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Etats-Unis : Les Midterm elections de 2018

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Re: La vie politique américaine

Messagede Relique » Mer 9 Mai 2018 15:43

Corondar a écrit:3) en Virginie Occidentale (...) c'est l'Attorney general de l'état, Morrissey, qui l'emporte (35% des voix contre 30% pour le représentant Jenkins). Contrairement à l'Indiana, c'est surement le candidat le plus dangereux pour Manchin qui l'a emporté ici.


Apparemment, des stratèges démocrates de Washington avaient lancé une campagne visant à empêcher Jenkins de l'emporter. Apparemment, il a un profil plus "centriste" que Morrissey, et leur semblait plus dangereux.

C'était dans un article du NYTimes.
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Re: La vie politique américaine

Messagede guillaume44 » Mer 9 Mai 2018 16:38

Corondar a écrit:Vu le contexte, national et californien, j'ai moi aussi toutes les peines du monde à imaginer les républicains avoir une chance ici. Si Cox arrive à figurer au second tour, ce sera déjà pas mal. Si en plus la stratégie républicaine c'est de tout miser sur la hausse du prix des hydrocarbures... Traditionnellement, les électeurs blâment plus l'état central que les autorités locales pour ça. Pour information, le prix de l'essence aux USA est au plus haut depuis 4 ans, et les dernières initiatives trumpiennes avec l'Iran devraient encore alourdir la facture.
L'autre élément qui pénalise beaucoup les républicains dans cet état, c'est l'environnement. Fortement affectée par la sécheresse et les pénuries d'eau, la population californienne est très sensible aux thématiques écologiques et au réchauffement climatique. Gouvernator l'avait compris, mais depuis les républicains ont complètement abandonné cette thématique aux démocrates qui (en Californie comme ailleurs) sont les seuls à développer une plate-forme sur le sujet (et c'est pas avec le "travail" de l'actuel secrétaire à l'écologie que les républicains devraient regagner des points dans ce domaine). Si les républicains californiens souhaitent reprendre un peu de couleur dans le Golden State, je pense que ça passe aussi par un petit aggiornamento écolo par rapport aux instances nationales du GOP.


Pour l'anecdote, lorsque Trump avait "brièvement" mis la Californie en Battleground durant l'été 2016, il était parti à la rencontre des fermiers du nord de l'état. Ces derniers se plaignaient des restrictions d'eau imposées par le gouvernement de Sacramento alors que les cours d'eau et les rivières étaient pleines selon eux. Dans une réponse bien Trumpienne, le candidat Trump avait déclaré "l'on va se débarrasser de ces restrictions d'eau".

Toujours en Californie, celle-ci est devenue hier ou avant_hier la cinquième puissance mondiale devant le Royaume-Uni, elle n'est plus dépassée que par les Etats-Unis, la Chine, le Japon et l'Allemagne.

https://www.bloomberg.com/news/videos/2 ... orld-video

Concernant les primaires d'hier,

En Caroline du Nord, Bob Pittenger est le premier représentant à ne pas pouvoir défendre son siège. Il le perd de justesse face au Pasteur Harris. Ce dernier affrontera le démocrate Don McCready. Don McCready dispose dans son "compte en banque" 1 million de dollars face au 89 000 dollars du pasteur Harris.

https://www.politico.com/newsletters/mo ... ary-207965

Dans l'Ohio, j'ai également suivi la défaite de la jeune trumpienne Christina Hagan de 29 ans face au candidat de l'establishment Antony Gonzalez 53% contre 40,9%. Elle était surclassée en terme de financement mais elle représentait une possibilité d'améliorer l'aile Trumpisme au sein du parti républicain.

Et enfin en Virginie, la défaite de Don Blankenship pour la sénatoriale en Virginie Occidentale mais cela a été dit.

J'essaierai de retrouver les sources mais globalement les candidats démocrates sont galvanisés et se sont davantage mobilisés pour effectuer des collectes des fonds pour les mid-terms 2018. Les candidats républicains apparaissent en comparaison plus apathiques.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Vaulti » Mer 9 Mai 2018 17:21

Relique a écrit:
Corondar a écrit:3) en Virginie Occidentale (...) c'est l'Attorney general de l'état, Morrissey, qui l'emporte (35% des voix contre 30% pour le représentant Jenkins). Contrairement à l'Indiana, c'est surement le candidat le plus dangereux pour Manchin qui l'a emporté ici.


