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La vie politique au Canada

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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Ven 24 Sep 2021 07:50

Dernières mises à jours de sièges :
- Les bloquistes ont bien conservé Trois-Rivières (à 94 voix prêt, score le plus serré du Canada) mais n'ont pas gagné Brome-Missiquoi, qui reste libérale de justesse. Le Bloc n'aura donc eu in fine qu'un seul gain, Châteauguay-Lacolle, pris sur les libéraux ;
- Les libéraux ont confirmé la victoire de Jenica Atwin, première députée verte sur la façade atlantique, qui a réussi son transfert à Fredericton ;
- Plusieurs gains libéraux sur le fil face à des néodémocrates, comme dans Hamilton-Mountain (sud de Toronto) où la libérale Lisa Hepfner bat de 749 voix le candidat NPD, alors que le parti de gauche représentait la circonscription depuis 2006. Les libéraux remportent aussi finalement Vancouver-Grandville de 436 voix. L'ex-circo de Jody Wilson-Raybould (ex-PLC réélue en indépendante en 32019, fait rare), était annoncée au NPD le soir de l'élection ;
- Il reste encore deux circonscriptions incertaines en Colombie-Britannique, où le vote postal a été très fort : Richmond-Centre, où le député sortant conservateur semble avoir été battu sur le fil par un candidat libéral il y a quelques heures (pas encore de confirmation de Radio-Canada) et Nanaimo-Ladysmith, où le député sortant vert est bien battu mais où une chaude lutte à lieu entre NPD et libéraux.

Les libéraux semblent profiter de victoires sur le fil, qui ne leur donnera pas de majorité mais peut être un siège de plus qu'avant, une preuve encore une fois de l'efficacité de leur vote pour gagner des circonscriptions partout au pays, quitte à ce que ce soit avec moins de 1 % d'avance.
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Sam 25 Sep 2021 18:54

Eco92 a écrit:- Il reste encore deux circonscriptions incertaines en Colombie-Britannique, où le vote postal a été très fort : Richmond-Centre, où le député sortant conservateur semble avoir été battu sur le fil par un candidat libéral il y a quelques heures (pas encore de confirmation de Radio-Canada) et Nanaimo-Ladysmith, où le député sortant vert est bien battu mais où une chaude lutte à lieu entre NPD et libéraux.


Mea culpa, la chaude lutte dans Nanaim-Ladysmith était entre le NPD et les conservateur (les libéraux étant quatrième). C'est finalement bien le NPD qui l'a emporté, Lisa Marie Barron ayant 1281 voix d'avance (28,9 %) sur Tamara Kronis (27 %). Le député vert sortant obtient 25,6 %, mené de 2256 voix.

Corondar a écrit:Quant aux résultats de ces élections, si ils ne sont pas encore définitifs si j'ai bien suivi (quand le seront-ils ?), on semble sur un quasi statut-quo au global par rapport à 2019 (même si apparemment il y a tout de même pas mal de mouvements internes, avec des pertes et des gains de chaque côté ?).


Il s'agissait de la dernière circonscription non définitive, le résultat définitif en siège est donc bien connu. Et votre message Corondar est assez juste, il y a un score final assez neutre mais des mouvements ici où là, parfois signifiants :
Parti Libéral du Canada : 159 sièges (+2)
Parti Conservateur du Canada : 119 sièges (-2)
Bloc Québécois : 33 sièges (+1)
Nouveau Parti démocratique du Canada : 25 sièges (+1)
Parti Vert du Canada : 2 sièges (-1)

Le décalage entre - et + est lié au fait qu'une indépendante était élue en 2019. Techniquement les "perdants" au simple regard sont les conservateurs et les verts, mais cela reste très léger (pour les verts ça ne l'est pas en voix, c'est une vraie chute). Il reste que c'est un échec pour la stratégie plus "centriste" de O'Toole qui n'a pas réussi à percer l'Atlantique (même si un conservateur a été élu pour la première fois depuis 2011 à Terre-Neuve-et-Labrador) tout en perdant trois sièges en Alberta. On verra ce qu'en feront les conservateurs mais le plafond de verre est bien là, quand le Bloc est en forme au Québec.

Les 159 du PLC seront factuellement 158 puisque Kevin Vuong, candidat dans Spadina–Fort York à Toronto (Ontario), avait été désinvesti par le Parti libéral au début du mois après qu'une affaire d'inconduite sexuelle ait été révélée. Les candidatures ayant été déposées et les bulletins imprimés il a cependant été élu. Il a annoncé vouloir siéger alors que le PLC appelle à sa démission et à une partielle, le NPD a perdu la circonscription à 35 % contre 38 %.

