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La vie politique américaine

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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Jeu 29 Avr 2021 11:27

Jean-Philippe a écrit:En lisant le fil de discussion consacré au discours de Biden devant le Congrès sur Fivethirtyeight, j'ai vu un document intéressant (à 21h24 pour le retrouver rapidement) qui illustre la partisannerie croissante :
l'écart de popularité de Biden entre démocrates et républicains vient d'atteindre un record historique : 96% de favorables chez les démocrates contre 11 chez les républicains, 100 jours après sa prise de fonction. Cela fait un écart de 85 points. A titre de comparaison, cet écart est passé de 51 pour Clinton, à 57 pour Bush fils, à 60 pour Obama puis un bond à 77 pour Trump.
L'une des explications tient au fait que dans les médias conservateurs, les réalisations de Biden ne sont pas couvertes.

En terme de perception, Biden est vu comme plus modéré (42% le voit comme tel) qu'Obama (30% en avril 2009). Comme le note Geoffrey Skelley (à 21h40), "les politiciens de couleur sont par défaut considérés comme plus libéraux que leurs homologues blancs , indépendamment de ce qu'ils ont réellement fait. Comme pour tant de choses dans la politique américaine, l'opinion publique est influencée par la race."


Pour sa perception en tant que "modéré", c'est d'autant plus incroyable quand on regarde son programme : il est clairement plus libéral que ne l'était celui d'Obama. Et d'ailleurs, ce dernier le reconnaissait officiellement déjà pendant sa présidence et l'a confirmé depuis dans sa biographie : il considérait que sa couleur de peau représentait déjà une révolution copernicienne pour les USA, et, conscient que beaucoup le percevaient comme très libéral (alors qu'objectivement ses positions ne l'étaient pas tant que ça sur beaucoup de sujets), il a été plus frileux sur ses réformes, de peur de braquer la société US sur fond de tension raciale.
Car oui, si on revient sur les annonces (qui avaient déjà été plus ou moins présentées depuis 48 heures) de Biden dans son discours d'hier devant le Congrès (qui, pour le premier d'un président nouvellement élu n'est pas officiellement considéré comme un discours d'état de l'Union, mais comme une adresse au Congrès), le moins qu'on puisse dire c'est que le président propose une option ouvertement interventionniste et largement plus libérale que tous ses prédécesseurs depuis au moins Lyndon B.Johnson.
Dans un premier temps Biden a fait un bilan de ses 100 premiers jours, mettant essentiellement en avant le programme de vaccination (plus de 200 millions de doses injectées, 40% de la population US est désormais vaccinée) et le plan d'aides d'urgences (contre le Covid et la crise économique) de 1900 milliards déjà votés.
Et il s'est projeté sur les prochains textes, notamment économiques et sociaux, et on est bien obligé de constater que c'est pour le moins ambitieux. Outre le plan d'investissement dans les infrastructures (appelés "plan pour l'emploi américain", et qui concerne beaucoup de domaines, pas seulement les infrastructures : l'accès à internet, la modernisation des installations hospitalières et des écoles, développement des énergies dites renouvelables...) de 2 000 milliards de dollars, il propose également un plan de 2 000 milliards de dollars pour les "familles américaines". C'est ce plan qui était la surprise des dernières 48 heures et qui propose ni plus ni moins qu'un développement de l'état providence visant à créer tout un système d'aides diverses et variées pour les classes moyennes américaines (baisse d'impôts pour les foyers gagnant moins de 250 000 dollars par an, voire quasi non imposition pour ceux gagnant moins de 125 000 dollars, instauration d'un système d'inscriptions à l'université gratuites pour les enfants issus de la classe moyenne, aides pour le financement de la garde d'enfants...). Mais là où Biden propose de franchir le Rubicon c'est sur le financement : ces 2 plans (qui à eux deux coûteraient donc la bagatelle de 4 000 milliards de dollars) ne seraient pas financés par la dette (contrairement au plan d'urgences contre le Covid) mais par la hausse des impôts des plus riches. La tranche supérieur de l'impôt sur le revenu pour les foyers les plus riches passerait de 37 à 40%, l'impôt sur les sociétés passerait lui de 21 à 28%, l'imposition des plus-valus du capital serait taxée au même niveau que les revenus (passant de 20 à 40%, cela concernerait donc les gains boursiers), et, cerise sur le gâteau, l'IRS taxerait également les entreprises américaines faisant du dumping fiscal à l'étranger (sachant que le projet prévoit également de muscler le financement et les effectifs de l'IRS afin de mieux lutter contre la fraude fiscale).
Bien sur, tout cela c'est le projet de la Maison Blanche, on est aux USA, ce sera donc au Congrès d'amender le texte, et il n'est pas certain qu'à l'arrivée tout soit conservé tel quel, sachant que les démocrates vont devoir être unifiés pour le faire passer, puisque les républicains ne voteront rien. Précisons par contre que tout cela peut passer dans le cadre de la conciliation budgétaire, du coup au Sénat, les démocrates auront besoin de 50 voix, pas 60...
https://www.wsj.com/articles/whats-in-b ... 1619621174
Mais, pour joindre le geste à la parole et montrer sa volonté libérale, Biden a déjà émis un décret exécutif (la hausse du salaire minimum au niveau national pouvant être filibustée par les républicains) qui augmente le salaire minimum pour les employés fédéraux à 15$ de l'heure, décret qui obligera à terme les sous-traitants désirant collaborer avec le gouvernement fédéral à payer leurs salariés au même taux si ils veulent que leurs contrats soient validés. Pour les employés fédéraux, la hausse s'étalera de janvier à mars 2022, et pour les sous-traitants, l'obligation sera effective à partir de 2024. Les salaires des employés fédéraux seront également indexés sur le taux de l'inflation. Il est intéressant de noter que le salaire minimum des employés fédéraux n'avait plus été augmenté depuis 2015, la dernière administration l'ayant fait étant celle d'Obama. L'administration Trump n'ayant pas augmenté les salaires pendant 4 ans. Entre 2009 et 2015 on sera passé de 7.25$ de l'heure à près de 11$, et on passera donc à 15$ l'année prochaine (le salaire minimum des employés fédéraux aura donc été multiplié par 2 en 12 ans).
https://www.nbcnews.com/politics/white- ... 5-n1265427
Je pense ne pas trop m'avancer en disant qu'avec tout ça, le parti démocrate s'impose sans doute comme le parti social-démocrate le plus à gauche des pays occidentaux ?
Clairement, Biden présente ça comme un nouveau New Deal (un new new deal du coup :) ), et dit qu'il est temps que les 2% des Américains les plus riches versent leur juste part à l'effort collectif. Et là où Biden est malin c'est qu'il présente tous ces plans non pas comme des plans sociaux visant spécifiquement les plus pauvres, mais bien des plans d'investissements et d'aides pour donner un coup de pouce à la classe moyenne. Honnêtement, je ne sais pas si l'administration réussira à faire voter tout ça, ni à quoi ressemblera le projet finalement voté, mais si elle y parvient, on pourra difficilement reprocher à Biden de ne pas avoir fait beaucoup sur sa gauche, sans doute plus que certains ne l'imaginaient ?
Côté républicains, réaction attendue : les démocrates sont des communistes qu'il faut absolument stopper par tous les moyens. Mais bon, comme ça fait maintenant 15 ou 20 ans que les républicains jettent l'anathème marxiste sur les démocrates, pas de gros changement. L'enjeu pour les démocrates est là d'ailleurs : si ils arrivent à combattre la caricature républicaine et à vendre aux Américains que faire payer plus d'impôts aux 2% les plus riches pour atteindre une meilleure redistribution des chances et des richesses ça n'a rien de stalinien, ils peuvent peut-être tirer les marrons du feu auprès de la classe moyenne ? Dans le cas contraire, les républicains arriveront peut-être à effrayer l'Américain moyen ?

