Herimene a écrit:Je réagis peu sur ce sujet mais je n'apprécie pas vraiment qu'il soit monopolisé par les tenants d'une ligne ultra pro-russe.
Bien entendu certains responsables d'Europe de l'Est font des déclarations parfois malheureuses, emportés par leur opposition à la Russie, mais je me garderai bien personnellement de les juger. Leur histoire personnelle, l'histoire de leur famille et celle de leur pays expliquent bien souvent leur opposition à la Russie, et même si celle-ci peut paraître parfois caricaturale, je rappellerai quand même que la Russie ou ses inféodés ont envahi ces 10 dernières années des portions importantes de deux Etats indépendants, soit la Géorgie et plus récemment l'Ukraine, et ce en violation totale du droit international. Sans compter bien entendu le cas moldave avec la sécession de la Transnistrie.
Sinon pour ce qui est des déclarations sur l'Armée rouge et sa composition, je ne veux pas dire de connerie, mais je doute fortement qu'elle ait compté à un seul moment de son histoire 80% de Russes. Les Russes y étaient mêmes probablement en minorité dans de très nombreuses divisions. Et probablement en minorité tout court à la fin de l'histoire de l'URSS, puisque les Russes ethniques ne comptaient plus que pour 51,4% de la population de l'URSS en 1989 (source Wikipédia anglophone : http://en.wikipedia.org/wiki/Demographi ... viet_Union), et probablement beaucoup moins pour les hommes en âge de porter les armes vu la natalité des Républiques d'Asie centrale et le vieillissement considérable de la population russe à l'époque. Il me semble aussi que les Ukrainiens, deuxième nationalité de l'URSS, étaient surreprésentés dans de nombreuses composantes de l'Etat soviétique, et c'est possible que ce fut le cas dans l'Armée. Les Ukrainiens étaient vu avec les Biélorusses par le pouvoir soviétique comme les éléments les plus proches des Russes et donc plus fiables que les Baltes, Moldaves, Arméniens, Géorgiens, Azéris, Kazakhs, Ouzbeks... Il est donc possible selon moi qu'ils aient été en majorité dans la division de l'armée rouge qui ait libéré le camp d'Auschwitz. D'ailleurs en consultant rapidement Wikipédia (qui n'est pas une source toujours fiable j'en conviens), c'est probablement le cas puisque c'est le Premier front ukrainien qui a libéré le premier le camp. Ce front ukrainien était composé de plusieurs corps d'armées ukrainiens et d'un biélorusse, et a priori aucune russe. http://en.wikipedia.org/wiki/1st_Ukrainian_Front
C'est tout le problème d'ailleurs de l'héritage de l'URSS. Seule la Russie aujourd'hui s'en revendique (et éventuellement la Biélorussie). Sauf que l'URSS était tout sauf un Etat uniquement russe. Et pour ce qui est de la Seconde guerre mondiale ceux qui ont été en première ligne et ont du défendre l'URSS étaient bien davantage Ukrainiens ou Biélorusses...
Que certains Ukrainiens se soient engagés par motivation nationaliste voire pour certains antisémite dans une opposition farouche aux Soviétiques qui a pu dans certains cas les conduire à s'allier avec l'Allemagne nazie, c'est un fait, mais il ne faut pas oublier qu'il furent très minoritaires. La grande majorité des Ukrainiens se sont engagés en faveur de leur pays d'alors, l'Union soviétique, parfois au péril de leur vie. Ce n'est pas car aujourd'hui la Russie de Poutine monopolise l'héritage soviétique en le transformant artificiellement en un héritage grand-russe que cela est légitime et véridique historiquement.
Sinon, les partisans de Poutine, j'aimerais bien vous voir si vous étiez Ukrainiens. Je doute d'un coup que vous accepteriez que l'Etat voisin désagrège complètement votre pays alors que cela fait à peine 25 ans que celui-ci a recouvré son indépendance après presque 7 siècles ininterrompus de domination étrangère (Lituanie, Pologne-Lituanie puis Empire russe puis URSS).
Je n'ai pas le sentiment que nous, horribles "tenants d'une ligne ultra pro-russe" vous empêchions de vous exprimer cher monsieur. Du reste je ne vois pas comment nous pourrions, n'étant pas administrateurs.
Le cas de l'Ossétie du sud séparée de facto de la Géorgie est beaucoup plus compliqué que ce que vous pensez. Il s'agit d'un des nombreux territoires plus proches à tous points de vue de la Russie que de la république à laquelle ils étaient rattachés. Tant que l'URSS existait, cela ne portait pas à conséquence, mais après... Par ailleurs, c'est bien la Géorgie (sous la houlette du très belliciste Saakachvili) qui avait déclenché les hostilités lors du dernier conflit, en voulant reconquérir ce territoire par la force. S'agissant de l'Ukraine, si vous avez des preuves que la Russie a envahi ce pays (autrement dit qu'il y a des troupes régulières russes sur son sol), merci de les fournir pour étayer une affirmation aussi grave. Vous serez alors plus fort que la CIA qui n'a jamais réussi à en apporter la moindre! Je constate enfin que votre indulgence pour les dérapages des responsables ukrainiens n'a d'égale que votre intransigeance vis à vis de leurs homologues russes. Vous qui critiquez si vivement le parti-pris des "ultra pro-russes" ne me semblez pas exempt de tout esprit partisan dans cette affaire, soit dit sans aucun esprit polémique, cher monsieur...
