nigdugg a écrit:(...) Biden et certains occidentaux [Passage supprimé : non respect des règles du forum] n'ont pas compris que beaucoup d'Américains (72M) ne désirent pas guérir de l'America first, and great again.
Encore une fois, soit vous n'écoutez pas vraiment Biden, soit vous surinterprétez ses propos. Il ne dit pas qu'il veut "guérir" les électeurs Trump de l'agenda trumpiste (pour lequel, à titre personnel, j'aurais beaucoup de mal à apporter une définition claire et précise). Il dit vouloir guérir l'Amérique de ses divisions, il appelle à l'unité de tous les Américains. Je n'ai entendu dans sa bouche aucune volonté d'empêcher les électeurs de Trump de vouloir penser à l'Amérique d'abord . Je me permets de citer la partie du discours en question :
I pledge to be a president who seeks not to divide but to unify. Let this grim era of demonization in America begin to end – here and now. It’s time to put away the harsh rhetoric. To lower the temperature. To see each other again. To listen to each other again. To make progress, we must stop treating our opponents as our enemy. We are not enemies. We are Americans. The Bible tells us that to everything there is a season — a time to build, a time to reap, a time to sow. And a time to heal. This is the time to heal in America. (je me suis permis de souligner la partie où Biden dit justement l'inverse de ce que vous semblez lui reprocher).
Traduction que je propose : "Je fais le serment d'être un président qui ne cherchera pas la division, mais l'union. Marquons le début de la fin de cette ère de diabolisation en Amérique, ici et maintenant. Il est temps de mettre de côté cette rhétorique dure. De faire baisser la température. De se regarder de nouveau les uns les autres. De s'écouter de nouveau les uns les autres. Pour accomplir des progrès, nous devons arrêter de traiter nos adversaires comme nos ennemis. Nous ne sommes pas ennemis. Nous sommes des Américains. La Bible nous apprend qu'il y a une raison en toute chose : un temps pour construire, un temps pour se recueillir, un temps pour semer. Et un temps pour guérir. Il est temps de soigner l'Amérique."
Je ne vois dans ce discours aucune stigmatisation des électeurs de Trump (une stigmatisation en creux de la rhétorique de haine et de division de Trump en revanche, oui c'est certain).
A mon sens il est tout à fait possible de critiquer Trump sans pour autant critiquer ou insulter ses électeurs ?
Mais, pour le coup, dans ce discours là , Biden appelle bien à écouter aussi les demandes et les craintes des électeurs de Trump, démarche que vous appelez de vos vœux si je vous suis bien ? Après, on peut penser que tout cela est un discours creux qui ne débouchera sur rien et n'aura pas de suite. Mais dire que Biden stigmatiserait les électeurs de Trump et voudrait les guérir de leurs pensées via ce discours, c'est clairement nier le sens de ces mots et de ce discours.
manudu83 a écrit:Concernant le michigan ayant des amis résidents de l'état je me suis fait expliquer le système :
Point 1 : à compter du dernier jour d'acceptation des bulletins (le 6 novembre), chaque comté a 14 jours pour certifier ses résultats, si tel n'est pas le cas, ceux-ci sont transféré au state board of election qui effectue les vérifications nécessaires et est le seul à pouvoir rééllement certifier une élection dans l'état.
Point 2 : la non-certification par la commission bipartisane d'un comté n' a rien d'exceptionnelle, wayne county n'a pas certifié les résultats en 2016, ni pour le maire en 2013. De même le comté de résidence de mes amis, n'a pas certifié les résultats locaux en 2014.
Point 3 : pourquoi cela arrive t il plus souvent à wayne county ? la ville de détroit a des difficultés financières récurrentes et n'arrive pas à investir suffisamment pour maintenir à jour son système électoral, en particulier la ville est célèbre pour ses listes d'émargement notoirement obsolète (il y a d'ailleurs eu quelques articles avant l'élection).
Par manque de personnel, les retranscriptions des votes "early in person at clerk's office" sur les listes d'émargement est parfois incomplet. Cela aboutit a un écart entre la liste d'émargement et le nombre de vote dans l'urne. En tant que français ça va paraitre énorme mais 75% listes sont en décalages avec le nombre de vote. Cependant cela ne concerne que quelques centaines de votes (moins de 200 votes d'écart en 2016 par exemple).
Point 4 : L'état du Michigan fait il des efforts pour y remédier? : oui, après les problèmes de la primaire par accord bi-partisan la secretaire d'état a demandé à christopher Thomas de sortir de sa retraite bien méritée après 36 ans à la tête du state board of élection (1981-2017) pour superviser l'élection de Wayne county. L'homme dont la probité est reconnue (il a servi 22 ans sur 36 des secrétaires d'état républicain) a été accepté par les républicains de l'état.
Christopher Thomas n'a pour le moment pas observé de manquement grave dans l'élection.
Merci pour cet éclairage local, très utile au débat et à l'information.
Rien à voir, mais je me permets de mettre un lien vers un article très intéressant de FiveThirtyEight sur l'analyse des résultats en Géorgie.
https://fivethirtyeight.com/features/ho ... rned-blue/Pour résumer, l'article met en avant que jusque 2016 les démocrates avaient progressé dans cet état jusqu'à atteindre une forme de plafond de verre aux alentours des 45%. Depuis 2018, les démocrates semblent avoir percer ce plafond pour atteindre une zone entre 48 et 50% des voix, permettant, si ce n'est de rendre l'état bleu, de le faire basculer clairement dans la zone pourpre.
L'article constate que cette progression supplémentaire entre 2018 et 2020 s'explique par une conjonction de plusieurs éléments :
1) une très grosse participation des électeurs Afro-Américains (qui se sont aussi beaucoup plus inscrits sur les listes électorales)
2) des gains notables dans les zones de banlieues d'Atlanta, faisant de la métropole au sens large un bastion démocrate aux scores équivalents de certaines métropoles historiquement démocrates (et que dans les zones de banlieues, ces gains concernent aussi des électorats Blancs, notamment chez les femmes)
3) des scores moins mauvais dans les zones rurales qu'Obama en 2012 et Clinton en 2016
Et l'article propose plusieurs explications pour ces évolutions (mettant en avant que ces raisons se cumulent et ne s'excluent pas les unes les autres) :
1) un fort vote anti-Trump dans cet état (notamment chez les Afro-Américains et les femmes de banlieues)
2) la métropole d'Atlanta devient réellement une zone nettement plus libérale (dans le sens américain du terme, donc plus à gauche)
3) Stacey Abrams a fait un travail de terrain colossal sur les trois dernières années (l'article indique clairement qu'elle compte bien retenter sa chance sur l'élection au poste de gouverneur de l'état en 2022)
4) Biden a un profil parfait en tant que porte bannière pour cet état (puisqu'il permet de cumuler forte popularité auprès de l'électorat Afro-Américain et de banlieues, tout en étant moins impopulaire que Clinton et Obama auprès des électeurs plus ruraux)
L'article conclue qu'il est difficile de statuer sur la pérennité à court et moyen terme de ces évolutions et de ces tendances. Il souligne aussi à quel point essayer d'anticiper à quoi pourraient ressembler les run-off de janvier est horriblement compliqué dans cet état, et que cela dépendra d'un équilibre très indécis entre ces différentes tendances du scrutin du 03 novembre. Et ils en viennent à la même conclusion que moi : gagnera le camp qui mobilisera le plus.