Dans un tout autre registre, le domicile et le bureau de l'(ancien ?) avocat de Trump, Rudy Giulliani, ont été fouillés hier par les agents fédéraux. On ne sait pas avec certitude dans le cadre de quelle enquête, mais certaines fuites indiqueraient que ce serait dans le cadre du dossier ukrainien, pour lequel deux associés de Giuliani sont déjà poursuivis pour corruption, détournement de fonds, fraude fiscale, trafic d'influence et lobbying politique non déclaré.
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... story.html
Dernière édition par Corondar le Jeu 29 Avr 2021 22:39, édité 2 fois.
Raison: Rajout d'une information concernant la hausse du salaire minimum
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Re: La vie politique américaine

Messagede Jean-Philippe » Ven 30 Avr 2021 14:52

Demain 1e mai, une élection spéciale a lieu dans le 6e district du Texas pour remplacer le représentant Ron Wright, décédé en février et élu pour la première fois en 2018. Ce sera le seul scrutin à la chambre où les démocrates ont un espoir de gain sur un siège républicain.

Au cours de la dernière décennie, ce district 6 est passé du rouge au rose, le candidat à la présidence du GOP l'emportant de 17 points de pourcentage en 2012, 12 points en 2016 et 3 points en 2020. Les courses pour le siège ont suivi un schéma similaire, avec une marge de victoire républicaine passée de 19 points (2012), 25 points (2014) et 19 points (2016), à 8 points (2018) et 9 points (2020).


Vingt-trois candidats (11 républicains, 10 démocrates, 1 libertaire et 1 indépendant) sont en lice.
Mais les républicains devraient se répartir principalement entre la veuve du défunt Susan Wright, soutenu par la plupart des élus de poids du secteur (et par Trump au dernier moment) et le représentant du 10e district à la chambre du Texas Ellzey (battu en primaire en 2018), soutenu par Rick Perry, l'ancien gouverneur de l'histoire du Texas (2000-15) et secrétaire à l'Énergie de Trump. Un autre candidat aura un score à observer : Brian Harrison, soutenu par deux anciens ministres de Trump, Alex Azar et Betsy DeVos, étant le chef de cabinet du premier.
Côté démocrate, les prétendants principaux sont Jana Lynne Sanchez et Shawn Lassiter. Sanchez a l'avantage d'avoir le plus de soutien de la part d'élus et candidats démocrates (elle a déjà été candidate nominée en 2018), mais Lassiter peut mobiliser l'électorat afro-américain.

https://ballotpedia.org/Texas%27_6th_Co ... tion,_2021
https://thehill.com/opinion/campaign/55 ... pe-in-2021
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Ven 30 Avr 2021 19:47

Jean-Philippe a écrit: Ce sera le seul scrutin à la chambre où les démocrates ont un espoir de gain sur un siège républicain.