Bon, ça n'aura pas servi à grand chose cette élection, qui a quand même coûté bien cher.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1826805/resultats-elections-federales-2021-cb-vancouver-verts-paul-manly
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Jeu 30 Sep 2021 10:59

Pour revenir sur deux autres points des fédérales :

Coalition ?
La coalition n'est pas dans la tradition canadienne, de mémoire récente il n'y en a jamais, le principe étant des majorités fortes. Le fait qu'il y ait désormais toujours cinq partis représentés malgré le scrutin uninominal renverse un peu ces habitudes, et je pense qu'on finira par venir aux coalitions, mais ce n'est pas encore assumé comme tel.
Il y a eu un projet de coalition il y a quelques années, alors que le conservateur Harper était minoritaire, elle nécessitait un accord PLC/NPD soutenu par le Bloc, qui y était ouvert, mais cette alliance fédéraliste soutenue par les indépendantiste a fait un scandale par anticipation et Harper a pu être désigné premier ministre.
Dans la campagne la question de la coalition a été posé a Trudeau qui se contentait de dire vouloir un mandat majoritaire. Dans la situation actuelle le NPD n'a guère intérêt à former une coalition avec le PLC, qui l'a déjà beaucoup affaibli sur le flanc gauche, cela rendrait moins visible encore leur différence et risquerait de mener à leur absorption alors qu'ils peuvent influencer la politique gouvernementale en négociant leurs soutiens ponctuels. Pour Trudeau ce n'est guère intéressant non plus puisqu'il est à peu près certain que personne ne peut revenir en élection et qu'il pourra gouverner avec l'appui du NPD sur ses mesures sociales et environnementales (même si le NPD voudra aller plus loin).
Il existe un précédent de presque coalition en Colombie Britannique il y a quelques années, les libéraux étaient en tête, très proches du NPD, qui a obtenu le soutien de trois députés verts et d'un libéral dissident prenant la présidence de l'assemblée, mais je dis "presque" coalition car s'il y avait un accord de gouvernance avec les verts ils n'étaient pas au gouvernement.
Trudeau a annoncé qu'il présenterait son gouvernement dans le mois, tout juste sait-on que Chrystia Freeland restera vice-première ministre du Canada et ministre des Finances,
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1827669/justin-trudeau-vaccination-michael-spavor-kovrig-elections

Sur les nations canadiennes
Je ferai court mais je crois comme Républicain67 qu'il n'y a pas de débat réel sur l'existence d'une nation québécoise (qui se distingue par un territoire, une langue, une histoire, une reconnaissance identitaire), qui plus est reconnue par des instances officielles dès Harper (discours à la Chambre des communes) et bientôt dans la Constitution. Précisons que cette notion fait consensus au Québec parmi tous les partis, mais est plutôt rejetée par le reste du Canada.
Là où je ne serai pas aussi tranché que notre autre contributeur est sur le fait que le Canada n'ait que trois nations : canadiens, québécois et premières nations. Bon bien sur il y a de nombreuses nations internes aux premières nations mais cela était sous-entendu dans son propos, mais les Acadiens (des francophones hors Québec de l'est du Canada), par exemple, forment une nation qui se vit comme tel, avec ses structures politiques, son drapeau, ses représentants, un territoire beaucoup plus flou marqué par la déportation massive de ses habitants... Il y en a sans doute d'autres que je connais moins et peut-être au sein des anglophones, mais l'unité canadienne semble plus grande. J'utilise nation à escient et pas juste minorité linguistique (comme je pourrai le dire pour des francophones de l'Ouest) car il y a là aussi une histoire nationale réelle, mais il est vrai pas de revendication territoriale aujourd'hui. Je ne suis pas affirmatif après, mais je pense qu'ils peuvent aussi composer ce Canada pluriel.

Châteaugay-Lacolle
Cette circonscription a été une des plus disputée au pays et a vu un bloquiste l'emporter sur les libéraux, permettant une progression en siège du parti souverainiste. Depuis l'élection Election-Canada a finalement constaté une « anomalie potentielle » dans le décompte. Le siège n'étant emporté que de 286 voix, le PLC a demandé un recomptage judiciaire...
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1827571/parti-liberal-recomptage-chateauguay-lacolle-bloc-quebecois

Parti vert du Canada
Après des résultats décevants (passant de 6,5% à 2,3% et de cinquième à sixième parti en voix) et une interminable crise interne Anamie Paul démissionne de la direction du Parti vert du Canada. Elle avait l'obligation d'affronter un vote de confiance qui aurait sans doute été dévastateur.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1827360/demission-cheffe-parti-vert-canada-annamie-paul

Pendant ce temps en Alberta
La gestion de la pandémie passe mal en Alberta. Jason Kenney, jusqu'alors dominant premier ministre conservateur est sensiblement affaibli de deux côtés. D'une part le NPD le talonne sur une gestion trop laxiste ayant renforcée la contamination, d'autre part ses électeurs conservateurs contestent certaines mesures, le masque ou la vaccination et s'attaquent à la fin de leurs libertés, cela renforce fortement l'aile libertarienne.
Un vote de confiance devait avoir lieu au sein du Parti conservateur à l'automne 2022, il a été avancé au 8-9 avril, cela lui laisse tout de même du temps pour renverser l'opinion interne.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1828133/jason-kenney-vote-confiance-parti-conservateur-uni


Et les élections municipales au Québec sont officiellement lancées (même si elles l'étaient depuis longtemps) mais j'en parlerai plus en détail cette semaine dans le sujet consacré à la politique québécoise.
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Républicain67 » Ven 1 Oct 2021 13:08

