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Election présidentielle américaine de 2024

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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Ven 8 Mar 2024 18:01

Fabien a écrit:Un électeur peut, me semble-t-il, avoir deux raisons bien différentes de se mêler des primaires du parti adverse (dans le cas des Etats-Unis, on pourrait presque dire "du parti ennemi"...): aider le candidat susceptible de faire le plus mauvais score, ou à l'opposé, s'il considère que la partie est perdue d'avance pour son camp, aider ce qu'il considère comme le moindre mal (à l'instar des électeurs de gauche qui ont voté Juppé à la primaire de la droite en 2017). Or, si ma mémoire est bonne, Haley n'aurait pas a priori été la plus mauvaise candidate républicaine, et le scrutin est tout de même loin d'être perdu d'avance pour les démocrates.
Mais tout cela est peut-être trop rationnel pour les trumpistes! ;-))
Par ailleurs, je me demande dans quelle mesure le choix de Biden de "draguer" les électeurs de Haley n'est pas à double tranchant. Leurs voix peuvent peut-être faire la différence, mais la dame est tout de même une républicaine pur jus, même pas spécialement modérée (avant l'émergence de Trump, on l'aurait sans doute classée très à droite, non?). Gagner une partie de ses partisans ne risque-t-il pas de nécessiter des concessions susceptibles d'inciter les démocrates les plus progressistes à rester à la maison? Biden les considère visiblement comme acquis, n'est-ce pas un calcul risqué?


Concernant le ratfucking, en effet, la participation aux primaires ouvertes du parti d'en face peut se faire pour plusieurs raisons très différentes.
Quant à l'appel du pied aux républicains "modérés" (tendance Cheney ou Kinzinger), il se fait avant tout avec un appel à la défense de valeurs fondamentales (la défense de la démocratie et ne pas cautionner un candidat poursuivi pour 91 chefs d'accusation dans 4 dossiers différents) plus qu'avec des concessions programmatiques. Les républicains qui voteront Biden ne le feront pas en espérant que les démocrates déportent leur programme vers la droite, mais pour rejeter les dérives autoritaires du GOP et de Trump sur tout un tas de sujets majeurs.
Et puis bon, ça fait 50 ans que Biden vend comme ligne des efforts bipartisans pour essayer de trouver des terrains d'entente. L'autre élément où certains électeurs républicains peuvent être tentés par un vote Biden c'est sur la politique étrangère concernant la Russie : certains républicains sont pas du tout en phase avec la ligne pro russe du courant MAGA.

Flaherty a écrit:Après il en faut pas oublier un élément important c'est la popularité de Joe Biden.
En octobre 2020 il était à + 20 d'opinion favorable contre -21 en février 2024 selon le New York Times alors que Trump n'a presque pas bougé, il avait -11% en octobre 2020 contre -10% en février 2020.
Il est très impopulaire ça peut expliquer en partie la baisse de Biden dans les sondages notamment dans les swing states.

Pour la différence entre les courses sénatoriales et la course présidentielle, je suis d'accord avec vous je pense que finalement il y aura peu de split ticket mais on ne peut pas dire à l'avance dans quel sens ça penchera.


Même ça, la popularité, je ne suis pas certain que cela soit toujours l'élément important que cela pouvait être jadis.
Déjà, avec l'extrême polarisation du spectre politique US, désormais n'importe quel président américain part avec au minimum entre 40% et 45% des électeurs qui lui seront forcément hostiles, quelle que soit sa politique, son action ou son bilan.
Surtout, la différence entre Trump et Biden se fait sur un élément notable : l'électorat démocrate est nettement plus critique envers ses représentants que ne l'est l'électorat républicain (surtout concernant Trump). Biden est sans doute moins populaire chez les démocrates que Trump chez les républicains, mais ça c'est un constat quand on demande un avis sur Biden seul. Lors de l'élection de novembre, les électeurs démocrates devront peser une alternative entre Trump et Biden. Et ça ça change tout.
Sur l'agrégat de RealclearPolitics, Biden est à -17 actuellement. Et là aussi, j'ai un peu de mal à évacuer que cette impopularité de Biden ne pénalise absolument pas les résultats électoraux démocrates des 2 dernières années : les démocrates ont réussi à gagner les midterms (car oui, personnellement au regard des résultats et des précédents, je n'hésite pas à dire que les démocrates ont remporté les midterms) alors que Biden était à -12 ou -13 à l'époque.
Tout comme pour son âge, je pense que l'impopularité de Biden serait nettement plus problématique pour le candidat démocrate si il affrontait un autre candidat que Trump...

Corondar a écrit:
arthas a écrit:A la suspension de campagne de Nikki Haley au terme du Super Tuesday, les suffrages globaux obtenus par les deux candidats depuis le début des primaires républicaines sont les suivants :
Donald Trump : 63,9% (1 541 026 voix)
Nikki Haley : 31,7% (763 763 voix)

Si Trump est nettement majoritaire, on voit que le réservoir des suffrages qui ne se sont pas portés sur lui est très important.
J'ai l'impression qu'il pourrait difficilement s'assoir ne serait-ce que sur la moitié des électeurs de Haley pour remporter les élections présidentielles.


Je ne sais pas où vous avez été chercher ce chiffre, mais je n'ai besoin d'aucune recherche pour pouvoir affirmer sans aucune hésitation qu'il est très fortement erroné : rien qu'avec les votes du Texas et de la Californie de mardi dernier, les 2 candidats en question ont obtenu des chiffres très supérieurs à ceux que vous avancez ici :).
Je suppose plutôt que votre chiffre correspond seulement aux états ayant voté avant le Super Tuesday ? Et je peux aussi vous affirmer sans l'ombre d'un doute que le ratio entre Trump et Haley ne sera pas de cet ordre là (il est impossible que Haley soit au dessus de la barre des 30%, elle devrait plutôt tourner aux alentours des 25% ?). Je ferai un point là dessus dès que les chiffres du Super Tuesday seront définitifs (ce n'est pas encore tout à fait le cas, notamment du côté de la Californie).
Sinon, du côté démocrates aussi Phillips jette aussi l'éponge. Ce qui m'étonne c'est qu'il ne l'ait pas fait plus tôt, au moins Haley en se maintenant jusqu'au Super Tuesday a pu défendre son créneau et empocher symboliquement un état.
Phillips j'ai toujours pas compris quel créneau il défendait (et vu qu'il n'a même pas réussi à atteindre la seconde place devant des candidats ayant déja abandonné, à priori les électeurs démocrates sur ces primaires non plus ?), et lui il n'avait absolument aucune chance de gagner un seul état. Son seul argument de campagne c'était son âge, visiblement ce n'était pas suffisant pour les électeurs démocrates.
https://www.cnbc.com/2024/03/06/dean-ph ... -race.html


