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Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede manudu83 » Jeu 8 Sep 2016 10:18

Un petit évènement qui montre que le Texas est en train de devenir un swing states :

Le Dallas morning News plus ancien quotidien texan (1885) vient de soutenir hilary clinton, premier démocrate soutenu depuis FDR en 1940, et première fois depuis 1964 que le journal ne soutient pas les républicains (en 1964, le journal n'avait soutenu aucun candidat).

Source
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Jeu 8 Sep 2016 19:28

Jusqu'à il y a peu je ne comprenais pas vraiment pourquoi la campagne Trump insistait autant sur l'emailgate et si peu sur la fondation Clinton. Mais on a appris depuis que Trump avait été un des donateurs de la fondation. Certes c'était il y a quelques années, mais du coup ça limite un peu les critiques de lobbyisme et de liens avec la finance que Trump aurait pu formuler concernant la fondation. De même, quand on voit l'équipe économique de Trump, c'est plus compliqué de dépeindre Clinton comme étant la seule candidate aux mains de Wall Street.
Dans le même genre, d'ailleurs, alors que les journalistes enquêtaient sur les éventuels liens entre lobbying auprès de la secrétaire d'état Clinton et les donateurs de la fondation, ils ont aussi soulevé un lièvre : Trump a fait un don de 25 000 dollars à Pam Bondi, attorney general de Floride. Bondi, qui devait décider si oui ou non la justice floridienne devait instruire l'affaire de l'université Trump. Après ce don de 25 000 dollars et l'abandon des poursuites (le premier précédent le second d'assez peu chronologiquement), il a également organisé une levée de fonds pour elle dans sa résidence de Mar-a-Lago.
http://www.huffingtonpost.com/entry/don ... 8094a64854
Rappelons que les attorney general de Californie et de New York ont eux décidé d'instruire le dossier (mais eux n'ont pas reçu de dons trumpiens cela dit...). Et notons aussi que Pam Bondi est étrangement le seul attorney general d'Amérique a qui Trump a fait ce genre de dons. On comprend tout de suite mieux pourquoi Trump n'a pas eu la main trop lourde dans ses critiques contre Clinton au sujet du lobbying et du népotisme...

Quelques nouveaux sondages aujourd'hui :

Colorado
Clinton 41
Trump 36
Johnson 13
Stein 3

Le premier sondage de Magellan pour cet état, rien de bien neuf : Clinton y a toujours été donnée en tête avec des marges entre +2 et +12. Le résultat des primaires, la sociologie de l'état et la thématique particulière du cannabis le classent incontestablement dans la catégorie "avantage démocrate".

Oregon
Clinton 38
Trump 25
Johnson 10
Stein 3
Le 4e sondage pour cet état, le 3e d'affilé qui semble indiquer que le premier sondage (Clinton +3) était plutôt un artefact qu'une tendance. Là aussi le résultat des primaires et la tendance historique plaidaient plus pour "acquis démocrate", mais la sociologie de l'état pouvait laisser planer un doute. A priori, il n'est pas en jeu.

Caroline du Nord
Trump 44
Clinton 41
Johnson 4
Etat qui confirme qu'il joue le yoyo à chaque sondage ou presque. Le jour J tout ça sent le to close to call et le recompte des bulletins. Et ça devrait être pareil pour les postes de gouverneur et de sénateur...