Incontestablement, de toutes les élections spéciales à la Chambre prévues cette année, ce sera sans doute la plus "serrée". Mais de là à penser que les démocrates puissent réellement basculer le siège ? Je n'y crois pas beaucoup, surtout à partir du moment où la veuve du représentant défunt se représente : dans ce genre de cas, la tradition américaine veut qu'il y ait un fort vote de "sympathie" envers la conjointe qui reprend le flambeau.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Lun 3 Mai 2021 02:15

Corondar a écrit:
Jean-Philippe a écrit: Ce sera le seul scrutin à la chambre où les démocrates ont un espoir de gain sur un siège républicain.


Incontestablement, de toutes les élections spéciales à la Chambre prévues cette année, ce sera sans doute la plus "serrée". Mais de là à penser que les démocrates puissent réellement basculer le siège ? Je n'y crois pas beaucoup, surtout à partir du moment où la veuve du représentant défunt se représente : dans ce genre de cas, la tradition américaine veut qu'il y ait un fort vote de "sympathie" envers la conjointe qui reprend le flambeau.


Comme prévu il y aura bien un run-off (avec 23 candidats c'était difficile d'imaginer que l'un d'entre eux obtienne la majorité absolue des suffrages), mais les démocrates n'en seront pas : les 2 candidats qualifiés arrivés en tête du premier tour sont des républicains :).
La veuve du représentant précédent, Susan Wright, est arrivée en tête avec 19.2% des voix (un peu plus de 15 000 voix), et Ellzey (soutenu par l'ancien gouverneur Perry) est arrivé second avec 13.8% des voix. La démocrate Sanchez échoue de peu à la troisième place (elle obtient 354 voix de moins qu'Ellzey), le candidat démocrate Lassiter mordant à mon avis pas mal sur le vote afro-américain (il récolte 9% des voix et finit cinquième, mais il a clairement concurrencé Sanchez dans le comté de Tarrant, le plus favorable aux démocrates au sein du district 06).
https://www.nytimes.com/interactive/202 ... ction.html
https://edition.cnn.com/2021/05/02/poli ... index.html
Je ne suis pas tellement surpris par la non qualification de Sanchez (sur un système de jungle primary avec une faible participation ce genre de choses arrive), mais plus par le relatif faible score de Wright (étant donné que Trump a fini par la soutenir et qu'elle bénéficiait d'une forme de sympathie électorale suite au décès de son mari, je l'imaginais plus haute). Paradoxalement d'ailleurs, le fait qu'elle se retrouve face à un candidat républicain plutôt qu'à une candidate démocrate rend peut-être son élection un poil moins acquise ? En effet, au vue du premier tour, on était en gros sur un rapport de force 60/40 entre républicains et démocrates (avec une très forte abstention). Face à Sanchez, Wright était certaine de l'emporter. Face à Ellzey, les reports internes au bloc républicain sont plus difficiles à anticiper, et si l'électorat démocrate le souhaite, il peut être déterminant dans le choix du vainqueur en optant pour l'un ou l'autre ? Même si je pense que l'électorat démocrate aura plutôt tendance à s'abstenir ? Sauf si il souhaite faire trébucher la candidate soutenue par Trump ?
Mais bon, dans tous les cas les républicains conservent donc ce siège (qu'ils détiennent depuis 1984).
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Mer 12 Mai 2021 19:06

