de vudeloin » Lun 20 Aoû 2012 01:16
Puisqu'il nous reste à examiner les régions de Montérégie, l'île de Montréal et Laval, un point de départ s'impose.
D'une part, l'ensemble de ces trois entités administratives québécoises se retrouve avec une représentation plus importante au sein de l'Assemblée Nationale, avec cinquante six élus sur cent vingt cinq, au lieu de cinquante quatre, les deux nouveaux sièges venant renforcer la région de Laval (six élus au lieu de cinq) et la partie Sud de la Montérégie (treize élus au lieu de douze).
Comme nous allons le voir, les remodelages sont parfois plus significatifs mais concernent assez peu l'île de Montréal dont le nombre d'élus (vingt huit) est stabilisé.
On rappellera ici les grandes tendances du scrutin 2008.
Les candidats libéraux avaient largement gagné à Montréal : huit élus sur onze dans la partie centrale, face à un élu de Québec solidaire et deux péquistes ; cinq sièges sur six dans la partie Nord face à une péquiste ; quatre élus péquistes dans la partie Est face à deux libéraux, et cinq sur cinq pour les libéraux dans la partie Ouest.
Ils avaient également réalisé le grand chelem sur Laval avec cinq élus sur cinq.
Par contre, en Montérégie Est, le PQ avait obtenu sept élus sur neuf, face à un seul libéral et un élu ADQ sur une circonscription qui vient d'être dissoute et partagée entre deux sièges.
En Montérégie Ouest et Sud, la situation était différente avec six élus libéraux et six péquistes, l'élément principal étant la disparition des trois élus ADQ.
Sur cinquante quatre élus, nous avions donc trente deux libéraux, vingt péquistes, un ADQ et un QS.
Ou, en creux, sur les soixante et onze autres sièges de l'Assemblée nationale, trente quatre libéraux, trente et un péquistes et six ADQ.
La majorité de Jean Charest était donc bel et bien le produit du vote du Grand Montréal et de ses banlieues Sud et Sud Est.
Entrons dans les détails.
Montérégie Est d'abord.
Borduas : 55 760 électeurs, avec un territoire largement agrandi par adjonction de Saint Antoine sur Richelieu (1 700 habitants), Saint Charles (1 600 habitants), Saint Denis (2 300 habitants), Sainte Madeleine (2 300 habitants), Saint Marc sur Richelieu (un peu plus de 2 000 habitants) et Sainte Marie Madeleine (près de 3 000 habitants), toutes municipalités détachées du siège de Verchères.
Les deux sièges étant des fiefs péquistes (même si l'élu de Borduas, Pierre Curzi, acteur des films de Denys Arcand comme le Déclin de l'Empire américain ou les Invasions barbares, est aujourd'hui indépendant), la modification ne peut forcément changer la donne.
Le siège est massivement francophone (près de 95 % des résidents), avec une population de résidents de lotissements semi urbains composés de maisons individuelles en propriété, et compte moins de 4 % d'immigrants.
Une immigration où les origines européennes (Espagnols, Italiens, Allemands ou Polonais) sont les plus fréquentes.
Brome Missisquoi : 54 977 électeurs, avec un territoire fortement modifié puisque le siège a été amputé des municipalités et localités d'Austin (1 800 habitants), Bolton Est (900 habitants), Bonsecours (environ 600 habitants), Eastman (1 700 habitants), Lawrenceville (650 habitants), Potton (1 850 habitants), Sainte Anne de la Rochelle (600 habitants), Saint Benoît du Lac (communauté religieuse de 50 moines), Saint Etienne de Bolton (500 habitants) et Stukely Sud (950 habitants), situées en général hors la Montérégie et qui ont été ajoutés au siège d'Orford.
Par contre, la disparition du siège de Shefford a introduit la municipalité de Shefford (environ 6 700 habitants), celle de Warden (360 habitants) et celle de Waterloo (4 300 habitants).
Le siège est libéral sortant, largement urbanisé par des lotissements de maisons individuelles dont les occupants sont aussi propriétaires et présentant en maintes parties un caractère rural (on se trouve à la frontière avec le Vermont).
L'ajout venu du district dissous de Shefford est favorable au Parti Libéral qui avait recueilli en 2008 1 585 voix sur cette partie du siège, contre 1 569 pour l'ADQ et 1 100 au PQ.