Je me rends compte que je n'ai jamais fait mon petit bilan chiffré des primaires. Mieux vaut tard que jamais...
Avant tout, rappelons qu'il est impossible d'avoir des chiffres totalement fiables pour la totalité des primaires et des caucus, et que ces chiffres peuvent varier selon les sites qui les recensent. Personnellement j'ai une petite préférence pour Green papers, qui estime les résultats en terme de votes populaires, avec toute la marge d'erreur que peut comporter un tel procédé. Cela explique que les chiffres que je vais donner sont supérieurs à ceux recensés par real clear politics qui ne fait pas ce travail d'extrapolation. Mais les ordres de grandeur entre les deux sites restent les mêmes.
Démocrates
30.6 millions de suffrages exprimés. Clinton en empoche 16.9 millions (55.2%), Sanders 13.2 millions (43.1%).
En ce qui me concerne, la grosse surprise de ces primaires réside ici dans la participation très élevée, beaucoup plus qu'attendue. Elle est certes très en retrait par rapport à 2008 (qui reste les primaires les plus mobilisatrices de l'histoire avec pas loin de 37 ou 38 millions de votants), avec une baisse d'environ 20% de la participation. Mais personne ne s'attendait à ce que les primaires du camp du président sortant après 2 mandats mobilisent autant.
Concernant Clinton, elle perd à peu près un million de voix par rapport à 2008 (une baisse de 5% environ). On notera qu'elle perd peu de voix par rapport à la baisse de participation globale. Au niveau des états remportés, elle gagne à peu près les mêmes états (sun belt, nord est à l'exception des plus libéraux, gros swing states et rust belt). Elle est moins performante dans les Grands Lacs et le Midwest, et est à la masse dans le nord/nord-ouest et le centre du pays. La grosse différence par rapport à 2008 c'est qu'elle remporte tout le sud, et qu'elle a fait une OPA sur l'électorat Afro-Américain (elle n'a plus la concurrence d'Obama sur ce créneau). Le profil de son électorat est assez proche de 2008 : féminin et relativement âgé. Mais il est beaucoup moins Blanc et elle fait un tabac auprès des minorités. Sanders a récupéré le créneau jeune et libéral d'Obama. Mais son électorat est resté beaucoup trop Blanc pour lui permettre de ravir la nomination : chez les démocrates on ne peut gagner la nomination sans les minorités.
Républicains
31.2 millions de suffrages exprimés : record absolu pour le GOP. Mais l'écart global avec les démocrates est beaucoup plus faible qu'attendu. Trump rafle 14 millions de suffrages (45%). Au niveau des états sa carte est beaucoup plus éclectique que celle de Clinton. Il ne perd que dans les états les plus religieux et les plus conservateurs du centre du pays (il perd l'Ohio, mais face au gouverneur de l'état). L'électorat des primaires du GOP est très Blanc, et très masculin. Plus de Latinos et d'indépendants dans quelques états clefs (en Floride pour Rubio, en Ohio pour Kasich...). Au niveau âge on est plutôt chez les actifs adultes entre 30 et 50 ans.
Comme je l'ai déjà détaille dans mes résumes par états, dans certains swing states (mais pas tous, loin de là), les républicains ont beaucoup plus mobilisés que les démocrates. Mais dans ceux là, Clinton faisait généralement beaucoup plus de voix que Trump (mais pas tous non plus).
Bref, le bilan des primaires ne permet à mon sens pas de déceler un avantage particulier pris par Trump ou les républicains. Je dirais même que les primaires confirment plutôt le statut de favori de Clinton dans quelques états importants (Pennsylvanie, Virginie, Colorado notamment). Et on retrouve les mêmes swing states qu'habituellement : Ohio, Floride, Iowa, New Hampshire... Les états où les primaires peuvent peut-être laisser un espoir à Trump sont plutôt à chercher du côté des Grands Lacs (le différentiel de participation est loin d'être écrasant pour les démocrates, et Clinton y a contre performé).

Rien à voir, mais y en a un qui continue ostensiblement à savonner la planche de Trump dans son état, c'est Kasich. Outre qu'il s'épanche pour pronostiquer une victoire de Clinton dans son état, il refuse de donner à la campagne Trump ses réseaux et ses soutiens.
http://www.nytimes.com/2016/09/07/us/po ... s&_r=1
Sa stratégie est claire : occuper le créneau centriste anti-trumpisme en vue de 2020. Cruz s'occupe de l'aile religieuse de son côté. Et tous deux parient sur la défaite de Trump en 2016. Ils se voient bien affronter une présidente Clinton sortante en 2020.
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede guillaume44 » Jeu 8 Sep 2016 21:51

Corondar a écrit:Rien à voir, mais y en a qui continue ostensiblement à savonner la planche de Trump dans son état, c'est Kasich. Outre qu'il s'épanche pour pronostiquer une victoire de Clinton dans son état, il refuse de donner à la campagne Trump ses réseaux et ses soutiens.http://www.nytimes.com/2016/09/07/us/po ... s&_r=1Sa stratégie est claire : occuper le créneau centriste anti-trumpisme en vue de 2020. Cruz s'occupe de l'aile religieuse de son côté. Et tous deux parient sur la défaite de Trump en 2016. Ils se voient bien affronter une présidente Clinton sortante en 2020.


