Niveau (absence de) communication, on est sur du très classique concernant l'administration Trump je dirais ?
Va falloir qu'ils se réveillent un peu de ce côté là quand même, parce que si ils laissent le public dans le flou comme ça pendant toute la durée de la crise (car oui, c'est bien une crise désormais pour l'exécutif), ça peut tourner au vilain. Il faut quand même s'arrêter sur l'ampleur de l'événement : en pleine pandémie mondiale, le président des USA est hospitalisé à 30 jours d'une élection en vu d'obtenir un second mandat. Ça part déjà dans tous les sens au niveau des fuites habituelles dans les coulisses (en off certains avanceraient l'idée que Trump serait en pleine crise d'angoisse hypocondriaque). La seule déclaration officielle médicale qu'on ait eue ces dernières 24 heures vient de Trump lui même : "Je pense que je vais bien". Un auto diagnostique du patient c'est peut-être un poil court niveau communication ? On ne sait toujours pas si Trump a signé ou non une lettre pour organiser une éventuelle passation de pouvoir temporaire au VP en cas de pépin, rien que ça, c'est quand même hautement anormal de ne pas le savoir...
Pour le moment, tout ce que l'on peut déduire des dernières 24 heures, c'est que le président devait présenter des symptômes plus consistants que la première dame, et vu son terrain à risque, on a préféré opter pour l'hospitalisation ?
Tant qu'on ne connait pas l'évolution médicale à moyen terme, c'est difficile de se prononcer sur les conséquences politiques.
Quelques constats quand même :
1) le mythe du Trump surhumain et à toute épreuve vient quand même d'en prendre un coup.
Il faut quand même ici souligner la très grande retenue des démocrates, qui se contentent de lancer des appels au "réveil" de la part des républicains sur la réalité et la dangerosité du virus. Si les rôles étaient inversés et que Biden était contaminé (ce que l'on ne peut exclure suite au débat d'ailleurs, il faudra encore quelques jours et plusieurs tests pour s'en assurer définitivement), j'ai l'intime conviction que les républicains se répandraient dans les médias pour mettre en avant la faiblesse et la vieillesse du candidat démocrate (on se souvient tous des réactions républicaines après le malaise de Clinton il y a 4 ans). Rappelons que mardi dernier, lors du débat, Trump raillait encore Biden pour sa "faiblesse" à porter le masque et à respecter a distanciation sociale.
2) la suite de la campagne est largement dans le flou le plus total. Je pense qu'on peut désormais considérer que tout ce qui s'apparente de près ou de loin à un meeting, c'est fini pour Trump ? Pour les débats aussi tout est sur la table (y compris pour celui des VP).
3) Trump peut-il jouir d'un effet de sympathie en sa faveur ? Sur sa côte de popularité c'est assez probable ? Sur les intentions de vote je suis plus perplexe. Tout cela ramène le coronavirus en force au centre du débat, et ça, je ne suis pas certain que ce soit positif pour la campagne Trump...
Notons qu'il semble de plus en plus probable que la petite sauterie organisée dans les jardins de la Maison Blanche la semaine dernière pour annoncer la nomination de Barrett (où tout le monde se congratulait sans masque et sans distanciation à l'idée d'un 6e juge conservateur à la SCOTUS) ait été l'épicentre d'une contamination au sommet de l'état. En effet, plusieurs personnes ayant participé à l'événement sont positifs : outre le couple présidentiel et Hope Hicks, deux sénateurs républicains sont aussi positifs (Tillis, de Caroline du Nord et actuellement en campagne, et Lee, de l'Utah), ainsi que la présidente du parti républicain, Ronna Romney McDaniel, et le président de l'université Notre-Dame.
D'ailleurs, concernant le Capitole, si réellement tout ça tourne à la contamination galopante, ça risque de compliquer un peu le processus de confirmation de Barrett...
https://edition.cnn.com/2020/10/02/poli ... index.htmlhttps://edition.cnn.com/2020/10/03/poli ... index.html