de vudeloin » Mar 21 Aoû 2012 04:51
Quelques grandes lignes sur la situation de la grande cité québécoise dans ces élections.
Outre qu'elle constitue un fief libéral dans son ensemble (la ville est moins francophone que bien des endroits du Québec et beaucoup plus multiculturelle, à l'image de ce que nous avons déjà pu constater sur Laval), Montréal a connu peu de bouleversements de sa carte électorale depuis 2008.
Les vingt huit députés montréalais sont toujours là et l'on n'a procédé, de manière générale, qu'à des modifications mineures sur quelques circonscriptions (quatre dans la partie centrale de la ville, quatre des cinq circonscriptions de l'Ouest et aucune des circonscriptions situées au Nord et à l'Est), l'évolution du corps électoral suivant plutôt le « fil de l'eau » qu'autre chose...
(On ne saurait mieux dire avec une région qui constitue précisément une île sur le Saint Laurent).
Sur le plan du découpage administratif de la région, il convient également de ne pas oublier que Montréal ne constitue pas une seule ville, au sens où nous pouvons l'entendre en France (Montréal n'est pas Paris et ses vingt arrondissements pour aller vite).
La région de Montréal couvre en effet, en dehors de la ville elle même (1,65 million d'habitants), un ensemble de cités érigées en communes.
Ce sont ainsi les cités de Baie d'Urfé (3 850 habitants, circonscription de Jacques Cartier), Beaconsfield (19 500 habitants, même siège), Côte Saint Luc (32 300 habitants, siège de D'Arcy McGee), Dollard des Ormeaux (près de 50 000 habitants, siège de Robert Baldwin), Dorval (18 000 habitants, siège de Marquette, avec l'emprise de l'aéroport Pierre Trudeau), Hampstead (un peu plus de 7 000 habitants, siège de D'Arcy McGee), Kirkland (21 000 habitants environ, siège de Nelligan), L'Île Dorval (5 habitants mais plus d'électeurs, propriétaires de résidences secondaires, siège de Marquette).
On trouve aussi Montréal Est (un peu plus de 3 500 habitants, siège de Pointe aux Trembles, l'entité étant constituée autour des raffineries pétrolières de la région), Montréal Ouest (ou plutôt West, vu que la population y est anglophone, un peu plus de 5 000 habitants sur le siège de Notre Dame de Grâce), Mont Royal (19 000 habitants, dans le siège de … Mont Royal, sans surprise, sinon que la cité constitue le centre historique de la ville), Pointe Claire (près de 31 000 habitants, siège de Jacques Cartier), Sainte Anne de Bellevue (plus ou moins 5 000 habitants, siège de Jacques Cartier), Westmount (près de 20 000 habitants, siège de Westmount Saint Louis).
Enfin, nous avons le village de Senneville (un peu plus de 900 habitants), situé lui aussi dans le siège de Jacques Cartier.
Commençons par les sièges de la partie Nord de la Région, tous situés dans la ville de Montréal elle même.
Aucun des sièges n'a changé de territoire depuis 2008 et les seules évolutions affectent le nombre théorique des électeurs (l'ensemble des chiffres que j'ai pu donner de ce point de vue est susceptible, bien entendu, de variation).
Acadie : 48 719 électeurs en 2008, 48 051 cette année.
Bourassa Sauvé : 48 694 électeurs en 2008, 46 917 cette année
Crémazie : 46 823 électeurs en 2008, 45 464 cette année.
Jeanne Mance Viger : 48 609 électeurs en 2008, 47 939 cette année.
Laurier Dorion : 47 097 électeurs en 2008, 45 676 cette année
Viau : 41 859 électeurs en 2008, 40 334 cette année.
Cette partie de la ville était largement favorable au Parti Libéral en 2008, ses candidats ayant obtenu au total 77 510 voix, bien plus que le Parti Québecois (39 586 voix), l'Action démocratique du Québec (8 625 suffrages), Québec solidaire (7 760 voix), les Verts (3 301 voix) et les candidats divers (714 votes).
Les libéraux, dotés de 56,37 % des voix dans cette partie de la ville, risquent donc de connaître, si l'on en croit les sondages, une déperdition de leur influence.
Mettra t elle en cause un ou plusieurs des cinq sièges qu'ils détiennent ?
Autre aspect : la participation fut relativement faible en 2008 , puisque seul le siège de Crémazie, celui de Lisette Lapointe (PQ) connut une participation supérieure à 50 % des inscrits.
Pour les données sociologiques, que dire ?
Acadie est un siège « multiculturel », où la population est majoritairement allophone, souvent arrivée au Canada depuis un certain temps (si ce n'est un temps certain) puisque si l'on compte 55 % de personnes locutrices d'une autre langue que l'anglais ou le français, on ne compte qu'environ 15 % de personnes de nationalité étrangère.
Pour le reste, Acadie est peuplée de 1 500 personnes d'origine haïtienne, 2 000 Latino Américains, plus de 1 500 Roumains, plus de 4 500 Grecs, 5 500 Italiens, 2 500 Africains des pays subsahariens, 3 500 Maghrébins, plus de 3 000 originaires du subcontinent Indien et, entre tous, plus de 9 000 Libanais, faisant de cette circonscription le coeur de la communauté libanaise au Québec (un Libanais ou originaire sur six vivant dans la Belle Province est domicilié dans la circonscription).
Le niveau de revenu de la population, plutôt vieillissante (près d'un habitant sur cinq a plus de 65 ans), résidant dans des immeubles collectifs en qualité de locataires, est plutôt modeste et inférieur aux moyennes québécoises.
