VincentLP92 a écrit:Corondar est plus optimiste pour Harris que l'agrégateur de RCP.
J'attire aussi votre attention sur le fait que la carte de RCP opte pour une présentation très originale des états que le site met en Toss Up : le Minnesota est mis en toss up (agrégat à D+4.7), alors que la Virginie (agrégat à D+4.8) et le Texas (agrégat à R+5.2) ne sont eux pas repris dans cette catégorie là . Comprenne qui pourra pourquoi ces états ont le droit à des classifications différentes...
VincentLP92 a écrit:Mais je reste surpris par le gap dans les prévisions entre les sénatoriales et les présidentielles (je cite dans cet ordre) :
- Arizona : D+7 / R+1.7
- Pennsylvanie : D+4 / Tie
- Michigan : D+3 / D+0.7
- Nevada : D+8.5 / D+1.1
- Wisconsin : D+3.5 / D+0.8
- + North Carolina : D+16 / R+0.6 (la, c'est une gouvernatoriale, donc c'est particulier)
Le gap entre les candidats sénatoriaux et les candidats présidentiels est la bizarrerie sondagière la plus saillante et la plus mise en avant, mais c'est loin d'être la seule :
1) depuis 2016, on considère comme acquis que Trump a une plus valu électorale dans les swing states par rapport au rapport de force national. Or, actuellement, Harris au national est à D+2.2. Si cette plus valu de Trump dans les swing states devait être vraie, Harris ne devrait pas être aussi compétitive qu'elle l'est actuellement dans tous les swing states. Soit Harris est sous-estimé au national, soit Trump est sous-estimé dans les swing states, soit sa plus valu dans les swing states constatée en 2016 et en 2020 s'est évaporée...
2) on se concentre beaucoup sur les swing states (et c'est bien normal), mais on a quelques sondages (moins nombreux évidemment) sur d'autres états qui sont pour le moins très étrange et pas raccord du tout avec les sondages nationaux et ceux des swing states. En Floride, les 3 derniers sondages c'est R+3, R+3 et R+5. Au Texas c'est R+5, R+6 et R+5. En Ohio, le seul sondage récent c'est R+6, en Iowa le seul sondage dont on dispose c'est R+4. Là aussi, difficile de ne pas constater que ces sondages dans ces états là ne cadrent pas avec les sondages nationaux ou dans les swing states. Je signale aussi que dans les rares sondages sur les GE divisés du Maine et du Nebraska Harris est ultra performante (D+10 sur le 02 du Nebraska et R+1 sur le 02 du Maine), là non plus ça cadre pas super avec les sondages nationaux et les swing states.
3) comme souvent, les sondages indiquent des écarts parfois très contre intuitifs avec les tendances lourdes des états en question. A l'heure actuelle, Harris serait plus compétitive au Wisconsin et au Nevada qu'au Michigan (là c'est un pari que je peux déjà prendre : dans ces 3 états là , son meilleur état ce sera le Michigan au niveau du rapport de force).
VincentLP92 a écrit:Je trouve l'importance des split ticket très surprenante (d'autre en ont déjà parlé). J'ai un peu de mal à y croire, mais cela s'installe dans les sondages. On avait eu la même chose en 2016 et 2020 ?
Alors, non, rien de comparable avec 2016 et 2020, en tout cas pas dans les proportions dantesques que les sondages nous indiquent actuellement avec les splits entre sénatoriales et présidentielle.
Déjà , il y a un constat implacable : dans tous les états qui organisaient simultanément une sénatoriale avec la présidentielle en 2016 et en 2020, les électeurs ont toujours opté pour un candidat sénatorial victorieux de la même couleur politique que le candidat présidentiel victorieux dans l'état. Dans tous les états, à une exception près : le Maine en 2020, qui donne (nettement) ses GE à Biden et qui réélit (nettement) sa sénatrice républicaine sortante. Avec les sénatoriales partielles, sur ces 2 élections, on est à environ 70 élections concomitantes entre Sénat et présidentielle, et on a donc un seul split ticket effectif. Là où les sondages actuels nous en prédisent potentiellement près d'une demie douzaine possible. Là aussi, je suis prêt à prendre ce pari là : on en aura pas autant :).
Alors bien sur il y a toujours une plus valu pour les sénateurs sortants. Mais il y a quand même des limites à la distorsion. Quelques exemples :
1) en 2016
Au Wisconsin, le sénateur républicain sortant est à R+3.4, Trump est à R+0.8
En Pennsylvanie, le sénateur républicain sortant est à R+1.4, Trump est à R+0.7
Au Nevada, la sénatrice démocrate sortante est à D+2.4, Clinton est à D+2.4
On constate bien un peu de split tciket, mais rien de dantesque, et rien qui inverse le résultat partisan entre présidentielle et sénatoriale
2) en 2020
Au Michigan, le sénateur démocrate sortant est à D+1.7, Biden est à D+2.8 (et oui, Biden fait mieux que le sénateur sortant ici)
En Arizona, le candidat démocrate est à D+2.4 (il bat la sortante républicaine qui était là par nomination du gouverneur) sur la sénatoriale, Biden est à D+0.3
En Géorgie, les candidats démocrates sénatoriaux finissent entre D+1.2 et D+2.1 sur les run off là où Biden est à D+0.2
On constate bien un peu de split tickets, mais rien de dantesque, et rien qui inverse le résultat partisan entre présidentielle et sénatoriale (et là on a même 3 sénateurs sortants républicains qui restent sur le carreau)
Bilan de tout ça de mon côté : comme pour les midterms je vais regarder les sondages, les analyser, mais les prendre avec d'immenses pincettes. Parce qu'il y a clairement des bizarreries partout, qu'à mon avis les sondeurs galèrent à échantillonner ce à quoi va ressembler le corps électoral final. A mon avis ils opèrent une correction Trump (il a été sous-estimé en 2016 et 2020), peut-être trop ou pas assez ? Ils galèrent à appréhender l'impact que peut avoir la candidature Harris sur la mobilisation des jeunes et des minorités (2 catégories d'électeurs qui s'inscrivent très fortement sur les listes électorales depuis le changement à la tête du ticket démocrate). Et surtout, ils galèrent à appréhender depuis 2 ans l'impact électoral de la question de l'avortement sur la participation (des femmes et des jeunes) et sur certains comportements électoraux.
Je rappelle qu'il y a par exemple 2 référendums potentiellement majeurs sur le sujet en Arizona et en Floride.
Bref, j'aimerais pas être un sondeur américain :).
Mais au moins cela nous promet peut être une soirée électorale pleine de suspens et de rebondissements.
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