Les victoires au congrès et aux postes de gouverneurs à chaque mid-terms font plus de mal qu'autres choses aux républicains. Elles amènent un renouvellement et de nouvelles personnalités grisées par leur succés à envisager puis à candidater à la prochaine primaire présidentielle avant même la fin de leur premier mandat.
Par exemple La règle implicite aussi bien démocrate que républicaine qui voulait qu'un sénateur n'envisage de se présenter à une primaire à partir d'un second mandat a volé en éclat avec les candidatures de Marco Rubio et Ted Cruz. En caricaturant, le premier a passé son temps à se faire passer pour le prochain Reagan latino et à objectivement peu bosser au sénat. Le second s'est fait connaître au niveau national en parlant 22 heures de suite en 2013 sur le shutdown...
Il en résulte donc une multiplication des candidatures aux primaires présidentielles et une envie de savonner la planche au futur nominée. L'exemple de Chris Christie congratulant Barack Obama en 2012 pour sa gestion de l'ouragan Sandy à une veille d'élection présidentielle en est un symblole éclatant.
Ce parti devient de plus en plus indiscipliné, Reince Priebus aurait dû faire des remontrances au moins verbale à Chris Christie pour cet épisode à l'époque et rien ne lui est arrivé. Là il ne fera rien à John Kasich, ni Ted Cruz bref à tous ceux qui travaillent pour sa propre ambtion plutôt que celle du parti pour la conquête de la maison blanche.
Enfin ce parti est constitué de chapelles ayant de plus en plus de mal à s'entendre : L'aile modéré (John Kasich), l'aile religieuse (Ted Cruz), l'aile libertarienne teaparty (Paul Ryan) et la dernière l'aile trumpisme. Chaque aile prête à tout n'envisage aucune concession.
L'aile religieuse reste arc-bouté sur ses positions la religieuse et ses grands principe moraux, la tea-party par sa volonté de libéraliser non seulement l'obamacare mais aussi le Medicare et le Medicaids, la modérée pour sa capacité de rassemblement de l'ensemble des électeurs transpartisans selon elle, et le trumpisme pour le mur et la conservation du Medicare et Medicaids.
D'ailleurs quant on connaît le parcours de Donald Trump et ses prises de position pour une couverture maladie universelle au moins jusqu'en 2013-2014. Ca ne m'étonnerait pas qu'intérieurement il aurait voulu conserver l'obamacare histoire d'attirer plus d'electeurs. Mais cela aurait été trop ambitieux face au tea-party incarné par Paul Ryan.
Ce parti est constitué de parti en son propre sein et ils n'arrivent plus à s'entendre.
Reince Priebus qui n'arrive plus à faire respecter l'ordre à déjà annoncé sa candidature pour le poste de président du GOP pour les 2 prochaines années. Avec la défaite probable de Donald Trump, il deviendra le premier président à avoir à son bilan 2 défaites présidentielles 2012 et 2016. Toutefois, il aura eu un bon bilan au niveau des postes de gouverneurs (Maine, Floride, Maryland, Illinois, Wisconsin, Maryland, Nouveau Mexique....)
Après le GOP peut renoncer à être un parti présidentiel et se contenter du pouvoir locale... Chez nous, le PS aurait bien troqué l'Elysée, Matignon, le sénat et l'assemblée nationale contre les départements, les villes et régions si c'était à refaire au jour d'aujourdhui par rapport à 2012 :)...
Pour en revenir au sujet, je suis sur qu'à la prochaine primaire républicaine en 2020, il y aura 15 gouverneurs, et 15 sénateurs qui s'entretueront savonneront la planche au nominée et le GOP perdra encore.
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede cevenol30 » Jeu 8 Sep 2016 22:13

manudu83 a écrit:Un petit évènement qui montre que le Texas est en train de devenir un swing states :

Le Dallas morning News plus ancien quotidien texan (1885) vient de soutenir hilary clinton, premier démocrate soutenu depuis FDR en 1940, et première fois depuis 1964 que le journal ne soutient pas les républicains (en 1964, le journal n'avait soutenu aucun candidat).

Source

Effet assez courant notamment sur le Web notamment aux USA: cet édito que tout le monde veut voir fait que le site Dallas News semble surchargé et met trop de temps à répondre... C'est dire si c'est un évènement.
Si le Texas se met à "pré-swinguer" sans que grand'monde y investisse en spots TV, Trump a du souci à se faire. Ceci dit, même dans les Etats "joués d'avance", il y a toujours un peu de campagne: journaux prenant position, bannières partisanes dans les jardins des électeurs convaincus, électeurs suivant les débats nationaux... Et parfois la vague du vainqueur va jusqu'à un Etat improbable, qui n'est pas un swing state puisque la victoire ne s'y joue pas mais qui donne un coup de grâce au candidat perdant.
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Jeu 8 Sep 2016 23:55

guillaume44 a écrit:
Corondar a écrit:Rien à voir, mais y en a qui continue ostensiblement à savonner la planche de Trump dans son état, c'est Kasich. Outre qu'il s'épanche pour pronostiquer une victoire de Clinton dans son état, il refuse de donner à la campagne Trump ses réseaux et ses soutiens.http://www.nytimes.com/2016/09/07/us/po ... s&_r=1Sa stratégie est claire : occuper le créneau centriste anti-trumpisme en vue de 2020. Cruz s'occupe de l'aile religieuse de son côté. Et tous deux parient sur la défaite de Trump en 2016. Ils se voient bien affronter une présidente Clinton sortante en 2020.