Bourassa Sauvé présente les mêmes caractéristiques immobilières, mais s'avère plus francophone (près de 57 %), et compte environ 39 % d'allophones.
L'essentiel de ces résidents sont bien entendu de nationalité canadienne, la proportion des étrangers étant proche de 11 %.
Le taux de chômage local est sensiblement plus élevé que celui de la Belle Province, la population étant moins qualifiée de manière générale que dans l'ensemble du Québec.
Pour ce qui est de la diversité culturelle et nationale, Bourassa Sauvé compte plus de 4 000 Latino Américains d'origine, plus de 3 000 Maghrébins, environ 2 000 Libanais, mais surtout deux communautés dont on peut escompter qu'elles ne correspondent pas à la même vague d'immigration, à savoir les Italiens ( plus de 11 000 originaires, soit 15 % des habitants de la circonscription) et les Haïtiens (autant que les Italiens).
Il s'agit ici, probablement, de la première communauté haïtienne du Québec, dont il est probable qu'elle ait connu une relative extension, depuis la chute de Duvalier, entre les incidents qui ont suivi la présidence Aristide ou encore le tremblement de terre qui a ravagé Port au Prince.
La population du siège est sensiblement moins riche que dans le Québec dans son ensemble, avec plus de 30 % de résidents vivant sous le seuil de pauvreté.
Crémazie, pour sa part, présente également le profil d'une population vieillissante (la proportion des plus de 65 ans étant plus élevée que celle des moins de 18 ans), locataires d'immeubles d'habitation (60 % d'appartements en petits collectifs et 11 % en immeubles de plus de cinq étages), francophone à plus de 70 %, et allophone à plus du quart.
Le niveau de qualification de la population est plus élevé que dans les circonscriptions déjà examinées.
Pour ce qui est de la pluralité culturelle, on compte plus de 3 000 originaires d'Haïti, 7 000 personnes d'origine italienne, près de 3 000 Maghrébins et un peu plus de 2 200 personnes originaires de Chine et du Sud Est asiatique.
Au plan des revenus, la population se situe dans la moyenne québécoise.
Jeanne Mance Viger, de son côté, abrite également une population vieillissante, composée notamment par un tiers de personnes seules, locataire de logements en immeubles collectifs, avec 34 % de francophones, mais surtout 57 % d'allophones.
Cette pluralité culturelle est un élément de la circonscription, également marquée par un taux de chômage plus élevé de la population, malgré une situation de formation proche des moyennes québécoises.
Le niveau de revenu des habitants est plus faible que la moyenne québécoise et 23 % des familles vivent sous le seuil de pauvreté.
Pour la pluralité culturelle et nationale, notons que nous trouvons encore une forte communauté haïtienne (près de 4 000 personnes), plus de 4 000 Latino Américains, près de 5 000 Maghrébins, un bon millier de Chinois et plus encore de Vietnamiens et autres Indochinois.
Mais la plus importante origine nationale est la communauté d'origine italienne puisque près de 30 000 résidents de la circonscription (quatre habitants sur dix) revendiquent une telle origine.
Laurier Dorion, de son côté, se présente comme un peu plus jeune que les autres circonscriptions du Nord, francophone à 43 % et allophone à plus de 50 %.
Le taux de chômage de la population locale est plus élevé qu'ailleurs au Québec, le niveau de revenu moyen s'en ressentant (il s'établit à 50 000 huards par famille au lieu de 72 000 huards pour l'ensemble du Québec) et l'on trouve plus du tiers des familles sous le seuil de pauvreté.
A noter que les familles monoparentales dont le parent est une femme (bien entendu cinq fois plus nombreuses que celles dont le parent est un homme) sont une sur deux à se retrouver sous le seuil de pauvreté.
Pour ce qui est de la pluralité culturelle, pas trop de nouveautés avec près de 4 000 originaires des Antilles et Caraïbes (deux tiers d'Haïtiens), 3 500 Latino Américains (et notamment près de 900 Salvadoriens), mais aussi près de 7 000 Grecs (un sur dix au Québec), plus de 4 000 Italiens, plus de 2 500 Africains, autant de Maghrébins, plus de 3 600 originaires du Sud Est Asiatique.
Ceci dit, l'élément le plus significatif est celui des originaires du subcontinent indien, avec près de 12 000 personnes (plus de 5 000 Indiens, 2 700 Pakistanais, 1 400 Bangladeshi et 1 500 Sri Lankais).
Il s'agit là , et de très loin, de la plus importante communauté indienne au Québec.
Viau, enfin, est également un siège où la population allophone est majoritaire (près de 54 %).
Taux de chômage plus élevé, niveau de formation plus faible, niveau de revenu plus faible, avec une moyenne inférieure à 49 000 huards par famille.
Près de 32 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, phénomène touchant notamment la moitié des familles monoparentales à parent féminin.
La circonscription, du point de vue de la pluralité culturelle, compte, entre autres, plus de 6 000 originaires des pays Latino Américains (notamment Péruviens, Salvadoriens et Guatémaltèques, comme une sorte de témoignage des multiples drames politiques du continent), 2 500 Africains, 3 700 Maghrébins, 3 400 Chinois et près de 5 000 Indochinois.
Mais si la circonscription abrite plus de 2 000 personnes d'origine espagnole et autant d'origine portugaise, les deux principales origines allophones sont les Italiens (plus de 9 000) et les Haïtiens (près de 9 500, soit le dixième de la communauté au Québec).
Passons au second secteur de la ville qui n'a pas connu de grands bouleversements : Montréal Est.