Apparemment, des stratèges démocrates de Washington avaient lancé une campagne visant à empêcher Jenkins de l'emporter. Apparemment, il a un profil plus "centriste" que Morrissey, et leur semblait plus dangereux.

C'était dans un article du NYTimes.

Effectivement, Jenkins a un profil plus centriste (issu du parti démocrate) que Morrissey.
Le GOP a quand même évité le pire avec le sulfureux Blankenship.
A noter que l'adversaire démocrate de Manchin à la primaire a quand même réalisé un score de 30%. Un avertissement sans frais sur la ligne politique (jugée trop à droite) par les démocrates.

Du coup, le siège à la chambre des représentants de Jenkins (3e circonscription), sans sortant, est devenue une cible pour les démocrates malgré le score écrasant de Trump à la dernière présidentielle. Le candidat démocrate choisi me semble avoir le meilleur profil possible pour l'emporter (pro-sanders et ayant voté Trump). D'autant que la gagnante de la primaire républicaine n'est clairement pas sortie du lot.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Jeu 10 Mai 2018 18:22

jean24 a écrit:
Corondar a écrit:Concernant toutes ces élections (ce qui inclut les nombreuses primaires pour la Chambre), on peut résumer ainsi : côté républicain le GOP se trumpise à marche forcée (apparemment seul l'Ohio fait de la résistance ?)

En Ohio, Jim Renacci a été un des rares représentants à soutenir Trump pendant les primaires. Mike de Wine a soutenu Trump lors de la présidentielle (ce qui ne veut pas dire que ce soit le plus grand des pro-Trump, mais qu'au moins il n'y était pas opposé). Pour la chambre des représentants je ne connais pas trop le positionnement des candidats.

Concernant Gina Haspel, Rand Paul a annoncé qu'il va voter contre, mais cette fois ci il a juré main sur le cœur qu'il tiendra parole, pas comme avec Mike Pompeo. John McCain s'est aussi opposé à cette nomination (mais comme il est bloqué en Arizona à cause de son état de santé, il n'est pas sur qu'il puisse voter contre Haspel), et vu son influence il est probable que d'autres républicains le suivent. Joe Manchin a quand à lui annoncé qu'il votera pour.
En gros 49 républicains et un démocrate soutiennent Haspel. Il ne faut pas qu'il y'ait d'autres désistements coté républicain sinon ça risque d'être juste (Mike Pence départagera les votes). D'autres démocrates peuvent éventuellement voter pour Haspel.


Pour l'Ohio, disons que côté républicain ce sont des candidats plus mainstream et consensuels qui l'ont emporté (que ce soit pour les postes de gouverneur, de sénateur ou dans les diverses primaires pour la Chambre). Ça ne veut pas dire pour autant qu'ils soient anti-Trump, juste qu'ils sont moins pro-Trump que certains. En Indiana, Virginie Occidentale et Caroline du Nord on a eu des gagnants beaucoup plus Trump-compatibles. Dans l'Ohio, il semble bien que beaucoup des gagnants républicains aient l'assentiment de Kasich. Et c'est pareil côté démocrates dans cet état : ce sont plutôt les candidats "centristes" qui l'ont emporté. En tout cas, en Ohio, les candidats les plus à droite ou les plus à gauche ce sont globalement fait envoyer dans les cordes.
Par contre, sur ces primaires, les membres de la Chambre du Congrès semblent contre-performer pas mal lors des primaires pour les postes de gouverneurs et de sénateurs...
https://www.nytimes.com/2018/05/09/us/p ... -ohio.html
En Virginie Occidentale, il y a une bonne nouvelle pour Manchin : alors qu'il y avait nettement moins de suspens de ce côté là de l'échiquier politique, les primaires démocrates ont vu 23 000 électeurs de plus participer qu'aux primaires républicaines.
Il faudra voir pour ces 3 états ce que donneront les prochains sondages, maintenant qu'on connait les affiches. Pour l'Ohio, je suis pas persuadé que Brown risque grand chose cela dit...
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Re: La vie politique américaine

Messagede Relique » Ven 11 Mai 2018 13:43

Concernant les mid-terms, j'ai à titre personnel de plus en plus l'impression que les démocrates s'emportent un peu. Les élections vont être très particulières, et restent très difficiles pour le parti Démocrate.