Les victoires au congrès et aux postes de gouverneurs à chaque mid-terms font plus de mal qu'autres choses aux républicains. Elles amènent un renouvellement et de nouvelles personnalités grisées par leur succés à envisager puis à candidater à la prochaine primaire présidentielle avant même la fin de leur premier mandat.
Par exemple La règle implicite aussi bien démocrate que républicaine qui voulait qu'un sénateur n'envisage de se présenter à une primaire à partir d'un second mandat a volé en éclat avec les candidatures de Marco Rubio et Ted Cruz. En caricaturant, le premier a passé son temps à se faire passer pour le prochain Reagan latino et à objectivement peu bosser au sénat. Le second s'est fait connaître au niveau national en parlant 22 heures de suite en 2013 sur le shutdown...
Il en résulte donc une multiplication des candidatures aux primaires présidentielles et une envie de savonner la planche au futur nominée. L'exemple de Chris Christie congratulant Barack Obama en 2012 pour sa gestion de l'ouragan Sandy à une veille d'élection présidentielle en est un symblole éclatant.
Ce parti devient de plus en plus indiscipliné, Reince Priebus aurait dû faire des remontrances au moins verbale à Chris Christie pour cet épisode à l'époque et rien ne lui est arrivé. Là il ne fera rien à John Kasich, ni Ted Cruz bref à tous ceux qui travaillent pour sa propre ambtion plutôt que celle du parti pour la conquête de la maison blanche.
Enfin ce parti est constitué de chapelles ayant de plus en plus de mal à s'entendre : L'aile modéré (John Kasich), l'aile religieuse (Ted Cruz), l'aile libertarienne teaparty (Paul Ryan) et la dernière l'aile trumpisme. Chaque aile prête à tout n'envisage aucune concession.
L'aile religieuse reste arc-bouté sur ses positions la religieuse et ses grands principe moraux, la tea-party par sa volonté de libéraliser non seulement l'obamacare mais aussi le Medicare et le Medicaids, la modérée pour sa capacité de rassemblement de l'ensemble des électeurs transpartisans selon elle, et le trumpisme pour le mur et la conservation du Medicare et Medicaids.
D'ailleurs quant on connaît le parcours de Donald Trump et ses prises de position pour une couverture maladie universelle au moins jusqu'en 2013-2014. Ca ne m'étonnerait pas qu'intérieurement il aurait voulu conserver l'obamacare histoire d'attirer plus d'electeurs. Mais cela aurait été trop ambitieux face au tea-party incarné par Paul Ryan.
Ce parti est constitué de parti en son propre sein et ils n'arrivent plus à s'entendre.
Reince Priebus qui n'arrive plus à faire respecter l'ordre à déjà annoncé sa candidature pour le poste de président du GOP pour les 2 prochaines années. Avec la défaite probable de Donald Trump, il deviendra le premier président à avoir à son bilan 2 défaites présidentielles 2012 et 2016. Toutefois, il aura eu un bon bilan au niveau des postes de gouverneurs (Maine, Floride, Maryland, Illinois, Wisconsin, Maryland, Nouveau Mexique....)
Après le GOP peut renoncer à être un parti présidentiel et se contenter du pouvoir locale... Chez nous, le PS aurait bien troqué l'Elysée, Matignon, le sénat et l'assemblée nationale contre les départements, les villes et régions si c'était à refaire au jour d'aujourdhui par rapport à 2012 :)...
Pour en revenir au sujet, je suis sur qu'à la prochaine primaire républicaine en 2020, il y aura 15 gouverneurs, et 15 sénateurs qui s'entretueront savonneront la planche au nominée et le GOP perdra encore.