Épilogue d'un long psychodrame républicain, mais qui à mon avis ouvre plus de questions et de débats qu'il ne tranche les choses : Liz Cheney vient d'être démise de sa position de numéro 3 du caucus républicain à la Chambre. Ce n'est guère surprenant : c'était une certitude depuis déjà quelques jours.
https://edition.cnn.com/2021/05/12/poli ... index.html
Rappelons que suite à son vote en faveur du second impeachment contre Trump en janvier, elle avait déjà eu à subir un vote quant à la confirmation de sa position, vote qu'elle avait gagné à l'époque. Mais depuis plusieurs semaines elle était de nouveau contestée en interne, non plus pour son vote en faveur de l'impeachment, mais pour ses déclarations répétées visant à dénoncer les mensonges soutenus par de nombreux républicains quant aux fraudes électorales imaginaires voulant que Trump aurait en fait été privé de sa victoire en novembre dernier, et que Biden serait donc un président non élu.
En effet, depuis plusieurs semaines Cheney a publiquement et inlassablement dénoncé ce qu'elle considère comme une dérive de la part de nombreux de ses collègues républicains : Biden a bien gagné l'élection, et Trump, en disant le contraire, menace les fondements de la démocratie et du processus électoral. Et elle accuse tous les républicains qui soutiennent ce mensonge de Trump de jouer eux aussi un jeu dangereux. Les élus républicains de la Chambre ont considéré dans leur majorité que cette position la disqualifiait pour le leadership.
Je me permets de rapporter ici les propos que Cheney a prononcés quelques heures avant que son retrait ne soit voté par une majorité de ses collègues :
"Nous devons dire la vérité. Notre élection n'a pas été volée. Et l'Amérique n'a pas échoué. Chacun d'entre nous a prêté un serment nous engageant à prévenir le démantèlement de la démocratie. Il ne s'agit pas de politique. Il ne s'agit pas de partisanerie. Il s'agit de notre devoir en tant qu'Américains. Rester silencieuse et ignorer le mensonge ne feraient qu'encourager le menteur. Je ne m’assiérais pas pour regarder en silence pendant que d'autres mèneront notre parti sur un chemin qui renie le règne de la loi afin de rejoindre la croisade de l'ancien président pour saper la démocratie."
https://edition.cnn.com/2021/05/11/poli ... index.html

A mon sens, ce vote et ce retrait ont des conséquences complexes pour le GOP et son futur. On peut se dire que c'est là une victoire interne des éléments les plus trumpistes du GOP, et c'est sans doute partiellement vrai.
Mais, déjà, il faut constater que quelques représentants républicains ont publiquement soutenu Cheney, estimant que ce genre de chasse aux sorcières ne correspondait pas à leur vision du parti républicain. Surtout, on sent clairement qu'il y a sur le sujet une grosse différence entre les républicains de la Chambre et ceux du Sénat : chez ces derniers, nombreux sont sortis du bois pour dénoncer le sort fait à Cheney.
Alors certes on retrouve les sénateurs ayant voté aussi l'impeachment, mais pas que : le sénateur républicain du Texas Cornyn vient lui aussi de condamner l'expulsion de Cheney de la direction du caucus.
https://edition.cnn.com/politics/live-n ... index.html
D'autres craignent que désormais Cheney soit même encore plus libre et plus frontale dans sa critique contre Trump et ce qu'elle considère comme une dérive du GOP (sa première déclaration post expulsion du leadership est là aussi très éclairante : elle confirme qu'elle compte désormais tout faire pour combattre le retour de Trump au sein du GOP, et qu'elle combattra sans relâche tous ceux qui soutiennent ses mensonges concernant le processus électoral).
Surtout, on sent quand même que le fait que cette expulsion soit justifiée uniquement par un manque d'allégeance envers Trump gêne beaucoup de républicains, surtout quand on voit le profil de celle qui va la remplacer : il s'agit de Elise Stefanik, représentante du 21e district de New-York (le leadership républicain a jugé qu'il était indispensable de laisser le poste à une élue). Or, cette dernière est nettement, mais alors nettement, plus centriste que Cheney.
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... tefanik%2f
Quand on regarde le classement des deux élues sur les plates-formes qui notent les représentants selon leur position (libéral ou conservateur) c'est très net : Cheney obtient généralement des scores la classant dans les 20% des élus les plus à droite du GOP, Stefanik est elle classée dans les 20% les plus à gauche du GOP. Même au niveau de l'historique de vote c'est assez étonnant : Cheney a voté dans 93% des cas en accord avec les positions défendues par Trump entre 2016 et 2020, Stefanik seulement dans 78% (ce qui pour une représentante républicaine est très bas, surtout que Stefanik a carrément voté contre le plan fiscal de Trump de 2017, qu'elle a voté contre le muslim ban, et qu'elle a toujours dit qu'elle était contre le mur...). Mais Stefanik n'a pas voté l'impeachment, et elle soutient les mensonges concernant les fraudes électorales.
Résultat des courses : même l'aile la plus à droite du GOP critique Stefanik, à tel point que cette dernière a dû s'engager à ne pas se représenter au leadership lors de la prochaine mandature...
https://www.mediaite.com/trump/gop-rep- ... g-in-2018/
https://www.reuters.com/world/us/ration ... 021-05-11/
Bref, tout cela a un petit goût de divisions schizophréniques ?
Concernant Cheney, elle prend un vrai risque pour sa réélection en tant que représentante du Wyoming l'année prochaine (même si je ne l'enterre pas non plus ?). Après, il est très clair qu'elle vise le long terme : elle fait le pari que le culte de Trump finira par s'étioler et elle compte bien prendre le leadership d'une aile anti trumpiste au sein du GOP ? Tout en soutenant d'ailleurs les politiques trumpistes, mais pas les dérives du personnage ? Sa démarche se rapproche assez de celle de Sasse au Sénat (il est élu du Nebraska).
D'après les sondages, 20 à 25% des électeurs républicains ne croient pas les accusations de Trump concernant le "vol" de l'élection (et donc entre 70% et 75% qui y croient...).
https://www.theguardian.com/us-news/202 ... epublicans
Sasse et Cheney misent donc sur ce petit quart et pensent que le temps long joue pour eux. Ils dénoncent surtout ce qu'ils considèrent comme un culte du chef. Or, comme tout le monde, et pour citer Charles de Gaulle, Trump ne manquera pas de mourir un jour ou l'autre ?