Les six sièges ont connu les mouvements suivants, du point de vue de l'électorat
Anjou – Louis Riel (ex Anjou) : 44 703 électeurs en 2008, 43 397 cette année
Bourget : 47 434 électeurs en 2008, 48 623 cette année
Hochelaga Maisonneuve : 41 210 électeurs en 2008, 40 291 cette année.
La Fontaine : 40 679 électeurs en 2008, 40 754 cette année
Pointe aux Trembles : 40 648 électeurs en 2008, 40 558 cette année.
(le siège comprend, outre une partie de Montréal, la commune de Montréal Est)
Rosemont : 51 903 électeurs en 2008, 50 599 cette année.
En 2008, le PQ avait emporté les élections, en termes de sièges, dans ce secteur de la ville avec 64 334 voix (44,70 %), devant les Libéraux (54 350 suffrages, soit 37,76 %), l'Action démocratique du Québec (11 954 voix, soit 8,30 %), Québec solidaire (8 146 voix, soit 5,66 %), les Verts (4 580 voix, soit 3,18 %) et les candidats divers (572 voix, soit 0,40 % ).
On aura noté que la participation aura été assez limitée, avec 54 % de suffrages exprimés au regard des inscrits.
Un peu de sociologie maintenant.
Anjou Louis Riel : circonscription à population vieillissante (un habitant sur cinq a plus de soixante cinq ans), majoritairement locataire d'immeubles collectifs résidentiels, francophone à 68 % et allophone à 27 %.
La part des immigrants se situe aux alentours du quart de la population, celle des étrangers aux alentours de 6 %.
Le niveau de formation de la population est légèrement plus élevé que la moyenne québecoise, et celui des revenus se situe dans l'exacte moyenne des revenus de la Belle Province.
Comme souvent, ce sont les familles monoparentales à parent féminin qui sont les plus touchées par la pauvreté (32 % sous le seuil de pauvreté, pour 15 % sur la circonscription).
Pour ce qui est de la pluralité culturelle, on compte plus de 2 500 originaires d'Haïti, plus de 2 000 Latino Américains, 2 500 Maghrébins et plus de 6 300 Italiens, ainsi que 2 500 Chinois et Indochinois.
Bourget : population de ville, francophone à plus de 82 %, avec une part d'immigrants plus faible qu'ailleurs dans cette partie de la ville.
La population est globalement qualifiée dans la moyenne du Québec, les revenus légèrement inférieurs aux moyennes provinciales, mais plus de 17 % des résidents vivent sous le seuil de pauvreté.
Au chapitre de la pluralité culturelle, Bourget, représenté par l'ancien acteur Maka Kotto, on relève 1 500 Antillo Caribéens (essentiellement Haïtiens), autant de Latino Américains, 3 400 Italiens, 1 500 Maghrébins et un gros millier de Chinois.
Hochelaga Maisonneuve : habitat urbain peuplé de nombreuses personnes seules, la circonscription est très majoritairement francophone (près de 84 %), les différentes immigrations complétant la population.
Les revenus moyens sont plus faibles de vingt cinq points au regard de la moyenne québecoise, et le revenu moyen des familles inférieur à 50 000 huards.
Un tiers des habitants du siège vivent sous le seuil de pauvreté, le taux de 51 % étant même atteint pour les femmes élevant seules un ou des enfants.
La pluralité culturelle provient de l'Europe du Sud (environ 3 000 originaires), de l'Afrique subsaharienne (1 800), du Maghreb (1 200) ou la Chine (1 400).
Hochelaga Maisonneuve, quartier ouvrier de Montréal, est aussi, pour ceux qui ont connu cet événement, l'arrondissement où se situe le superbe Stade Olympique, théâtre des Jeux de l'été 1976.
La Fontaine : secteur de la ville où la population réside dans un habitat différent des autres secteurs, avec beaucoup plus de maisons individuelles et une proportion majoritaire de propriétaires (deux tiers dans les faits).
On compte environ 44 % de francophones, mais aussi plus de 47 % d'allophones.
Nous sommes donc, de nouveau, dans un quartier où les immigrants ont été nombreux.
Il s'agit en général d'une immigration ancienne, puisque si 32 % des résidents sont des immigrants, 4 % seulement sont de nationalité étrangère.
Le niveau de qualification global est plus faible, en moyenne, que dans le reste du Québec, le revenu moyen se trouvant de fait dix points en dessous de la moyenne québécoise.
Pour la pluralité culturelle, pas trop de surprises.
Le secteur accueille une importante communauté haïtienne (8 000 originaires), mais La Fontaine est surtout la Little Italy de Montréal avec plus de 21 600 originaires au sein de la population de la circonscription.
Le nom des candidats aux élections ne laisse d'ailleurs aucun doute de ce point de vue : en 2007 et en 2008, le Parti Libéral avait présenté Tony Tomassi, le Parti Québécois Guido Renzi puis Luigi De Benedictis, et l'Action démocratique du Québec Marie Eve Campeano puis Gaetano Giumento.
Pointe aux Trembles : ce secteur, tout à fait au Nord de l'Ile de Montréal, est un secteur mixte du point de vue de l'habitat (majorité de logements en collectifs mais présence d'un certain nombre de maisons individuelles, avec près de 45 % du parc de logements), dont ils sont majoritairement propriétaires.
Le siège est très francophone (plus de 91 %).
Le niveau moyen de formation de la population est plus faible qu'ailleurs à Montréal et au Québec, avec un peu moins de 20 % sans diplôme, et 47 % de personnes au niveau secondaire ou professionnel, et les revenus moyens se situent très légèrement en dessous des moyennes.