Globalement d'accord avec l'analyse.
A la décharge des républicains actuels, tout cela est la conséquence de choix stratégiques et idéologiques opérés par les deux partis dominants dans les années 1990.
Le GOP a du gérer les retombées de l’œcuménisme reaganien. Il se retrouvait avec des électorats disparates aux aspirations fort différentes (électorat religieux, blue collars, milieux économiques, milieux militaires...). Il a opté pour une prudente alliance électorale protéiforme, faisant du parti une immense auberge espagnole où les chapelles se côtoyaient. Et le seul ciment unificateur retenu fut la haine de l'adversaire démocrate.
Côté démocrates, Clinton (pas elle, l'autre) a lui engagé son parti dans un glissement centriste par pure opportunisme. Il a enclenché ainsi un mouvement mettant de côté l'idéologie au profit du pragmatisme (démarche dans laquelle Hillary se retrouve complètement aujourd'hui d'ailleurs) : le parti devait se professionnaliser avec pour objectif la conquête et la conservation du pouvoir. Dans les années 1990, cela s'est fait via une option centriste. Dans les années 2000 par une option libérale (dans le sens américain du terme, c'est à dire vers la gauche, d'abord sur le sociétal puis sur l'économique).
Dans un premier temps cela a permis au GOP de courir au niveau des états des électorats fort disparates et de cibler les profils : des républicains centristes ou liés aux milieux d'affaire dans le nord-est, des républicains conservateurs dans le sud, des plus libéraux dans l'ouest...Là où les démocrates perdaient des parts de marché.
Mais ils y ont gagné en cohérence. Là où le GOP continue à se déchirer sur à peu près tout, les démocrates ont acquis une certaine culture de la synthèse et du ciblage. En 10 ans, la quasi disparition des dixiecrats est ainsi symptomatique de ça. De même, il est très symptomatique que les deux dernières primaires démocrates se soient en fait réduites à des quasi duels où la personnalité et les méthodes des candidats étaient plus importants dans le choix des électeurs que leurs divergences idéologiques et programmatiques (somme toute assez mineures en fait).
Là où le GOP étale ses divisions et ses candidats par pelleté.
Le problème c'est qu'il y a eu la parenthèse du bushisme qui a fait croire au GOP que tout cela ne les empêcherait pas forcément d'empocher la Maison Blanche. Mais la victoire de Bush en 2000 fut un accident de l'histoire (et basé aussi sur une équation personnelle un peu atypique entre Gore et Bush) et sa réélection fut acquise dans un contexte lui aussi particulier.
Désormais les démocrates déroulent leur programme et leur coalition en agrégeant des électorats sectoriels de manière assez redoutables en calibrant les messages et la coalition (le tout en adéquation avec la réalité du collège électoral présidentiel d'aujourd'hui), là où les républicains sont un peu tétanisés par leurs grands écarts désormais difficilement gérables.
Mais les démocrates avaient fait une grosse fleur au GOP en nommant Hillary candidate : ils ont offert aux républicains une candidate suffisamment clivante pour normalement gommer partiellement les avantages démocrates. Mais c'est pile le moment où le GOP (enfin une partie, la base pour faire vite) a décidé d'essayer de trancher dans le vif ses débats idéologiques en nommant un candidat encore plus clivant et atypique. Pour moi la question principale du trumpisme est là d'ailleurs : cela enclenche t il une évolution idéologique tranchée du GOP ? Et si oui quelles en seront les conséquences ? Ou n'est ce que le nouvel avatar de luttes idéologiques toujours prégnantes au sein de ce parti ?
Honnêtement je n'ai pas les réponses à ces questions et je ne sais pas trop de quoi l'avenir sera fait de ce côté là. Mais je n'enterre pas totalement la candidature de Trump pour autant : si il arrive à faire du rejet des élites l'élément principal de l'élection, si il cartonne aux débats et si des éléments exogènes lui filent un coup de pouce (les fameuses "surprises d'octobre"), alors il a peut être une petite chance de l'emporter.
Mais que ce soit Clinton ou Trump le vainqueur, les deux auront une situation très compliquée à gérer : Clinton sur son équation personnelle, Trump sur son parti.
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede ploumploum » Ven 9 Sep 2016 12:17

Corondar a écrit:Mais il faut reconnaître que c'est un grand succès de Trump : faire en sorte que les casseroles de Clinton éclipsent partiellement les siennes. C'est d'autant plus dommage qu'il continue à entretenir les polémiques racistes et sexistes stériles.

Sans oublier les déclarations démago-populistes : la dernière en date concerne la Fed dont il critique la politique jugée favorable à Obama.
Le Monde rappelle le zig-zag de Trump sur ce sujet :
novembre 2015 : publication du livre Crippled America où il critique vertement le Fed
avril 2016 : soutien à la politique des taux bas et compliments pour Janet Yellen, la patronne de la Réserve Fédérale
et maintenant septembre 2016 : nouvelles critiques

http://www.lemonde.fr/elections-america ... 29254.html


Petit point sur les projections de Real Clear Politics à deux mois de l'Election Day

Avec les Toss-Up : (Florida, Virginia, Ohio, Pennsylvania, Wisconsin, Iowa, Nevada, Arizona,Georgia, North Carolina,Missouri, Maine CD2)
Clinton : 229
Trump : 154


Sans Toss-Up
Clinton : 340 (dont Nevada, Florida, Virginia, North Carolina, Ohio, Pennsylvania, Wisconsin)
Trump : 198 (dont Arizona, Maine CD2, Georgia, Missouri, Iowa)
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Ven 9 Sep 2016 17:04