Eco92 a écrit:Pour revenir sur deux autres points des fédérales :

Coalition ?
La coalition n'est pas dans la tradition canadienne, de mémoire récente il n'y en a jamais, le principe étant des majorités fortes. Le fait qu'il y ait désormais toujours cinq partis représentés malgré le scrutin uninominal renverse un peu ces habitudes, et je pense qu'on finira par venir aux coalitions, mais ce n'est pas encore assumé comme tel.
Il y a eu un projet de coalition il y a quelques années, alors que le conservateur Harper était minoritaire, elle nécessitait un accord PLC/NPD soutenu par le Bloc, qui y était ouvert, mais cette alliance fédéraliste soutenue par les indépendantiste a fait un scandale par anticipation et Harper a pu être désigné premier ministre.
Dans la campagne la question de la coalition a été posé a Trudeau qui se contentait de dire vouloir un mandat majoritaire. Dans la situation actuelle le NPD n'a guère intérêt à former une coalition avec le PLC, qui l'a déjà beaucoup affaibli sur le flanc gauche, cela rendrait moins visible encore leur différence et risquerait de mener à leur absorption alors qu'ils peuvent influencer la politique gouvernementale en négociant leurs soutiens ponctuels. Pour Trudeau ce n'est guère intéressant non plus puisqu'il est à peu près certain que personne ne peut revenir en élection et qu'il pourra gouverner avec l'appui du NPD sur ses mesures sociales et environnementales (même si le NPD voudra aller plus loin).
Il existe un précédent de presque coalition en Colombie Britannique il y a quelques années, les libéraux étaient en tête, très proches du NPD, qui a obtenu le soutien de trois députés verts et d'un libéral dissident prenant la présidence de l'assemblée, mais je dis "presque" coalition car s'il y avait un accord de gouvernance avec les verts ils n'étaient pas au gouvernement.
Trudeau a annoncé qu'il présenterait son gouvernement dans le mois, tout juste sait-on que Chrystia Freeland restera vice-première ministre du Canada et ministre des Finances,
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1827669/justin-trudeau-vaccination-michael-spavor-kovrig-elections

Sur les nations canadiennes
Je ferai court mais je crois comme Républicain67 qu'il n'y a pas de débat réel sur l'existence d'une nation québécoise (qui se distingue par un territoire, une langue, une histoire, une reconnaissance identitaire), qui plus est reconnue par des instances officielles dès Harper (discours à la Chambre des communes) et bientôt dans la Constitution. Précisons que cette notion fait consensus au Québec parmi tous les partis, mais est plutôt rejetée par le reste du Canada.
Là où je ne serai pas aussi tranché que notre autre contributeur est sur le fait que le Canada n'ait que trois nations : canadiens, québécois et premières nations. Bon bien sur il y a de nombreuses nations internes aux premières nations mais cela était sous-entendu dans son propos, mais les Acadiens (des francophones hors Québec de l'est du Canada), par exemple, forment une nation qui se vit comme tel, avec ses structures politiques, son drapeau, ses représentants, un territoire beaucoup plus flou marqué par la déportation massive de ses habitants... Il y en a sans doute d'autres que je connais moins et peut-être au sein des anglophones, mais l'unité canadienne semble plus grande. J'utilise nation à escient et pas juste minorité linguistique (comme je pourrai le dire pour des francophones de l'Ouest) car il y a là aussi une histoire nationale réelle, mais il est vrai pas de revendication territoriale aujourd'hui. Je ne suis pas affirmatif après, mais je pense qu'ils peuvent aussi composer ce Canada pluriel.

Châteaugay-Lacolle
Cette circonscription a été une des plus disputée au pays et a vu un bloquiste l'emporter sur les libéraux, permettant une progression en siège du parti souverainiste. Depuis l'élection Election-Canada a finalement constaté une « anomalie potentielle » dans le décompte. Le siège n'étant emporté que de 286 voix, le PLC a demandé un recomptage judiciaire...
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1827571/parti-liberal-recomptage-chateauguay-lacolle-bloc-quebecois

Parti vert du Canada
Après des résultats décevants (passant de 6,5% à 2,3% et de cinquième à sixième parti en voix) et une interminable crise interne Anamie Paul démissionne de la direction du Parti vert du Canada. Elle avait l'obligation d'affronter un vote de confiance qui aurait sans doute été dévastateur.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1827360/demission-cheffe-parti-vert-canada-annamie-paul

Pendant ce temps en Alberta
La gestion de la pandémie passe mal en Alberta. Jason Kenney, jusqu'alors dominant premier ministre conservateur est sensiblement affaibli de deux côtés. D'une part le NPD le talonne sur une gestion trop laxiste ayant renforcée la contamination, d'autre part ses électeurs conservateurs contestent certaines mesures, le masque ou la vaccination et s'attaquent à la fin de leurs libertés, cela renforce fortement l'aile libertarienne.
Un vote de confiance devait avoir lieu au sein du Parti conservateur à l'automne 2022, il a été avancé au 8-9 avril, cela lui laisse tout de même du temps pour renverser l'opinion interne.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1828133/jason-kenney-vote-confiance-parti-conservateur-uni


Et les élections municipales au Québec sont officiellement lancées (même si elles l'étaient depuis longtemps) mais j'en parlerai plus en détail cette semaine dans le sujet consacré à la politique québécoise.