Comme ailleurs, 35 % des femmes élevant seules un ou des enfants se trouvent sous le seuil de pauvreté.
Du point de vue de la pluralité culturelle, on trouve de nouveau une communauté haïtienne (1 600 personnes), une autre italienne (autant) et des pourcentages plus réduits pour les autres.
Rosemont : population plus âgée en moyenne qu'ailleurs au Québec, vivant en immeubles collectifs de hauteur limitée (70 % des logements dans des immeubles de moins de cinq étages).
La population est francophone à plus de 75 % et l'on compte, là encore, plus de 20 % d'allophones.
Le niveau de la population est relativement élevé du point de vue de la formation avec 37,5 % de personnes ayant suivi un cursus universitaire.
Pour autant, les niveaux de revenus se situent dans les moyennes et le revenu moyen des familles est même inférieur d'environ dix points sur la moyenne québécoise.
Plus de 20 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, ce taux frisant les 45 % pour les mères célibataires.
Du point de vue de la pluralité culturelle, on relève environ 2 600 Antillais et Caribéens (notamment Haïtiens), près de 3 000 Latino Américains, un bon millier de Polonais, mais aussi plus de 3 600 Italiens, et 3 000 ressortissants de la péninsule ibérique.
Enfin, nous avons aussi un peu plus de 2 000 Maghrébins et 1 400 Chinois.
Passons au secteur Ouest de la région, fief libéral et secteur le plus modifié depuis 2008, dans des proportions restant cependant à examiner.
Jacques Cartier : 48 221 électeurs en 2008, 43 582 cette année. Le siège, représentant les municipalités de Baie d'Urfé, Beaconsfield, Pointe Claire et Sainte Anne de Bellevue et du village de Senneville, a été réduit de la partie de la commune de Kirkland qu'il comprenait jusqu'ici.
Marquette : 49 551 électeurs en 2008, 44 619 cette année. Le siège, recouvrant notamment les communes de Dorval et l'Ile Dorval, a redonné une partie de l'arrondissement de LaSalle dont il était pourvu au siège de Marguerite Bourgeoys.
Nelligan : 54 259 électeurs en 2008, 56 615 cette année.
Robert Baldwin : 51 062 électeurs en 2008, 53 855 cette année.
Saint Laurent : 52 186 électeurs en 2008, 53 277 cette année.
En 2008, les Libéraux avaient remporté la victoire dans les cinq circonscriptions.
Ils avaient ainsi obtenu 84 679 suffrages (72,99 %), contre 16 347 voix péquistes (14,09 %), 6 346 voix ADQ (5,47 %), 5 818 voix pour les Verts (5,01 %), 2 436 pour Québec solidaire (2,1 %) et 394 pour le Parti marxiste léniniste du Québéc (0,34 %).
Ce fief libéral de longue date (Robert Bourassa, Premier Ministre à deux reprises, fut élu de la circonscription de Saint Laurent) a été marqué par une faible participation électorale globale, le nombre de suffrages exprimés se situant aux alentours de 45 % sur l'ensemble des sièges.
Le caractère de banlieue résidentielle d'une partie des circonscriptions n'est sans doute pas étranger au phénomène.
Sociologiquement, que peut on dire ?
Jacques Cartier : population familiale de propriétaires de maisons individuelles (65 % du parc immobilier en maisons indépendantes et plus de 13 % en programmes de constructions mitoyennes), dont la particularité est d'être (c'est le seul cas de tout le Québec) majoritairement anglophone.
On compte en effet près de 55 % d'anglophones pour 26 % de francophones et un peu moins de 20 % d'allophones.
La population connaît un taux de chômage assez faible, et le niveau de qualification est élevé, avec près de 55 % de diplômés de l'Université au sein de la population des 25 – 64 ans.
Le revenu moyen des hommes s'avère élevé, représentant 1,8 fois le revenu moyen québécois, et celui des familles dépasse 122 000 huards, au lieu d'un peu moins de 72 000 pour l'ensemble du Québec.
Ce sont les origines européennes qui dominent au sein des origines allophones, avec plus de 4 500 Allemands, plus de 2 400 Polonais, 1 200 Russes, 4 700 Italiens.
Marquette : population vivant plutôt en appartement dans des petits collectifs ou des immeubles de hauteur limitée (près de deux tiers d'appartements), avec environ 30 % d'anglophones, une majorité de francophones et un peu moins de 20 % d'allophones.
Le taux de chômage est plus faible, le niveau de formation générale plus élevé que dans les moyennes québécoises, et les revenus moyens juste légèrement supérieurs aux mêmes moyennes.
Du point de vue de la pluralité culturelle, Marquette compte environ deux mille personnes avec une ascendance autochtone, deux mille Antillais et Caribéens (d'abord Jamaïquains), plus de quatre mille Italiens et près de trois mille Chinois et Indochinois.
Nelligan : le siège dédié au poète canadien abrite une population de caractère disons familial, avec plus de 25 % de moins de 18 ans, propriétaires de maisons individuelles (plus des trois quarts du parc immobilier), partagée entre 35 % d'anglophones, 37 % de francophones et , donc, 28 % d'allophones.
Le niveau de formation est plus élevé qu'ailleurs, avec 41 % de diplômés de l'enseignement supérieur parmi les 25/64 ans, et le niveau de revenu se situe aux alentours de 1,3 le revenu moyen québécois.
Le revenu des familles frise les 100 000 huards.