Du côté démocrates, Biden lance les grandes manoeuvres pour essayer de dégager une majorité au Congrès quant à son plan de financement des infrastructures et d'aides aux classes moyennes, plan adossé sur une hausse des impôts pour les plus riches et les sociétés. Biden dit qu'il tend la main aux républicains, mais il fait peu de doute que le compromis en question sera surtout un compromis entre démocrates (les républicains semblent dans l'obstruction totale et irréductible, et comme ce texte pourra être voté sans le filibuster...).
https://wvmetronews.com/2021/05/10/bide ... structure/
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... story.html
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Mar 18 Mai 2021 18:34

Biden réinstaure une tradition datant de plus de 40 ans et interrompue pendant 4 ans par son immédiat prédécesseur : lui et sa femme ont publié leurs déclarations fiscales. Le couple de la VP Harris également.
https://edition.cnn.com/2021/05/17/poli ... index.html
Ce n'est pas surprenant : ils l'avaient déjà fait l'année dernière avec leurs revenus de l'année précédente, pendant la campagne.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Jeu 20 Mai 2021 00:42

Les républicains continuent à montrer des signes de division interne. Si Stefanik a bien été élue pour remplacer Cheney au sein du leadership du caucus républicain à la Chambre (devenant la numéro 3 du groupe), McCarthy (le leader de la minorité républicaine à la Chambre) n'a pas réussi à imposer un vote unanime, elle a dû affronter la candidature rivale de Chip Roy, un représentant du Texas, qui critiquait le choix de Stefanik (pour deux raisons : il la trouve trop centriste, et il considère qu'en choisissant une femme les républicains font du casting version démocrate :) ). Ce dernier a obtenu 46 voix, contre 134 pour Stefanik (cette dernière ayant confirmé qu'elle ne se représenterait pas au leadership en 2023, afin de calmer les réticences de l'aile droite du GOP quant à son historique de vote).
https://eu.usatoday.com/story/news/poli ... 072423001/
Mais là où ça a beaucoup tangué c'est sur le vote afin de créer une commission parlementaire d'enquête sur l'assaut du 06 janvier contre le Capitole. Cette commission a été l'enjeu de nombreuses négociations entre démocrates et républicains depuis plusieurs semaines. Trump ayant condamné dans les termes les plus fermes la création de cette commission (sur le modèle de celle relative aux attaques du 11 septembre), la majorité du GOP s'est ralliée à l'opposition contre la création de cette commission, mais un nombre d"élus importants (menés entre autre par Cheney, mais aussi Kinzinger et Katko) ont mené une fronde pour critiquer la réécriture des événements voulus par les trumpistes. La Chambre vient de voter la création de cette commission : 35 représentants républicains (le leader du caucus républicain disait que ce chiffre ne dépasserait pas la vingtaine avant le vote) ont voté avec les démocrates (252 voix pour, 175 contre).
https://edition.cnn.com/2021/05/18/poli ... index.html
https://www.politico.com/news/2021/05/1 ... ion-489250
https://thehill.com/homenews/house/5542 ... commission
https://edition.cnn.com/2021/05/19/poli ... index.html
Le texte est donc transmis au Sénat, où les démocrates devront trouver 10 voix républicaines pour le voter. Si McConnell a signalé son opposition, au moins 7 sénateurs républicains ont déjà signalé qu'ils voteraient en faveur de la création de la commission (Murkowski, Collins, Thune, Romney, Rounds, Rubio et Cassidy). Etant donné que 35 représentants ont voté pour à la Chambre, est-il possible que Schumer (le leader de la majorité démocrate au Sénat) puisse trouver 10 sénateurs républicains qui feront de même ? Précisons que Murkowski (sénatrice républicaine d'Alaska) a même été plus loin : elle espère que Trump sera cité pour venir témoigner devant cette commission pour s'expliquer quant à son rôle dans les événements du 06 janvier. Le vote est attendu pour la semaine prochaine, on verra bien si Schumer arrive à un compromis avec au moins 10 sénateurs républicains ? Concernant ces événements du 06 janvier et leurs poursuites au niveau judiciaire, le DOJ et le FBI sont toujours sur le dossier des investigations et ont déjà mis en accusation plus de 400 personnes.
https://www.axios.com/mcconnell-senate- ... 75424.html
https://www.mediaite.com/tv/gop-sen-mur ... ndividual/
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... d-jan-6%2f
Trump qui vient d'avoir une confirmation judiciaire attendue : les autorités judiciaires de l'état de New-York et de Manhattan confirment l'ouverture d'une procédure criminelle à l'encontre du groupe Trump. Pour le moment les services juridiques en charge du dossier sont muets comme des tombes, mais il semble bien que le groupe Trump serait l'objet d'investigations multiples et variées (en plus de fraudes fiscales, on parle de blanchiment d'argent, d'extorsion et de racket).
https://edition.cnn.com/2021/05/18/poli ... index.html
Du côté de la trumpie on parle évidemment de chasse aux sorcières, mais on est surtout concentrés sur le discours habituel depuis novembre (l'élection a été truquée) et janvier (l'assaut contre le Capitole est un complot de l'extrême gauche).
Le GOP étant toujours concentré au niveau des états sur un objectif politique principal : faire en sorte que le moins d'électeurs possibles puissent participer aux prochaines élections. Mais là aussi on note des divisions internes quant à la stratégie globale.
https://www.nytimes.com/2021/04/21/us/p ... -laws.html