J'ai sorti ma calculatrice, et grosso modo, le rapport de force entre Trump et Haley est plutôt celui là (j'ai fait des arrondis, ça peut bouger à la marge avec les dernières mises à jours, mais en gros c'est ça) :
Trump 8.5 millions de voix 71%
Haley 3 millions de voix 25%
Où l'on constate en effet que les sondages ont très mal saisi le rapport de force entre les 2 candidats. Certes, comme prévu, Trump domine largement et sans bavure la compétition, mais il est très loin de la domination que les sondages lui prédisaient.
En effet, l'écart moyen entre les 2 candidats sur les derniers agrégats était de 64 points en faveur de Trump (Trump étant à 79% et Haley à 15%). L'écart réel entre les 2 candidats est donc de 46 points : les sondages ont donc surestimé l'écart entre les 2 de 18 points, c'est beaucoup. Alors certes, dans les 3 millions de voix de Haley il y a quelques démocrates, et dans le lot des états ayant voté il y avait quelques états où Haley pouvait surperformer (au moins relativement), mais quand même, il y a bien un électorat républicain minoritaire mais significatif qui a tenu à montrer qu'il voulait une alternative à Trump.
Surtout, le fait que Trump obtienne des scores aussi mauvais auprès des indépendants et des électeurs diplômes de banlieues est un problème.

Sinon, Biden tenait hier son dernier discours de l'état de l'Union de son premier mandat. Et comme toujours pour un président candidat à sa réélection dans cette situation, cela marque le lancement officiel de sa campagne.
Sur le fond, c'était attendu : défense énergique de son bilan, mise en avant de l'économie, de la défense de la démocratie et de l'avortement, attaques contre Trump (sans le nomme directement autrement que par "mon prédécesseur") et fortes critiques contre les dysfonctionnements républicains du Congrès (sur le budget et la politique étrangère). Il a aussi parler de son âge et des perspectives pour un éventuel second mandat.
Sur la forme par contre j'avoue avoir été surpris : non seulement il a été énergique et précis, mais il a surtout à de nombreuses reprises lâché le téléprompteur pour partir en impro en répondant aux critiques et huées des républicains, notamment lors d'un échange intense avec Marjorie Taylor Greene, où Biden a fait ce qu'il sait faire de mieux, se montrer empathique et intéressé par le sort de l'Américain moyen. Personnellement j'ai vu un homme très maitre de lui même, cohérent, s'exprimant de manière très compréhensible, sans aucun moment d'égarement ni de lapsus particulier. Surtout je l'ai trouvé très combatif.
https://www.youtube.com/watch?v=cplSUhU2avc
https://www.pbs.org/newshour/politics/r ... on-remarks
https://edition.cnn.com/2024/03/08/poli ... index.html
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Lun 11 Mar 2024 02:35

Flaherty a écrit:Concernant le Nevada en 2020 voici ce que donnait les sondages agrégés:
- 270 to win: + 5 pour les démocrates
- Real Clear Politics: +2,4 pour les démocrates
- FiveThirtyEight: +5,3 pour les démocrates
Alors que le score final est de 2,39% pour les démocrates donc pour un des agrégateurs était juste et les autres ont surestimé les démocrates.


Je faisais plutôt référence à la sénatoriale de 2022, où les agrégats donnaient ça :
RealClearpolitics R+3.4
FiveThirtyEight R+1.4
270toWin R+3.8
Si on fait la moyenne des agrégats ont était à R+2.9. La sortante démocrate l'a finalement emporté de 0.8 points (entraînant chez moi un léger agacement, puisque sur cette série sénatoriale ce fut mon seul prono erroné :) ). Surestimation des républicains R+3.8

Flaherty a écrit:En 2022, sur les derniers jours les sondages ont été moins bons et ils ont surestimé les républicains en effet ( tout en restant dans la marge d'erreur finalement dans la plupart des cas) mais si on prend les sondages sur les 21 derniers jours ils étaient plutôt juste.


Sur les sénatoriales, clairement non : il y a bien eu surestimation assez nette des républicains.
En Pennsylvanie, les agrégats finaux donnaient le républicain Oz à R+0.4. Le candidat démocrate l'a emporté avec 4.9 points d'avance (surestimation des républicains à R+5.4).
En Arizona, les agrégats finaux donnaient le sortant démocrate à D+1.1. Il l'a finalement emporté avec 4.9 points d'avance (surestimation des républicains à R+3.8).
En Géorgie, les agrégats finaux donnaient le républicain Walker à R+1.2. Le sortant démocrate a fini en tête à D+0.9 sur le premier tour (surestimation des républicains à R+2.1).
Au New Hampshire, les agrégats finaux donnaient la sortante démocrate à D+2.3, elle l'a emporté avec 9.1 points d'avance (surestimation des républicains à R+6.8).
Au Wisconsin, les derniers agrégats donnaient le sortant républicain à R+3.6. Il l'a emporté avec 1 point d'avance seulement (surestimation des républicains à R+2.6).
Au Colorado, les derniers agrégats donnaient le sortant démocrate à D+7.3. Il l'emporte avec 14.6 points d'avance (surestimation des républicains à R+7.3).
A Washington, les derniers agrégats donnaient la sortante démocrate à D+4.3. Elle l'emporte finalement avec 14.6 points (surestimation des républicains à R+10.3).
Bref, le bilan entre les derniers agrégats et les résultats réels sur les sénatoriales de 2022 est très clair : une surestimation très nette et généralisée des candidats républicains dans beaucoup d'états.

