nigdugg a écrit:Pour Masto c'est un copain qui m'a affirmé cela via un de ces copains latinos américains du Nevada. Justement celui-ci considère le Nevada comme quasi perdu car il demeure là bas selon lui beaucoup de jeunes blancs et moins jeunes là bas en perte de repère et sensible au discours de Trump sur une Amérique au travail.
Pour moi le Nevada est réellement dans la case swing state (il peut réellement être à la portée de Trump, contrairement à des états tels que la Virginie ou le Nouveau Mexique). Mais le considérer comme quasi perdu pour les démocrates, cela me parait très audacieux.
Comme je l'ai dit, la forme des démocrates locaux est remarquable, là où le parti républicain est localement en crise (depuis au moins 5 ou 6 ans je dirais). Le poids de la métropole de Las Vegas handicape de plus en plus grandement les républicains lors des élections se déroulant sur l'ensemble de l'état (les républicains sont désormais très concentrés dans le nord, moins peuplé, de l'état). Même les villes de Reno et de Carson City, qui passaient jadis pour des villes très pro républicaines, se colorent désormais un peu plus en bleu.
Bref, si le basculement dans l'escarcelle républicaine n'est pas totalement exclu, je continue à voir les démocrates favoris pour l'heure dans cet état (précisons également que les sondeurs sont souvent très mauvais dans cet état).
nigdugg a écrit:Un affaiblissement temporaire ? Le slogan de Trump peut refaire figure de catalyseur pour des américains qui voit combien la souveraineté est indispensable.
Mais selon moi l'enjeu de sa victoire sera sa faculté à limiter l'impact de la crise sur son économie, s'il parvient à limiter cela et trouver un volet santé tiré du corona il est loin d'être mort. Pour le moment il est complétement carbonisé car il piétine sur les deux aspects éco et social.
Je suis curieux de voir comment le personnage va réagir. Je n'aime pas beaucoup Trump mais le personnage est fascinant par son imprévisibilité. A voir comment il va tourner cela....
Pour l'heure je me garderais bien de déclarer Trump déjà cramé pour l'élection de novembre. Comme tout le monde, je suis dans l'expectative quant aux conséquences directes et indirectes de la crise du coronavirus, et sur le monde d'après.
Mais, il y a d'ores et déjà quelques conséquences très négatives pour Trump dans la perspective de sa réélection :
1) Trump avait prévu de mettre en avant comme argument principal la bonne santé de l'économie US. Alors, bien sur, peut-être qu'on constatera dès la fin de l'été un début de reprise, mais c'est un peut-être, pas une certitude. Ce qui est certain c'est que le bilan en novembre ne sera pas aussi rose que Trump l'aurait voulu. Il y a fort à parier que les éléments macro économiques seront plus mauvais à la fin de son mandat qu'au début.
Personnellement je suis toujours un peu réticent à faire crédit à 100% aux pouvoirs en place des périodes de croissance (surtout lorsqu'elles sont héritées), je suis de même réticent à leur faire le reproche des périodes de récession, surtout lorsqu'elles sont aussi imprévisibles et exogènes que celle que nous connaissons actuellement. Mais ce n'est pas forcément le cas de tout le monde, et, quoi qu'on en pense, Trump vient de perdre là son meilleur argument de vente pour un second mandat.
2) Trump avait déjà opté pour cette stratégie de campagne de longue date. Il va lui falloir réorienter les axes de campagne, et faire un gros brainstorming avec les autorités de campagne et le GOP, afin de déterminer de nouveaux axes pour rebondir. Le problème c'est que Trump est très rétif au mea culpa, qu'au niveau organisationnel c'est rarement ça, et que vu d'où l'on part côté républicain, ils sont tout de même limités par ce qu'ils peuvent vendre de manière crédible au niveau projet social (avec le risque d'aliéner des électeurs acquis).
nigdugg a écrit:Eco92 a écrit:Le Washington Post rapporte que les directeurs de campagne de Bernie Sanders, Faiz Shakir et la représentante Pramila Jayapal, tenteraient de le convaincre de rapidement se retirer de la course et d'apporter son soutien à Joe Biden.
https://thehill.com/homenews/campaign/491197-some-sanders-top-allies-have-urged-him-to-withdraw-from-2020-race-report
Gros dilemme pour Sanders. La question c'est la possibilité de peser un maximum sur la convention et le programme de Biden.
A voir si une ouverture existe pour lui dès à présent.
Moi à sa place je continuerais, car abandonner serait un signe de faiblesse et donne peut de crédits ensuite pour négocier.
Je rejoins largement Tirnam là dessus : pour moi Sanders a plus à gagner à un retrait maintenant que dans 2 mois. En 2016, sa campagne était vivante et dynamique, et enregistrait des victoires jusqu'au bout. Cette année ce ne sera pas le cas. Tous les gros états restant en jeu sont quasiment acquis à Biden, et même les états ayant voté Sanders il y a 4 ans sont en jeu (même sur Hawaï, l'Oregon, l'Alaska ou le Montana, vues les coalitions, Biden a ses chances je pense).
Bref, plus Sanders attend, plus son poids sera réduit. Pour Biden, faire l'union dès avril, cela a un intérêt énorme, ne serait ce qu'au niveau de l'image (il pourra essayer de vendre un parti démocrate rassemblé derrière un chef en cette période de crise, même si il y aurait forcément des tensions ou des divisions, l'image serait là ), alors qu'une union en juin, à un moment où il aura déjà empoché seul la nomination, ce serait moins utile. Il pourrait même se payer le luxe de corneriser Sanders, sans que cela ne lui coûte beaucoup.
Après, je pense que Sanders est désormais dans une situation perdant-perdant, il n'a face à lui que des choix peu encourageants : poursuivre pour enchaîner des défaites, mais en continuant à contrôler le courant libéral, se retirer et la jouer sport ou esprit d'équipe, en prenant le risque éventuel d'être désavoué par certaines de ses troupes.
Mais je reste convaincu qu'il aurait plus de poids pour influencer la plateforme du candidat démocrate avec un retrait maintenant, plutôt que dans 2 ou 3 mois. Même si ce n'est pas dans sa nature, Sanders aurait tout à gagner à aller voir Biden dès maintenant pour négocier avec lui tout un tas de concessions (programmatiques, mais aussi sur les éventuelles nominations futures au gouvernement et à la SCOTUS, où Biden pourrait lui garantir certains postes pour les représentants de l'aile libérale). Le faire dans 2 mois, ce serait choisir un moment où son ralliement aura nettement moins de valeur que maintenant.
@Tirnam : en effet, la thématique sénatoriale est un élément capital à prendre en compte dans le choix du VP. Si réellement la majorité démocrate dans la chambre haute devait se jouer à un siège (et le scénario est tout à fait une possibilité désormais), ce serait dommage de la mettre en danger à cause d'un choix de VP mal calculé...
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