Personnellement je continue à penser que si Trump et son culte continuent à peser fortement au sein du GOP, il existe désormais un espace pour une opposition interne (qui reste minoritaire mais qui est bien réelle, contrairement à la situation antérieure). Surtout, je pense que ce ralliement d'une grosse partie du GOP aux éléments les plus extrêmes du spectre républicain (mensonges sur les "fraudes électorales", mensonges sur l'assaut contre le Capitole, soutien aux QAnonistes et aux dérapages de Greene) risque d'entretenir le problème électoral que le GOP connait auprès d'électorats tangents (l'électorat de banlieue pour faire vite...) depuis quelques années maintenant.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Mar 25 Mai 2021 14:25

Concernant la création d'une commission d'enquête sur l'attaque du 06/01 contre le Capitole, il est difficile de savoir ce que va donner le vote de cette semaine au Sénat. Les démocrates ont besoin du vote de 10 sénateurs républicains pour ratifier la création de la commission. Pour l'heure, 4 semblent clairement pencher pour un vote favorable : Romney (Utah), Collins (Maine), Crapo (Idaho) et Cassidy (Louisiane). 25 ont annoncé qu'ils voteraient non, 10 ont refusé de s'exprimer publiquement sur le sujet, et 11 disent ne pas encore savoir comment ils vont voter. Il faudrait donc que 6 sénateurs républicains parmi ces 21 derniers se prononcent en faveur de la commission. Je ne sais pas si c'est jouable ou pas ?
https://ksltv.com/462867/sen-mitt-romne ... ommission/
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... rs-vote%2f
Tout cela matérialise encore les divisions internes au GOP quant à l'héritage trumpien et le rapport des républicains à l'élection de novembre dernier. En effet, concernant cette dernière, une ligne de fracture très nette se fait entre les républicains qui soutiennent (ou font semblant ?) les mensonges de Trump quant aux "fraudes", et ceux qui les dénoncent.
En tout cas, au niveau des républicains dans les états, toujours aucune analyse sur les causes de la défaite, et un effort massif pour limiter la participation électorale lors des prochains scrutins. Depuis peu, on a aussi une nouvelle orientation : limiter le recours aux référendums d'initiative populaire. En effet, beaucoup d'élus républicains trouvent que même dans les états rouges les électeurs votent souvent trop "mal" (expansion de medicaid et medicare, légalisation de la marijuana médicale, réinscription des anciens détenus sur les listes électorales, ce genre de choses...).
https://www.nytimes.com/2021/05/22/us/p ... crats.html
Et pour essayer "d'appuyer" les mensonges de Trump, l'état d'Arizona a lancé un nouvel audit du scrutin de novembre (ce ne sera jamais que le troisième :) ), qui tourne plus ou moins à la vaste farce, même certains élus républicains locaux se sentent obligés de faire part de leur embarras quant à tout ça. Mais, bon, il parait qu'en Géorgie aussi on voudrait donner du temps et de l'argent sur ce genre de blagues.
https://www.nytimes.com/2021/05/17/us/a ... trump.html
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... n-audit%2f
https://www.washingtonpost.com/gdpr-con ... story.html
Je continue à être partagé sur les conséquences électorales de tout ça pour le GOP. Certes, je ne doute pas que la base raffole de tout ça et en redemande, mais au niveau de certains électeurs qui ont eu tendance à s'éloigner des républicains ces dernières années j'ai peur que tout cela ne fasse qu'aggraver la désaffection électorale. Et même au niveau des manœuvres visant à limiter la participation électorale, je ne sais pas si le bilan sera aussi positif que les républicains l'espèrent ?
D'autant que le story telling sur les fraudes électorales risquent d'engendrer les mêmes effets que lors du run-off de Géorgie : un boycott des urnes de la part de certains électeurs trumpistes ?