Flaherty a écrit:Concernant les sondages nationaux pour 2024, j'ai l'impression que Biden fait moins bien dans les gros états démocrates comme la Californie avec -10% par rapport à 2020 ou à New York avec -13% par rapport à 2020 alors que pendant ce temps Trump augmente son score dans des états comme comme la Floride selon les sondages avec +6% par rapport à 2020... Après c'est juste une hypothèse et je pense qu'au moment du vote les démocrates seront devant au niveau national.


Ce sont justement ces sondages là qui me font grandement douter de la fiabilité des sondages actuels : il y a absolument zéro chance pour que que Trump soit aussi compétitif en Californie et à New-York, peu importe le candidat des démocrates. Ça c'est un prono que je suis déjà prêt à prendre : les sondages actuels concernant ces 2 états sont totalement à la masse, et Trump enregistrera en novembre dans ces 2 états des résultats très mauvais (au mieux semblables à ceux de 2020).
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Mar 12 Mar 2024 02:54

En tout cas, Biden et Trump pivotent tous deux vers la générale. Chacun tenait un meeting en Géorgie aujourd'hui. Difficile de faire plus différent sur les thèmes abordés.
Le candidat démocrate a mis en avant son projet de budget que les élus démocrates tentent de défendre actuellement au Congrès : hausse des impôts pour les plus riches (projet d'une taxation de 25% des revenus des milliardaires) et les sociétés, et baisse des prix des médicaments. Le président continue aussi à essayer de mettre en perspective son bilan économique.
Du côté de Trump, 2 sujets principaux : l'immigration et sa "victoire volée" de 2020.
https://us.cnn.com/2024/03/09/politics/ ... index.html
A noter que pour l'heure, le gouverneur républicain de Géorgie Kemp n'a toujours pas appelé à voter pour Trump. Ce dernier laissant aussi planer l'idée qu'il se rallierait peut-être officiellement au projet républicain de sabrer dans les financements de Medicare et Medicaid (sur le papier Trump continuait à jouer la transgression sur ce point, mais je n'y ai jamais vraiment cru autrement que comme un argumentaire de campagne ?).
https://edition.cnn.com/2024/03/11/poli ... index.html

Autre élément à noter : les trumpistes font main basse sur la direction du parti républicain. Suite à la démission de Ronna Romney McDaniel, le nouveau président du parti républicain est l'ultra trumpiste Michael Whatley (un ardent défenseur du mensonge de la fraude électorale), lequel s'est adjoint comme numéro 2 la belle-fille de Trump, Lara Trump (épouse de Eric Trump). Le clan Trump ne cache pas son projet de faire main basse sur les finances du parti pour payer les frais d'avocat du patriarche. Au détriment du financement des campagnes des candidats républicains pour le Congrès. Et personne ne moufte.
https://www.deseret.com/politics/2024/0 ... irpersons/
A noter que Biden lève nettement plus d'argent que Trump depuis un moment, et que le parti démocrate lève lui aussi plus d'argent que son pendant républicain. Surtout, une partie très importante des fonds de Trump et du GOP vont partir dans les frais judiciaires de l'ancien président républicain. Au détriment des opérations de terrain ? Ce sera un élément à suivre aussi sur la future campagne...
https://www.nbcnews.com/politics/2024-e ... rcna142624
https://edition.cnn.com/2024/02/21/poli ... index.html

Petit point sur les petits candidats :
1) du côté des du mouvement no label, les soutiens de l'initiative (essentiellement des groupes de droite qui espèrent capter plus de voix démocrates que de voix républicaines afin d'aider à la réélection de Trump) maintiennent leur volonté de présenter une plateforme. Mais toujours pas de candidat potentiel intéressé par l'aventure. C'est problématique :).
https://thehill.com/homenews/campaign/4 ... al-ticket/
2) Les Verts devraient retenter la candidature de Jill Stein, les libertariens aussi devraient être présents. Pour ces derniers, Robert F.Kennedy Jr leur fait de l'appel du pied pour qu'ils le choisissent comme leur porte-drapeau (cela lui permettrait de moins galérer à candidater dans plusieurs états en étant soutenu par l'infrastructure existante du parti libertarien). Mais le souci est que les idées défendues par Robert F.Kennedy Jr ne sont guère compatibles avec la plateforme libertarienne.
https://apnews.com/article/jill-stein-r ... 68ae4718d4
https://www.politico.com/newsletters/po ... y-00141795
Kennedy et des super PAC le soutenant affirment avoir les signatures nécessaires dans plusieurs états, mais pour l'heure rien n'a été officiellement confirmé par les états en question. Affaire à suivre...
3) quant à Cornel West, pour l'heure il n'a réussi à valider sa candidature que dans les états d'Alaska, d'Oregon et de Caroline du Sud, sur fond de manque criant de financements
https://us.cnn.com/2024/03/06/politics/ ... index.html
Comme toujours, les états rendent l'inscription des petits candidats sur les bulletins difficiles. C'est l'un des rares trucs sur lequel les 2 partis principaux s'entendent :)
https://www.reuters.com/world/us/how-us ... 024-01-18/