Pour ce qui est de la pluralité culturelle, un peu moins de 3 000 Antillais et Caribéens (ici en tête les originaires d'Haïti), plus de 3 000 Allemands, près de 7 000 originaires des pays d'Europe orientale.
Ajoutez 5 000 Arabes entre Proche Orient et Maghreb, un millier d'Iraniens, 4 000 originaires du subcontinent indien et près de 3 000 Chinois, et vous avez à peu près fait le tour...
Celui du Monde, bien sûr !
Robert Baldwin : encore un siège de familles de propriétaires de maisons individuelles, avec 41 % environ d'anglophones, pour 23 % de francophones et 35 % d'allophones.
Le niveau de formation de la population est globalement plus élevé qu'ailleurs, le niveau des revenus est dix points supérieur à la moyenne québecoise et le revenus des familles se positionne vingt points au dessus.
Côté origines nationales, notons qu'on trouve plus de 4 000 Antillais et Caribéens, dont une moitié d'Haïtiens, près de 10 000 originaires de l'Europe orientale, plus de 6 000 Italiens et près de 3 000 Grecs.
Relevons également plus de 1 600 Egyptiens (un sur dix au Québec), plus de 3 000 Libanais, plus de 7 000 ressortissants du Subcontinent Indien, près de 2 500 Chinois et plus de 2 000 Philippins (a priori la plus importante communauté d'originaires de l'archipel au Québec).
Enfin, la circonscription compte également plus de 7 000 Juifs, ce qui représente le dixième de la communauté israélite québécoise.
Saint Laurent : circonscription de locataires d'appartements en immeubles collectifs de hauteur limitée (la moitié du parc immobilier), avec une population de moins d'un tiers de francophones mais comptant une majorité d'allophones.
Le niveau de formation est plus élevé qu'ailleurs (plus de 44 % de diplômés de l'enseignement supérieur), mais les revenus moyens se situent dans les moyennes québécoises, tandis que 25 % des familles se trouvent placées sous le seuil de pauvreté.
Le taux frise les 40 % pour les mères célibataires.
Au plan de la pluralité culturelle, puisque le siège se trouve être, a priori, le plus multiculturel de la partie Ouest de la région, étant par ailleurs totalement compris sur le territoire de la ville elle même, que trouvons nous ?
3 600 Antillais et Caribéens (avec la primauté haïtienne habituelle), 2 300 Latino Américains, près de 5 500 originaires d'Europe orientale, près de 4 000 Grecs, plus de 4 500 Italiens, près de 5 500 Juifs, plus de 4 000 Africains des pays subsahariens, mais surtout 3 500 Libanais, près de 5 000 Maghrébins, plus d'un millier de Syriens et 2 800 Arméniens.
Et aussi plus de 5 000 ressortissants du subcontinent indien et plus de 10 000 personnes venues d'Asie orientale (6 500 Chinois, plus de 3 000 Indochinois).
On aura remarqué que la population de la partie Ouest de la ville est moins francophone que dans le reste de la région et que les niveaux de formation et de revenus sont assez sensiblement différents, également.
Passons maintenant aux onze circonscriptions centrales de Montréal.
D'abord, l'évolution du nombre des électeurs.
D'Arcy Mc Gee : 41 132 électeurs en 2008, 40 111 cette année. Le siège n'a pas changé de limites cette année.
Gouin : 43 554 électeurs en 2008, 42 646 cette année. Sans changement
Marguerite Bourgeoys : 46 297 électeurs en 2008, 46 297 cette année. Le siège a été agrandi d'un prélèvement sur celui de Marquette, qui est voisin.
Mercier : 40 907 électeurs en 2008, 39 274 cette année. Le seul siège de Québec solidaire au sein de l'Assemblée nationale n'a pas connu le moindre redécoupage.
Mont Royal : 41 855 électeurs en 2008, 41 027 cette année. Sans changement cette année.
Notre Dame de Grâce : 39 780 électeurs en 2008, 39 302 cette année, sur un siège qui a été légèrement réduit au profit de Saint Henri Sainte Anne.
Outremont : 40 627 électeurs en 2008, 38 477 cette année. Pas de changement du découpage.
Saint Henri Sainte Anne : 52 327 électeurs en 2008, 53 281 cette année, du fait, entre autres, des rajouts de Notre Dame de Grâce et d'un petit bout de Westmount Saint Louis.
Sainte Marie Saint Jacques : 42 530 électeurs en 2008, 41 451 cette année. Sans changement de découpage.
Verdun : 47 089 électeurs en 2008, 47 212 cette année. Sans changement.
Westmount Saint Louis : 40 500 électeurs en 2008, 38 775 cette année. Le siège du Président de l'Assemblée Nationale, Jacques Chagnon, a été légèrement réduit au profit de Saint Henri Sainte Anne.
Les onze circonscriptions du Centre de Montréal comptaient donc 476 598 électeurs en 2008, et en comptent désormais 467 853, soit le signe d'un relatif tassement que les inscriptions complémentaires vont peut être compenser.
En 2008, la victoire du Parti libéral s'était traduite par la réunion de 111 104 voix (50,62 % ), soit moins du quart des inscrits, signe de la désaffection relative des Montréalais pour le scrutin provincial.
Le Parti québécois avait obtenu 60 168 suffrages (27,41 % ), l'Action démocratique québécoise 9 243 voix seulement (4,21 % ), dans une partie de la Belle Province et de la région de Montréal qui n'a jamais été un bastion.
L'Action avait été devancée par Québec solidaire, rassemblant 27 005 électeurs (12,3 % ), soit plus du cinquième des suffrages du mouvement de gauche radicale lors de ces élections provinciales.