Il faut reconnaître qu'arrivé en septembre, on ne sait toujours pas bien quel est le programme exact et la pensée de Trump sur pas mal de sujets. Il a fait tellement de flip-flop : l'avortement, le mariage gay, le salaire minimum, la politique fiscale, la dette, l'immigration... Les seuls éléments où il a eu une constance ce sont l'écologie (enfin, à ce niveau là je parlerai plutôt d'anti-écologie) et la diplomatie (ce qui est étonnant : c'est généralement l'item où les candidats présidentiels sont le plus changeants ou le plus flous).
D'ailleurs, concernant les candidats les doutes en cas de présidence :
* pour Clinton la question est : respectera t elle ses engagements de campagne en appliquant son programme très à gauche ? Le risque d'hollandaise est réel (campagne à gauche, exercice du pouvoir centriste)
* pour Trump, quelle orientation choisira t il dans ses programmes ? Une ligne très trumpienne ou très GOP ? Cela dit, il y a un autre truc où Trump n'a jamais varié : sa vision de la présidence. Pour lui le président est un PDG qui fixe les grandes orientations et qui sert de représentation. Et c'est le gouvernement et le VP qui mettent les mains dans le cambouis pour essayer d'appliquer concrètement les orientations du boss. Il pourra toujours dire que c'est son équipe qui a mal suivi les consignes.
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede pop03 » Sam 10 Sep 2016 12:06

Corondar a écrit:Concernant les débats, il est évident que ça peut avoir un gros impact. Mais si la campagne Trump fait également l'erreur de croire (comme pour les campagnes) qu'un débat de général se conduit comme un débat de primaires, alors Clinton ne devrait pas avoir trop de souci à se faire. Mais il est vrai que je suis curieux de voir à quoi ça va ressembler, même si j'ai ma petite idée :

Je pense l'inverse. Clinton est restée dans la primaire et a du mal à s'ouvrir à d'autres électorats potentiels. Elle en vient même à être insultante avec la moitié des partisans de Trump dont une partie est "indépendant" et aurait pu pencher vers elle.
Hillary Clinton a estimé vendredi que la moitié des partisans de son rival Donald Trump étaient à ranger dans le "panier des lamentables", en tant que personnes racistes, homophobes, sexistes, xénophobes ou islamophobes.
http://www.europe1.fr/international/cli ... mp-2842891

Au contraire, Trump concentre ses messages sur les afro-américains et hispaniques actuellement pouvant apparaître comme rassembleur. Il a même élargi ses thèmes comme à celui de l'école.

* un Trump outrancier en diable qui fera tout pour déstabiliser Clinton en lui jetant casserole sur casserole (question : parviendra t il à la déstabiliser ou lui offrira t il des dérapages par trop choquants, notamment racistes et/ou sexistes ?)
* une Clinton très professorale, solide sur le fond qui déroulera son programme en mettant en avant le manque de sérieux présidentiel de Trump (question : parviendra t elle à mettre Trump en difficulté sur le fond ou sera t elle trop froide et distante, en offrant un visage trop robotique ?)

Il ne faut pas oublier que Trump est un homme des médias. C'est un showman très expérimenté grâce à tous les événements télévisuels réalisés: émissions de télé-réalité: The Apprentice, concours de beauté: Miss Univers et USA sans compter toutes ses participations au cinéma. Par conséquent, il est selon moi le grand favori des duels télévisés et Clinton devra tenter de limiter la casse.


Trump peut aussi remercier la gaffe magistrale de Johnson sur Alep rendant des états comme le Nouveau-Mexique de nouveau exploitable.
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede manudu83 » Sam 10 Sep 2016 13:29

pop03 a écrit:Au contraire, Trump concentre ses messages sur les afro-américains et hispaniques actuellement pouvant apparaître comme rassembleur. Il a même élargi ses thèmes comme à celui de l'école.


Pour le moment ça ne semble pas faire effet : Ipsos le donne en dessous de 10% chez les afro-américains, et autour de 25% chez les hispaniques.
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Re: Election présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis

Messagede Corondar » Dim 11 Sep 2016 03:50

pop03 a écrit:
Corondar a écrit:Concernant les débats, il est évident que ça peut avoir un gros impact. Mais si la campagne Trump fait également l'erreur de croire (comme pour les campagnes) qu'un débat de général se conduit comme un débat de primaires, alors Clinton ne devrait pas avoir trop de souci à se faire. Mais il est vrai que je suis curieux de voir à quoi ça va ressembler, même si j'ai ma petite idée :

Je pense l'inverse. Clinton est restée dans la primaire et a du mal à s'ouvrir à d'autres électorats potentiels. Elle en vient même à être insultante avec la moitié des partisans de Trump dont une partie est "indépendant" et aurait pu pencher vers elle.
Hillary Clinton a estimé vendredi que la moitié des partisans de son rival Donald Trump étaient à ranger dans le "panier des lamentables", en tant que personnes racistes, homophobes, sexistes, xénophobes ou islamophobes.
http://www.europe1.fr/international/cli ... mp-2842891