Autre élément qui agite le landerneau politique US : qui sera le VP de Trump ?
https://nymag.com/intelligencer/article ... -odds.html
Il n'y a encore pas si longtemps, j'étais persuadé qu'il n'aurait pas le choix que de prendre une femme, j'en suis moins convaincu désormais, Trump étant toujours capable de prendre tout le monde à contre pied.
Si il opte pour une femme, les favorites seraient Kristi Noem (gouverneure du Dakota du Sud) ou Elise Stefanik (numéro 4 du caucus républicain à la Chambre des représentants, élue de l'état de New-York). Si il devait opter pour un homme les favoris seraient Tim Scott (sénateur de Caroline du Sud) ou J.D Vance (sénateur de l'Ohio). Parmi les outsiders on cite plein d'autres noms : Kari Lake, Vivek Ramaswamy, Kattie Britt (vue sa performance absolument catastrophique lors de sa réponse télévisée à l'état de l'Union de Biden elle a perdu beaucoup de points je pense), Tucker Carlson, Marjorie Taylor Green...
Deux éléments que je retiens :
1) l'élément principal voire quasiment unique pour évaluer les candidatures semble être le degré de loyauté et d'obéissance à Trump
2) beaucoup des noms avancés me paraissent être potentiellement assez catastrophiques (un ticket Trump/Lake, Trump/Carlson ou Trump/Taylor Green ce serait quelque chose je pense...), et les 2 femmes favorites sont largement inconnues du grand public.
Trump étant lui aussi un candidat très âgé (quel que soit le gagnant de novembre, il sera forcément le président le plus âgé de l'histoire US pour entamer un second mandat), le choix du VP pèsera aussi.
Du côté de Biden, il a déjà largement confirmé qu'il rempilait avec Kamala Harris. Trump devrait sans doute faire durer le suspens le plus tard possible histoire (la dernière limite étant la convention du parti cet été) de garder pour pas cher du suspens journalistique ? Si il devait opter pour un(e) illustre inconnu(e) ce serait peut-être mieux de pas trop attendre quand même ?
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Mer 13 Mar 2024 17:44

La nuit dernière, les 2 presomptive nominees ont chacun atteint la barre fatidique de la majorité absolue des délégués de leur parti respectif. Sauf pépin majeur d'ici là, Trump obtiendra la nomination républicaine et Biden la nomination démocrate.
Je reste globalement assez étonné par la participation aux primaires démocrates, qui est nettement supérieure à ce à quoi je m'attendais. En 2012, Obama avait obtenu 8 millions de voix à l'issue des primaires démocrates. Cette année, Biden a déjà dépassé ce chiffre, alors qu'à peine la moitié des états ont voté. Ceci dit, entre temps, plusieurs caucus ont été remplacés par des primaires (par nature plus participatives). Mais tout de même, dans mon modèle j'avais pas du tout anticipé une telle participation côté démocrates. Biden obtiendra nettement moins de voix qu'il y a 4 ans, mais le décrochage sera nettement moins important que pour Obama. C'est à noter je trouve, pour un président sortant qu'on dit impopulaire et contesté. Mais Biden sera loin de ses 19 millions de voix de 2020 (même si j'ai toujours quelques scrupules à comparer des primaires ouvertes sans sortant à des primaires avec un président sortant candidat).
Côté républicains, on sera très loin du record de participation de 2016, et il n'est même pas certain que la participation soit supérieure à celle de 2020 (où Trump était seul en piste). Quant au score de Trump, il faudra voir ce que ça donne avec les derniers états, il ne dépassera pas ses 18 millions de voix de 2020, mais il dépassera peut-être ses 14 millions de voix de 2016, mais c'est pas certain non plus.
Sur les scrutins d'hier, pas grand chose à noter, si ce n'est que Haley continue à obtenir nettement plus de voix dans les comtés urbains et de banlieues (c'est très net en Géorgie : c'est dans la région d'Atlanta qu'elle obtient ses meilleurs résultats, notamment dans les comtés de banlieues).
https://www.nytimes.com/interactive/202 ... imary.html
https://apnews.com/hub/ap-election-2024 ... te-tracker

Sinon, ce week-end on a nettement senti que les 2 principaux candidats avaient pivoté vers la générale. Biden a effectué plusieurs déplacements en Pennsylvanie et en Géorgie, et lui et la VP Harris ont prévu plusieurs meetings dans les jours à venir au Wisconsin et au Michigan. Les équipes de campagne de Biden augmentant leurs effectifs pour intensifier les opérations de terrain.
https://apnews.com/article/biden-campai ... d6b5ff31ab
Contrairement à il y a 4 ans, la campagne du candidat démocrate devrait être nettement plus visible sur le terrain que la campagne du candidat républicain, ce dernier utilisant la majeure partie de ses fonds (et de ceux de son parti) pour payer ses frais d'avocats. Trump va certainement devoir réduire la voilure niveau meetings à cause de ça. Ce qu'on a déjà un peu vu sur ses primaires, où Trump n'a pas pu tenir ses grands meetings couteux comme par le passé.
https://www.mediaite.com/tv/trumps-camp ... -reporter/

Plus intéressant, les 2 candidats ont pris tous les 2 des positions diamétralement opposées sur 2 sujets :
1) sur les financements de medicare et medicaid
Sans surprise, le candidat démocrate entend pérenniser le financement de ces 2 programmes sociaux (embryons de sécurité sociale et de retraite par répartition pour les plus pauvres et les plus âgés) en augmentant sensiblement les impôt et cotisations des Américains gagnant plus de 400 000 dollars par an. Et l'administration Biden entend surtout continuer à travailler pour faire baisser les prix des médicaments (sur les 4 dernières années, l'administration démocrate a obtenu de réelles avancées sur le prix de l'insuline notamment).
https://www.whitehouse.gov/omb/briefing ... -medicare/
https://kffhealthnews.org/news/article/ ... -reaction/
De manière nettement plus surprenante, Trump semble être revenu sur une promesse ancienne, laissant entendre qu'il était peut-être prêt à se rallier à la ligne majoritaire chez les républicains : à savoir baisser les financements et donc les prestations de medicare et medicaid. Je dis peut-être, parce que comme d'habitude avec Trump, c'est très flou. Un contributeur du forum demandait il y a peu si on pouvait traduire un discours de Trump pour se faire une idée de sa pensée. J'avais répondu que cela donnait souvent des traductions absconses, je laisse les lecteurs du forum en juger avec la sortie de Trump sur le sujet :
"Il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire en termes de droits, en termes de réduction, mais également en termes de vol et de mauvaise gestion des droits, une très mauvaise gestion des droits. Il y a énormément de choses, beaucoup de choses que vous pouvez faire."
https://www.mediaite.com/tv/trump-tells ... y-pounces/
Comme souvent, j'ai envie de dire, débrouillez vous avec ça pour en extraire la substantifique moelle :). Mais pour le plus grand malheur de Trump, il a bien prononcé le mot "réduction" en parlant de medicare et medicaid. A mon avis, les clips de campagne démocrates vont tourner en boucle là dessus...
2) plus étonnant, Trump a pris le contrepied de Biden sur le sujet de TikTok. Alors que Trump pendant sa présidence avait tenté de bannir le réseau social en question des USA (accusé d'être trop contrôlé par la Chine), et que l'administration Biden était sur la même ligne (le gouvernement US voulant obliger TikTok a vendre ses droits d'exploitation sur le territoire US à des compagnies américaines), Trump a pris tout le monde de court en disant qu'il préférait que TikTok reste géré par les Chinois, craignant que ce soit Facebook qui rafle la mise (le Congrès envisage également de passer une loi anti monopole à ce sujet).
Il faut avouer que voir Trump défendre des intérêts chinois, c'est un peu étonnant. Les mauvaises langues disent que l'ancien président serait en quête de nouveaux financements pour payer ses dettes.
https://www.cbsnews.com/news/trump-reve ... of-people/
https://www.washingtonpost.com/opinions ... gn-policy/