Excusez-moi d’avoir oublié les Acadiens. Ils se considèrent en effet comme une nation propre. Si on prend la vision civique, il existe une nation québécoise. Selon une vision plus ethnique, il existe une nation canadienne-française. Je suis comme républicain français plus attaché à la nation civique, chère à Ernest Renan.

Autrefois (jusqu’aux années 1970) les Franco-Québécois et les minorités francophones du Canada se considéraient comme faisant partie d’une même nation, la nation canadienne-française, soit les descendants des colons français de la Nouvelle-France. Cette nation ethnique et culturelle se distinguait par une même ascendance française, les langue et culture française et la religion catholique. Elle était dispersée dans l’ensemble du Canada, mais concentrée au Québec, où les Canadiens-Français (ou Canadiens français) forment la grande majorité de la population. Il faut noter que des Irlandais et Britanniques se sont assimilés à la société canadienne-française : les Johnson, O’Neill, Blackburn, Harvey, Burns… Cette nation avait en outre une expérience commune, au Québec, comme dans le reste du Canada, d’une situation d’infériorité économique par rapport aux Canadiens anglais (salaires plus faibles, peu de cadres francophones, économie contrôlée par les anglophones, y compris au Québec) et d’une forme d’oppression nationale et linguistique : politiques anti-francophones dans les provinces anglophones (tels que le tristement célèbre Règlement 17 de 1912 qui interdisait les écoles franco-catholiques en Ontario), anglais comme langue de travail et d’affichage au Québec… Il y a toutefois toujours eu un fort particularisme acadien, dû à une histoire différente et à une culture propre, ainsi qu’une variante distincte du français.

Tout change dans les années 1960 avec la « Révolution tranquille » au Québec. Avec la politique réformatrice du gouvernement Lesage (mise en place de l’Etat-providence, interventionnisme étatique, sécularisation), la société canadienne-française traditionnelle subit de grands bouleversements. A la même époque émerge le mouvement indépendantiste québécois avec le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN). Jusqu’à la fin des années 1960, les Pierre Bourgault, André D’Allemagne, Marcel Chaput… prônent la libération du peuple canadien-français par l’indépendance du Québec (où sont concentrés plus de 80% des Canadiens français). Selon le mouvement indépendantiste (on est à l’époque des mouvements de décolonisation), le Québec est une colonie à décoloniser (libérer de la tutelle anglo-saxonne). Cette politique est également prônée par l’Union nationale réformée de Daniel Johnson père. L’éphémère Premier ministre unioniste québécois prônait l’instauration d’une véritable confédération au Canada, avec un Québec reconnu comme véritable Etat national des Canadiens-Français ou en cas d’échec l’indépendance du Québec (la politique d’Egalité ou indépendance). C’est ce même Johnson qui accueillit le général De Gaulle au Québec en 1967, « Vive le Québec libre ! », à noter « Vive le Canada français » à la fin de la célèbre formule.) De Gaulle ne parlait d’ailleurs pas des Québécois, mais des Canadiens français ou des Français du Canada.

La « Révolution tranquille » et l’émergence d’un nationalisme purement québécois (les Canadiens-Français du Québec commencent à cette époque à s’identifier d’abord à la province et son gouvernement, plutôt qu’au Canada, où ils seront toujours d’éternels minoritaires) conduisent à une rupture de plus en plus grande avec les minorités francophones hors Québec. Cette rupture sera consommée lors des Etats généraux du Canada français de 1967. Lors de cette grande assemblée des délégués des forces vives de la société canadienne-française, l’économiste François-Albert Angers propose de faire voter la résolution suivante :
1. Les Canadiens-Français constituent une nation.
2. Le Québec constitue le territoire national et le milieu politique fondamental de cette nation.
3. La nation canadienne-française a le droit de disposer d’elle-même et de choisir librement le régime politique sous lequel elle entend vivre.

Cela revenait à dire que le Québec serait désormais le territoire national du peuple canadien-français et non plus le Canada. 98% des délégués québécois et 52% de ceux de l’Acadie votèrent en faveur de la résolution. Les Ontariens et francophones de l’Ouest votèrent massivement contre ou s’abstinrent. Désormais les nationalistes québécois tournait le dos à la nation canadienne-française traditionnel pour adopter un nationalisme territorial, centré sur l’identification au Québec. L’apparition du Parti québécois en 1968 participera à la popularisation du terme « Québécois », comme se désignent depuis les francophones de la « Belle province ». Les nationalistes québécois tournèrent le dos aux minorités canadiennes-françaises hors Québec, considérés comme voués à l’assimilation à l’anglais (les Dead Ducks, de René Lévesque). Les francophones hors Québec se considéraient comme abandonnés par les Québécois et se tournaient vers le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux pour défendre leurs intérêts. L’État fédéral canadien, en adoptant la loi sur les langues officielles en 1969, jouait habilement en remplaçant le Québec comme défenseurs des minorités françaises au Canada.
Depuis, on parle de Québécois et de Canadiens francophones plutôt que des « Canadiens français » (terme devenu désuet). Les minorités de langue française au Canada anglais s’identifient prioritairement à leur province : Franco-Ontariens, Franco-Manitobains, Fransaskois…