Ces élections pourraient plutôt avoir, au moins au sénat, une ressemblance avec celles de 2002. Alors qu'un président républicain avait été élu sans le "popular vote", il avait réussi à gagner des sièges au sénat (et à la chambre). Alors certes, il y avait le 11 septembre. Mais je n'ai pas l'impression que Trump fasse tant d'erreurs politiques. Je ne suis pas certain que sa "diarrhée verbale" sur twitter ait beaucoup de conséquences sur les mid-term.

En 2002, les Républicains défendaient pourtant beaucoup plus de sièges (notamment dans l'Oregon, en Virginie, Nouveau Mexique,états qui sont devenus bien plus démocrates depuis). Les démocrates défendaient quelques sièges dans des Etats rouges ou tangents: la Louisiane, la Géorgie, l'Iowa, Dakota du Sud, Virginie Occidentale, Missouri. Sur ces 6 Etats, il y eut seulement deux pertes démocrates (Géorgie et Missouri pour une special election, où la sortante était la veuve d'un sénateur élu à titre posthume en 2000). Il y eut une troisième perte dans le Minnesota où le sénateur candidat est décédé pendant la campagne et a été remplacé par un ancien vice-président un peu trop libéral (qui n'avait obtenu que 13 délégués en 84 face à Reagan, dont ceux du Minnesota, mais avec une marge de seulement 3 800 voix).

Un siège républicain avait aussi basculé, celui de l'Arkansas dont le sortant, récemment divorcé et remarié avec une de ses employées, avait eu une campagne difficile.

Au sénat, on peut se retrouver avec une situation similaire: quelques résistances des démocrates dans des Etats très rouges (Manchin par exemple en Virginie Occidentale), peut-être une ou deux surprises (le Tennessee particulièrement), mais des défaites pour les démocrates également (Donnelly dans l'Indiana, en Floride où le match sénateur-gouverneur s'annonce très serré - un récent sondage a placé le républicain en tête...).

A la chambre, c'est assez amusant, mais les républicains pourraient être moins bien partis. Alors qu'historiquement, et depuis 2010, le découpage les avantageait plutôt, et alors que les démocrates ont un vote générique qui semble baisser, une "dynamique des flux" de l'électorat semble mettre un danger beaucoup de républicains. C'est résumé dans un article de politico ( https://www.politico.com/story/2018/05/ ... ats-579890 ). Les suburbs plus favorisés semblent plutôt basculer vers des candidats démocrates centristes (dans les Etats-clés, on voit de plus en plus souvent des candidats démocrates dans les districts républicains qui très rapidement déclarent ne pas vouloir voter pour Nancy Pelosi).


Je scruterais attentivement, tout de même, les conséquences de la fin de l'Iran-deal. Si l'Europe était vraiment indépendante des Etats-Unis, refusait ce retrait et en tirerait les conséquences, à cause de l'extra-territorialité du droit américain, il lui faudrait probablement délocaliser ses entreprises situées aux E-U.

L'exemple-type, ce sont les usines d'EADS aux Etats-Unis. Outre que la logique de mettre des usines là-bas m'échappe un peu, si Airbus veut honorer ses accords avec l'Iran (voire empocher les accords Iran-Boeing), il lui faudra se délester de toutes ses affaires "en dollar", si ses dirigeants ne veulent pas, comme pour Alstom, être susceptibles de poursuites dès qu'ils se rendraient sur le territoire américain. Cela peut concerner, en France, Renaut-Nissan également.

Une Europe unie, et répondant aux Etats-Unis en menaçant de délocaliser les avoirs européens aux Etats-Unis pourrait avoir de sévères conséquences sur l'emploi. Si le bras de fer s'engageait, les conséquences seraient difficile à prévoir.