Les Verts avaient réalisé pour leur part 10 873 suffrages (4,95 % ), passant donc, eux aussi devant l'Action démocratique.
Enfin, le douteux Parti indépendantiste avait obtenu 193 voix (0,09 % ), le Parti Marxiste Léniniste du Québec 546 votes (0,25 %) et plusieurs candidats indépendants 341 suffrages (0,15 %).
Ce qui nous donne 219 473 suffrages exprimés, et donc un taux d'exercice du droit de vote inférieur à 50 % (46,05 % exactement).
Pour information, on rappellera que le Parti indépendantiste, s'il est partisan de la souveraineté du Québec est aussi un parti influencé par une démarche xénophobe, étant partisan d'une limitation de l'immigration.
Quant au Parti communiste marxiste léniniste du Québec, il se positionne comme bien d'autres partis ayant le même intitulé dans le monde, dans la même filiation historique des courants communistes ayant choisi la voie chinoise et maoïste, lors des conflits idéologiques entre la Chine Populaire et l'URSS dans les années 60.
Les différentes chapelles du Parti communiste du Québec, pour leur part, ont fini par se retrouver au sein de l'alliance Québec solidaire.
Si l'on somme désormais les votes obtenus par les différents partis sur l'ensemble de la région de Montréal, on se retrouve avec la situation suivante
Parti libéral 327 643 suffrages (53,11 %), 20 élus.
Parti québécois 180 435 suffrages (29,25 %), 7 élus.
Québec solidaire 45 347 suffrages (7,35 %), 1 élu
Action démocratique du Québec 36 168 suffrages (5,86 %), pas d'élu.
Verts 24 572 suffrages (3,98 %), pas d'élu.
Divers 2 780 suffrages (0,45 %), pas d'élu.
Total 616 945 exprimés sur 1 280 255 électeurs inscrits, soit une proportion inférieure à 50 % (48,19 % exactement).
Un peu de sociologie, désormais pour les circonscriptions centrales.
D'Arcy McGee : cette circonscription qui regroupe une partie de Montréal avec les deux communes de Côte Saint Luc et Hampstead, abrite une population vieillissante (plus de 21,5 % de plus de 65 ans), en majorité locataires d'appartements situés dans des immeubles de taille assez respectable.
Le tiers du parc de logements est en effet constitué de logements situés dans des immeubles de plus de cinq étages.
La population est d'abord anglophone (environ 44 %) puis allophone (prs de 39 %), les francophones étant donc nettement minoritaires.
Le niveau d'études est élevé (plus de 54 % de diplômés de l'Université au sein des 25 /64 ans), celui des revenus aussi avec un niveau de 1,3 pour les hommes et un revenu moyen par famille au dessus de 93 000 huards.
Pour autant, les inégalités sociales peuvent être marquées puisque 22 % des familles sont sous le seuil de pauvreté, ce taux tournant entre 35 et 40 % pour les familles monoparentales.
Sur le plan de la pluralité culturelle, la circonscription abrite une immigration ancienne (plus de 45 %) largement naturalisée (aux deux tiers).
Les 3 000 Antillais et Caribéens parlent plutôt anglais, avec une primauté des Jamaïquains, mais on relève surtout une très forte présence des originaires d'Europe orientale (plus de 6 000 Russes, plus de 5 000 Polonais, 3 300 Roumains et 1 500 Hongrois), complétés par plus de 5 200 Arabes (dont 3 000 Marocains), près d'un millier d'Iraniens, plus de 2 600 Philippins, près de 2 000 Chinois.
Mais le point essentiel de ce point de vue est la très importante communauté juive qui compte près de 20 000 membres sur la circonscription.
La commune de Hampstead, avec 84 % de Juifs, est même présentée comme la communauté humaine où la proportion de Juifs est la plus élevée sur l'ensemble des pays du globe.
Le nom des anciens élus du siège ne laisse aucun doute sur l'influence déterminante de la communauté sur le résultat du vote.
Le titulaire actuel du siège, Lawrence Bergman, notaire de profession, est aussi le président honoraire des centres communautaires juifs de Montréal et le président de l'équivalent hébraïque de la Croix Rouge, le Magen David Adom (en anglais Red Shield of David).
Gouin : cette circonscription plutôt jeune abrite un parc immobilier constitué essentiellement d'appartements situés dans des immeubles de hauteur limitée, dans des logements souvent plus petits qu'ailleurs.
La population de Gouin est donc largement constituée de personnes seules, célibataires jeunes actifs ou étudiants ou encore veuves et veufs.
Elle est francophone à plus de 76 % et allophone pour près de 20 %.
Le taux de chômage est plus élevé que dans la moyenne du pays, mais le niveau de formation plus consistant, avec plus de 42 % de diplômés de l'Université au sein des 25/64 ans.
Les niveaux de revenu moyen sont inférieurs aux moyennes québécoises et le décalage, pour les familles, atteint même 14 000 huards par an.
Quant à la pluralité des origines, c'est du côté de l'élément sud européen (notamment Italiens, Espagnols et Portugais) que l'on trouve le plus important contingent.
Dans ce quartier plutôt populaire, affaire à suivre entre le PQ et Québec solidaire, représenté par Françoise David, militante féministe co responsable du mouvement avec le député de Mercier Amir Khadir.
Marguerite Bourgeoys : circonscription à la population vieillissante, habitant dans des appartements en duplex de manière majoritaire, avec une population assez mélangée.
42 % de francophones, 27 % d'anglophones et 31 % d'allophones.
