Surprise, si un remaniement était attendu à Québec, Philippe Couillard en a réalisé un plus large que prévu, en changeant beaucoup de postes clefs. Son but est simple : mettre en avant plus de femmes et de jeunes élus, chose qu'il réalise tout en gardant en poste des ministres contestés.
Ainsi de David Heurtel, régulièrement critiqué à l'Environnement, qui reste en place. Ou de François Blais qui, en sanction d'un mauvais bilan à l'éducation, fait un retour à l'Emploi, portefeuille qu'il occupait précédemment. Francine Charbonneau, elle aussi sur la sellette, passe de la famille aux aînés.
Pour les entrée la plus grosse surprise est celle de Dominique Anglade à l’Économie. Qu'elle rentre ne surpred pas, mais à ce poste oui, l'ex-présidente de la CAQ retrouve un autre député ex-ADQ, Sébastien Proulx, qui entre à la Famille. Par ailleurs Luc Fortin prend la charge des Loisir et Sport et Rita De Santis de la Réforme des Institutions démocratiques.
Jean-Denis Girard perd son siège au cabinet, ses fonctions (Petites et Moyennes Entreprises) étant confiées à la vice-première ministre Lise Thériault, qu'on donnait partante pour burn-out mais reste en place avec un portefeuille plus réduit. Grosse surprise par contre, la mutation d'une des stars du "trio économique" de 2014, passe de l'Economie (ou Anglade est nommée donc) aux Transports, éjectant Robert Poëti et le renvoyant à l'Assemblée Nationale. Le ministre ayant été considéré comme fidèle au PM et dans la droite ligne du gouvernement, sans scandale, c'est une grosse surprise, qu'il digère d'ailleurs assez mal.
Gros truc aussi, la nomination de Martin Coiteux (ex directeur du Conseil du trésor) à un « ministère de l’Intérieur » fusionnant ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire et ministère de la Sécurité publique, sur le modèle français. C'était en vrai débat depuis que Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales, avait récupéré la fonction de la sécurité publique après l'arrêt maladie de Lise Thériault. Mais c'était un intérim non officiellement acté. Sans proclamer "ministère de l'intérieur" Couillard semble donc défendre cette option.
Pierre Moreau, justement, ex-adversaire interne de Couillard qui s'est affirmé comme un ministre indispensable car sa capacité à déminer certaines situation et un bon sens de la com, est nommé en remplacement de François Blais à l'éducation. Ce ministère a été particulièrement chamboulé depuis le début du mandat, avec les gaffes à répétition d'Yves Bolduc (qui en a fini par quitter la politique) et un remplacement mal maîtrisé qui n'a pas tenu ses promesses. Moreau arrive donc en "cador" de la politique, habitué aux combats difficiles, pour tenter de dénouer le sac de nœud. Il a commencé son mandat par un malaise l'envoyant à l’hôpital, sacré signe.
Parmi ceux ne bougeant pas (mais qu'on ne s'attendait pas à voir bouger) Carlos Leitão (Finances), Gaétan Barrette (Santé), Stéphanie Vallée (Justice), Kathleen Weil (Immigration, Diversité et Inclusion) et Hélène David (Culture et Communications).
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