On remarque toutefois qu’une certaine identité canadienne-française subsiste au Québec, même s’il est plutôt politiquement incorrect d’utiliser ce terme aujourd’hui. Il renvoie à une forme de nationalisme ethnique et à une époque révolue. On parle plutôt de « majorité francophone historique » ou de « Québécois d’ascendance canadienne-française ». Il existe aussi des termes plus polémiques ou identitaires tels que « Québécois de souche » ou « Pure laine » pour faire référence à la majorité canadienne-française/francophone du Québec. Cela est en partie dû au déclin de l’option souverainiste dans l’opinion publique et à la montée d’un nouveau nationalisme autonomiste et plus identitaire : montée de l’ADQ, gouvernement de la CAQ, crise des « accommodements raisonnables…

Après oui, la nation québécoise fait aujourd’hui consensus au Québec. On remarque toutefois qu’il subsiste une forme de solidarité canadienne-française. On a ainsi pu observer en 2019, une forte mobilisation des Québécois francophones en faveur des droits des Franco-Ontariens, après l’annonce de politiques anti-francophones par le gouvernement conservateur de Doug Ford.

https://www.persee.fr/doc/htn_0018-439x_1997_num_3_1_2600
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_g%C3%A9n%C3%A9raux_du_Canada_fran%C3%A7ais
https://fr.wikipedia.org/wiki/Assises_nationales_des_%C3%89tats_g%C3%A9n%C3%A9raux_du_Canada_fran%C3%A7ais_de_1967
https://biblio.republiquelibre.org/Manifeste_du_Rassemblement_pour_l%27ind%C3%A9pendance_nationale
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Ven 8 Oct 2021 07:27

Républicain67 a écrit:Se dirige-t-on vers une surprise au Québec? Le Bloc québécois (premier en voix) est en train de prendre l'avantage dans la province francophone. Le Parti libéral n'a plus qu'un siège d'avance.


Et bien décidément, j'avais déjà indiqué que le Bloc avait échouet à gagner Brome-Missiquoi de justesse, pour les libéraux, le vote efficace des libéraux s'est confirmé à Châteauguay–Lacolle, seul circonscription où le Bloc avait fait un gain. Brenda Shanahan, la sortante PLC, a demandé un recomptage judiciaire, vu le faible écart (286 voix pour le Bloc) et des alertes sur un problème lors du dépouillement. Le recomptage a eu lieu et elle est finalement victorieuse... de 12 voix !

Cela ramène donc les sièges de la province à 35 députés pour les libéraux, 32 pour le Bloc québécois, 10 pour les conservateurs, et un pour les néo-démocrates. Soit exactement comme en 2019 !

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2021-10-06/depouillement-judiciaire/la-liberale-brenda-shanahan-gagne-par-12-voix-dans-chateauguay-lacolle.php

Mais il y a encore deux demandes (elles ne sont pas forcément acceptées) de dépouillements judiciaires au Québec :
- Trois-Rivières. Là, où l’ancien maire Yves Lévesque (Conservateur) n'a perdu que de 92 voix face au Bloc ;
- Brome–Missisquoi, où le Bloc conteste la victoire de Pascale St-Onge, gagnante par 197 voix.
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Sam 30 Oct 2021 23:55

Heather Stefanson a remporté la course à la direction du Parti conservateur du Manitoba. Ancienne ministre de la Justice et première ministre adjointe, elle a ensuite eu le portefeuille des Familles, puis celui de la Santé lors de la crise sanitaire, elle l'a emporté contre l’ancienne députée Shelly Glover avec une marge de moins de 400 voix. Le scrutin est contesté par la rivale mais semble admis par la presse et les observateurs. Elle devrait donc devenir première ministre du Manitoba sous peu, Brian Pallister ayant démissionné le 1er septembre après un peu plus de cinq ans au pouvoir. Kelvin Goertzen assure l'intérim depuis.

Première femme à ce poste, Stefanson représentait l'establishment du parti (elle avait un large soutien de députés et, par ailleurs, représente l'une des circonscriptions les plus riches de la province) quand Glover se voulait la porte parole des milieux ruraux et des personnes rétives au vaccin.

https://www.lapresse.ca/actualites/national/2021-10-30/heather-stefanson-sera-la-prochaine-premiere-ministre-du-manitoba.php
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Jeu 18 Nov 2021 21:00

Île du Prince Edouard
Il y avait une élection partielle dans Cornwall-Meadowbank, circonscription libérale depuis 1985 dont le député a été élu député fédéral. Cette élection partielle était à fort enjeu pour les trois partis représentés :
- Les libéraux jouaient le plus gros. Passé du gouvernement à la 2e opposition en 2019, avec seulement 6 sièges, ils ont déjà perdu une partielle et espéraient garder leur 5e siège ;
- Les verts, n°2 dans la circo en 2019, opposition officielle, espéraient gagner un 9ème siège ;
- Les conservateurs, qui ont gagné une majorité absolue de 14 sièges après une élection reporté en 2019 (un des candidats est mort entre l'enregistrement et le vote, décalant l'élection) et ont remporté un 15e sièges sur les libéraux, pouvaient indiquer un vrai soutien dans une circo peu favorable.