La population est francophone en majorité (79 % et plus), mais compte cependant aussi plus de 18 % d'anglophones.
Moins de 5 % d'immigrants, essentiellement venus d'Europe (1 900 sur un peu moins de 3 000).
Chambly : 45 310 électeurs, avec un territoire amputé de Saint Bruno de Montarville, municipalité de plus de 26 000 habitants, qui fait aujourd'hui partie du nouveau siège de Montarville.
Le siège est concentré sur la localité de Chambly et celle de Saint Basile le Grand.
Il est également fortement francophone (plus de 93 % des résidents), dans un ensemble urbain composé de maisons individuelles dont les occupants sont propriétaires, c'est à dire le profil « banlieue ».
Les électeurs de Chambly avaient voté en faveur du PQ en 2008 (majorité de 1 564 voix), Saint Bruno de Montarville votant plutôt pour les Libéraux.
On peut donc penser que le nouveau découpage a tendance à renforcer la position péquiste.
Granby : 46 957 électeurs, le tout venant du district de Shefford disparu et centré sur la municipalité de Granby.
95 % de francophones sur ce nouveau district électoral, très urbain, et ne comptant que peu d'immigrants.
La bataille électorale s'annonce particulièrement chaude, vu le très faible écart (70 voix) qui avait séparé l'élu ADQ du candidat libéral sur l'ancien siège de Shefford.
Sur Granby en tant que tel, devenu le nouveau district, l'ADQ était arrivée en tête avec 9 699 voix, devant le Parti Libéral (9 584 suffrages) et le Parti Québécois (6 898 voix).
Un des points chauds de la campagne, Ã tout coup.
Iberville : 45 975 électeurs, avec un district réduit par le détachement de Saint Pie (cité de 5 500 habitants environ).
95 % de francophones dans cette circonscription mi urbaine, mi rurale, dont la partie Sud longe les USA.
Richelieu : 43 942 électeurs, sur une circonscription agrandie par l'ajout de Saint Gérard Majella (250 habitants), Saint David (850 habitants) et Saint Marcel de Richelieu (550 habitants), venus de Nicolet Yamaska, et de Saint Roch de Richelieu (2 100 habitants) venu de Verchères.
Le district dont le nom rend hommage au trop célèbre cardinal Ministre de Louis XIII est fortement francophone (98 %).
Il faut dire qu'on est aux limites de la région avec l'Estrie et le Centre du Québec.
Saint Hyacinthe : 56 670 électeurs, avec un siège centré autour de la municipalité éponyme (environ 53 000 résidents), qui a récupéré Saint Pie venu du district d'Iberville et La Présentation depuis Verchères (localité d'environ 2 500 habitants).
Le PQ l'avait emporté de 213 voix en 2008.
La position péquiste peut se renforcer, eu égard aux ajouts opérés.
Saint Pie a accordé 963 suffrages au PQ, 520 à l'ADQ et 683 au Parti Libéral en 2008 tandis que La Présentation donnait 628 suffrages PQ, 264 voix ADQ et 455 votes libéraux.
Le siège est fortement francophone (98 %) et compte peu d'immigrants avec quelques noyaux de populations hispanisantes, italiennes ou grecques.
Saint Jean : 58 109 électeurs, dans un district plutôt urbain, sans changement depuis 2008.
Le siège, péquiste, est largement francophone (plus de 95 %), comptant peu d'immigrants, en général européens, et correspond assez bien au schéma de la région : un noyau urbain fait d'immeubles et de maisons de ville, autour de Saint Jean de Richelieu et un secteur rural, plutôt en stagnation démographique, autour de la localité de Saint Blaise.
Verchères : 56 094 électeurs, avec un siège très profondément remodelé depuis 2008.
Situé sur le Saint Laurent, face à l'ancien siège de l'Assomption (désormais surtout Repentigny), Verchères a été recentré sur la municipalité de Marguerite d'Youville.
Pour mémoire, on rappellera que Sainte Marie Marguerite d'Youville, religieuse du XVIIIe siècle, est la fondatrice de l'Ordre des Soeurs de la Charité de Montréal, ce qui, au demeurant, témoigne à nouveau de la prégnance du catholicisme au Québec.