Pour ce qui est du débat sur l'origine des soldats de l'armée rouge qui ont libéré Auschwitz, il est aussi déplacé et ridicule qui si on s'interrogeait pour savoir si c'étaient des texans ou des californiens qui avaient débarqué en Normandie. A cette petite différence près que les Etats-Unis ne s'étant pas disloqués, aucune susceptibilité nationale ne serait froissée par ce commentaire grotesque. Croyez-vous vraiment que ce genre de déclarations apporte autre chose que la discorde?
Concernant les ukrainiens collaborant avec les nazis, désolé de briser vos belles illusions, mais ils étaient au contraire en nombre très significatif (venant surtout de cet ouest du pays qui contrôle aujourd'hui le gouvernement ukrainien et prétend imposer sa loi dans le Donbass...). Selon certains témoignages, ils étaient encore plus féroces que les allemands...
(Je vous fait grâce des sources qui permettent d'étayer mon propos. Elles sont nombreuses, et comme vous êtes un garçon intelligent vous les retrouverez sans problème.)
Dans ces conditions quand le gouvernement ukrainien que vous semblez défendre prétend réhabiliter les collabos ukrainiens et souille à l'inverse la mémoire de l'armée rouge, cela heurte sérieusement certaines sensibilités (notamment dans l'est, qui ne s'est jamais senti "occupé" par la Russie).
Par ailleurs, Poutine ne pourrait pas si facilement "monopoliser l'héritage soviétique en le transformant en le transformant en un héritage grand russe", comme vous dites en toute objectivité, si les autres pays ex-soviétiques, y compris les plus hostiles à la Russie, revendiquaient fièrement la part la plus noble de cet héritage, l'immense sacrifice consenti pour vaincre la barbarie nazie. Or, les pays baltes (oui, vous avez bien lu, cher monsieur Hérimène, nos gentils amis de Lettonie ou d'Estonie, !) et maintenant l'Ukraine font tout le contraire.
On déboulonne les monuments aux libérateurs, les vétérans de l'armée rouge deviennent suspects, on réhabilite les collabos,...
Vous pouvez leur trouver toutes les excuses et circonstances atténuantes possibles et imaginables, le fait est documenté et incontestable. Vous êtes, il est vrai, pardonnable d'occulter cela, quand on songe que même notre chère UE donneuse de leçon de vertu s'en moque comme du premier ouvrier mis au chômage par les politiques bruxelloises...
Vous nous traitez de "partisans de Poutine", cher contradicteur. Je laisserai mes petits camarades amateurs de virils chasseurs d'ours, blonds, musclés, de petite taille vous répondre. Mais si vous n'étiez pas emporté par votre fougue, vous auriez retenu ce que je vous ai déjà fait remarquer. A savoir, que je suis pour ma part totalement opposé sur un plan idéologique au président russe. Chez nous, on le classerait à droite de la droite, pas très loin de De Villiers qui du reste l'apprécie fort. Cet homme défend le capitalisme, condamne la révolution de 1917, cultive la nostalgie tsariste, est un chaud partisan du rôle de la religion dans la société et des divers interdits qui vont avec, est très moyennement démocrate, etc. Jugez de la compatibilité avec les idées de votre serviteur, très socialiste (au sens jauressien, voire chaviste et non hollandiste du terme), très républicain, très laïc...
Du reste, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, c'est le FN que soutient la Russie, pas le Front de Gauche... Accordez au moins au président russe qu'il sait reconnaitre ses amis politiques!
Seulement voyez-vous, le débat du moment n'est pas du tout qui doit gouverner la Russie, et sur quelle base. La politique extérieure ne répond pas totalement aux considérations idéologiques classiques. Par ailleurs, quelle que soit mon opposition à Poutine, il est des évidences que je ne peux nier: ses indéniables qualité d'homme d'état, sa politique internationale aux effets bien moins nocifs que celle de nos gouvernements (Irak, Libye, Syrie, etc.), l'absence d'authentique ambition impérialiste dans son action (il n'en aurait de toute façon pas les moyens). Accordez moi tout de même le droit de faire preuve d'un peu de sens de la nuance. On peut ne pas croire que Poutine est un docteur Folamour ou mange les petits enfants rôtis à la broche sans pour autant être de ses admirateurs.
A l'avenir, évidez donc je vous prie de me qualifier ainsi, sans quoi je serais forcé d'y voir esprit de polémique stérile...
Si j'étais ukrainien, je ne serais peut-être pas enchanté à l'idée de perdre le contrôle d'une partie de mon territoire. Mais j'aurais surtout le coeur qui saigne à l'idée que mes compatriotes meurent, là -bas dans l'est, par la faute d'un gouvernement qui croit que ce conflit se règlera par les armes. Je penserais que nos gamins ont vocation à étudier, à s'amuser, à faire des conneries, à chercher à coucher avec la fille qui leur plait , ou tout autre chose qu'on fait à 20 ans, pas à aller tirer au canon sur des civils qui ne demandant qu'à vivre libres. Et je serais révolté par cette politique scélérate qui saigne la population pour financer le conflit, pendant que les oligarques se gavent toujours.
Je serais scandalisé par le comportement criminel des milices soutenues par mon gouvernement. Je serais terrifié par la montée du fascisme dans mon pays. Je serais indigné par les mensonges de ceux qui me gouvernent qui me font miroiter une entrée dans l'UE que personne n'envisage, et feint de croire que l'Ukraine en conflit va être admise dans l'OTAN. Je préfèrerais d'ailleurs pour mon pays un destin de pont entre l'Europe et la Russie à la vassalisation par l'alliance atlantique. Et pour tout vous dire, je crois que je serais déjà dans la rue pour protester contre mon gouvernement scélérat, si je ne craignais d'y laisser ma vie.
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