Etant donné que Trump développe des thèses racistes, sexistes, xénophobes et islamophobes, on ne peut pas écarter qu'une proportion de son électorat vote pour lui au nom de ces thèses en question. Après, contrairement à Clinton, je n'irais pas jusqu'à estimer la proportion que ça peut représenter au sein de l'électorat de Trump, puisqu'il est impossible de le savoir. Par contre, homophobes elle est sévère : Trump n'est pas homophobe. La majorité du GOP oui, mais Trump non. Sur le mariage homosexuel il a toujours dit qu'il était pour. Depuis qu'il a acquis la nomination il a fait sur ce sujet comme MacCain en son temps sur l'avortement : il a arrêté d'en parler. Il laisse juste son VP dire tout le mal qu'il pense de la chose histoire de rassurer la base.
Là où je suis d'accord par contre c'est pour dire que Clinton et Trump continuent tous deux à viser prioritairement les mêmes cibles que lors des primaires : les femmes et les minorités pour la première, les hommes et les Blancs pour le second. La seule différence c'est qu'ils ne le font plus à la même échelle. Et pour des candidats aussi massivement impopulaires, je vois pas trop ce qu'ils peuvent faire d'autres (à part dire beaucoup de mal de leur adversaire respectif j'entends). Quant aux indépendants, les enquêtes et les sondages les montrent surtout partagés entre Trump, Clinton et ni l'un ni l'autre pour l'heure.

pop03 a écrit:Au contraire, Trump concentre ses messages sur les afro-américains et hispaniques actuellement pouvant apparaître comme rassembleur. Il a même élargi ses thèmes comme à celui de l'école.


Oui. Trump a aussi dit que si il était élu président des États Unis en 2016, alors en 2020 il raflerait 95% du vote afro-américain. Il a aussi dit que cette année, grâce à son talent immense et sans limite, la Californie et New-York étaient en jeu.
Bref, tout ça pour dire que Trump n'est peut-être pas le mètre étalon ultime de l'analyse politique. Accessoirement il a aussi dit que le devoir premier d'une femme était de satisfaire son homme. Il a aussi dit que les femmes étaient des chiennes. Bref, là aussi on constatera que tout ce que dit Trump n'est pas forcément véridique non plus. Si je vous suis bien, parce que Trump dit que les Afro-Américains et les Hispaniques vont voter pour lui parce qu''ils leur parlent, alors on doit considérer cette assertion comme établie ?
Sinon, on est heureux d'apprendre qu'il aura fallu un an de campagne à Trump pour que l'éducation ne devienne un de ses thèmes. Vous êtes au courant que depuis le début c'est un des thèmes principaux de la campagne et du programme des démocrates ? Et je doute que Trump ne puisse (ou ait simplement envie ?) s'aligner sur la gratuité des frais universitaires ou la hausse des moyens pour l'enseignement public. Il a déjà vaguement essayé sur le salaire minimum. Le bilan est, comment dire, mitigé ?
Parce qu'avant d'envoyer de timides "messages" depuis 15 jours aux Noirs et aux Latinos, avant ça il leur en avait envoyé d'autres :
1) les Mexicains qui viennent aux États Unis sont des violeurs et des dealers
2) la présidence Trump sera tout à fait d'accord pour appliquer arbitrairement des mesures à tous les membres d'un groupe ethnique ou religieux au nom de leur simple appartenance au groupe en question (la cour suprême moins à mon avis, mais c'est là un autre sujet)
3) les Afro-Américains devraient arrêter d'enfreindre la loi, les policiers ne leur tireraient pas dessus. Il a aussi dit que tous les Noirs qui dénonçaient les violences policières étaient forcément des voyous. Le groupe Trump a été plusieurs fois condamné pour discrimination (des logements dans les tours Trump étaient refusés aux Noirs et réservés aux Blancs, suite à ces condamnations le groupe Trump a réglé le problème : ils ont créé des buildings pour Noirs et d'autres pour Blancs...)
Si on regarde les primaires : pour 1 Noir votant Trump, vous en aviez 9 ou 10 qui votaient Clinton. Pour 1 Latino votant Trump vous en aviez 3 ou 4 qui votaient Clinton.
Concentrez ses messages ? C'est à dire ? Évoquer vaguement en 10 minutes des projets un peu flous, ni financés ni expliqués, qui ne figurent pas dans sa plate-forme et qui ne seront jamais soutenus par une majorité d'élus du GOP ? C'est de ça dont on parle ? Ou d'un voyage officiel au Mexique qui a plongé le gouvernement mexicain dans une crise politique grave au nom de la simple venue de Trump dans ce pays ?
Non parce que la domination démocrate chez les Afro-Américains ne date pas d'hier et se base sur des choses un poil plus profondes que ça. Allez, un seul élément : le GOP continue très officiellement à dire que les Afro-Américains ne sont victimes d'aucune forme de discrimination (et Trump se place sur cette ligne). Le parti de l'âne dit que oui et qu'il faut essayer de lutter contre. Un deuxième élément : depuis des décennies, le GOP n'a de cesse de promulguer dans les états où il est au pouvoir de mettre en place des législations limitant l'accès des minorités au suffrage. Ils ne le font même pas (majoritairement) pour des raisons racistes. Simplement parce qu'ils savent que les minorités votent massivement démocrates. La simple persistance de ces deux éléments (et je ne parle même pas du simple fait que les démocrates sont pour les aides sociales et le GOP contre) fait que le GOP n'a aucune chance de réduire sensiblement la domination démocrate auprès de cet électorat. Pas avec de vagues tentatives de signaux vaguement électoralistes tous les 4 ans. On peut le regretter, mais la réalité de la société américaine et de son monde politique, c'est le communautarisme. Et Trump, avec sa plate forme qui cible les Blancs, l'électorat conservateur (l'abandon de ses positions sur le mariage gay, son revirement sur l'avortement...) et les Blue Collars ne déroge en rien à ce tableau. Et Clinton non plus : sa plate forme communautariste s'adresse essentiellement aux minorités, aux femmes, aux LGBT. Tout le reste, c'est pour la galerie. Encore une fois, Trump ne compte pas voir des démocrates voter pour lui, et Clinton ne compte pas voir de républicains voter pour elle. Tout ça c'est du story telling de candidat.