Niveau dramaturgie politico-politicienne, je pense qu'on arrive au bout du show médiatique concernant le mythe d'un accord bipartisan sur le plan d'aides aux infrastructures et son financement, le moment où tout le monde reconnait qu'un accord bipartisan n'aura pas lieu est imminent. Les républicains veulent un plan très faible, et financé par une hausse du prix des carburants (et oui, après avoir combattu inlassablement cette idée en Californie, les républicains sont aujourd'hui pour :) ), les démocrates veulent un plan colossal financé par une hausse des impôts des plus riches et des sociétés.
https://www.politico.com/news/2021/05/2 ... pse-490637
https://www.axios.com/infrastructure-me ... f9b8e.html
Bref, les démocrates vont se lancer seuls, sans doute via le processus de la réconciliation budgétaire, pour contrecarrer le filibuster prévisible des républicains. Ce sera donc un deal entre Biden et Manchin :). On notera quand même qu'on sent que Biden est un ancien sénateur et qu'il connait les vieux trucs du Sénat : lui et son administration font activement du lobbying auprès des élus républicains locaux (maires et gouverneurs essentiellement), afin que ces derniers fassent pression sur leurs sénateurs en faveur du futur plan d'aides aux infrastructures.
https://www.politico.com/news/2021/05/2 ... ort-490101

Même si c'est tôt, culture politique américaine oblige (campagne permanente quand tu nous tiens...), quelques informations pour les midterms de 2022 :
1) en Arizona, l'actuel gouverneur républicain Ducey, qui ne peut pas se représenter pour un nouveau mandat en 2022 (et qui n'est guère en odeur de sainteté en trumpie, l'impudent a osé reconnaître que Biden avait gagné légalement l'Arizona :) ), a également annoncé qu'il ne comptait pas se présenter à la sénatoriale pour affronter le sortant démocrate Kelly.
https://www.azpm.org/p/home-articles-ne ... nate-seat/
2) en Floride, alors que beaucoup craignaient des primaires démocrates compliquées pour la sénatoriale (contre le sénateur républicain sortant Rubio), cela semble s'éclaircir pas mal depuis que Val Demings (représentante du district 10 et un temps envisagée par Biden comme possible VP) s'est lancée dans la course. Stephanie Murphy (représentante du district 07), qui envisageait aussi de tenter la course à l'investiture démocrate, vient de renoncer : elle préfère se représenter pour conserver son siège de représentante (il se murmure qu'elle aurait dealé avec le parti démocrate de Floride d'être la candidate à la sénatoriale contre le sénateur républicain sortant Scott en 2024 plutôt). L'autre candidate intéressée, Aramis Ayala, renonce aussi et semble opter pour un jeu de chaise musicale avec Demings : Ayala devrait tenter d'obtenir l'investiture pour le siège de représentant du district 10 abandonné par Demings :).
Bref, il y a désormais de fortes chances que Demings soit la candidate des démocrates face à Rubio.
https://www.politico.com/news/2021/05/2 ... ate-490563
3) au Vermont, il semble bien que Pat Leahy (actuel président pro tempore du Sénat, et donc numéro 3 de l'ordre de succession présidentielle), malgré ses 81 ans et et ses 46 ans d'exercice en tant que sénateur, envisagerait sérieusement de tenter un neuvième mandat ! Si il devait être réélu (ce qui ne ferait guère de doute, on imagine mal le Vermont voter pour un sénateur républicain ?) et finir son mandat (ce qui serait déjà plus hypothétique...), alors il pourrait battre le record du plus long mandat sénatorial ininterrompu actuellement détenu par Robert Byrd (qui fut sénateur démocrate de Virginie-Occidentale pendant 51 ans, entre 1959 et 2010). A noter un élément rigolo : alors que le Vermont est désormais un des états les plus libéral des USA, Leahy est en fait le seul sénateur démocrate jamais élu par cet état :). En effet, avant les années 1970, le Vermont était un état plutôt républicain, et l'autre sénateur de l'état, Bernie Sanders, n'est pas démocrate mais élu en tant qu'indépendant...
https://www.politico.com/news/2021/05/2 ... run-490176
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Re: La vie politique américaine

Messagede Aurélien59 » Mar 25 Mai 2021 19:59

3) au Vermont, il semble bien que Pat Leahy (actuel président pro tempore du Sénat, et donc numéro 3 de l'ordre de succession présidentielle), malgré ses 81 ans et et ses 46 ans d'exercice en tant que sénateur, envisagerait sérieusement de tenter un neuvième mandat ! Si il devait être réélu (ce qui ne ferait guère de doute, on imagine mal le Vermont voter pour un sénateur républicain ?) et finir son mandat (ce qui serait déjà plus hypothétique...), alors il pourrait battre le record du plus long mandat sénatorial ininterrompu actuellement détenu par Robert Byrd (qui fut sénateur démocrate de Virginie-Occidentale pendant 51 ans, entre 1959 et 2010). A noter un élément rigolo : alors que le Vermont est désormais un des états les plus libéral des USA, Leahy est en fait le seul sénateur démocrate jamais élu par cet état :). En effet, avant les années 1970, le Vermont était un état plutôt républicain, et l'autre sénateur de l'état, Bernie Sanders, n'est pas démocrate mais élu en tant qu'indépendant...
https://www.politico.com/news/2021/05/2 ... run-490176