Dans les détails, Verchères avait très nettement voté PQ en 2008, mais les mouvements observés depuis sont importants.
Le siège a été amputé de Saint Roch de Richelieu au profit du siège de Richelieu, de La Présentation au profit de Saint Hyacinthe, de Sainte Madeleine, Sainte Marie Madeleine, Saint Charles de Richelieu, Saint Marc sur Richelieu, Saint Denis sur Richelieu et Saint Antoine sur Richelieu au profit de Borduas.
Il s'est par contre agrandi de Sainte Julie (30 000 habitants environ ) sur l'ancien district de Marguerite d'Youville.
Les secteurs détachés avaient apporté, au total, 3 969 suffrages au PQ, 1 480 voix pour l'ADQ et 2 053 votes libéraux.
Ce qui donne, déduction faite, encore plus de 11 500 suffrages au PQ, une majorité claire pour la suite.
Le secteur de Sainte Julie, lui, distrait du siège dissous de Marguerite d'Youville, était moins péquiste.
Le PQ y a obtenu 5 994 voix, le Parti libéral 4 248 et l'ADQ 3 035.
Passons à la partie Sud et Ouest de la Montérégie.
Beauharnois : 45 113 électeurs, sans changement de territoire depuis 2008.
Siège francophone (96 %), avec un territoire constitué d'abord de maisons individuelles.
Peu d'immigrants dans la population du siège et de fait, de quoi assurer la prééminence du PQ sur ce siège situé à l'Ouest de la région, et en bonne partie, sur l'île de Salaberry Saint Vincent sur le Saint Laurent.
Châteauguay : 49 230 électeurs, avec un territoire réduit de la commune de Sainte Catherine, placée dans le nouveau siège de Sanguinet.
Sainte Catherine compte environ 17 000 habitants (quasiment deux fois plus qu'il y a vingt ans).
Le nouveau découpage n'est peut être pas tout à fait dénué d'intentions.
En 2008, le candidat libéral a en effet emporté le siège avec 495 voix d'avance sur le candidat péquiste.
Or, le vote des habitants de Sainte Catherine était plutôt favorable au PQ puisque le parti autonomiste y obtint 3 412 votes, contre 1 965 aux libéraux, et 1 038 pour l'ADQ.
Sur le papier, le sortant disposerait donc a priori d'un avantage proche de deux mille suffrages et non plus de moins de cinq cents.
Peut être a t on ainsi voulu faire un cadeau à Pierre Moreau, ex coordonnateur du groupe libéral à l'Assemblée et désormais Ministre des relations intergouvernementales canadiennes, entre autres fonctions.
Le siège est certes francophone en majorité (plus de 72 %) mais on compte plus de 20 % d'anglophones et plus de 8 % d'immigrants.
On compte ainsi une population non négligeable d'originaires des Antilles et de la Caraibe (près de 1 800 personnes), venus entre autres de la Jamaïque, de Haïti, ou encore de la Barbade ou, dans un autre style, 2 800 personnes avec des origines italiennes.
On rappellera ici que près de 300 000 habitants du Québec revendiquent une origine italienne.
Huntingdon : 41 339 électeurs, district réduit par rapport à 2008 par retrait de Saint Rémi, localité de 7 300 habitants, rattachée au nouveau district de Sanguinet.
Le siège longe la frontière des USA au Sud et celle de l'Ontario à l'Ouest.
C'est l'Etat de New York qui se trouve près d'Huntingdon qui n'est elle même qu'une partie de la MRC des Jardins de Napierville, principale entité administrative du siège.
Le siège est francophone à plus de 80 %, compte 16 % d'anglophones et compte un peu plus de 4 % d'immigrants, essentiellement européens.
Sa structure de zones rurales ou rurbaines, en quelque sorte, faite de lotissements de maisons individuelles, avec des propriétaires en général moins qualifiés et rémunérés que la moyenne québécoise, en fait il vraiment un fief libéral ?
A noter que Saint Rémi avait voté de manière très partagée en 2008, accordant 1 035 voix au Parti libéral, 966 à l'ADQ et 956 au PQ.
Le nouveau découpage tend donc, de fait, à renforcer la position du sortant libéral.
La Pinière : 58 142 électeurs, sans changement sur 2008.