Dans un autre registre, hier le procureur spécial Hur était auditionné par le Congrès, au sujet de son rapport sur les documents secrets retrouvés chez Biden, et qui avait fait couler beaucoup d'encre, puisque Hur avait non seulement exonéré Biden de toute poursuite, mais il avait aussi envoyé un petit scud au président, arguant qu'il le trouvait trop sénile pour être condamné par un jury.
https://thehill.com/homenews/house/4527 ... takeaways/
Hur a eu au moins le mérite de reconnaitre qu'il était républicain, et que si Trump gagnait la présidentielle, il espérait bien servir dans une future administration républicaine. Derrière, le pauvre a été attaqué par les élus démocrates (qui lui reprochent d'avoir outrepassé sa fonction en livrant une analyse médicale pour laquelle il n'a pas les compétences) mais aussi par les élus républicains (qui lui reprochent d'avoir exonéré Biden de tout crime ou délit dans ce dossier).
Quant au transcript des entretiens, ce qui a surtout émergé c'est que contrairement à ce qu'affirmait Hur, Biden se souvenait très bien lors de leurs échanges de la date de la mort de son fils Beau (dans le transcript, Biden donne le jour et le mois, mais il est interrompu par un assistant de Hur avant de pouvoir donner l'année).
De toute façon, entre temps, la réception très positive du discours de l'état de l'Union de Biden et le début de ses déplacements sur le terrain ont à mon avis largement éteint les critiques internes aux démocrates envers Biden et son âge. Pour les électeurs républicains et indépendants, c'est sans doute différent, mais je pense quand même que la séquence qui s'achève aura un peu éteint l'incendie de ce côté là. La réponse totalement effarante et absolument catastrophique de la sénatrice républicaine Britt au discours de l'état de l'Union ainsi que le fait que lors de ses meetings Trump fasse au moins autant de lapsus et d'erreurs que Biden jouant aussi son petit rôle je pense.
https://www.newsweek.com/katie-britt-st ... se-1877943
https://www.mediaite.com/opinion/watch- ... s-stutter/
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede arthas » Mer 13 Mar 2024 21:15

En termes de communication, Joe Biden semble vraiment avoir réussi le discours qu'il fallait au bon moment.
Sur le fond, j'ai le sentiment qu'il est parvenu à faire ce que tout politicien compétent vise lors d'un moment important : avoir un discours structuré qu'on a envie d'écouter sans décrocher, avoir une bonne aura et faire passer max 3-4 idées qui restent dans les esprits et la presse les jours qui viennent. En l'occurrence : le bilan économique est bon et je le prouve (avec chiffres et convictions), Donald Trump (sans le nommer) est un extrémiste dangereux, et l'armée américaine prendra une part noble dans le soutien à la population de Gaza en contribuant à la création d'un port humanitaire.

Le fait que Biden apparaisse en forme est un gros plus. D'une part, cela va éteindre un peu les critiques et au moins les inquiétudes dans son propre camp ? D'autre part quelques jours auparavant, Trump souffrait de la comparaison en se lançant dans une diatribe contre Biden qu'il a confondu avec insistance avec Obama, identifiant ce dernier comme le Président sortant. Mauvais point pour le candidat républicain.

Maintenant si je voulais poursuivre un peu sur la délicate question de l'âge :p Tout en laissant tranquille les deux principaux candidats ... je dirais que c'est même combat pour leurs rivaux déclarés. Robert Kennedy, Cornel West, Jill Stein ... tous les trois sont de joyeux septuagénaires. Point de renouvellement générationnel au sein du monde politique US, même chez les indépendants ?
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Dim 17 Mar 2024 17:28

arthas a écrit:En termes de communication, Joe Biden semble vraiment avoir réussi le discours qu'il fallait au bon moment.
Sur le fond, j'ai le sentiment qu'il est parvenu à faire ce que tout politicien compétent vise lors d'un moment important : avoir un discours structuré qu'on a envie d'écouter sans décrocher, avoir une bonne aura et faire passer max 3-4 idées qui restent dans les esprits et la presse les jours qui viennent. En l'occurrence : le bilan économique est bon et je le prouve (avec chiffres et convictions), Donald Trump (sans le nommer) est un extrémiste dangereux, et l'armée américaine prendra une part noble dans le soutien à la population de Gaza en contribuant à la création d'un port humanitaire.

Le fait que Biden apparaisse en forme est un gros plus. D'une part, cela va éteindre un peu les critiques et au moins les inquiétudes dans son propre camp ? D'autre part quelques jours auparavant, Trump souffrait de la comparaison en se lançant dans une diatribe contre Biden qu'il a confondu avec insistance avec Obama, identifiant ce dernier comme le Président sortant. Mauvais point pour le candidat républicain.

Maintenant si je voulais poursuivre un peu sur la délicate question de l'âge :p Tout en laissant tranquille les deux principaux candidats ... je dirais que c'est même combat pour leurs rivaux déclarés. Robert Kennedy, Cornel West, Jill Stein ... tous les trois sont de joyeux septuagénaires. Point de renouvellement générationnel au sein du monde politique US, même chez les indépendants ?


