citoyen electeur a écrit:Eco92 a écrit:
Mais on oublie un peu la grosse hausse de voix de Macron et le fait que la gauche, quoiqu'il en soit, est plutôt faible, les meilleurs sondages la mette à 33% unie en entier
33% si la participation aux législatives est la même qu'aux présidentielles. Or l'électorat RN sera, comme d'habitude, plus abstentionniste que les autres.
Oui, mais pour en arriver à un bloc de gauche très nettement supérieur aux 33% sur le premier tour des législatives, il faut imaginer un alignement astral assez incroyable où tous les pré-requis iraient dans le sens d'un scénario 100% positif pour la gauche.
Sur le premier tour des présidentielles, Macron récolte 9.8 millions de voix.
Le total de voix de tous les candidats de gauche (Mélenchon, Jadot, Roussel, Hidalgo, Poutou et Arthaud) c'est 11.2 millions de voix.
Le total de voix de tous les candidats de la droite nationaliste (Le Pen, Zemmour et NDA) c'est 11.3 millions de voix.
On sait tous qu'il y aura nettement moins de votants aux législatives qu'à la présidentielle, la question étant de savoir jusqu'à quel point...
En 2017, les candidats LREM-Modem avaient récupéré environ 84% des voix qui s'étaient portées sur Macron lors du premier tour de la présidentielle. Là où les candidats de gauche récupéraient eux environ 64% des voix qui s'étaient portées sur les candidats de gauche lors de la présidentielle. Rappelons également que, sociologiquement, l'électorat de Macron est le moins abstentionniste.
Je veux bien croire que le réflexe "légitimiste" (certains préféreront "moutonnier") entre présidentielle et législatives sera moins fort en 2022 qu'en 2017, mais de là à penser qu'il disparaîtra complètement, il y a un pas que je ne franchirais pas personnellement.
Je veux bien baisser le taux de report pour le bloc présidentiel à 80%, et monter celui du bloc des gauches à 70% ?
J'arriverais à 7.8 millions de voix pour les candidats du bloc présidentiel, et à 7.8 millions de voix pour les candidats de l'UG.
Encore une fois, c'est là le scénario le plus favorable auquel je peux arriver pour l'UG.
Reste un autre problème : l'union de la gauche sous l'égide de LFI va forcément entraîner une légère déperdition de voix de gauche vers le bloc présidentiel. Je n'ai aucune peine à imaginer quelques électeurs de Jadot ou de Hidalgo du premier tour de la présidentielle préférer voter pour un candidat du bloc présidentiel sur les législatives que pour un candidat NUPES (et je ne parle même pas des candidatures dissidentes, qui à mon avis seront plus nombreuses au sein du bloc des gauches que du bloc présidentiel ?). Je ne dis pas que ce phénomène sera important, mais il existera. A l'inverse, j'ai beaucoup plus de mal à imaginer comment un électeur de centre gauche ayant voté Macron au premier tour de la présidentielle pourrait désormais être plus tenté par un vote NUPES sur les législatives que par un vote Ensemble (nom de la nouvelle confédération rassemblant les partis soutenant l'action de Macron).
Restent les voix du bloc de la droite nationaliste et des candidats LR-UDI. Eux aussi connaîtront des déperditions (même si LR-UDI auront eux une surcote implantation locale pour leurs sortants ?), surtout le RN (son électorat est celui qui se démobilise le plus sur les législatives, ajoutons à cela une stratégie électorale qui me parait assez catastrophique depuis la fin de la présidentielle). Mais là aussi, autant j'ai du mal à imaginer des transferts du bloc droite nationaliste vers le bloc UG, autant des transferts entre bloc présidentiel et droite parlementaire, pour eux ça me parait nettement plus probables (dans un sens ou dans l'autre selon les circonscriptions ou les situations locales, mais là aussi, j'ai le sentiment que l'union de la gauche peut plutôt donner un petit coup de pouce au bloc présidentiel en entretenant un effet "vote utile" face à la peur des "rouges" ?).
Bref, moi j'ai beau retourner l'équation mathématique dans tous les sens, j'ai du mal à arriver à un scénario où l'union de la gauche obtiendrait plus de 33% des voix sur le premier tour des législatives, et le bloc présidentiel nettement moins.
Et sur l'échelon circonscriptions, j'ai un autre souci : l'électorat macroniste m'a l'air globalement mieux réparti sur le territoire national, là où l'électorat de gauche souffre d'une plus grande concentration dans certaines zones. Du coup, au niveau comptable, le bloc présidentiel peut être plus compétitif dans un plus grand nombre de circonscriptions que le bloc de gauche.
Le seul scénario où je pourrais éventuellement arriver à un score canon pour les candidats NUPES, c'est avec un taux de participation nettement supérieur aux 60% des inscrits sur les législatives. Et ça, pour le coup, même avec la meilleure volonté du monde je n'y arrive pas. La présidentielle, qui est de très loin le scrutin le plus mobilisateur en France, vient de connaitre l'un de ses pires taux de participation depuis le début de la Ve République. Je n'arrive pas à imaginer que derrière les législatives puissent elles battre ses records de participation...
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