De fait le résultat est là : les conservateurs gagnent le siège, ce qui est historique, les libéraux sont défaits à leur tour et les verts, qui restent haut, sont cependant troisième et donc c'est aussi décevant pour eux.

PPC : 40,02 % (+22,47 )
Libéraux : 33,21 % (-14,69 %)
Verts : 23,39 % (-9,76 %)
NPD : 3,38 % (+1,98 %)

La participation est à peu près moitié moindre qu'en 2019, rien de surprenant.

Nunavut
Il y a eu des élections le 25 octobre, j'en ai peu parlé car 1/ je connais mal le territoire 2/ il n'y a pas de partis au Nunavut, que des indépendants. Il s’agit de Pauloosie Joseph Akeeagok, l’ancien président de l’Association inuit de Qikiqtani. Elu face à deux autres candidats, il devient à 37 ans le plus jeune ministre en exercice au Canada (mais pas le plus jeune des six ministres du Nunavut, Paul Okalik ayant été élu à 34 ans). Les 8 ministres ont ensuite été élu, le premier ministre sortant Joe Savikataaq, réélu dans sa circonscription, n'a pas réussi à se faire réélire au gouvernement.
https://www.rcinet.ca/regard-sur-arctique/2021/11/18/p-j-akeeagok-est-elu-premier-ministre-du-nunavut-dans-le-grand-nord-canadien/
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Lun 21 Mar 2022 15:47

En attendant la partielle du 11 avril au Québec quelques mouvements chez les conservateurs...

Conservateurs en Alberta
Pour débuter, ça tangue fort dans ce fief conservateur qui était passé néodémocrate en 2015, la division en deux partis des conservateurs (progressistes-conservateurs et Wildrose, plus conservateur notamment sur les questions sociétales) permettant cette victoire. En 2019 les deux partis conservateurs avaient fusionné et l'ex-progressiste conservateur Jason Kenney est devenu premier ministre, après l'avoir remporté en interne sur Brian Jean, ex-leader du Wildrose, qui avait quitté la politique peu après.
Avec la crise sanitaire, Kenney est fortement contesté : trop laxiste pour les néodémocrates, liberticide et trop à gauche pour les ex-Wildrose, contesté en interne par ses troupes, il a vu Brian Jean revenir en politique dans son ex-circonscription de Fort McMurray-Lac Labiche avec pour objectif clair de revenir au Parlement et de contester son leadership. C'est un succès puisque sans surprise Jean a été élu avec 63,6% des suffrages.
Son discours de victoire est assez net dans son but : « Il ne s'agit pas seulement d’une victoire de député, il s'agit aussi de l’avenir de l’Alberta. [...] Jason, j’espère que tu vois ce qui s’en vient et j’espère que tu sauras quelle est la bonne chose à faire. […] Tu sais que le Parti conservateur uni ne peut pas gagner les élections dans un an avec toi à sa tête. […] La bonne chose à faire, c’est de démissionner. »
C'est tout de même assez étonnant de voir qu'il a été élu sous l'étiquette du parti de Jason Kenney avec comme objectif net de le destituer.

Pour les autres partis : le NPD obtient 18,5 % le Wildrose Independance (oui, il y a un nouveau Wildrose parti, qui défend l'indépendance de l'Alberta) 10,8 %, pourtant face à un candidat très à droite et sur leur ligne. Ensuite, les libéraux obtiennent 3,6 %, l'Alberta Party (qui est relativement conservateur aussi) 1,7 % les autres étant sous les 60 voix (un indépendant et deux partis conservateurs, dont est est aussi indépendantiste). Vous l'aurez compris, ce n'est pas une circo très à gauche.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/18 ... c-la-biche

