guillaume44 a écrit: Vous me semblez omettre complètement le point de vue des personnes ruinées qui peuvent être amenés à commettre l'irréparable. Bien entendu, de cela, vous n'en entendrez jamais parler dans les médias.
Vous êtes en train de nous dire que la crise économique (partiellement induite par les épisodes de confinement, mais aussi par la pandémie au sens large, confinement ou pas) aurait entraîne le suicide de plus de 235 000 personnes aux USA au cours des derniers mois ? Là aussi, auriez vous l'amabilité de produire une source sur le sujet, que nous puissions nous faire une idée ?
guillaume44 a écrit:Il n'empêche la réouverture de l'économie a permis un bond de 33% du PIB américain et à des centaines de milliers de personnes de retrouver un emploi (après une chute du PIB quasi-similaire donc c'est un effet neutre). Que va t'on dire à ces personnes ? Vous êtes virés Rentrez chez vous !!!!
Concernant l'économie, je n'ai personnellement jamais varié : ma philosophie personnelle m'incline à penser qu'on surestime grandement l'influence du politique sur les mécanismes macro-économiques. Mais je concède que c'est là mon penchant personnel.
Par contre, ce que vous soulignez ici passe à côté de l'essentiel : les conséquences dramatiques de la crise économique aux USA sont dues en grande partie à l'absence totale de protection sociale aux USA, qui fait depuis toujours qu'à la moindre bourrasque économique, des millions de gens sont plongés dans une précarité encore plus grande. Notons que c'est aussi cette jungle socio-économique qui permet aux USA de rebondir plus vite (au niveau macro-économique j'insiste, parce qu'au niveau précarité faut voir ce qu'il y a derrière...)
Le discours trumpiste que vous relayez ici consiste à dire que face aux crises multiples du coronavirus il faut faire un choix : sacrifier des gens fragiles au virus (des vieux, des obèses, des diabétiques, bref, dans un pays aux carences sanitaires aussi énormes que les USA, un paquet de monde) ou sacrifier des gens fragiles sur l'autel économique (actifs cumulant plusieurs petits jobs mal payés, eux aussi très nombreux aux USA). Ne serait-il pas plus intuitif de constater, face à ce choix impossible induit par la société américaine, qu'il faut peut-être réformer 2 ou 3 choses dans le système social, économique et sanitaire américain ? L'intérêt de cette campagne présidentielle aurait pu être de voir le candidat démocrate proposer ses réformes, et le candidat républicain d'en faire de même. J'espère ne pas être taxé de partisanerie en constatant que le candidat démocrate l'a fait (après, on peut être contre ses propositions, les trouver nulles ou imparfaites). On sait ce que Biden propose comme projets de lois pour remédier à ces crises.
Le candidat républicain ne l'a pas fait, pour une raison simple : le discours de campagne de Trump c'est qu'il n'y a absolument aucun problème dans l'Amérique de 2020 qui nécessiterait des réformes ou des changements. Pour Trump, 8 millions de chômeurs (des pans économiques entiers en lambeaux) ce n'est rien. 235 000 morts du virus (un système de santé et de couverture santé indignes de la première puissance mondiale), ce n'est rien. Son message de campagne est le suivant : tout est parfait en Amérique parce qu'il en est le président, et tout restera parfait si il reste président.
Voilà à quoi se résument les campagnes de Biden et Trump. Et, honnêtement, je n'ai pas le sentiment de caricaturer mais de simplement rapporter les programmes des deux candidats.
guillaume44 a écrit:Bien que ce soit subjectif, un candidat qui se démène, fait campagne et va faire 2-3 rallys par jour me semble plus courageux qu'un autre qui reste cloitré chez lui 1 jour sur 2 dans l'état hautement stratégique du Delaware !!!
Je crois que ce qui vous a échappé dans tout ça, c'est que l'attitude de Biden est bien un argument de campagne assumé comme tel. Oui, Biden se présente comme un candidat calme et serein, et tente de dépeindre Trump comme le candidat de l'agitation permanente et du chaos vide de sens (encore une fois, je ne vous dis pas que j'adhère, je vous dis que c'est le message de Biden).