Mais enfin, pour cela, il faudrait une Europe pouvant faire face aux Etats-Unis de Trump. Même ça, apparemment, ils n'en sont pas capables...
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Ven 11 Mai 2018 14:08

Il y a toutefois un élément électoral difficile à ignorer depuis plus d'un an : une mobilisation beaucoup plus forte de l'électorat démocrate que de l'électorat républicain. C'est une constante de tous les scrutins, et que l'on retrouve dans quasiment tous les états (aussi bien les très bleus que les très rouges ou les tangents). A cet égard, les deux derniers scrutins spéciaux pour la Cahmbre, en Pennsylvanie et en Arizona, sont assez spectaculaires. Ce qui est encore plus notable, c'est que ce phénomène se retrouve aussi dans les élections locales (on a vu des candidats démocrates l'emporter en Oklahoma quand même...).
C'est si ce phénomène perdure lors des midterms que le GOP risque très gros. Sachant qu'en ce qui me concerne, je pense que les élections pour les gouverneurs et les assemblées locales sont sans doute plus importantes que les élections pour le Congrès fédéral.
Pour la Chambre, l'autre élément qui risque de jouer des tours au GOP c'est le nombre élevé de sièges ouverts avec des sortants répubicains qui ne se représentent pas.
Pour le Sénat, les chances démocrates de faire basculer l'assemblée sont en effet minces, vu la carte. Mais le simple fait que ce soit toujours possible est déjà un élément très étonnant. Rappelons qu'avant la présidentielle (à une époque où beaucoup pariaient sur une présidence Clinton il est vrai...), les républicains regardaient la carte sénatoriale de 2018 en bavant. Après la présidentielle encore plus : on envisageait près d'une douzaine de gains potentiels pour les républicains, en incluant dans les sièges cibles la Pennsylvanie, l'Ohio, le Michigan, le Minnesota, le Wisconsin, voire le Maine. Plus personne côté républicains ne pensent sérieusement que ces sièges là soient réellement accessibles désormais. La liste des sièges démocrates visés par les républicains se "limite" désormais à ça : Montana (Tester le sortant démocrate m'a l'air solide), Dakota du Nord, Missouri, Indiana, Virginie Occidentale et Floride. Si les démocrates parviennent à conserver le statu-quo au Sénat ce serait déjà une grosse performance.
Comparer avec 2002 me semble très risqué par contre : la poussée républicaine s'était construite sur l'élément presque exclusif du soutien au président dans un contexte post 11/09 très particulier (je connais personnellement des démocrates qui à cette occasion avaient voté républicain).
Pour le retrait américain de l'accord iranien, il faudra déjà voir si l'accord se poursuit sans les USA (à priori les signataires ont l'air décidé). Le plus gros impact pour les élections de mi-mandat ça risque surtout d'être l'envolée des prix du pétrole.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Relique » Ven 11 Mai 2018 14:29

C'est justement un peu mon impression. Je pense que les démocrates si fient un peu trop aux "special elections", et je ne suis pas certain que ces élections seront de bons prédicteurs des mid-term.

A titre personnel, j'aime bien regarder la différence de "spread" en 2012 pour ces sénateurs. Par exemple, quand Claire McCaskill battait son adversaire républicain avec +16,7 en 2012, Romney gagnait l'Etat avec +9,6. Elle aurait donc un "spread" de +26,3. Trump ayant remporté l'Etat avec +19,6, je ne suis pas sûr qu'elle soit la plus en danger cette année (alors que le NY Times la classe 2ème sénatrice la plus vulnérable, après le républicain Heller du Nevada - qui a un spread à son avantage de +8,1 alors que Clinton a emporté l'Etat avec seulement +2,6 http://www.rollcall.com/news/politics/s ... ators-2018 )

Donnelly (Indiana Dem) avait un spread de +16,5 en 2012, alors que Trump a emporté l'Etat avec +20,2;
Heitkamp (South Dakota Dem), +21,1 en 2012, Trump +39,6 en 2016
Manchin (Virg Occ Dem), +52,1 en 2012, Trump +44,3
Nelson (Floride Dem), +12,1 en 2012, Trump +1,2
Tester (Montana Dem), +18,1; Trump +22,2
Baldwin (Wisconsin Dem), -1,3 (son spread était moins bon que celui d'Obama); Trump +0,8
Brown (Ohio Dem), +3,3; Trump +8
Casey (Penn, Dem), +3,8; Trump +0,8


Evidemment, ces spreads sont largement dépendants des candidats qui leur faisaient face. Il me semble que dans le Missouri, le candidat opposé à McCaskill avait eu de sacrés casseroles (mais l'actuel semble être lié à un gouverneur avec également des casseroles).