Parti conservateur fédéral
Au niveau du pays O'Toole s'est fait montré la porte, jugé lui aussi trop à gauche, ou pro-LGBT et pas assez pro-pétrole et armes à feu, bref trop "de l'est. Il y a deux ans son prédécesseur, élu de Saskatchewan, s'était fait chasser car trop caricaturalement conservateur, frileux sur l'avortement, bref, trop "de l'ouest". Ce qui est compliqué est que l'électorat et le membership conservateur est clairement à l'ouest, mais le vote ne se gagne pas sans l'est (sans le Québec, Harper l'a fait, ce n'est pas simple, mais sans le Québec et l'Ontario là...).
Bref le PCC est un peu dans une impasse, avec ses sièges certains à l'Ouest, quoique parfois menacé sur leur droite par les libertariens anti-pass et dénonçant le dérèglement climatique, mais une quasi défaite certaine à l'Est s'ils veulent satisfaire leur socle électoral. Et après deux tentatives différentes la nouvelle course à la chefferie oppose deux options :
- Pierre Poilievre, populaire député conservateur très à droite qui a le mérite d'être de Toronto mais veut faire campagne en "vrai bleu" de l'Ouest. Anti-taxe carbone, pro-dérégulation des armes à feux, sensibles aux questions sociétales des groupes religieux... Poilievre matraque sa loyauté à l'idéal conservateur et fait campagne en attaquant ses adversaires, des opportunistes sans convictions selon lui, voire des "libéraux", insulte suprême. Si cela galvanise les troupe difficile de trouver cela sain pour gagner ensuite, le fait qu'il soit issu d'une minorité francophone (franco-saskatchewanais) ne suffira pas je pense ;
- En face Jean Charest revient en politique dix ans après son départ du poste de premier ministre du Québec. Cette expérience premier ministre du Québec lui offre certes une nette carrure au niveau du pays, mais il était alors à la tête du Parti libéral du Québec, soit donc chez l'ennemi. En réalité c'est plus complexe : il n'y avait pas vraiment de conservateurs au Québec où les libéraux représentaient alors le courant le plus à droite (c'est moins vrai depuis que la CAQ est là) et s'il a quitté la politique fédérale (où il dirigeait le parti progressiste conservateur !) c'est pour prendre la tête du coalition fédéraliste afin de casser la menace indépendantiste québécoise et, donc, la scission du Canada. Force est de constater qu'il a plutôt réussi.

Il existe deux autres candidats :
- Patrick Brown, maire de Brampton et ancien chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario (il a du démissionner pour des affaires d'inconduite sexuelle dont il a été blanchi), qui a été député fédéral de 2006 à 2015. C'est une cible privilégié de Poilièvre qui le dessine en gauchiste caché ce qui est quand même assez excessif pour un homme qui fut loyal soldat de Harper et a dirigé les conservateur provinciaux. Il est certes plus proche de Charest et ouvert sur les questions sociétales, mais je suis étonné de la déferlante des attaques de membre du parti contre lui ;
- Leslyn Lewis, avocate ontarienne, qui avait créé la surprise en réussissant à être candidate en 2020. Candidate de la ligne la plus radicale, anti-avortement et droits des minorités, bien qu'elle même femme noire, c'est une star de cette branche du parti (appelés "conservateurs sociaux"). Depuis, son bon score à la course à la chefferie lui a permis d'obtenir un siège de député en 2021, elle a peu de chance de gagner mais reste incontournable pour Poilièvre. En 2020 elle avait soutenu O'Tolle contre McKay, mais elle a ensuite dénoncé la trahison de O'Toolle et été de ceux qui l'ont fait abattre... elle devrait se qualifier aussi.

Désormais les candidats doivent amasser de l'argent et faire adhérer en masse des militants (contrairement à chez nous c'est assumé et très bien vu, on juge la qualité d'un chef aussi à sa capacité à faire lever des membres). C'est un scrutin compliqué, les deux candidats ont de logiques réserves de voix, et le mode de scrutin se fait avec le même poids par circonscriptions, quel que soient les nombres de membre, l'idée étant de ne pas avoir un chef uniquement soutenu dans une zone géographique mais ça énerve, on peut le comprendre, dans des circos d'Alberta où des centaines de votes de membres conservateurs valent celui de 4 québécois dans des circos quasi sans personne (un leader local gagnerait presque à bloquer les adhésions pour avoir un gros pouvoir).

https://lactualite.com/politique/un-mat ... poilievre/
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Ven 25 Mar 2022 21:37

Et une énorme actualité du côté du Canada, d'autant plus qu'elle est inattendu même si le contexte de crise sanitaire + crise ukrainienne permet de jouer l'union nationale mais le Parti libéral du Canada et le Nouveau parti démocratique ont noué un accord officiel de gouvernement.

Il ne s'agit pas d'une coalition, aucun néodémocrate n'entrant au gouvernement, mais d'un accord clair par lequel le NPD s'engage à voter tous les budgets du mandat si les libéraux. Il y a 338 députés à la Chambre des communes, les libéraux en ont 159, soit dix manquants pour une majorité, avec leurs 25 députés le NPD apportent une confortable marge majoritaire. Sauf renversement d'alliance Trudeau n'a donc plus à s'inquiéter pour les 4 ans à venir alors que son leadership était contesté, il indique ainsi incontestablement qu'il est au pouvoir et compte bien y rester.

C'est un coup audacieux de Jagmeet Singh (NPD), certes risqué car dans la plupart des coalition le partenaire minoritaire a souvent été battu ensuite, mais qui peut ainsi redonner une importance à son parti et imposer certains de ses thèmes de campagne. Les journalistes soulignent que le parti avait de toute façon tendance à voter les derniers budgets, crise sanitaire oblige, ou refus de voter avec les conservateurs, avec moins de gains politique et que là, au moins, le NPD en retire des engagements précis : la création d'un régime de soins dentaires et celle d'un régime d'assurance médicaments fédéral. Des urgences dans le contexte.

Au-delà des budgets et de ces points précis, le NPD garde sa liberté de vote et s'affirme toujours parti d'opposition, on imagine bien qu'il ne devra pas non plus sans cesse voter contre le gouvernement, c'est un équilibre à trouver pour rester pertinent comme parti tiers tout acceptant des compromis.

