pop03 a écrit:Je n'ai absolument pas voulu être agressif avec vous. Je me suis sans doute mal exprimé.
Même si je vous citais ''Corondar" dans mon message, je parlais de manière globale à ceux qui vilipendent perpétuellement l'idée du mur comme de nombreux médias.
Après, nous avons des avis divergents. Selon moi, un mur est une dissuasion physique plus efficace que le contrôle aléatoire de patrouilles policières. Il n'a jamais été dit que cela stopperait l'immigration, il s'agit de la limiter. Cela pourrait permettre une diminution des effectifs de patrouilles policières à la surveillance qui seraient réaffectés à d'autres tâches.
Je suis en désaccord sur vos solutions d'aides qui se traduisent par une concurrence déloyale entre ouvriers.
Corondar a écrit:Pour le coût de construction du mur, c'est très théorique pour l'heure. Trump change assez régulièrement ses dimensions au gré de ses discours. A priori, il voudrait un mur d'au moins 5 mètres de haut, parfois 10. On ne sait pas trop si il voudrait le faire construire tout le long de la frontière, ou seulement sur la zone non couverte par le Rio Grande (car oui, contrairement à ce que vous semblez affirmer, une partie de la frontière américano-mexicaine a bien une barrière naturelle, mais certains migrants le traversent à la nage, il n'est pas infranchissable). Là aussi, on a eu des versions contradictoires.
J'ai regardé quelques tables rondes sur des chaînes de TV américaines sur le sujet, avec plusieurs ingénieurs en génie civile. A priori, il n'y a déjà pas de consensus sur le coût que représenterait une telle construction, ni même sur sa faisabilité (2 des ingénieurs présents avaient l'air d'être sceptiques quant à la construction sur les roches et les déserts de l'Arizona et de l'Utah, surtout vu la hauteur envisagée et les conditions sismiques et pluviométriques, les autres disaient que c'était faisable mais que cela ferait flamber les coûts). Mais on est sans doute au minimum sur plusieurs milliards pour la construction.
Sur l'entretien, là aussi, ces ingénieurs semblaient dire qu'un tel mur, sous un climat aussi chaud et soumis à de fortes pluies orageuses, nécessiterait de nombreuses dépenses de réparation et d'entretien. Mais quand je parlais du coup d'entretien, je pensais aussi (et surtout) à sa surveillance. Car c'est bien joli de construire un mur, mais si il n'est pas surveillé sur l'intégralité de sa longueur, il ne devrait pas être très difficile de l'escalader ou de creuser des tunnels (ce qui est déjà le cas : il existe de nombreux tunnels sous la frontière, le mur n'y changera rien, sauf à lui donner des fondations encore plus colossales, ce qui augmenterait encore les coûts).
Bref, oui, la construction et l'entretien (aussi bien matériels qu'humains) représenteraient des milliards (5,10,15...?).
Corondar a écrit:Enfin, concernant le mur, il y a un élément historico-culturel purement américain à prendre en compte, élément que le point de vue franco-français tend à ignorer généralement.
La nation américaine est une nation d'immigrés. Elle s'est construite, tout au long de son histoire, et encore très récemment, par vagues d'immigration successives. C'est une différence fondamentale par rapport à l'Europe. Pour de nombreux Américains, les concepts de melting pot et d american dream, ça existe et ça leur parle.
Le rejet de l'immigration n'a atteint de telle proportion aux Etats Unis qu'assez récemment, et c'est un sentiment qui, certes, gagne du terrain, mais qui est loin de faire consensus. Et c'est une réalité politique plus complexe qu'on veut bien le croire. Ce n'est pas aussi simple que tous les démocrates sont pro-immigration et tous les républicains sont anti-immigration. Cette ligne de fracture qui est en train d’apparaître dans la société américaine sur le sujet est assez récente (depuis les années 1990 je dirais ?), et trouble beaucoup d'Américains. Ceux qui défendent la vision d'une Amérique qui accueille sont au moins aussi nombreux que ceux qui veulent fermer les frontières.
jean24 a écrit:Corondar a écrit:Enfin, concernant le mur, il y a un élément historico-culturel purement américain à prendre en compte, élément que le point de vue franco-français tend à ignorer généralement.
La nation américaine est une nation d'immigrés. Elle s'est construite, tout au long de son histoire, et encore très récemment, par vagues d'immigration successives. C'est une différence fondamentale par rapport à l'Europe. Pour de nombreux Américains, les concepts de melting pot et d american dream, ça existe et ça leur parle.
Le rejet de l'immigration n'a atteint de telle proportion aux Etats Unis qu'assez récemment, et c'est un sentiment qui, certes, gagne du terrain, mais qui est loin de faire consensus. Et c'est une réalité politique plus complexe qu'on veut bien le croire. Ce n'est pas aussi simple que tous les démocrates sont pro-immigration et tous les républicains sont anti-immigration. Cette ligne de fracture qui est en train d’apparaître dans la société américaine sur le sujet est assez récente (depuis les années 1990 je dirais ?), et trouble beaucoup d'Américains. Ceux qui défendent la vision d'une Amérique qui accueille sont au moins aussi nombreux que ceux qui veulent fermer les frontières.
Le rejet de l'immigration a toujours été très fort aux USA contrairement à ce que "notre point de vue franco-français" voudrait nous faire croire. Le film gangs of New-York en montre un des visages par exemple : les premiers américains ont eu du mal à tolérer les nouveaux irlandais ou italiens lors du XIXème siècle.
Il est vrai cependant que cette vague anti-immigrée s'est calmée (un peu) après la seconde guerre mondiale, ce recul est notamment du à la critique du KKK, de la ségrégation ou d'autres politiques racistes.
Même ce recul de lutte anti-immigration n'a pas entrainé un véritable rejet de l'immigration illégale. Sentiment qui a toujours existé aux USA même pendant les vagues d'immigration, je vous rappelle que la première chose que faisait les migrants après avoir vu la statue de la liberté était de faire valider son passeport et beaucoup de monde était recalé à l'époque.
Les américains ont souvent eu du mal pour tolérer ceux qui s'intégraient "mal" comme par exemple dans le film "a most violent year" ou un moment un immigré se fait licencier et il tente de se justifier en espagnol, le chef d'entreprises (bilingue puisque d'origine hispanique) lui dit alors (malgré le fait qu'il pourrait continuer et comprendre la discussion sans problèmes) : "in English". Certes ce n'est qu'un film mais ça montre très bien l'état d'esprit de nombreux américains et nouveaux naturalisés aux USA.
Le rôle de l'immigration est certes important aux USA, ce pays s'est battis dessus nous sommes d'accord mais il y'a toujours eu des anti-immigrés et surtout une volonté de rejeter les immigrés clandestins.
Bon après c'est vrai que Trump a des idées xénophobes qui passent mal auprès de l'électorat surtout en disant que les immigrés aujourd'hui ne sont que de mauvaises personnes.
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