Je pense que c'est un peu le coup de bol de Biden, le fait que tous les autres candidats à cette élection seront au minimum des septuagénaires. Si le GOP avait nominé DeSantis ou Haley, l'âge de Biden serait un bien plus gros problème à gérer pour sa campagne.
L'autre élément que je relève, c'est le même qu'il y a 4 ans : à mon avis les républicains gèrent très mal le niveau d'attaques sur la question. Cela fait 5 ans qu'ils présentent Biden comme un sénile bavant à la limite du coma végétatif. Du coup, il suffit de pas grand chose pour que Biden paraisse au dessus des attentes, et, clairement, avec son discours sur l'état de l'Union et ses quelques interviews et meetings des jours suivants, il a été nettement au dessus des attentes. Si les attaques républicaines étaient plus subtiles (on peut attaquer Biden sur son âge en lien avec le poids de la fonction sans forcément tomber dans le diagnostique de sénilité) cela aurait plus de poids je pense. Or, cela fait déjà 5 ans que le narratif républicain est installé là dessus, du coup ça fait un peu répétitif ?
Surtout, ce qui a vraiment joué dans la séquence positive post discours de l'état de l'Union pour Biden, c'est réellement la performance totalement à côté de la plaque de la sénatrice d'Alabama, Katie Britt. Même les analystes et médias conservateurs ont bien été obligés de reconnaitre l'ampleur du fiasco. Déjà, opter pour délivrer la réponse officielle du GOP depuis la cuisine de la sénatrice, en pleine période de remise en cause du droit à l'avortement, je ne sais pas trop quel est le communicant qui a pensé que c'était une bonne idée, mais il faut le virer d'urgence. Ensuite, la prestation de Britt était tellement douloureuse à regarder (les talk shows s'en sont donnés à coeur joie), qu'elle a démontré à tous qu'une personne de 42 ans pouvait livrer un discours catastrophique là où quelqu'un de 81 ans pouvait être nettement plus pro et efficace.
Je suis pas loin de penser que la sénatrice d'Alabama vient de tuer toute chance pour elle de pouvoir envisager une carrière nationale vers de plus haute sphère (on peut à mon avis désormais la retirer de la liste des VP potentiels de Trump ?).
https://www.nytimes.com/2024/03/15/us/p ... -sotu.html
Je pense qu'elle vient de battre la campagne de DeSantis pour le prix du pire fiasco politique de la saison ?

A noter qu'à ma grande surprise, Mike Pence vient officiellement de désavouer Trump, et a confirmé publiquement qu'il ne pouvait pas, "en conscience", voter pour l'ancien président. Moi ce qui m'étonne c'est qu'il ait fallu plus de 3 ans à Pence pour désavouer aussi fermement la personne qui a tenté de le faire lyncher par une foule de fanatiques ? Fanatiques que Trump entend gracier si il devait être réélu.
https://edition.cnn.com/2022/02/09/poli ... index.html
Cela signe à mon avis la fin définitive de la carrière politique de Pence ? Mais voir un ancien vice-président désavouer ainsi publiquement l'ancien président sous lequel il a servi, c'est suffisamment rare pour le noter. D'autant que Pence ne fait que rejoindre la très longue liste d'anciens officiels ayant servi dans l'administration Trump déclarant qu'ils ne comptent pas revoter pour leur ancien patron. Toujours pas de quoi faire bouger le soutien de Trump auprès de la base, mais encore une fois, en novembre il suffirait de peu de déperditions auprès d'électeurs républicains modérés pour que cela soit suffisant dans quelques swing states...
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Eco92 » Mar 19 Mar 2024 12:15

Trump, condamné à 464 millions de dollars pour fraudes, a visiblement de la difficulté à payer la caution nécessaire. S'il ne le fait pas le 25 mars, il pourra voir certains de ses biens immobiliers saisis.

https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Corondar » Mar 19 Mar 2024 17:45

Eco92 a écrit:Trump, condamné à 464 millions de dollars pour fraudes, a visiblement de la difficulté à payer la caution nécessaire. S'il ne le fait pas le 25 mars, il pourra voir certains de ses biens immobiliers saisis.

https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html


Sachant que cet élément est en train de devenir un élément de campagne. Il est désormais établi que Trump n'a pas les liquidités nécessaires pour payer cette amende. Il y a de très fortes chances qu'il soit actuellement à la recherche d'un créancier pour lui prêter la somme, or, les banques US sont désormais plus que frileuses à l'idée de prêter à un homme d'affaire qui vient d'être condamné à de très lourdes sanctions (financières et juridiques) par l'état de New-York. Si jamais il devait finir par trouver un créancier avant la date butoir, mon petit doigt me dit que l'identité et la nature du créancier deviendrait un gros enjeu : si le candidat républicain à la présidentielle américaine devait être redevable de près d'un demi milliard de dollars à des créanciers étrangers, cela pourrait potentiellement mettre en jeu la sécurité nationale en cas de second mandat Trump...
Mais vu les délais il est sans doute plus probable qu'en effet, Trump se voit saisir certains de ses biens immobiliers par la justice new-yorkaise. Les huissiers iront-ils jusqu'à le déposséder de la tour Trump de Manhattan ?