En face la colère est forte au Parti conservateur du Canada (119 élus) qui dénonce une concession au socialisme débridé et une trahison démocratique, le Bloc québécois (35 élus)fait de même et rappelle que le Québec a ses propres prérogatives en matière de santé et que le projet néodémocrate les menace. Seul le parti vert (deux élus) salue "une volonté des partis politiques de mettre de côté les querelles partisanes et de travailler ensemble pour atteindre des objectifs politiques importants" pour dire toutefois que les engagements pris restent faibles et manquent d'ambition.

L'énervement des deux premiers partis cités se comprend, ils perdent une énorme armes avec un budget voté à coup sur, je trouve toutefois assez déplacé l'argument de la trahison démocratique : le principe d'entente et de coalition est inscrit et autorisé par la loi canadienne, même si peu usité. Il l'a été il y a encore récemment en Colombie-Britannique, voici qu'il arrive au fédéral.

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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Jeu 31 Mar 2022 15:38

Évolution au Nouveau-Brunswick

Pour rappel :

Eco92 a écrit:C'est donc une victoire sans appel pour Blaine Higgs, qui obtient 27 sièges, soit une large et solide majorité. D'autant plus nette que la participation n'a guère variée par rapport à une élection générale classique (65,9 % contre 67,13 % en 2018), même si le vote par anticipation a été bien plus massivement utilisé que d'habitude.

Voici les résultats, pour bien les lire il faut savoir que seuls les libéraux et progressistes-conservateurs avaient présentés 49 candidats, les Verts 47, L'Alliance des gens (droite anti-bilinguisme) 36 et le NPD (sociaux-démocrates) 33. Le NPD était notamment assez absent du nord francophone, le parti qui n'a plus de chefs depuis 2018 (le chef intérimaire Mackenzie Thomason, 23 ans, est toujours en poste faute de candidats au dernier congrès, le suivant ayant été annulé à cause de la pandémie). Se présentaient aussi 4 candidat de KISS (Keep It Simple Solutions, droite) et 9 indépendants.

Progressistes-conservateurs : 39,41 % (+7,52 %), 27 sièges (+7), majorité absolue)
Libéraux : 34,36 % (-3,44 %), 17 sièges (-3 sièges)
Verts : 15,41 % (+3,53 %), 3 sièges (=)
Alliance : 8,95 % (- 3,63 %), 2 sièges (-1)
NPD : 1.51%

Aucun sortant conservateur ou vert n'ont été défait, trois sortants libéraux et un de l'Alliance l'ont été. L'ex vice-premier ministre Robert Gauvin a été réélu facilement sous l'étiquette libérale quand le nouveau chef Kevin Vickers a échoué à entrer à l'assemblée nationale, il a donc démissionné du poste dès les résultats. La baisse de l'alliance se fait nettement au profit des conservateurs, j'ignore si les verts ont concurrencés fortement les libéraux et donc "divisés" le vote de gauche. Sans doute, il faudrait que je regarde mieux la carte. [...]

Le seul parti qui semble naviguer entre les deux électorats (l'alliance étant un parti clairement anglophones, sa priorité étant la baisse des droits liés au bilinguisme pour des raisons économiques) est le parti Vert, qui obtient de ses scores moyens % également dans les deux zones. Il a actuellement un chef anglophone, mais parfaitement bilingueet un acadien ex-dirigeant de la société de défense des francophones comme député. Seulement, ils n'arrivent que modérément à élargir leur cercle à ce jour et à convaincre de leur crédibilité.

Et de leurs côtés les conservateurs prouvent qu'on peut gagner une majorité en se passant des francophones.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1733853/clivage-francophones-anglophones-nord-sud-elections-nouveau-brunswick


Suite à cette victoire majoritaire et vu que le gouvernement conservateur gouverne avant tout comme gouvernement anglophone depuis sont élection, alors que l'Alliance des gens avait auparavant une balance du pouvoir, un mouvement dans la province.

Kris Austin, président-fondateur de l'Alliance des gens et député, a rejoint le Parti conservateur avec Michelle Conroy, seule autre députée du parti.

Élections Nouveau-Brunswick a indiqué avoir reçu une demande pour annuler l'enregistrement de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick de façon officielle, après 12 ans d'existence.

Il ne s'agit donc pas juste de transfuges d'élus, mais bien de la dissolution d'un parti avec arrivée de ses élus au sein du parti majoritaire. Il ne semble pas que ce soit un vote de militants.

Pour Austin ce n'est qu'un retour à la maison puisqu'il était membre et candidat du part progressiste conservateur avant de créer l'alliance, vue comme une scission de défense des droits des conservateurs.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/18 ... ggs-austin

On peut être surpris de la déclaration de ce ministre conservateur, en charge des gouvernements locaux, qui a indique : « Je me réjouis que l'Alliance du Nouveau-Brunswick n'existe plus comme un parti. Un parti antifrancophone qui était néfaste pour le Nouveau-Brunswick. », certes, mais a-t-il compris que ses élus dont le fondateur du parti en question devenaient ses collègues de caucus ?
https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premi ... -brunswick
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