Ce siège urbain, détenu par une élue libérale d'origine marocaine, Fatima Houda Pépin, Première Vice Présidente de l'Assemblée sortante, est majoritairement francophone (mais avec seulement 52 % environ de la population ) et fortement marqué par l'immigration.
Le pourcentage de non francophones et non anglophones est en effet supérieur à 35 %, c'est à dire trois fois ce que l'on trouve en moyenne au Québec.
La population de la circonscription compte notamment près de 1 800 Antillais et Caribéens, dont un tiers d'Haïtiens, près de 2 500 originaires d'Amérique Latine (dont 700 Chiliens et plus de 500 Péruviens), plus de 3 300 personnes originaires d'Europe de l'Est (dont un tiers de Roumains et près d'un millier de Polonais), près de deux mille personnes à origine grecque, de trois mille à ascendance italienne, un bon millier de Portugais, plus de 1 700 Espagnols, près d'un millier d'Egyptien et plus de mille Libanais (il y en a plus de 60 000 au Québec), un Afghan sur six vivant au Québec, mais surtout près de trois mille personnes d'origine indienne, près de 8 500 Chinois et près de 1 700 Vietnamiens.
Le niveau de formation de la population n'est pas négligeable (il est même assez nettement supérieur aux moyennes québécoises) et celui des revenus, si l'on observe près d'un tiers de personnes disposant de moins de 15 000 huards de revenus, atteste aussi d'un taux de 16 % de revenus supérieurs à 60 000 huards.
Une « élasticité « plus grande des inégalités de revenu qui peut justifier le vote libéral.
A noter cependant que Fatima Houda Pépin, élue depuis 1994, avait été reconduite en 2008 avec une participation de 52,2 %, inférieure à la moyenne québécoise.
Laporte : 45 573 électeurs, territoire inchangé depuis 2008.
Ce siège, dont le nom est celui du Ministre Pierre Laporte, assassiné en 1970 par les militants du Front de Libération du Québec, est urbain, organisé autour de la cité de Saint Lambert et de quartiers de Longueuil, comme La Pinière dont nous venons de parler.
La ville de Longueuil compte, en agglomération, un peu plus de 230 000 habitants et le maire en est Carole Saint Hilaire, compagne de l'ex acteur Maka Kotto, dont nous avons vu qu'il était lui même élu de l'Assemblée nationale pour le district de Bourget.
Longueuil se situe directement face à Montréal, sur la rive Sud du Saint Laurent.
Le siège de Laporte, libéral depuis 1981, est doté d'une population relativement âgée (le nombre des plus de soixante cinq ans est proche de celui des jeunes mineurs), francophone à 70 %, avec environ 18 % d'anglophones et plus de 14 % d'immigrants.
La population étrangère comporte tout ou partie de 10 000 personnes d'origine européenne (Italie, Allemagne, Espagne) et l'on trouve aussi plus de 400 personnes d'origine afghane et un bon millier de Chinois.
Le revenu médian des habitants est plus de quinze points au dessus de la moyenne québécoise.
La Prairie, siège détenu par François Rebello, député péquiste rallié à la Coalition Avenir Québec, a connu quelques évolutions depuis 2008.
Il compte 41 572 électeurs, ayant été amputé depuis 2008 des localités de Saint Constant et Saint Mathieu au profit du siège de Sanguinet.
Saint Constant, c'est un peu plus de 25 000 habitants et Saint Mathieu, un peu moins de 1 900.
Lors du scrutin de 2008, François Rebello l'avait emporté de 2 704 voix devant le candidat du Parti libéral, après avoir lui même perdu de 1 285 voix face à la candidate de l'ADQ en 2007.
L'incertitude du scrutin avait apparemment intéressé les électeurs puisque le taux d'exercice du droit de vote avait été de 63,6 %.
Les secteurs disjoints de la circonscription avaient apporté 6 116 voix au Parti Québécois, 1 950 suffrages à l'ADQ sortante et 3 449 au parti libéral.
De fait, déduction faite de ces performances, il reste, sur les résultats de 2008, 10 266 voix PQ (avec la question posée par le changement de parti de l'élu), 10 229 voix libérales et 3 428 votes ADQ.