Mais je dois avouer qu'au niveau de l'actualité trumpiste, j'ai été nettement plus marqué par ses dérapages du week-end dernier lors d'un meeting en Ohio. Théoriquement, Trump était là pour soutenir son poulain sur la course sénatoriale, Moreno. Comme souvent dans ce genre de cas, Trump a à peine évoqué le nom du candidat qu'il soutient, préférant se livrer à ses diatribes dont il a le secret. Trois propos ont attiré mon attention :
1) en parlant des immigrants, il a déclaré "Je ne sais pas si vous pouvez les qualifier de personnes. Dans certains cas, ce ne sont pas des personnes, d'après moi. Mais je ne suis pas autorisé à le dire parce que la gauche radicale dirait que c'est une terrible chose à dire."
2) après un passage sur la guerre commerciale avec la Chine, Trump est passé du coq à l'âne (comme souvent) et a déclaré "Si je ne suis pas élu, ce sera un bain de sang pour tout le monde, et ce sera le moindre des problèmes. Ce sera un bain de sang pour le pays."
3) il a fait référence à Biden en le traitant de "fils de pute stupide"
https://thehill.com/homenews/campaign/4 ... e-elected/
A titre personnel, c'est avec ce genre de propos, que je n'ai aucun mal à classer Trump désormais comme un candidat proto fasciste :
1) déshumanisation des étrangers, attaques ad hominen contre tous ses adversaires (réels ou supposés), rhétorique visant à légitimer l'usage de la violence physique dans le débat politique
2) remise en cause du cadre électoral et de la légitimité démocratique
Et Trump est loin d'être le seul républicain à suivre cette rhétorique : Michele Morrow, candidate républicaine au poste de ministre de l'éducation en Caroline du Nord, a appelé à l'exécution de Barack Obama, Hillary Clinton, Chuck Schumer, Bill Gates et Anthony Faucci. Concernant Obama, elle propose de filmer son assassinat par un peloton d'exécution, histoire de rentabiliser la vidéo sur internet.
https://us.cnn.com/2024/03/14/politics/ ... index.html
Depuis, beaucoup de républicains se répandent dans les médias pour défendre les propos de leur candidat à la présidentielle, en disant qu'il n'a pas voulu dire ce qu'on pense qu'il a dit, qu'évidemment il parle uniquement de "bain de sang économique". Outre qu'à l'écoute du propos c'est clairement pas le sentiment que j'ai eu, je relève surtout que suite à l'assaut contre le Capitole, de mon point de vue cela fait longtemps que Trump ne bénéficie plus du bénéfice du doute sur ce genre de rhétorique. Mais je dois être un peu trop cartésien ?
https://thehill.com/homenews/senate/453 ... ng-voters/
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Flaherty » Mar 19 Mar 2024 21:51

Concernant l'expression "le bain de sang" pour avoir vu la vidéo, on voit clairement qu'il parle clairement de l'industrie automobile à ce moment là en parlant d'un bain de sang économique et non d'une éventuelle guerre civile... Même Nicole Bacharan qui n'est pas une fan de Donald Trump (c'est le moins qu'on puisse dire...) a déclaré sur LCI que Biden et les démocrates sont de mauvaises foi à ce sujet.
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Re: Election présidentielle américaine de 2024

Messagede Flaherty » Mar 19 Mar 2024 22:08

https://www.natesilver.net/p/democrats- ... ng-support

Un article très intéressant sur le vote des minorité notamment pour les jeunes pauvres voici la traduction ci-dessous ( Vous pouvez trouver les graphiques sur l'article en question) :

En début de semaine, John Burn-Murdoch, du Financial Times, a publié un article qui prétendait montrer des pertes substantielles pour les démocrates parmi les électeurs non blancs, ce qu'il appelait un "réalignement racial". Si vous êtes un accro des données électorales, vous l'avez probablement vu ; il a été consulté plus de 7 millions de fois sur Twitter. Voici le graphique qui a donné le coup d'envoi :

Il vaut la peine de lire tout le fil de discussion. Il y a beaucoup de données, et Burn-Murdoch note que les problèmes sont particulièrement graves pour les démocrates parmi les électeurs de couleur de la classe ouvrière, et les plus jeunes. De nombreux électeurs noirs, hispaniques et américains d'origine asiatique se sont longtemps identifiés comme modérés ou conservateurs plutôt que libéraux, et Burn-Murdoch estime que l'inclinaison des démocrates vers des politiques plus libérales (même si je préférerais les appeler "gauche" ou "progressistes" plutôt que "libéraux") les rattrape, en particulier à mesure que le souvenir de l'ère des droits civiques s'estompe.

Le fil de discussion a suscité son lot de réactions de la part des suspects habituels, dans le cadre d'une tendance récente au déni des sondages chez les démocrates, qui s'est infiltrée jusqu'à la Maison Blanche. Et il est vrai qu'il y a des choses que l'on peut critiquer. Burn-Murdoch mélange les données de différents sondages, et l'observation de 2024 est basée uniquement sur le récent sondage New York Times / Siena College, qui a une taille d'échantillon relativement petite ; j'aurais préféré qu'il prenne une moyenne de différents sondages.

S'il l'avait fait, il aurait probablement trouvé la même chose. Comme vous le savez peut-être, je n'aime pas trop fouiller dans les tableaux croisés des sondages. En raison de la petite taille des échantillons et de la difficulté à atteindre certains groupes sous-représentés, il est toujours possible de trouver quelque chose de "faux" et de s'en servir pour rejeter les résultats des sondages que l'on n'aime pas. Toutefois, Adam Carlson a rendu un service inestimable en agrégeant les résultats de différents sondages, ce qui résout au moins le problème de la taille de l'échantillon. Il constate que la part de voix de Joe Biden a chuté de façon spectaculaire parmi les électeurs noirs et hispaniques par rapport à une estimation moyenne fiable du vote de 2020.

Comme vous pouvez le constater, la marge de Biden par rapport à Donald Trump n'a pratiquement pas bougé d'un pouce parmi les électeurs blancs ; il les perd de 12 points de pourcentage, comme en 2020. Cependant, Biden ne gagne plus que 7 points de pourcentage chez les Hispaniques - contre 24 points en 2020 - et "seulement" 55 points chez les Noirs, contre 83 points en 2020.

Je ne vais pas évoquer toutes les difficultés possibles lorsqu'il s'agit de sonder les électeurs non blancs, dont les taux de réponse aux sondages sont généralement inférieurs à ceux des électeurs blancs. Je dis simplement qu'il s'agit d'une tendance constante ; M. Carlson effectue la même analyse depuis des mois, et il obtient toujours les mêmes résultats. Les démocrates ne peuvent donc pas se débarrasser de ce problème en se plaignant de la petite taille des échantillons, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'essaieront pas de le faire.

Mais les sondages... Est-il vraiment plausible qu'il puisse y avoir des écarts aussi importants lorsqu'il s'agit de votes réels ?

