Concernant les mid-terms, j'ai à titre personnel de plus en plus l'impression que les démocrates s'emportent un peu. Les élections vont être très particulières, et restent très difficiles pour le parti Démocrate.
Ces élections pourraient plutôt avoir, au moins au sénat, une ressemblance avec celles de 2002. Alors qu'un président républicain avait été élu sans le "popular vote", il avait réussi à gagner des sièges au sénat (et à la chambre). Alors certes, il y avait le 11 septembre. Mais je n'ai pas l'impression que Trump fasse tant d'erreurs politiques. Je ne suis pas certain que sa "diarrhée verbale" sur twitter ait beaucoup de conséquences sur les mid-term.
En 2002, les Républicains défendaient pourtant beaucoup plus de sièges (notamment dans l'Oregon, en Virginie, Nouveau Mexique,états qui sont devenus bien plus démocrates depuis). Les démocrates défendaient quelques sièges dans des Etats rouges ou tangents: la Louisiane, la Géorgie, l'Iowa, Dakota du Sud, Virginie Occidentale, Missouri. Sur ces 6 Etats, il y eut seulement deux pertes démocrates (Géorgie et Missouri pour une special election, où la sortante était la veuve d'un sénateur élu à titre posthume en 2000). Il y eut une troisième perte dans le Minnesota où le sénateur candidat est décédé pendant la campagne et a été remplacé par un ancien vice-président un peu trop libéral (qui n'avait obtenu que 13 délégués en 84 face à Reagan, dont ceux du Minnesota, mais avec une marge de seulement 3 800 voix).
Un siège républicain avait aussi basculé, celui de l'Arkansas dont le sortant, récemment divorcé et remarié avec une de ses employées, avait eu une campagne difficile.
Au sénat, on peut se retrouver avec une situation similaire: quelques résistances des démocrates dans des Etats très rouges (Manchin par exemple en Virginie Occidentale), peut-être une ou deux surprises (le Tennessee particulièrement), mais des défaites pour les démocrates également (Donnelly dans l'Indiana, en Floride où le match sénateur-gouverneur s'annonce très serré - un récent sondage a placé le républicain en tête...).
A la chambre, c'est assez amusant, mais les républicains pourraient être moins bien partis. Alors qu'historiquement, et depuis 2010, le découpage les avantageait plutôt, et alors que les démocrates ont un vote générique qui semble baisser, une "dynamique des flux" de l'électorat semble mettre un danger beaucoup de républicains. C'est résumé dans un article de politico (
https://www.politico.com/story/2018/05/ ... ats-579890 ). Les suburbs plus favorisés semblent plutôt basculer vers des candidats démocrates centristes (dans les Etats-clés, on voit de plus en plus souvent des candidats démocrates dans les districts républicains qui très rapidement déclarent ne pas vouloir voter pour Nancy Pelosi).
Je scruterais attentivement, tout de même, les conséquences de la fin de l'Iran-deal. Si l'Europe était vraiment indépendante des Etats-Unis, refusait ce retrait et en tirerait les conséquences, à cause de l'extra-territorialité du droit américain, il lui faudrait probablement délocaliser ses entreprises situées aux E-U.
L'exemple-type, ce sont les usines d'EADS aux Etats-Unis. Outre que la logique de mettre des usines là -bas m'échappe un peu, si Airbus veut honorer ses accords avec l'Iran (voire empocher les accords Iran-Boeing), il lui faudra se délester de toutes ses affaires "en dollar", si ses dirigeants ne veulent pas, comme pour Alstom, être susceptibles de poursuites dès qu'ils se rendraient sur le territoire américain. Cela peut concerner, en France, Renaut-Nissan également.
Une Europe unie, et répondant aux Etats-Unis en menaçant de délocaliser les avoirs européens aux Etats-Unis pourrait avoir de sévères conséquences sur l'emploi. Si le bras de fer s'engageait, les conséquences seraient difficile à prévoir.
Mais enfin, pour cela, il faudrait une Europe pouvant faire face aux Etats-Unis de Trump. Même ça, apparemment, ils n'en sont pas capables...