de elec31 » Ven 22 Aoû 2025 15:21
D’après les retours que j’ai, des échanges sur Telegram et réunions préparatoires, le mot d’ordre est bien plus « apartisan » plutôt que « apolitique ». Le débat qui avait animé les Gilets jaunes semble tranché. La confusion gauche/droite devrait bien moins perdurer que pour les GJ. La plupart des revendications sont marquées à gauche (défense du service public, etc.).
La mouvance « Nicolas qui paie » a complétement désinvestie le mouvement en critiquant les blocages et la mobilisation un mercredi, ce qui suppose une grève.
Le RN met ses distances avec le mouvement quand les organisations de gauche le soutiennent. Il est intéressant de voir que pas mal de député LFI sont dans des boucles Telegram locales et s’ils restent discret, ils sont plutôt bien accueillis.
Dans les réunions préparatoires, on voit une forte présence des Gilets jaunes, des autonomes, des Soulèvements de la Terre, d’Extinction Rebellion, etc. Les groupes antifas sont là , sans être très actifs. Du côté de l’AFA, l’idée est que les éléments réactionnaires seront dégagés par la dynamique même du mouvement.
On voit beaucoup plus de frilosité du côté des directions syndicales face à un mouvement qui cherche à les contourner. Le fait, qu’au moment de la défaite historique pour la réforme des retraites, elles se soient félicitées d’avoir gagné des cartes d’adhérents, a choqué beaucoup de militant·es de base.
Dans les UL de la CGT, on fait remonter que de nombreux salarié·es ont noté la date du 10 et souhaitent se mettre en grève, mais il n’y a pas encore d’appel national. Les fédés de l’industrie chimique et du commerce ont lancé des appels de leur côté, des UL aussi. De quoi faire monter la pression.
Le projet de suppression de deux jours fériés passe très mal dans les boîtes. Le gouvernement semble l’avoir compris et pourrait y renoncer si cela facilite la monétisation de la cinquième semaine de congés payés.
Pour moi le succès à confirmer du mouvement "bloquons tout" repose en partie sur une critique de la stratégie des directions syndicales. Les dates de grève perlées, calées sur le calendrier parlementaire, sont rejetées. Les citoyens sont mobilisés comme des électeurs qui manifestent leur désapprobation et plus comme des travailleurs qui font vivre l’économie et peuvent donc aussi la bloquer. « Bloquons tout » c’est renouer avec cette dynamique.