Bien sûr, c'est au moins plausible. Examinons les données de deux endroits où les électeurs non blancs sont nombreux. L'un est un endroit où je ne suis jamais allé, le comté de Starr, dans le sud du Texas, et l'autre est l'endroit où je vis, la ville de New York.
Le comté de Starr compte 98 % d'Hispaniques, soit le taux le plus élevé de tous les comtés du pays en dehors de Porto Rico, ce qui en fait un point de données d'une valeur unique. Il n'y a pas de problèmes possibles d'inférence écologique - interprétation erronée du comportement des individus ou de sous-groupes particuliers à partir de données agrégées - lorsque pratiquement tout le monde est hispanique. Le comté de Starr est également assez pauvre, dans la vallée du Rio Grande, le long de la frontière mexicaine, et c'est donc un endroit particulièrement propice à la recherche de modèles parmi les Hispaniques de la classe ouvrière. Ce qui s'y passe devrait effrayer les démocrates. Voici les résultats des élections présidentielles dans le comté de Starr de 2008 à 2020.

J'ai représenté ces résultats par le nombre total de voix plutôt que par la marge de voix, car c'est ce qui est vraiment révélateur. Biden a obtenu à peu près autant de voix dans le comté de Starr qu'Hillary Clinton en 2016, ou que Barack Obama en 2008 ou 2012. Mais Trump est passé de 2218 voix en 2016 à 8247 voix, soit près de quatre fois plus, en 2020. J'ai rarement vu une chose pareille, surtout dans le paysage politique américain contemporain où les préférences partisanes ont tendance à être relativement stables. Le taux de participation a été beaucoup plus élevé dans le comté de Starr en 2020 - mais ces nouveaux électeurs se sont prononcés massivement en faveur de Trump, ce qui contredit la croyance de longue date selon laquelle les démocrates bénéficient d'un taux de participation plus élevé parmi les groupes minoritaires.Le déplacement du vote hispanique dans le sud du Texas a sapé les rêves des démocrates de rendre le Texas bleu, ou au moins violet, compensant les gains réalisés par les démocrates dans les zones métropolitaines de Houston, Dallas et Austin.

Ce n'est pas seulement une affaire de Trump, d'ailleurs. En 2022, Henry Cuellar, député démocrate de la 28e circonscription du Texas, qui représente le comté de Starr et d'autres régions situées le long de la frontière mexicaine, l'a emporté avec 13 points d'avance. Ce n'est pas mal, je suppose. Mais M. Cueller avait remporté la course par 19 points en 2020, et par 69 points en 2018 contre un candidat libertarien, les républicains n'ayant même pas pris la peine de disputer la course. Il a gagné par 35 points en 2016, lorsque les républicains avaient un candidat.

La ville de New York est un autre endroit où l'on trouve de fortes concentrations d'électeurs non blancs. Voici les résultats des élections présidentielles et gubernatoriales depuis 2012 dans les cinq arrondissements ainsi que dans les trois comtés de la banlieue la plus proche, le comté de Westchester au nord de New York sur le continent, et les comtés de Nassau et Suffolk sur Long Island.

L'histoire est un peu plus nuancée : Andrew Cuomo, candidat démocrate au poste de gouverneur en 2014 et 2018, était relativement populaire à Long Island et à Staten Island, tandis que le candidat républicain au poste de gouverneur en 2022, Lee Zeldin, représentait l'est de Long Island (principalement le comté de Suffolk) au Congrès.

Il n'en reste pas moins que ces tendances sont inquiétantes pour les démocrates. Dans le Bronx, où moins de 10 % de la population est blanche non hispanique, les démocrates sont passés d'une victoire de 83 points à la présidentielle en 2012 à une victoire de seulement 55 points au poste de gouverneur en 2022, soit un écart de 28 points. Les démocrates ont également perdu 29 points dans le Queens, qui ne compte que 26 % de Blancs non hispaniques, entre 2012 et 2022. Les résultats des démocrates ont été plus stables dans Manhattan, plus riche (bien que relativement diversifié), et dans le comté aisé de Westchester.

À l'échelle nationale, les tendances ne sont pas aussi spectaculaires, même si l'on retrouve en partie les mêmes schémas. La modélisation de Catalist, un cabinet démocrate, a révélé que les démocrates sont passés de 97 % du vote noir bipartisan (c'est-à-dire le vote excluant les tiers partis) en 2012 à 90 % en 2020. Ils sont également passés de 70 % du vote hispanique à 63 % au cours de la même période

La part des démocrates dans le vote des Américains d'origine asiatique avait été plus stable en comparaison, mais elle a ensuite chuté de manière substantielle lors des élections de mi-mandat de 2022 par rapport à 2020, selon une analyse de Catalist.

Il convient de souligner que, dans l'ensemble, les électeurs noirs restent fortement démocrates. Mais le fait de passer de 97 % des voix à 90 % - sans parler de 80 %, comme l'ont révélé des sondages plus récents - constitue un énorme problème pour le parti. Les démocrates dépendent de plus en plus du vote des diplômés de l'enseignement supérieur, mais ces derniers constituent une minorité : environ 40 % des personnes âgées de 25 ans et plus sont titulaires d'une licence ou d'un diplôme supérieur, et cette proportion n'augmente plus vraiment, car le nombre d'Américains qui fréquentent l'université se stabilise, en particulier chez les hommes. Si les démocrates n'obtiennent pas d'énormes majorités d'électeurs noirs et de solides majorités d'Hispaniques et d'Américains d'origine asiatique, leurs calculs électoraux ne leur permettent pas d'obtenir une majorité.

Restons-en là pour l'instant. Bien que la théorie de M. Burn-Murdoch soit plausible - le progressisme croissant des démocrates et le renouvellement des générations sont à l'origine du problème -, elle mérite une analyse plus approfondie. Ce qu'il observe dans les données ne doit cependant pas être considéré comme une sorte d'aberration. Ce phénomène a été reproduit dans de nombreux sondages, et il est devenu de plus en plus évident dans les résultats des élections.
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