Le taux de chômage est plus élevé qu'ailleurs, celui de formation est apparemment plus faible, concentré sur une scolarité secondaire inachevée, et les revenus moyens se situent sous les moyennes québécoises.
Sur la pluralité culturelle, plus de 5 000 Antillais et Caribéens, et notamment plus de 850 Barbadiens (première communauté de cette île au Québec), près de 1 500 Jamaïquains, 555 Trinitéens, plus de 300 Grenadins et 850 originaires des autres Antilles sous contrôle britannique.
Relevons aussi plus de 5 200 originaires des pays d'Europe Orientale, une forte communauté Italienne (plus de 10 000 personnes), 4 000 ressortissants du subcontinent indien et 2 700 Chinois.
Mercier : circonscription relativement jeune (60 % de 15 à 45 ans), célibataires ou assimilés occupant de petits logements situés en appartements et immeubles de ville.
Très densément urbanisé, le siège compte en effet plus de 97 % d'appartements.
Le siège est massivement francophone (près de 75 %) et, ensuite, allophone (15 %).
Le niveau de formation est assez élevé (56 % de diplômés de l'Université pour les 25/64 ans), mais le niveau de revenus s'avère situé dans la moyenne de la ville et de la province.
20 % des familles sont sous le seuil de pauvreté, dont près de 40 % des mères célibataires.
Au plan de la pluralité culturelle, le siège abrite surtout une immigration d'origine sud européenne (2 700 Italiens, 2 200 Portugais, 1 500 Espagnols), un millier de Maghrébins et autant de Chinois.
Le siège est, de façon générale, un quartier ouvrier (il complète le secteur d'Hochelaga Maisonneuve dans l'un des arrondissements montréalais favorables à la gauche locale).
Mont Royal : circonscription accueillant une population relativement jeune, constituée de familles de locataires d'appartements situés en immeubles et maisons de ville (plus de 80 % du parc immobilier).
La population est majoritairement allophone (un peu plus de 51 %), francophone ensuite (27 %) et anglophone enfin (plus de 21 %).
Avec plus de 22 % d'étrangers au recensement 2006, c'est l'un des quartiers les plus peuplés d'immigrés de Montréal (la moyenne québécoise est de 3,8 % d'étrangers).
Le taux de chômage s'avère élevé même si le niveau de formation des 25/64 ans est intéressant (plus de 52 % de diplômés de l'Université ).
La circonscription est profondément marquée par les inégalités sociales.
En effet, si le niveau de revenu des hommes actifs est de plus de 48 500 huards (moyenne québécoise 38 500), celui des femmes de 28 900 huards (moyenne québécoise 25 900), celui des familles de 89 600 huards (moyenne québécoise 71 800), on compte aussi 32,5 % de familles sous le seuil de pauvreté, dont 48 % des mères célibataires.
Au plan de la pluralité culturelle, nous avons de nouveau 3 000 Antillais et Caribéens, plus de 2 000 Latino Américains, 7 500 originaires d'Europe de l'Est, 7 000 Sud Européens (Grecs, Italiens, Espagnols dans cet ordre), près de 7 000 Juifs, 3 300 Africains des pays subsahariens dont le dixième des communautés camerounaise, sénégalaise et malienne du Québec, près de 3 500 Maghrébins, près de 7 000 ressortissants des pays du subcontinent indien et, surtout, près de 15 000 personnes originaires des pays de l'Asie du Sud Est.
Mont Royal accueille ainsi plus de 3 300 Indochinois, autant de Chinois et surtout près de 8 300 Philippins, la circonscription accueillant à elle seule le tiers de la communauté des locuteurs du tagalog / pilipino au Québec.
Notre Dame de Grâce : cette circonscription à la population relativement jeune, en général occupant des appartements anciens de taille plus réduite qu'ailleurs, est d'abord anglophone (plus de 41 %), puis allophone (près de 32 %) et francophone (moins de 27 %).
Le niveau de formation des adultes est meilleur qu'ailleurs (majorité de diplômés de l'Université parmi les 25/64 ans), celui des revenus supérieur de vingt points pour les actifs, comme pour les hommes, les femmes, ou encore les familles.
Mais on distingue encore 23 % de familles sous le seuil de pauvreté, dont près de 40 % pour les mères célibataires.
La pluralité culturelle est bien présente : près de 3 000 Antillais et Caribéens, avec une bonne présence des Barbadiens et autres Jamaïquains, plus de 8 300 ressortissants d'Europe orientale, près de 5 000 Italiens, plus de 3 300 Juifs, et, enfin, près de 4 000 Chinois.
Outremont : une circonscription à la population plutôt jeune et sans enfants, vivant dans des appartements anciens de taille plus réduite qu'ailleurs, en statut de locataires.
La population est francophone (près de 50 %) puis allophone (près de 35 %) et, enfin, anglophone (environ 15 %).
Le niveau de formation est particulièrement élevé (près de 68 % de diplômés de l'Université au sein des 25/64 ans et 80 % de diplômés parmi les 15/24 ans), celui du chômage l'est un peu plus qu'ailleurs, et les revenus aussi avec un revenu pour les familles dépassant les 101 000 huards.
25 % de personnes sous le seuil de pauvreté, ceci dit.
Pour la pluralité culturelle, notons les 7 000 ou presque originaires d'Europe orientale, les 7 000 Sud Européens (Italie, Espagne, Grèce), les 7 000 Juifs (on compte plus de 3 000 locuteurs yiddish), 2 700 Maghrébins, et pour conclure, 2 300 Chinois et, de nouveau, 1 600 Philippins.
