de vudeloin » Lun 26 Sep 2011 20:08
Si l'on peut comprendre que Jean Vincent Placé ait envie d'avoir un groupe autonome des élus Verts au Sénat ( ils sont 10 donc ), cette demande de réforme du Règlement du Sénat ne va pas sans avoir quelque incidence sur le déroulement de la vie parlementaire.
Première question : il faut qu'une proposition de résolution soit débattue et adoptée pour que le seuil de constitution des groupes soit abaissé à dix.
Et cet abaissement pose évidemment la question du risque de l'émergence d'autres groupes, dès maintenant ou à l'avenir.
Seconde question : quelles forces politiques, présentes au Sénat, peuvent envisager une telle situation nouvelle ?
Pour le groupe CRC – SPG ( même si plus de PG dans le groupe aujourd'hui ), rien de plus.
Il reste avec ses 21 membres dont 16 élus ou réélus hier, ce qui lui offre l'opportunité de continuer à exister, quoiqu'il arrive, encore six ans au moins.
Pour les deux groupes principaux, UMP et PS, pas de souci majeur, puisque le nombre de leurs adhérents est largement supérieur.
Ensuite, nous avons le RDSE, notamment avec ses dix sénateurs PRG et trois autres DVG, qui pourrait s'affranchir de la présence des élus de droite actuels.
Et il y a l'Union centriste, aujourd'hui mosaïque regroupant Modem, Alliance centriste et Nouveau centre, sans oublier les radicaux présents dans le groupe RDSE ( Barbier, de Montesquiou ) et ceux inscrits à l'UMP comme Sylvie Goy Chavent.
Elle pourrait fort bien se structurer entre amis de Bayrou et partisans de Borloo – Morin et constituer deux groupes plus ou moins homogènes.
Et donc, les Verts.
Sauf que tout cela pose quelques questions pratiques, aussi.
Si on passe à un groupe CRC, un groupe PS, un groupe PRG, un groupe Verts, deux groupes centristes et un groupe UMP, sans compter un groupe NI renforcé par deux UMP délégués, cela fait 7 ou 8 groupes.
A chaque groupe, des moyens, des locaux, du temps de parole, et ce, en général, à proportion de son importance et de son influence.
Et pour tout dire, il va falloir pousser les murs, faire des aménagements nouveaux, et calculer au plus juste, par exemple, les temps de parole accordés aux orateurs au fil des débats.
10 sénateurs sur 348, c'est 3 % du temps de parole ou peu s'en faut dans un débat dit organisé.
Sur deux heures d'une discussion organisée, avec 5 minutes minimum par groupe, si vous avez huit groupes, cela fait 80 minutes à répartir, ce qui donne quelque chose comme deux minutes de plus à un groupe de 10 membres...
Et si vous avez cinq groupes comptant de 10 à 15 membres, vous avez cinq fois sept à huit minutes, ce qui n'est pas forcément le top du top dans l'expression démocratique.
Et imaginez ce que cela peut donner en termes de locaux, puisque, là encore, les surfaces disponibles ne sont pas immédiatement extensibles dans le Palais.
Et il y a le dernier point, essentiel.
Celui qui va priver le groupe PS, si les Verts font groupe à part, des moyens financiers dévolus au groupe, une fois déduits la « part « des écologistes.
Ce n'est pas forcément le souhait de Didier Guillaume, dont on murmure qu'il serait favori pour succéder à Jean Pierre Bel à la Présidence du groupe PS.