maréchal était donnée à 48% dans le premier sondage ayant testé cette hypothèse, début novembre. Puis un sondage l'avait donné à égalité avec Estrosi 10 jours plus tard. Les sondages effectués pendant l'entre-deux-tours donnaient eux entre 46 et 49% pour Marion Maréchal, mais la plupart étaient autour de 48%. Or on sait que le jour J elle n'a fait que 45,22%, un point de moins que son pire sondage.
Tout ça pour dire que Marion Maréchal était très compétitive en duel face à Estrosi, les électeurs le savaient et ça ne lui a pas permis pour autant de gagner la région dans cette configuration souvent très défavorable pour le parti frontiste d'un duel RN/droite.
Je pense qu'on ne peut pas nier que le RN progresse nettement dans la région par rapport au début du printemps, bien aidé par les mésaventures et les imbroglios de Muselier et de LREM. Mais il ne me semble encore tout à fait autant en position de force qu'en 2015, même s'il a encore un gros mois pour progresser encore.
Je ne comprends pas non plus, comme jean24 l'a souligné, pourquoi on n'a pas encore testé de situation de duel. Les sondages seraient-ils là plutôt pour jouer à se faire peur que pour analyser la situation politique précise ? Je ne crois en effet pas une seconde non plus que la gauche se maintiendra au second tour si Muselier est devancé de plus de 5 points par le RN au premier tour. Si l'écart est relativement faible entre le RN et Muselier, c'est possible qu'ils se maintiennent mais sinon je n'y crois pas du tout. La capacité de la gauche a s'auto-saborder dans ces conditions-là a été maintes fois étayée : par feu Pierre de Saintignon, par Christophe Castaner, ou encore Agnès Langevine aux Municipales à Perpignan mais aussi le PCF Jérémy Bacchi dans les quartiers Nord de Marseille qui a pris le risque de saborder le Printemps Marseillais a lui tout seul en offrant un arrondissement-clé à la droite. Les exemples ne manquent pas, et un seul contre-exemple récent existe, celui de Jean-Pierre Masseret qui avait dû rappelons-le faire face à une fronde d'une partie notable de ses colistiers. Muselier semble avoir un certain souci avec l'électorat de Fillon par contre dans les sondages d'aujourd'hui, et cela laisse peut-être l'espoir pour Mariani de progresser davantage entre les deux tours que ne le fit Marion Maréchal. Mais la victoire en duel sera très difficile pour lui, mais s'il y parvenait ce serait évidemment un événement politique majeur.