Belle anecdote sur le siège du Vermont (série 1) occupé actuellement par Sanders et qui sera sans doute gagné par un démocrate quand Sanders ne se représentera pas (en 2024 potentiellement ?). Un seul des 100 autres sièges n'a jamais été occupé par un des deux grands partis, il s'agit d'un siège à Hawaï (série 3) toujours gagné par les démocrates depuis 1960 et ce n'est sans doute pas près de changer. Autre anecdote amusante, le Vermont n'a donc jamais eu 2 sénateurs démocrates en même temps et il est le seul Etat US dans ce cas là avec le Kansas qui a eu des sénateurs démocrates sur ses 2 sièges mais jamais en même temps. Même si il ne faut jurer de rien ce n'est probablement pas près de changer non plus. :)

Je profite de ce post pour remercier Corondar pour ses revues régulières de l'actualité politique US malgré une actualité parfois moins prolifique que ce qu'on a connu récemment, c'est toujours très intéressant, bien documenté et sans parti pris. Un régal à lire ! :D
Aurélien59
 
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Mer 26 Mai 2021 14:37

Aurélien59 a écrit:Belle anecdote sur le siège du Vermont (série 1) occupé actuellement par Sanders et qui sera sans doute gagné par un démocrate quand Sanders ne se représentera pas (en 2024 potentiellement ?). Un seul des 100 autres sièges n'a jamais été occupé par un des deux grands partis, il s'agit d'un siège à Hawaï (série 3) toujours gagné par les démocrates depuis 1960 et ce n'est sans doute pas près de changer. Autre anecdote amusante, le Vermont n'a donc jamais eu 2 sénateurs démocrates en même temps et il est le seul Etat US dans ce cas là avec le Kansas qui a eu des sénateurs démocrates sur ses 2 sièges mais jamais en même temps. Même si il ne faut jurer de rien ce n'est probablement pas près de changer non plus. :)

Je profite de ce post pour remercier Corondar pour ses revues régulières de l'actualité politique US malgré une actualité parfois moins prolifique que ce qu'on a connu récemment, c'est toujours très intéressant, bien documenté et sans parti pris. Un régal à lire ! :D


Imaginer Hawaï élire désormais un sénateur républicain et le Kansas élire simultanément 2 sénateurs démocrates, en effet ce sont là des scénarios qui paraîtraient assez incroyables :).
Ceci dit, même si c'est hautement improbable, il ne faut pas oublier que, même encore récemment, on a parfois eu des résultats hors normes. Lors de gros votes sanctions, les républicains ont réussi à faire élire un sénateur en Illinois et un autre au Massachusetts, et les démocrates ont réussi à faire élire un sénateur en Alabama. Mais ce sont là des victoires qui n'ont pas essaimé au delà du vote sanction : les sortants ont tous échoué à se faire réélire.
On a aussi parfois des sénateurs atypiques, qui parviennent à se faire élire et réélire sur leur image personnelle, au delà du penchant classique de leur état. C'est actuellement le cas de Manchin en Virginie Occidentale, et Tester au Montana.
Pour l'actualité moins prolifique, je dirais surtout que c'est moins chaotique que sous l'administration précédente, mais il se passe quand même beaucoup de choses :). Disons que pour l'heure, l'administration Biden connait moins de démissions, de renvois et de drama que les premiers mois de l'administration Trump (qui, à la même époque, avait déjà vu défiler 3 portes paroles différents, un conseiller à la sécurité contraint à la démission sur fond d'accusations judiciaires, et le chief of staff Priebus était déjà sur un siège éjectable).
Biden avait vendu pendant sa campagne une présidence plus apaisée, sur cet élément là au moins on peut déjà tirer un premier bilan ?

En Californie, l'état a confirmé qu'il y aurait bien un référendum révocatoire à l'encontre du gouverneur démocrate Newsom. La date exacte n'est pas encore fixée, mais ce sera probablement en novembre ?
Les derniers sondages semblent me conforter dans l'idée que Newsom ne risque peut-être pas grand chose ?
https://www.politico.com/states/califor ... es-1383984
64% des sondés déclarent approuver la manière dont Newsom a géré la pandémie, 54% déclarent approuver son action générale en tant que gouverneur, et 57% déclarent être opposés à sa destitution. A partir du moment où les électeurs démocrates (qui représentent 50% des électeurs inscrits en Californie) soutiennent le gouverneur, et où les républicains ne parviennent pas à présenter un candidat de substitution capable de plaire au delà de son camp, je pense que Newsom ne craint rien (sauf scandale majeur d'ici là).
Par contre mes amis américains ont attiré mon attention vers une subtilité du droit californien qui m'échappait, et qui est tout bonnement hallucinante : grâce à ce référendum révocatoire, Newsom peut lever des fonds de campagne plus élevés que pour une campagne de réélection. En effet, la loi californienne considère Newsom non pas comme un candidat au poste de gouverneur, mais comme l'objet d'une initiative référendaire. A ce titre, Newsom peut lever des fonds auprès de ses donateurs beaucoup plus élevés que pour une élection au poste de gouverneur. A l'inverse, les candidats républicains qui se présentent pour lui contester le siège, sont eux bien candidats à un mandat électif, et leurs levées de fonds sont donc limitées.
En clair, ce référendum révocatoire peut permettre à Newsom de lever un trésor de guerre, ce qu'il est en train de faire.
https://www.mercurynews.com/2021/05/21/ ... ll-effort/
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