Mais en suivant ces spreads, on voit que les plus en dangers semblent:
- Heitkamp (double différence: -18,5)
- Brown (dd: -4,7)
- Tester (dd: -4,1)
- Donnelly (dd: -3,7)
- Baldwin (dd -2,1)
- Casey (dd +3)
- Heller (GOP dd +5,5)
- McCaskill (dd +6,7)
- Manchin (dd +7,8)
- Nelson (dd +10,9)
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Ven 11 Mai 2018 15:00

Relique a écrit:C'est justement un peu mon impression. Je pense que les démocrates si fient un peu trop aux "special elections", et je ne suis pas certain que ces élections seront de bons prédicteurs des mid-term.

A titre personnel, j'aime bien regarder la différence de "spread" en 2012 pour ces sénateurs. Par exemple, quand Claire McCaskill battait son adversaire républicain avec +16,7 en 2012, Romney gagnait l'Etat avec +9,6. Elle aurait donc un "spread" de +26,3. Trump ayant remporté l'Etat avec +19,6, je ne suis pas sûr qu'elle soit la plus en danger cette année (alors que le NY Times la classe 2ème sénatrice la plus vulnérable, après le républicain Heller du Nevada - qui a un spread à son avantage de +8,1 alors que Clinton a emporté l'Etat avec seulement +2,6 http://www.rollcall.com/news/politics/s ... ators-2018 )

Donnelly (Indiana Dem) avait un spread de +16,5 en 2012, alors que Trump a emporté l'Etat avec +20,2;
Heitkamp (South Dakota Dem), +21,1 en 2012, Trump +39,6 en 2016
Manchin (Virg Occ Dem), +52,1 en 2012, Trump +44,3
Nelson (Floride Dem), +12,1 en 2012, Trump +1,2
Tester (Montana Dem), +18,1; Trump +22,2
Baldwin (Wisconsin Dem), -1,3 (son spread était moins bon que celui d'Obama); Trump +0,8
Brown (Ohio Dem), +3,3; Trump +8
Casey (Penn, Dem), +3,8; Trump +0,8


Evidemment, ces spreads sont largement dépendants des candidats qui leur faisaient face. Il me semble que dans le Missouri, le candidat opposé à McCaskill avait eu de sacrés casseroles (mais l'actuel semble être lié à un gouverneur avec également des casseroles).

Mais en suivant ces spreads, on voit que les plus en dangers semblent:
- Heitkamp (double différence: -18,5)
- Brown (dd: -4,7)
- Tester (dd: -4,1)
- Donnelly (dd: -3,7)
- Baldwin (dd -2,1)
- Casey (dd +3)
- Heller (GOP dd +5,5)
- McCaskill (dd +6,7)
- Manchin (dd +7,8)
- Nelson (dd +10,9)