On mesure immédiatement les intentions de ceux qui ont conçu le découpage de la nouvelle circonscription.
Cette circonscription plutôt jeune ( le taux des moins de 18 ans y est supérieur de quatre points à la moyenne québécoise et le taux des plus de 65 ans inférieur de cinq points) est largement francophone (près de 88 %).
La population est relativement diplômée (un tiers d'anciens étudiants), et l'immigration est d'abord d'origine européenne, avec une communauté chinoise d'environ 600 personnes en sus.
Quant au revenu moyen des ménages, il se situe trente points au dessus de la moyenne québécoise.
Marie Victorin : 46 217 électeurs, avec une sensible hausse due au rattachement d'une partie de la circonscription de Taillon, le siège historique de René Lévesque, située au Sud du boulevard de Chambly.
Ce siège urbain, fief péquiste, est découpé au sein de la municipalité de Longueuil.
Il est largement francophone (plus de 85 %) et comme le veut la structure de la population de Longueuil, compte un certain nombre d'immigrants.
La population immigrée comprend notamment une communauté haïtienne (près de 1 500 personnes), les deux milliers d'Italiens réglementaires, 1 200 personnes originaires du Maghreb, un millier de Chinois et près de six cents Indochinois.
Taillon : 50 666 électeurs, avec un siège amputé de ce qui a été rajouté à la circonscription voisine de Marie Victorin.
La circonscription historique de René Lévesque, chef du PQ, qui fut un temps celle de Pauline Marois, est aujourd'hui représentée par Marie Malavoy, ancienne Ministre du gouvernement de Jacques Parizeau et un temps députée de Sherbrooke et dirigeante du Parti Québécois.
La population résidente est d'abord francophone (plus de 86 %) et comporte également une proportion non négligeable d'immigrants.
On trouve de nouveau une population d'origine haïtienne (plus de 1 600 personnes), plus de 1 700 Latino Américains, près de trois mille Italiens, plus d'un millier d'Africains, un millier de Maghrébiens, quatre cents Afghans ou encore 800 Chinois et 900 Indochinois.
Vachon : 48 095 électeurs, dans une circonscription inchangée depuis 2008 correspondant à la partie Nord Est de la cité de Longueuil, dans le quartier Saint Hubert.
Concrètement, le siège est situé à proximité et autour de l'aéroport de Montréal, Saint Hubert, les activités économiques tournant beaucoup autour du transport aérien et spatial (Ecole nationale d'Aérotechnique, Société Pratt et Whitney, Agence spatiale canadienne).
Le nom du siège est d'ailleurs inspiré par l'un des pionniers de l'aviation canadienne, Roméo Vachon (1898-1956) qui fit beaucoup pour le développement de l'aviation dans la partie Nord du Québec et du Canada en général.
Le siège est francophone à 82 % et, comme les autres découpés sur cette immédiate banlieue de Montréal qu'est Longueuil, compte une population assez diverse.
On compte environ 11 % d'immigrants et parmi eux, une communauté d'origine haïtienne (plus de 1 400 personnes), un millier de Latino Américains, notamment Chiliens et Péruviens, les deux mille Italiens habituels, près de 600 Chinois et 800 Indochinois.
Montarville : 51 710 électeurs, dans une circonscription nouvelle, découpée au sein de l'agglomération de Longueuil, à partir de Boucherville , détachée du siège dissous de Marguerite d'Youville et de Saint Bruno de Montarville, tiré de Chambly.
Nous avions déjà remarqué que le siège de Marguerite d'Youville, particulièrement disputé en 2008, comprenait également Sainte Julie, secteur où le PQ avait construit son succès, tandis que Saint Bruno a plutôt tendance à voter pour le parti libéral.
Pour Boucherville, on obtenait, en 2008, 8 848 voix pour le Parti libéral, 8 551 voix pour le Parti québécois et 3 696 suffrages pour l'ADQ.
Pour Saint Bruno de Montarville, le parti libéral était arrivé en tête avec 6 355 voix, le PQ réunissant 4 535 suffrages et l'ADQ 2 012.
Résumons nous.
Au départ, nous avons le siège de Chambly, celui de Marguerite d'Youville et le district de Verchères, qui va recevoir Sainte Julie.
