Kerxizor a écrit:Corondar a écrit:Et juste pour rappel : même avec les résultats des dernières primaires, très favorables à Trump, ce dernier n'est toujours pas à 40% du vote populaire sur l'ensemble des scrutins (39.65% pour être précis : là aussi, il est nettement en retard par rapport à MacCain et Romney).
Donald Trump a largement dépassé en nombre de voix les résultats de Mitt Romney, John McCain, et aura largement dépassé les voix de George Bush lors de sa 1ère nomination en 2000.
Il deviendrait à la convention, le nominé ayant reçu le plus de voix au vote populaire de l'histoire du GOP. En additionnant tous les candidats du GOP, on arrive à un total bien supérieur à ceux des Démocrates. Ces chiffres mettent le GOP en position de force pour la générale dans de nombreux Etats jugés tangeants pour les élections sénatoriales notamment.
Il faut rappeler qu'en Pennsylvanie par exemple, ce sont 61500 démocrates qui ont changé de parti uniquement pour voter pour Trump (en grande majorité)
Encore une fois je diverge sur l'analyse et les conclusions.
Concernant les comparaisons MacCain / Romney / Trump, je n'ai jamais dit que ce dernier n'allait pas leur mettre une grosse claque en terme de nombre de suffrages. Ce que je dis, c'est que par rapport à eux, il y aura une plus grande part des votants du GOP qui n'auront pas voté pour le front runner. Romney obtenait 53% du vote populaire, MacCain 49.5%. Trump sera nettement en dessous de ça (d'où son éventuel problème avec les 1237 délégués d'ailleurs). Encore une fois c'est le verre à moitié plein ou à moitié vide : oui Trump mobilise plus la base républicaine que les front runner des 2 scrutins précédents (et dans des proportions indiscutables), mais oui il provoque un sentiment de rejet ou de clivage beaucoup plus fort que ces mêmes front runner, et ce même dans des électorats républicains. Le problème de Trump, c'est qu'il réussit l'exploit de cliver les 2 ailes du parti pour des raisons diamétralement opposées : les centristes le trouvent beaucoup trop à droite sur l'immigration et trop iconoclaste sur l'économie, les conservateurs ultra religieux le jugent trop dépravé (3 fois divorcé avec une vie people étalé dans les magazines ça passe très mal pour eux) et trop démocrate sur les questions sociétales (le droit des homosexuels et l'avortement notamment).
Comme l'ont rappelé les contributeurs précédents, une bonne participation aux primaires est très loin d'assurer la victoire à la générale. Historiquement parlant, on a vu beaucoup d'élections où ça ne se confirmait pas. Et c'est heureux pour les démocrates, qui, là aussi historiquement, mobilisent moins bien que le GOP pour les primaires. Rappelons également que ce bon taux de participation pour les primaires républicaines était attendu, Trump ou pas Trump (le parallèle avec les primaires démocrates de 1988 est bon : même cas de figure d'une opposition qui mobilise après 8 ans de mandat présidentiel du camp opposé). Ce qui était moins attendu c'est la bonne participation côté démocrate (par contre là le parallèle avec les républicains de 1988 ne fonctionne pas : le vice-président de Saint Ron se présentait).
Mais même en gardant cela en tête, le différentiel de participation que l'on observe actuellement en faveur du GOP est loin de démontrer un avantage structurel dans les swing states. Bien au contraire même.
Je n'ai pas encore fini de compiler tous les résultats, mais pour l'heure, à la louche, les 2/3 du différentiel de participation du GOP se font dans les états très rouges du sud et de intérieur. Si l'on prend les seuls swing states, l'écart de participation est loin d'être démentiel (Iowa, New Hampshire, Caroline du Nord, Virginie...). Les deux seuls swing states où le GOP a creusé l'écart, ce sont la Floride et l'Ohio. Dans le premier cas le différentiel provient surtout de Latinos qui ont majoritairement voté Rubio (ou plutôt, qui ont majoritairement voté contre Trump si l'on en croit les exit polls), et dans le second cas il provient surtout des indépendants (qui avaient tout intérêt à voter côté GOP cette année : il y avait plus d'enjeu de ce côté là que côté démocrates, où en plus les primaires étaient semi-ouvertes contre ouvertes pour le GOP), qui ont voté très majoritairement Kasich (c'est ce qui lui permet de remporter l'état d'ailleurs). Et pour être complet, rappelons aussi que même sans la Floride et l'Ohio en 2012, Obama remportait quand même le collège électoral.
Par contre, le fait marquant et constant des résultats dans tous les swing states, c'est que Clinton fait soit sensiblement le même nombre de voix que Trump (New Hampshire, Ohio léger avantage Trump, Floride léger avantage Clinton), soit sensiblement beaucoup plus que lui (Caroline du Nord, Virginie, Iowa), et souvent plus en proportion que le différentiel de participation entre les deux partis.
Pour la Pennsylvanie, il faut vraiment avoir une lecture un peu étrange des résultats pour y lire un triomphe pour Trump : les démocrates ont une participation supérieure de 5% à celle des républicains, et Clinton obtient 3% de voix de plus que Trump. Mais de toute façon, pour la Pennsylvanie, ce qui tranchera ce seront les voix des indépendants (qui ne pouvaient pas voter aux primaires dans cet état : elles y sont fermées).