myckilem a écrit:Petit point sur quelques résultats du parti libertarien dont on peut dire que ces élections n'ont pas été trop mauvaise à ce niveau.
Pour le sénat, l'état à suivre était l'Arkansas car il n'y avait pas de candidat démocrate dans la course. Alors, il était peu probable que le candidat libertarien, Ricky Harrington, l'emporte face au sortant républicain, mais il réunit tout de même 33,30 % des suffrages. C'est simplement le meilleur résultat d'un candidat libertarien au sénat. Les scores des autres candidats libertariens sont tout de même plus modérés avec quelques pointes au delà des 3 % selon les états.
Pour les postes de gouverneur, le candidat libertarien dans l'Indiana, Donald Rainwater, réalise un score au dessus de 10 % (11,75 %). C'est le deuxième meilleur score d'un libertarien à un poste de gouverneur de l'histoire du parti. L'autre score un peu significatif est l'élection pour le poste du Dakotah du Nord où le candidat libertarien, DuWayne Hendrickson, a fait 4 % des voix. Le Dakotah du Nord (et du sud) deviennent vraiment des bastions du parti libertarien.
Au niveau des états, il y a deux résultats notables dans le Wyoming. Tout d'abord, le candidat libertarien, Marshall Burt, a battu le sortant démocrate dans le district 39. Dans le district 55, la candidate libertarienne, Bethany Baldes, a échoué à prendre le siège au républicain sortant en récoltant 49,6 % des voix. Elle avait réalisé 49 % en 2018. Elle peut peut-être faire basculer le siège dans deux ans. Il y a peut-être d'autres résultats significatifs, mais c'est un peu compliqué de les trouver (j'ai trouvé ces deux infos sur la page wikipédia du parti libertarien). A chaque fois, c'est le résultat de duel où un des grands partis est absent. Maintenant, cela démontre tout de même que les candidats libertariens arrivent à avoir une certaine légitimité pour les électeurs dans ces deux districts.
Pour moi, le parti libertarien commence doucement à faire son trou. Ce n'est pas la première fois que les libertariens obtiennent des élus dans un législatif d'état (je pense que cela a déjà été le cas en Alaska dans les années 80-90). Maintenant, ce n'est plus arrivé depuis longtemps et cela me laisse penser qu'il pourrait commencer à jouer un rôle politique important dans certains états.
EDIT : Lien vers les resultats revendiqué par les libertariens
https://www.lp.org/2020-election/
D'assez nombreux élus du Parti libertarien l'ont été sous les couleurs d'un autre parti avant de rejoindre le Parti libertarien. Ils comptent actuellement un député à la Chambre des Représentants, Justin Amash, élu républicain depuis 2011 du Michigan très opposé à Donald Trump (il avait appelé à l'
impeachment de Donald Trump), devenu indépendant en 2019 et ayant rejoint le Parti libertarien en avril 2020. Mais comme il ne se représentait pas, le Parti libertarien ne devrait donc plus avoir de représentant à la Chambre des représentants.
Le positionnement électoral des libertariens américains me fait penser à celui qu'ont longtemps eu les écologistes français, "ni gauche ni droite". Mais contrairement à feu les Verts français je ne les vois pas entrer un jour en coalition avec un "parti de gouvernement", que ce soient les démocrates ou les républicains (alors qu'on a vu des évolutions en ce sens d'autres tiers partis, comme les progressistes du Vermont, aujourd'hui assez proches des démocrates). Le
Green Party américain est sur un créneau pas si éloigné en termes de positionnement démocrates / républicains, ayant d'ailleurs des convergences ponctuelles avec les libertariens - sur les libertés civiles ou le retrait des troupes américaines à l'étranger.
Sauf qu'aujourd'hui le poids militant et tout simplement électoral fait apparaître un ascendant des libertariens sur les Greens américains. Le Parti libertarien me semble aujourd'hui le meilleur candidat, à terme, pour casser le bipartisme démocrates/républicains. La crise politique américaine actuelle pourrait d'ailleurs susciter des vocations chez certains élus à rejoindre les libertariens, auxquels cas le basculement éventuel de groupes de militants offrirait la base nécessaire pour s'implanter durablement sous les couleurs libertariennes, et assurer ensuite que des libertariens succèdent à d'autres libertariens. C'est un schéma politique que je juge loin d'être impossible - et peut-être d'ailleurs a-t-il déjà des précédents à une échelle locale ?