Les trois sièges sont péquistes en 2008 et on va créer un nouveau siège pour lequel les conditions sont posées pour qu'il puisse tomber dans l'escarcelle libérale puisque nous avions, sur le découpage de Montarville, 15 203 voix PLQ, 13 086 voix péquistes et 5 808 suffrages ADQ.
Le tout sur un siège francophone à plus de 90 %, avec une immigration limitée à 6 %, majoritairement européenne.
Vaudreuil : 56 595 électeurs inscrits, dans un siège très proche de Montréal qui n'a pas connu de modifications depuis 2008.
Ce fief libéral compte deux tiers de francophones mais aussi près d'un quart d'anglophones et environ 10 % d'immigrants, majoritairement européens.
Soulanges : 46 644 électeurs, sur un territoire inchangé depuis 2008.
Ce district, plutôt libéral, se situe aux confins de l'Ontario et du Québec, et est proche de l'agglomération de Gatineau Ottawa.
Plus éloigné de Montréal, le siège est donc d'abord composé d'agglomérations de maisons individuelles occupées par leur propriétaire, et compte une population nettement francophone (environ 80 %) pour un sixième d'anglophones.
6 % d'immigrants, majoritairement européens.
Sanguinet : 38 350 électeurs inscrits, tirés de La Prairie (Saint Constant et Saint Mathieu), Huntingdon (Saint Rémi) et Châteauguay (Sainte Catherine).
En 2008, le PQ a obtenu dans ces secteurs 10 484 voix, le parti libéral 6 449 et l'ADQ 3 954.
Le siège semble donc promis en quelque sorte au Parti québécois.
La circonscription compte une population résidente de familles propriétaires de maisons individuelles, avec une moyenne d'âge plus basse que dans la moyenne québécoise,
Elle est très largement francophone (93 %) et compte moins de 4 % d'immigrants, essentiellement européens.
Taux de chômage assez faible, niveau de qualification secondaire déterminant, qu'il s'agisse de l'enseignement technique comme de l'enseignement général et niveau de revenu situé dans les couches moyennes et moyennes inférieures de la population active.
Maintenant que nous en avons terminé avec la Montérégie, passons à Laval.
La région de Laval, correspondant à la municipalité du même nom, compte désormais six sièges, la création 2012 étant le siège de Sainte Rose.
Chomedey : 56 557 électeurs, dans un secteur quelque peu réduit au profit du siège de Fabre.
Le siège est un fief libéral depuis sa création en 1981.
La modification territoriale, portant sur des secteurs assez peu peuplés (proximité des noeuds autoroutiers de l'autoroute Laval Ouest et Chomedey et des lignes électriques à haute tension), ne change pas vraiment la donne.
La population de la circonscription est plutôt âgée, et présente la particularité d'être la première des circonscriptions québécoises où la population majoritaire n'est ni anglophone ni francophone.
On compte en effet un peu plus de 42 % de francophones et de 12 % d'anglophones, pour plus de 45 % d'autres locuteurs...
La raison en est assez simple : Chomedey est le quartier Grec de l'agglomération de Montréal Laval, avec plus de 12 000 originaires, soit un Grec sur cinq vivant au Québec dans cette seule circonscription.
On compte également 3 500 personnes d'ascendance ou originaires d'Italie, près de deux mille Juifs, et enfin, près de 4 000 Libanais et plus de 5 000 Arméniens.
Pour cette communauté, cela fait pratiquement un Arménien sur quatre vivant au Québec.
L'action démocratique du Québec a d'ailleurs présenté, par le passé, une candidate issue de la communauté grecque, Phani Papachristou, qui avait suivi un candidat arménien, Viken Darakdjian, responsable dans sa communauté.
Fabre : 47 021 électeurs, dans une circonscription réduite pour créer le nouveau siège de Sainte Rose, et située sur la pointe Sud de l'île de Laval.
Le siège étant resté libéral avec une majorité de 2 924 suffrages, il faudra donc se demander si les secteurs restés sur Fabre sont ceux qui votaient libéral ou ceux qui votaient PQ.
La même remarque vaut évidemment pour Sainte Rose.
Le siège compte une population relativement plus jeune que celle de Chomedey, vivant dans des lotissements de maisons individuelles en propriété, francophone à près de 68 %, comptant là encore près d'un cinquième d'immigrants et leur descendance.