Saint Henri Sainte Anne : une circonscription à population plutôt jeune, souvent célibataire, habitant le plus souvent des appartements plutôt anciens de taille plus réduite qu'ailleurs.
La population est francophone à près de 59 % et allophone à un peu plus de 23 %.
Le taux de chômage est sensiblement plus haut qu'ailleurs, le niveau de formation initiale plus faible que dans d'autres circonscriptions du Centre, et le nombre de jeunes sans diplôme assez élevé.
Le niveau des revenus se situe assez nettement sous les moyennes de la ville, quelque soit la catégorie (hommes, femmes, familles), et l'on compte 31 % de familles sous le seuil de pauvreté dont près de 60 % des mères célibataires.
Pour la pluralité des origines, relevons 3 300 Antillais et Caribéens, avec un tiers d'Haïtiens et un tiers de Jamaïquains, 4 500 Italiens, 3 300 Africains, 1 400 Maghrébins, et enfin, près de 3 000 Chinois et 3 000 Indiens.
Sainte Marie Saint Jacques : une circonscription plutôt jeune, là encore, de ménages célibataires, locataires d'appartements anciens de taille nettement plus réduite qu'ailleurs.
Le siège est francophone à 71 % et allophone à 20 %.
12 % d'étrangers dans une population plutôt diplômée (près de la moitié des 25/64 ans diplômée de l'Université et quatre cinquièmes des jeunes 15/24 ans), disposant de revenus proches des moyennes québécoises.
29 % de familles sous le seuil de pauvreté dont 57 % des mères célibataires.
Pour la pluralité culturelle, elle s'appuie sur les originaires d'Europe orientale (plus de 2 200), les Italiens (même nombre), près de 1 400 Maghrébins et environ 2 000 Chinois.
Verdun : une circonscription assez basique, avec une moitié ou presque de ménages célibataires, un parc immobilier ancien d'appartements de taille plus réduite qu'ailleurs, sous statut de locataire.
Le siège est francophone à 64 %, allophone pour 19 % et anglophone pour un peu moins de 17 %.
Un niveau de formation global pas inintéressant du point de vue des adultes mais se dégradant dans les classe d'âge récentes, avec un jeune de 15/24 ans sur trois sans diplôme.
Malgré un taux de chômage non négligeable, le niveau moyen des revenus est assez bon, supérieur aux moyennes québécoises.
Comme d'habitude, en habitat ancien, un quart des ménages sous le seuil de pauvreté et près d'une mère célibataire sur deux.
Concernant la pluralité culturelle, on peut pointer la communauté d'origine italienne (4 600 personnes) et la communauté chinoise (près de 4 000).
Westmount Saint Louis : circonscription où la population présente deux pics avec les 15/30 ans qui pèsent pour 30 % de la population, et les plus de 60 ans avec 22 %, réside dans des appartements de taille plutôt réduite situés dans de grands immeubles collectifs (près de 60 % des logements dans des immeubles de grande hauteur) dont l'avantage est d'être relativement récent puisque datant, pour une bonne part, des années 60.
A noter que les immeubles de grande hauteur de la circonscription représentent, à eux seuls, plus ou moins le neuvième des logements de même type au Québec.
Le siège est partagé entre anglophones (38 %), allophones (37 %) et francophones (un peu plus de 24 %).
On compte aussi près de 23 % de personnes de nationalité étrangère.
Si le taux de chômage est assez élevé, le niveau de formation est massivement bon avec plus de 70 % de diplômés de l'Université parmi les adultes et plus de 90 % de diplômés chez les 15/24 ans dont un tiers à l'Université.
Je crois que nous avons là le niveau le plus élevé de tout le Québec, niveau du au fait qu'un grand nombre de diplômés l'ont été ailleurs qu'au Canada.
Le niveau moyen de revenus est élevé : deux fois plus élevé pour les hommes que dans le reste du Québec, à 40 000 huards pour les femmes pour une moyenne proche de 25 000, et situé à 156 000 huards pour les familles, soit plus de deux fois la moyenne québécoise.
Grosses inégalités sociales cependant, avec 27,5 % de familles sous le seuil de pauvreté et près de 40 % pour les mères célibataires.
Pour la pluralité culturelle, nous trouvons plus de 8 000 ressortissants d'Europe orientale (3 000 Polonais, 3 000 Russes, près de 1 200 Ukrainiens), mais aussi plus de 5 700 Juifs, 2 600 Libanais et près de 6 500 Chinois.
L'immigration s'avère plus récente dans la circonscription (un sur deux avec moins de vingt ans de présence au Canada) et différente puisque la moitié des immigrants appartiennent à la première génération.
De fait, il semble bien qu'une partie de l'immigration dans le secteur ait à voir avec la fuite des cerveaux dans les pays occidentaux européens.
En tout cas, voilà , rapidement brossés, dans chacune des régions du Québec, les caractères fondamentaux des différents sièges.
En espérant que, pour chaque lecteur et/ou contributeur, cela permettra de mieux ressentir les évolutions potentielles de l'électorat québécois.
Toutes ces données, largement accessibles sur les sites canadiens et québécois, sont évidemment susceptibles d'avoir connu quelques modifications, notamment pour ce qui concerne le recensement de la population locale.
Et quelques interrogations me semblent demeurer : un, comment va se traduire le comportement électoral des Québécois qui ont littéralement plébiscité les inconnus du NPD au parlement fédéral en 2011 ?
Quels effets le mouvement étudiant lancé depuis plusieurs mois va avoir sur les choix politiques des électeurs ?