pop03 a écrit:Il ne faut pas oublier que Trump est un homme des médias. C'est un showman très expérimenté grâce à tous les événements télévisuels réalisés: émissions de télé-réalité: The Apprentice, concours de beauté: Miss Univers et USA sans compter toutes ses participations au cinéma. Par conséquent, il est selon moi le grand favori des duels télévisés et Clinton devra tenter de limiter la casse.


Trump peut aussi remercier la gaffe magistrale de Johnson sur Alep rendant des états comme le Nouveau-Mexique de nouveau exploitable.


Si je vous suis bien, pour qu'un candidat remporte un débat présidentiel majeur il doit s'y comporter comme un candidat de télé-réalité ou un présentateur de concours d'élection de Miss ? Point de vue intéressant, que je ne partage pas. Trump va devoir se monter présidentiel dans ces débats (c'est un débat de général, pas de primaires). Il va devoir répondre à des questions insistantes de journalistes pugnaces, sur des dossiers précis. Il va devoir détailler ses positions et son programme, revenir sur ses casseroles et ses propos. Bref, si sa prestation se résume à "C'est moi le plus fort et Clinton est une nulle menteuse et corrompue", je suis vraiment pas certain que c'est ça qui lui permettra d'être le vainqueur. Ça fera surement très plaisir à sa base, mais je doute que ça l'élargisse et que ça lui attire de nouveaux électeurs.
Enfin concernant Clinton, je ne sais pas si vous êtes au courant : en meeting elle est nulle. En empathie elle est nulle. Mais en débat et en rhétorique elle est plutôt costaud. Et donc, elle n'est pas une femme de média elle ? Elle peut parfois paraitre hautaine et professorale par contre. Mais est plus pénalisant que raciste et sexiste, je ne sais pas ? Bref, je serais moins catégorique que vous pour considérer de facto Trump comme le favori des débats. Je pense surtout qu'on aura droit à un magnifique dialogue de sourds : Trump insultera Hillary, Clinton déroulera son programme et les interviewers essayeront de faire dérailler les candidats (en amenant Trump à parler du fond, Clinton en essayant de la déstabiliser ou de la faire répondre aux attaques de Trump). La question est lequel des deux ira le plus à la faute ? Et ça, personne ne peut le savoir avant le jour J.

Enfin, concernant Johnson. Vous pensez réellement que ce qui mettait le Nouveau Mexique dans la catégorie "acquis démocrate" c'était la candidature Johnson ? Personnellement c'est plus le fait que les votants démocrates pendant les primaires y ont été 2 fois plus nombreux que ceux républicains, qu'en 6 scrutins présidentiels il n'a voté qu'une fois républicain (2004) et que sa sociologie est clairement devenue très bleue ces dernières années.
Et vous pensez réellement que parce que Johnson ne sait pas ce qu'est Alep, les électeurs républicains du Nouveau Mexique qui ont un bon souvenir de leur ancien gouverneur vont tous l'abandonner ? Si il y a bien une chose que nous a démontrée Trump au long de cette campagne, c'est que ce genre de boulette n'est pas forcément synonyme de fin de partie (la triade nucléaire de Trump, on en parle ?).
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