Le niveau de qualification est majoré, le taux de chômage faible, la population d'ascendance étrangère comprenant 3 500 Grecs, autant d'Italiens, et entre 1 600 et 1 800 Libanais et Arméniens.
Pour ce qui est de la présence de la population arménienne, ne pas oublier qu'elle peut fort bien être arrivée dans les années 20 ou plus tard à partir du génocide sous l'administration ottomane, mais qu'elle peut aussi procéder des effets de la guerre du Liban à compter de 1975.
Revenus médians et moyens de la population se situent vingt points au dessus de la moyenne québécoise.
Laval des Rapides : 53 418 électeurs, avec un petit bout de territoire de Mille Îles en plus depuis 2008.
Le gain de territoire s'est opéré sur la partie de Mille Îles comprise entre l'autoroute Papineau et le boulevard Notre Dame de Fatima.
Le siège est de peu acquis au Parti libéral (43/39 en 2008), et y ajouter un secteur de Mille Îles (libéral avec 10 points d'avance) peut viser à renforcer la position.
La circonscription abrite une population plutôt âgée, vivant plutôt dans des maisons de ville et des collectifs, assez nettement francophone (près de 75 %) et, là encore, marquée par la présence d'allophones (plus de 20 %).
On trouve ainsi plus de 2 400 Haïtiens, plus de 5 000 Italiens, 1 600 Portugais, 1 200 Espagnols, un millier de Maghrébiens et 2 300 Libanais.
Le revenu médian se situe dans la norme québécoise et le revenu moyen des ménages un peu en dessous.
Mille Îles : 41 384 électeurs, dans une circonscription dont l'effectif électoral a baissé depuis 2008 (55 956 électeurs alors) pour renforcer Vimont, largement amputé par Sainte Rose et, dans une moindre mesure, Fabre.
Située à la pointe Nord de l'île de Laval, la circonscription est faite de lotissements de maisons individuelles dont les occupants sont propriétaires.
74 % de francophones et un peu plus de 20 % d'allophones sur le siège, un peu comme sur Laval des Rapides.
Comme sur la circonscription précédente, grosse communauté haïtienne avec près de 4 000 personnes, très grosse communauté italienne (plus de 8 200 personnes de nationalité ou d'origine), entre autres populations immigrantes signficatives.
Vimont : 44 024 électeurs, dans une circonscription très remodelée depuis 2008.
La précédente circonscription était constituée de deux ensembles urbains séparés en leur milieu par l'emprise de la voie ferrée du Canadian Pacific Railway.
Elle a été largement poussée vers le Nord Ouest et la voie ferrée lui sert désormais de limite méridionale avec le nouveau siège de Sainte Rose.
Le siège abrite une population plutôt jeune, constituée de propriétaires d'un habitat de maisons individuelles, dont les trois quarts sont francophones et un bon cinquième allophone.
Encore une fois, une communauté haïtienne (près de 2 800 personnes), très forte présence des Italiens (près de 10 000 originaires et descendants), 600 Libanais et autant de Maghrébins, et environ 1 300 originaires de Chine et du Sud Est asiatique.
Revenus quinze points au dessus des moyennes québécoises et taux de pauvreté inférieur d'un tiers à la moyenne de la province.
Sainte Rose : 49 279 électeurs, produits par le redécoupage de Fabre et de Vimont.
Circonscription à la population plutôt jeune, de propriétaires occupants d'un habitat de maisons individuelles comprenant notamment des programmes de maisons mitoyennes (15 % du parc immobilier).
Près de 80 % de francophones et 15 % d'allophones.
On compte encore un bon millier d'Haïtiens,1 200 Grecs, plus de 4 000 Italiens, entre autres communautés bien représentées.
Les revenus se situent dans un rapport de 1,15 à 1,2 par rapport à la moyenne québécoise, et le taux de chômage est faible, le taux de pauvreté étant, pour sa part, près de deux fois inférieur à la norme québécoise.
A noter que les six sièges comptent désormais un total de 291 683 électeurs, alors que les cinq précédents en comptaient 278 860.
Ce qui veut dire que la moyenne d'électeurs par siège se situe désormais à 48 614 électeurs contre 55 772 précédemment.
Montréal dans un autre message.