"Canton de Ghisoni : Rejet du charcutage et de l'incohérence"
Les municipalités des communes de Ghisoni, Poggio di Nazza, Lugo di Nazza et Ghisonaccia, qui composent l’actuel canton de Ghisoni, rejettent les propositions de découpage cantonal, présentées dernièrement par le représentant de l’Etat au Conseil Général de la Haute-Corse. Elles ne comprennent pas ce redécoupage cartographique imposé et regrettent l’absence de concertation préalable. Cette découpe électorale qui consiste notamment à retirer Ghisonaccia du territoire a été effectuée en dépit du bon sens.
L'histoire et l’identité même de notre bassin de vie imposent d'autres choix : n'oublions pas que Ghisonaccia a été fondée en 1845 par décision des communes de Ghisoni, Lugo di Nazza et Poggio di Nazza. Les communes de montagne sont la souche de Ghisonaccia, les liens familiaux comme la simple géographie les rendent indissociables. La gestion du domaine d'Alzitone, les regroupements pédagogiques sont encore d'autres illustrations de la nécessaire unité des 4 communes du canton.
Le choix de retirer Ghisonaccia du bassin de vie du Fium’Orbu Castellu est en complète contradiction d'avec la fixation des limites de la communauté de communes, pourtant voulue par l'Etat, il y a à peine quelques mois. Sans Ghisonaccia et malgré le rattachement des communes plus éloignées de Nocetta et Rospigliani par exemple, le futur canton de Prunelli Di Fium'Orbu ne respecte pas le seuil démographique exigé par le Gouvernement.
Ce projet aberrant appellera dans les prochains jours une mobilisation totale des élus, toutes tendances confondues, pour obtenir le retrait de cette proposition de découpage.
La méthode choisie de laisser certains élus régenter l’avenir des départements est un signal négatif pour la démocratie.
Nous souhaitons qu'une prise conscience soit opérée par les décideurs que sont Monsieur le ministre de l'Intérieur, Monsieur le Préfet et Monsieur le Président du conseil général afin que ce charcutage soit revu et que l'on revienne à un projet plus cohérent.
Les maires des communes de Poggio di Nazza, Lugo di Nazza , Ghisoni et Ghisonaccia appellent la population à rester mobilisée. Une réunion publique sera organisée dans les prochains jours."
La Haute Corse passe de 30 Ã 15 cantons
Bastia aura deux cantons en moins avec le redécoupage.
Chaque canton comptera environ entre 10 et 11.000 Habitants.
Le canton de Morosagila regroupe désormais le centre, le Niolu, Asco, Vezzani et Vivario.
Il est le plus étendu de tous, mais le moins peuplé. Ce qui explique qu'il soit plus grand que les autres dans le redécoupage.
Le cap en perd un et le redécoupage en fait un seul canton.
La Balagne passe de 4 Ã 2 cantons.
Biguglia se retrouve dans le même canton que Saint Florent alors qu'il était englobé auparavant dans le canton de Borgo.
Lucciana se retrouve avec le canton de Penta di Casinca.
Borgo ne forme plus qu'un seul canton.

MiniM a écrit:Encore, ce genre d'aberrations montre que le France devrait adopter un processus à la britannique ou à la canadienne pour tout ce qui est redécoupage.
xavbon a écrit:Encore des nouveautés… qui continuent d’arriver, (...)
La nouvelle carte pour la Manche est arrivée :
http://www.vds-phl.fr/
Jean-Philippe a écrit:Je commence par celui du Territoire de Belfort (voici la carte en grande taille).
On passerait à 9 cantons contre 15 aujourd'hui :
(...)
- un canton de Châtenois-les-Forges, au sud-ouest, avec la plupart des communes de ce canton et de celui de Danjoutin (EELV)
- un canton de Bavilliers, prenant en écharpe par le sud l'agglomération de Belfort, avec surtout les communes de Bavilliers (MRC) et Danjoutin (son maire EELV est conseiller général)
(...)
gerard24 a écrit:MiniM a écrit:Encore, ce genre d'aberrations montre que le France devrait adopter un processus à la britannique ou à la canadienne pour tout ce qui est redécoupage.
Peux tu développer ? Je n'ai aucune idée de la façon dont sont fait les découpage dans ces pays.
OK, j'ai trouvé ceci : http://www.elections.ca/content.aspx?se ... dex&lang=f
C'est sûr que des commissions indépendantes sont préférables à ce que l'on connait en France.
Mais cela peut conduire aux mêmes résultats si l'on ne met l'accent que sur la population sans prendre suffisament en compte les autres critères : Critères géographiques, communautés d'intérêt, superficie..etc

MiniM a écrit:gerard24 a écrit:MiniM a écrit:Encore, ce genre d'aberrations montre que le France devrait adopter un processus à la britannique ou à la canadienne pour tout ce qui est redécoupage.
Peux tu développer ? Je n'ai aucune idée de la façon dont sont fait les découpage dans ces pays.
OK, j'ai trouvé ceci : http://www.elections.ca/content.aspx?se ... dex&lang=f
C'est sûr que des commissions indépendantes sont préférables à ce que l'on connait en France.
Mais cela peut conduire aux mêmes résultats si l'on ne met l'accent que sur la population sans prendre suffisament en compte les autres critères : Critères géographiques, communautés d'intérêt, superficie..etc
Pour le Royaume-Uni, ce sont des commissions indépendantes (en fait 4, pour chacune des nations du Royaume-Uni, c'est-à -dire l'Angleterre, l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord). Toutes fonctionnent de la même manière, cependant.
Depuis 2011, un écart maximal de 5% (sauf pour les circonscriptions de plus de 12 000 km carrés) avec le quota (la population totale divisée par le nombre de circonscription) et une taille maximale (13 000 km carrés). D'autres facteurs peuvent être pris en compte, comme les liens locaux, la géographie, les frontières des gouvernements locaux...
Avant 2011, il n'y avait qu'une liste de critères à considérer, donc la population, la superficie, les liens.
Un autre élément important est la consultation. En ce moment, c'est 12 semaines de consultation après la proposition initiale, les commentaires reçus sont publiés, 4 semaines de consultation des commentaires reçus, publication d'une proposition révisée, 8 semaines de consultation puis publication d'une carte finale.
Pour les gouvernements locaux, un processus similaire existe. Là , les règles diffèrent à l'intérieur du pays, les gouvernements locaux étant un pouvoir qui a été décentralisé aux nations constituantes, mais toutes ont une commission indépendantes et des consultations.
Au Canada, ce sont aussi des commissions indépendantes, une par province. Là aussi, la population doit être égale, mais la loi vise une cible de ±25% du quota, ce qui donne de la marge et vise d'autres critères aussi, qui sont de respecter les limites précédentes et historiques, de respecter les communautés d'intérêt et l'identité des communautés et que les circonscriptions rurales ne soient pas trop vastes.
Il y a aussi processus de consultation. La commission propose une carte, les gens ont au moins 30 jours pour commenter et se préparer avant le début d'audiences publiques à travers la province (avant 2011, 60), après les audiences, la commission propose une nouvelle carte, les députés peuvent objecter et une commission parlementaire écrit un rapport sur les objections des députés. Les commissions de redécoupage doivent répondre à chaque objection et changer leur carte ou non. La majorité des objections sont refusées (31% d'acceptation la dernière fois, allant de 100% à Terre-Neuve-et-Labrador (1/1) et au Nouveau-Brunswick (2/2) à 17% en Colombie-Britannique (1/6) et en Ontario (3/18).
Les provinces doivent aussi redessiner la carte pour leur législature provinciale, selon un processus qui est généralement transparent et indépendant.
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