Nous sommes d'accord sur un point : les démocrates ne progresseront pas autant lors des midterms qu'aux élections spéciales. Je ne suis pas sur que ce soit possible de toute façon :). Si on appliquait la progression des démocrates lors des spéciales aux midterms, on obtiendrait des chiffres tout bonnement surréalistes.
Mais au cours de l'année écoulée, il n'y a pas eu que des élections spéciales. En Virginie, on a eu un cycle d'élections normales, concernant les postes de l'exécutif et le renouvellement total de la chambre basse de l'état. Sans être au niveau des élections spéciales, la poussée démocrate y a été forte, et largement supérieure aux attentes (notamment pour la chambre basse).
De même au niveau des primaires pour les midterms, on a des indices d'une mobilisation démocrate supérieure à celle des républicains. Pour faire basculer la Chambre, les démocrates n'ont pas besoin d'avoir 10 points d'avance sur les républicains au national. 5 points devraient suffire (il y a débat à ce sujet chez les experts électoraux apparemment). Surtout, ils n'ont besoin que d'une vingtaine de gain net en sièges. Vu le contexte, c'est loin d'être insurmontable pour les démocrates (en tout cas, c'est moins compliqué que d'obtenir un gain net de 2 sièges au Sénat :) ). D'autant que le nombre de sièges démocrates menacés (ou même simplement ciblés par le GOP) semble nettement inférieur.
Quant aux sénateurs, pour un paquet d'états, la campagne sera déterminante. Tester (Montana) et Manchin (Virginie Occidentale) ont des équations personnelles solides. Dans le Missouri, MacCaskill est actuellement aidée par la guerre intestine des républicains locaux quant au possible impeachment du gouverneur. Si cet environnement de campagne se poursuit jusqu'à l'automne, elle aura clairement un avantage. Pour moi les sortants démocrates les plus en danger seraient Donnelly (Indiana), Heitkamp (Dakota du Nord) et Nelson (Floride). Les sièges des Grands Lacs, de l'Ohio et de la Pennsylvanie me semblent assez surs par contre.
Côté républicains, les sièges de l'Arizona, du Tennessee et du Nevada sont clairement en jeu.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Jean-Philippe » Lun 14 Mai 2018 22:15

Demain ont lieu les primaires dans 4 Etats dont la Pennsylvanie (les autres sont l'Idaho, le Nebraska et l'Oregon).

A la chambre, une des primaires les plus intéressantes sera peut-être celle du 4e district où Joe Hoeffel, élu du 13e district US de 1998 à 2004 (après deux tentatives en 1984 et 1986), date à laquelle il est battu après une candidature au Sénat. En 2010, il échoue lourdement à avoir l'investiture pour l'élection de gouverneur.

Dans l'Oregon, sauf surprise, le seul scrutin à enjeu (pour moi qui voit les choses de très loin) est la primaire républicaine dans le 5e district (le sortant démocrate se représente) où Mark Callahan, un candidat à de multiples élections (notamment l'élection sénatoriale de 2016 où il a réussi à avoir l'investiture républicaine après avoir concouru comme membre du Green Party local en 2010), se présente face à deux concurrents peu connus et sans poste électif non plus.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Jean-Philippe » Mar 15 Mai 2018 21:58

Pour les primaires pour les postes de gouverneurs, il y a du suspense côté républicain dans l'Oregon où le favori Knute Buehler, élu de la chambre locale des représentants depuis 2014 et soutenu par bon nombre des républicains de poids de l'Etat, est principalement concurrencé par Sam Carpenter, battu à l'investiture aux sénatoriales de 2014 et 2016.
Le vainqueur de la primaire affrontera (à 99% de chance) la sortante démocrate depuis février 2015 qui avait battu, déjà comme sortante, Knute Buehler en 2012 pour le poste de secrétaire d'Etat.

Notons de manière assez étonnante que le dernier sondage fait en mars pour l'élection générale donne les républicains en tête (46/41) alors que le siège est considéré comme assuré pour les démocrates.

En Pennsylvanie, si le gouverneur sortant démocrate Tom Wolf n'a aucun concurrent, il n'en est pas de même pour son lieutenant général Mike Stack, concurrencé par plusieurs challengers qui ne sont pas des anonymes localement.
Chez les 3 candidats républicains au poste de gouverneur et chez les 4 à celui de lieutenant général, aucun ne semble se détacher nettement.

Dans le Nebraska, l'un des trois candidats démocrates à l'investiture au poste de gouverneur, Bob Krist, sénateur d'Etat sortant, est un républicain qui a quitté son parti en septembre 2017 avant de rejoindre les démocrates en février (après avoir échoué à faire valider un nouveau parti).

Enfin, dans l'Idaho, la primaire républicaine sera disputée car le sortant se retire après 3 mandats.

Côté Sénat, la sortante républicaine du Nebraska fait face à des candidats peu dangereux.

Pour le sortant démocrate de Pennsylvanie, c'est encore plus simple : aucun concurrent. Les deux candidats républicains sont Lou Barletta, représentant US du 11e district depuis 2010, favori et soutenu notamment par Trump, et Jim Christiana, représentant d'Etat.

On sera vite fixé (dans quelques heures).
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