Pour faire un parallèle avec la France, on est sur une offre assez similaire à celle de la campagne présidentielle de 2012 : Hollande (Biden) qui se présentait en candidat "normal", face à un Sarkozy (Trump) jugé suractif et épuisant.
Là aussi, que vous, à titre personnel, vous préfériez les candidats survoltés et hyper actifs, c'est votre droit le plus strict. Par contre, que vous supposiez que les Américains partagent tous votre opinion sur le sujet, cela relève plus du café du commerce que de l'analyse politique. Sur ce site, on essaye de privilégier le second au premier. Après, si Trump est réélu triomphalement comme vous le supposez, vous pourrez sans doute développer une analyse pointue sur le fait que le peuple américain préfère peut-être les hommes politiques forts et virils qui en ont aux hommes politiques calmes et posés qui préfèrent le dialogue bipartisan ?
guillaume44 a écrit:Dès qu'un journal ou un site d'information est un tant soi peu conservateur, émet des doutes sur le globalisme ou l'immigration de masse, il est immédiatement caricaturé de sites extrémistes antisémites, racistes nauséabond etc... En revanche, dès que c'est le Washington Post ou Le New York Times c'est la vérité absolu. D'ailleurs, il y aurait beaucoup à dire sur leur une sur les tragiques évènements survenus en France ces derniers temps.
J'ai beau relire avec attention l'intervention de Vincent, je n'y vois aucune accusation de sa part d'antisémitisme ni de racisme sur la source que vous relayez. Il a employé le terme de "populiste" (et de "complotiste" aussi) en revanche. Etes vous en train de nous dire que, dans votre esprit, populisme (étiquette revendiquée par Trump) rime avec racisme et antisémitisme ? Ce n'est pas très gentil pour Trump ça.
Par contre, revenons en à vos sources. J'ai lu attentivement votre article : aucune trace de votre chiffre de 57 000 participants au meeting de Trump. L'article parle de plusieurs dizaines de milliers de personnes, mais l'auteur a une formulation ambiguë : on a presque l'impression qu'il cumule l'affluence à plusieurs meetings de la séquence pour en arriver à cette estimation au doigt mouillé. En tout cas, aussi bien les photos de l'événement que les chiffres d'affluence officielles avancées, on semblait tourner plutôt vers 10 000 participants que 57 000 (mais si vous avez une source pour appuyer ce chiffre précis, je vous en prie, éclairer notre lanterne).
Enfin, je note que vous vous appuyez sur cet article pour souligner que le lieutenant gouverneur démocrate de Pennsylvanie sent une forte mobilisation républicaine (là aussi, il ne vous vient pas à l'esprit que c'est là une tactique assez classique : agiter la peur de la mobilisation du camp d'en face pour mobiliser son propre camp ?). Il est un peu dommage que vous ne soulignez pas que le même lieutenant gouverneur souligne qu'il sent aussi une très forte mobilisation des démocrates (ce en quoi l'auteur de l'article en question ne semble pas opposer d'objection de principe).
nigdugg a écrit:mon prono pour le sénat et chambre
sénat 51 D et 49 R
chambres 270 D
165 R
pour les pronos présidentielles j'ai déja donné mon avis.
270 sièges pour les démocrates à la Chambre ? C'est colossal, cela représenterait un gain de plus de 30 sièges (après 40 il y a 2 ans). Avec un tel résultat à la Chambre, je vois mal comment les démocrates pourraient être à moins de 54 sièges au Sénat et Biden élu autrement que dans un landslide...
Je ne suis pas très doué pour évaluer des probabilités, en revanche je suis d'accord avec le fond : oui, aux USA, être un président sortant c'est toujours un gros avantage.
Le fait que Trump soit considéré comme l'outsider est une anomalie par rapport aux standards US (en 2004 et 2012, Bush et Obama faisaient offices de légers favoris, en 1996 Clinton était perçu comme imbattable).
C'est aussi pour ça que je maintiens que sa réélection serait loin d'être un choc pour les standards politiques américains. Sa défaite en revanche serait une bizarrerie (il rejoindrait Bush père et Jimmy Carter dans un club très fermé sur les 100 dernières années).